<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.jeuxvideo.com] tristaniel : <![CDATA[Les fictions de Mortysya]]></title>		<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com</link>		<description><![CDATA[Les fictions de Mortysya]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Fri, 15 Aug 2008 16:19:38 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[Justinien - Epilogue]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">Le voici, le
voilà. L'épilogue qui termine réellement la
fiction de <em>Justinien</em>.
 J'ai vraiment fini un projet. <strong>My
God.</strong></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sept mois plus
tard</strong>


Que dire ? Cela va faire des semaines et des semaines que je
surmonte de mon mieux la vie que j&lsquo;occupe avec peine
désormais. Depuis que Fredric a franchi cette porte en me
quittant, je n'ai donné d'intérêt
à aucun garçon, pourtant, je suis sorti plus
d'une fois, mais je ne trouvais personne à son
égal. Je n'ai plus goût aux escapades nocturnes
comme avant, sans lui, tout ces moments paraissent tellement ternes
et vides. Cela va donc faire sept mois que je suis sans amour, sans
relation sexuelle, et sans joie de vivre. C'est triste, je
trouve. Et le pire de tout, c'est que je ne suis pas le seul
à avoir perdu tout sentiment de bonheur récemment, et
du coup, je ne peux pas me permettre de me montrer dépressif
pour une histoire d'amour éteinte. Et c'est un
poids supplémentaire sur mon dos. Intérieurement. Je
sais que se serait très mal vu de toute façon, et de
moi-même, j'aurais honte de cet épuisement
réalisé uniquement pour Fredric. Comment pourrais-je
bâcler le malheur qui a mit en ruine la vie de trois
garçons que j'aime beaucoup ? Chase et ses
frères viennent de vivre, il y a environ deux mois, la perte
la plus déstabilisante que l'on puisse avoir dans une
vie. Sandra Blake et son mari sont décédés
dans un incendie, laissant derrière eux trois enfants
complètement anéantis. Alors comment pourrais-je me
montrer égoïste devant cette abominable
événement que j'ai moi-même vécu il y a
environ une année ?

Cela va donc bientôt faire huit semaines que je vois mon
meilleur ami souffrir comme j'avais pu souffrir après
la mort de mes parents. Je trouve cela injuste, et nous sommes
malgré tout obligé de faire avec. Je crois bien que
je hais la mort autant que la vie. Les hommes, les femmes, toutes
ces existences sans buts, sans convictions, ni réelles
envies, c'est tellement mortel que j'en suis
achevé moralement et physiquement. J'ai mal pour eux
et je me sens tellement impuissant.

Le souvenir de ce jour tout particulier m&lsquo;a marqué
comme un fer rouge imaginaire sur mon c&oelig;ur. Je crois bien
avoir prit un coup de vieux en apprenant la mort des Blake. Je me
rappelle que Marien et moi étions avec Chase, Ange et Mickey
à ce moment ; lorsque nous avons appris la nouvelle. Puis
cela a été un nouveau pas vers la misère
mentale. Difficile. Un effrondrement et une chute insoutenable vers
la peine. Et depuis, tout s'est enchaîné. Et
quand je parle d'enchaînement, ce n'est pas
quelque chose de léger. Nous avons fait un bon dans le futur
immédiat. Le temps était comme
accéléré à mes yeux, peut-être
pas pour Chase et ses frères, mais pour les miens,
c&lsquo;était ma vie qui défilait à toute
allure. Et c'est donc rapidement que Marien a obtenu la garde
des trois garçons, sous les regards surpris de la plupart de
nos connaissances. Peut-être même sous mon
étonnement aussi. C'était une prouesse
juridique - comme j'aimais à la nommer. Puis, au fur
et à mesure que le temps s'écoulait sur nous et
sur cette reconstitution de deux familles, Marien et moi, avons
appris à sonder moralement les trois frères, comme
c'était une expérience que nous connaissions,
nous avons rapidement trouvé les techniques pour les aider.
Moi, je me suis surtout occupé de mon meilleur ami. Chase
était lamentable à regarder, je ne l'avais
jamais vu dans un état pareil. C'était
d'ailleurs en le voyant si anéanti, que je me suis
demandé à quoi j'avais bien pu ressembler
après le décès de mes parents ? Mais
quoiqu'il en soit, je faisais tout pour le soutenir et
transformer peu à peu son visage en une esquisse
d&lsquo;espoir. Je savais qu'il n'avait besoin que de
repos et d'un peu de présence. Et c'est ce que
Lénaïg et moi nous nous efforcions de lui apporter
quotidiennement.
Marien, quant à lui, a donné tout son temps aux deux
derniers. Mickey n'a pas été difficile à
comprendre, il s'est très vite accroché
à mon frère et s'est confié à lui
avec simplicité. Chose impressionnante lorsque l'on
connaît le phénomène de Marien. Mais comme ils
se connaissaient déjà bien, Mickey a rapidement eu
confiance en lui.
Le cas le plus difficile à gérer était Ange,
dés son arrivé, il a tout rejeté, la moindre
personne et la moindre parole. Il ne voulait pas s'exprimer
ou alors, cela se faisait dans une haine imperturbable qui montait
et montait toujours plus haut jusqu&lsquo;à explosion. Et
encore aujourd'hui Ange est un garçon difficile.
Marien fait tout ce qui est en son pouvoir pour le faire
démordre de cette colère intérieur, mais il
est tellement coriace qu&lsquo;il ne donne aucune chance à
qui que se soit. Et surtout pas à ses frères.
D'ailleurs, une relation très conflictuelle
s'est établie entre eux trois, elle est plutôt
réservée entre Chase et Mickey, après tout, le
petit brun n'a que six ans, mais pour ce qui est
d'Ange, il n'a aucun respect autant pour l&lsquo;un que
pour l&lsquo;autre, même pour Marien et moi. Je sais qu'il
m'est impossible de l'approcher sans qu'il ne me perce
d'un regard brutal et méprisant, près à
m&lsquo;arracher la peau comme du laser. C&lsquo;est
d&lsquo;ailleurs pour cela que je trouve qu&lsquo;il ressemble
beaucoup à Marien, Ange a autant de colère que mon
frère en avait eu après la mort de nos parents et la
manière de l'exprimer est la même. C'est
aussi grâce à cette comparaison que je ne me fais pas
trop de soucis pour le petit, je sais qu'il sera apte
à ne plus développer sa colère une fois
qu'il aura tout laissé sortir. De plus, avec Marien
comme tuteur, il n'aura pas d'autre choix que
d'abdiquer. A croire que mon frère a fait de la
psychologie lorsqu'il était à la
faculté.

En somme, ma vie est en gros bordel, et toutes ces raisons font que
je n'ai pas eu tellement de temps pour pleurer sur Fredric et
me permettre d'en souffrir. Bien que - et j'en suis
plus ou moins conscient - la plupart de mes larmes lui furent
destinées à certains moments, mais je n&lsquo;ai
jamais osé l&lsquo;avouer, j'avais bien trop honte de
dire que je pleurais pour mon amour perdu alors que les parents de
Chase, que j'aimais tout particulièrement,
étaient décédés. Bien trop honte. Je
crois même que je me le cachais à moi-même,
quelque part.

_ Justy ? Appela la voix de Marien d'en bas des escaliers, un
ton autoritaire se faisant sentir.

_ Oh Fuck... murmurais-je en me levant de mon lit
moelleux.

Je n'avais aucune envie de me déplacer pour savoir ce
qu'il se tramait en bas. Pour une fois que je pouvais me
reposer paisiblement et tenter de remettre en ordre mon moral, il
fallait que Marien intervienne pour me déstabiliser à
nouveau. C'était d'une poisse
mémorable.
En plus, je haïssais ce genre de
dérangement. 

_ Justinien ! Répéta-t-il, nerveusement.

_ Deux secondes Marien ! Lui hurlais-je en me manifestant du haut
des escaliers.

_ C'est pas trop tôt ! Rumina-t-il avec un air mauvais
en me voyant arriver, pour ajouter ensuite : je dois passer chez le
vétérinaire pour le nouveau lapin de Mickey.

_ L'espèce de peluche vivante noire ? Le
coupais-je.

_ Ouai... soupira-t-il, il a la diarrhée depuis hier
soir, et Mickey ne voudrait pas perdre encore une fois un lapin. Si
tu vois ce que je veux dire.

Avant, j'aurais ricané en entendant cela, le petit
avait souvent tendance à tuer ses bêtes en leur
donnant de drôles de choses à manger - du moins,
c'est ce que nous supposions - mais comme son dernier animal
était mort dans l'incendie avec ses parents, je
préférais ne pas rire de cette diarrhée.
Mickey avait besoin de cette petite bête pour se sentir bien.
Je n'avais pas le droit de me moquer de cela. Et puis de
toute façon, mon frère m'aurait
assassiné si j'avais réagis avec
moquerie.

_ Et donc, tu attends quoi de moi Marien ? Lui demandais-je en
descendant les marches.

_ Tu pourrais surveiller les garçons juste le temps de mon
absence ? Ils sont dans le salons... Tous les deux. Réunis.
Ensemble.

_ Et Chase, il est où ?

_ Il se repose dans ma chambre, apparemment, quelqu'un ronfle
trop fort la nuit et l'empêche de dormir... me
répondit-il avec un regard accusateur.

_ Agréable... soupirais-je tout en me tournant vers le
salon où m'attendait les deux morpions.

_ Pour information, Ange est de très mauvaise humeur, alors
évite de le titiller... me somma Marien avant de
rajouter en constatant mon expression blasée : s'il te
plaît Justinien, évites vraiment de
l&lsquo;énerver, on a pas besoin d&lsquo;une nouvelle crise
à gérer.

_ Oui, ne t'en fais pas... m'exaspérais-je
en regardant mon frère mettre le lapin dans la cage avant de
quitter notre doux foyer familial.



Et voilà à quoi j'en étais réduit
aujourd'hui.
Je haïssais ces moments où Marien me confiait la
surveillance d'Ange et Mickey, je savais que
c'était d'un ennui mortel car ni l'un ni
l'autre ne parlaient. Mickey était bien trop timide
pour oser une quelconque approche, et Ange faisait tout pour
éviter le contact.
Mais quoiqu'il en soit, je supportais malgré tout ce
genre de scène et me blindait moralement afin de rentrer
avec calme dans leur vie. Ils n'y étaient pour rien
après tout, leurs parents étaient morts, ils avaient
bien le droit d'avoir des comportements assez
diversifiés. Marien produisait déjà des
miracle sur eux, alors je n'avais pas tellement à me
plaindre.

Après le départ de mon frère, lorsque je passa
la porte pour retrouver les deux gamins, je sentis rapidement le
plus jeune d'entre eux me foncer dessus en larmes,
m'entourant de ses bras. Surpris, je me recula de lui pour
mieux le regarder, un sourcil arqué en guise
d'incompréhension.

_ J'veux pas qu'il meurt... sanglota-t-il, me
serrant la taille du mieux qu'il pouvait.

Inactif, je restais planté, comme choqué, en plein
milieu de la pièce. En principe, Mickey ne se collait pas
à moi ainsi. Et comme j'avais toujours
été le dernier de la famille - après Marien -
je ne savais pas comment réagir devant cela. Après
tout, qu'est-ce que je pouvais connaître des enfants ?
Je n'en aurais jamais !
Mais en entendant les pleurs de ce garçon qui faisait
désormais parti de ma famille, je n'avais pas
d'autres choix que de lui rendre son étreinte, du
mieux que je pouvais en tout cas. Puis, constatant sa peur, je lui
dis pour le rassurer, que son lapin n'allait pas mourir. Sur
le coup, je cru que ce n'était pas la chose à
dire vu que les larmes de Mickey s'étaient
amplifiées avec horreur, me détruisant les tympans. A
y réfléchir, c'était diabolique un
gosse.
Ensuite, tout en observant les lieux, je remarqua rapidement Ange,
écrasé sur le canapé avec la
télécommande dans les mains. Il montait le son afin
de ne plus entendre son frère pleurer. Mais à force
de constater que cela ne cachait pas les sanglots de Mickey, il se
leva brutalement, éteingnant la télévision
sans aucune doucuer pour finalement partir de la pièce en me
lançant avec un regard des plus mauvais :

_ Qu'il crève son lapin, de toute façon, il
sait pas s'en occuper. Et puis, on est plus à quelques
morts près dans la famille.

_ T'es cruel Ange, lui répliquais-je froidement en
m'accroupissant pour serrer Mickey dans mes bras, qui sous
l'effet des paroles de son frère, s'était
mit à pleurer plus fort.

Il pesta rapidement quelques mots, que je ne compris pas, avant de
disparaître de la pièce, me laissant seul avec un
enfant à consoler. Moi qui avait plus besoin de
l'être que de le faire. C'était bien
triste à voir, mais je n'avais plus le choix
désormais. Je devais me retenir et aider du mieux que je
pouvais. Cela me brisait le coeur.

Et il me semblait bien que c'était avec ce genre de
scènes qu'on finissait par se rendre compte
qu'en grandissant, on avait plus le droit de souffrir, mais
simplement celui d'endurer.

La vie était donc aussi médiocre et mortelle que cela
?</p>

<p style="text-align: center;">
Bon, comme vous l'aurez remarqué, ceci
est un épilogue assez spécial car il a aussi des
allures de prologues à <em>Never-Ending Story</em>.
Disons que, j'ai surtout parler de la situation dans laquelle va
évoluer NES. Justinien, il est perdu au milieu de tout
ça, Fredric disparut, il ne sait même plus qu'il
est.
Et vous saurez s'il s'en sort dans NES, un huit ans après
qui risque d'être lourd pour mon petit Justy-prout que
j'aime.</p>
<p style="text-align: center;">Autant vous
dire que j'ai dû mal à réaliser que
<em>Justinien</em> est terminé. Vraiment terminé.
C'est assez étrange. Je suis très fière cela
dit. Même si les chapitres sont loins d'être parfait,
j'ai beaucoup donnée dans cette histoire. Et j'ai beaucoup
appris aussi. De plus, j'ai fait grandir et évoluer
Justinien en même temps que moi, j'ai donc une grosse attache
sentimentale à ce personnage.</p>
<p style="text-align: center;">
Merci beaucoup pour vos réactions au dernier chapitre. Elles
m'ont réellement fait plaisir ! C'était très
agréable de lire vos réactions. </p>
<p style="text-align: center;">Quoiqu'il en
soit, je devrais commencer à publier sur <em>Never-Ending
Story</em> avant la fin de la semaine. J'ai déjà pas
mal de photos et quelques articles hors ligne. Mais je veux
vraiment faire quelque chose qui me convienne et qui me plaise, et
comme la première maj a son importance à mes yeux, je
vais la faire du mieux possible. Mon possible, en tout
cas.</p>
<p style="text-align: center;">A très
bientôt aussi ici. La suite de <em>Coeur Sacré</em>
est à venir très rapidement. Comme si j'allais
abandonner le petit Valéry qui sera très vite
présent dans NES </p>
<p style="text-align: center;">Bises à
tous & merci tout plein !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style=
"text-decoration: underline;">Sasa</span> =></strong> Tout d'abord, je te remercie
beaucoup pour ton/tes commentaire(s), je suis vraiment ravie de
savoir que tu as suivi cette histoire jusqu'au bout. Ca me fait
vraiment plaisir. 
Je suis désolée d'avoir écrit cette phrase si
ça t'a fait de la peine ou choquée. Si j'ai dit cela,
ce n'est pas parce que Justinien ne veut pas d'enfants ou qu'il ne
peut pas. Mais comme il est homosexuelle (et garçon), je le
vois mal avoir un enfant de sa propre chair. Et puis, même si
ce que je vais dire n'est pas sympa (à première vue),
je suis contre l'adoption homosexuelle (malheureusement). Ce n'est
pas que je doute de l'amour et de la présence de deux
parents du même sexe, mais je doute de la
société qui ferait forcément du mal à
la famille. Surtout à l'enfant. C'est bien dommage
d'ailleurs, parce que je suis sûre que des parents gays ou
lesbiennes seraient peut-être mieux que certains parents
hétéros ! Mais quand on voit les réactions des
gens ou les réactions des enfants qui constatent qu'un de
leur camarade a deux papas ou deux mamans.. Je ne veux même
pas imaginer le mal que cela peut faire !</p>
<p style="text-align: justify;">J'espère que mon avis ne te décevras pas
(si tu repasses par ici) ou que t'arriveras à le comprendre
(je m'explique assez mal ). Tu peux très
bien être du même avis d'ailleurs, beaucoup pensent
ainsi pour les mêmes raisons.
Quoiqu'il en soit, tu avais le droit de réagir à ce
que j'ai écrit pour Justinien. Après tout, les textes
sont fait pour qu'il y ait du partage (sous n'importe quelle
forme). .
En tout cas, si jamais tu ne relis plus du
tout de yaoï, et bien, je suis vraiment heureuse de t'avoir eu
comme lectrice. Tes avis m'ont beaucoup intéressé et
j'espère que tout ira bien mieux pour toi. Ca a
été un grand plaisir d'être lu par toi

Je ne te dis pas "adieu" car ce mot m'a toujours fait peur, mais
sans doute "au-revoir"  ou "à bientôt" si tu vois
ce message et que tu souhaite y répondre. 
Merci encore pour ta présence sur <em>Justinien</em> !
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style=
"text-decoration: underline;">Mélo
& Lara</span> =></strong>  Merci les filles,
vous êtes formidables !</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
]]></description>			<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1107364/Justinien-Epilogue/</link>			<comments>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/Justinien---Epilogue-14082008-225812-lp-1107364.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1107364/Justinien-Epilogue/</guid>			<pubDate>Thu, 14 Aug 2008 22:58:12 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Justinien - Vingt-Neuvième Chapitre]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">C'est parti
pour le dernier chapitre de cette fiction.
Comme prévu, il y aura un épilogue très
bientôt et la suite de l'histoire dans Never-Ending
Story.</p>
<p style="text-align: center;">N'oubliez pas
de lancer la chanson qui sera linké dans le chapitre
</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: justify;">On m'a laissé quitter
l'hôpital cinq jours après mon réveil. Et
depuis, je ne cesse de repenser à cet
événement qui me marquera à jamais
physiquement et moralement.
Je n'ai jamais réellement compris ce qu'il
s'était passé ce soir là, lorsque je me
suis fais agressé. La seule chose dont je me souvienne,
c'est la présence que Marien et Johanna avaient dans
cette ruelle. Voir mon frère se battre pour moi et me
secourir, était d'un immense soutient. Le genre de
soutient qui nous aide à préserver notre vie. Je
parviens encore à discerner sa silhouette de l'ombre
de la rue et sa manière de me tenir par la main, pleurant
toutes les larmes qu&lsquo;il avait à disposition. Car
même si mes yeux faibles n'arrivaient plus très
bien à différencier les éléments du
décor, je sentais sa douleur qui venait se perdre
jusqu'à moi, et jamais je n'avais pris
conscience d'avoir un véritable frère. Je crois
bien que le supplice qu'il vivait à me voir mourir
dans ses bras m'a donné suffisamment de courage pour
lui épargner cette perte. C'est assez incroyable de
constater ce que l'on est capable de faire par amour.

Quoiqu'il en soit, depuis que je suis revenu à la
maison, chacune des personnes de mon entourage a fait acte de
présence. Que se soit mon frère, sa petite amie,
Chase et sa famille, ils ont tous été présent.
Tous, sauf un. Je n'ai pas revu Fredric depuis notre dernier
baiser à la librairie. Ce baiser qui m'avait tant
effrayé. Je sais qu'il a été mit au
courant de mon accident, mais ni Chase, ni Lénaïg
n'ont daigné m'expliquer quoi que se soit,
s'il avait été présent ou non à
mon chevet. Et à chaque fois que je mentionnais son nom, un
silence glacial régnait dans la pièce.
Quelques jours après ces questions, Marien m'a
expliqué qu'il savait que j'étais
amoureux d'un garçon, apparemment mes parents lui
avaient tout dit il y a environ un an, un peu avant leur mort.
Lorsqu'il m'a apprit cela, je crois bien ne jamais
avoir été aussi surpris de toute ma vie. Moi qui
était alarmé par le simple fait de le savoir un jour
au courant de mon homosexualité, je me suis senti si
apaisé que s'il n'y avait pas eu
l'intervention surprenante du petit Mickey dans la
pièce, je me serais mis à pleurer sur mon
frère pour le remercier de ne pas m'avoir jugé
là-dessus, ni contraint à un autre amour. Mais
visiblement, les aventures du frère de Chase étaient
tellement palpitantes que Marien et moi n'avons pas pu finir
notre conversation. En effet, Mickey, maladroit venait de
libérer son lapin dans le salon et n'arrivait plus
à le rattraper, et comme ses parents n'étaient
pas encore revenu du travail et que lui et Chase ne parvenaient pas
à attraper l'animal, le petit brun
s'était précipité dans ma chambre pour
demander de l'aide à Marien. Celui-ci, avec une envie
de rire incontrôlable, se leva de mon lit et m'invita
à aller admirer cette chasse au lapin qui se ferait dans
notre salon. Comme je n'avais pas tellement le droit de
bouger et que j'étais sans cesse surveiller,
j'avais donc sauté sur l'occasion pour sortir
enfin de ma chambre et suivre mon frère qui portait dans ses
bras le petit Mickey totalement apeuré par la perte de son
animal.



Quand je regarde ce qu'il en est deux semaines après,
je crois que mon agression a permis beaucoup de choses positives.
Les Blake se sont rapprochés de notre famille, les parents
de Chase sont toujours présents pour nous aider, ou
plutôt pour veiller sur ma bonne santé. Et en
échange, mon frère garde parfois le plus jeune des
enfants à la maison, Mickey. Aussi, Chase, en bon ami
qu'il est, vient le plus souvent possible avec
Lénaïg. Le seul que je ne vois que rarement est Ange.
Je sais qu'il a un caractère assez particulier et que
malgré la gentillesse dont il s'éprend tout les
trente-six du mois, il a une forte tendance à hurler sur
tout ce qui bouge. Mais je l'aime bien tout de même,
c'est juste qu'il est encore très jeune.
Leur parent, eux, sont tout particulièrement attentifs
à Marien et moi, c'est assez remarquable. Je ne
connaissais que très peu le père de Chase, mais il
s'est avéré que c'était un homme
très tendre et calme, et en le voyant, je comprenais mieux
pourquoi il allait si bien avec sa femme. C'était une
famille parfaite qui venait à notre secours, une famille
modèle, touchante et très soudée. Nous avions
de la chance.

Tout cela pour dire que depuis que je me suis fais poignarder,
j'ai rapproché la famille de Chase et la mienne.
C'est réellement beau à voir, mon frère
a l'air d'aller mieux, son regard a changé en
peu de temps, j'ai même parfois l'impression de
le voir plus agréable et épanouie. Et après
avoir vécu pendant mes quasi dix-sept ans en compagnie
d'un type froid, violent et effrayant, le contraste avec le
Marien d'aujourd'hui est assez perturbant.
D'ailleurs à les observer tous dans leurs
métamorphoses quotidiennes, je me rends compte que moi, je
stagne. Je fais du sur-place, je les vois s'épanouir
sans pour autant les suivre, c'est comme si
j'étais le spectateur d'un assemblage de vie. Et
ce mal que je ressens, cette ignorance de tout, je sais
parfaitement de quoi elle vient. J'ai failli perdre la vie,
certes, mais ma vie, je ne la vois plus depuis deux semaines. Je me
suis battu pour mon frère dans cette survie, j'aurais
pu disparaître, mais je sais aussi que l'espoir de
retrouver Fredric était l'un des facteurs de ma
présence actuelle. Et en me réveillant à
l'hôpital, il n'était pas là.
Alors, je reste là, le regard vide à les regarder
s'amuser, attraper ce lapin, rire aux bonnes blagues
d'une famille unie. C'est triste, mais sans Fredric,
cette renaissance me semble si stupide, si terne. Et je ne veux pas
la vivre sans lui, sans amour. C'est impossible pour
moi.

_ Justinien, je peux rentrer ?

C'était la voix de Lénaïg, elle toquait
derrière ma porte de chambre timidement.
C'était la première fois qu'elle
s'adressait à moi directement. En principe, elle
n'osait même pas croiser mon regard, peut-être
était-ce à cause de Fredric ou de la peur
qu'elle avait ressenti le jour où j'ai failli
mourir, mais quoi qu'il en soit, elle semblait
intimidé et l'entendre frapper derrière la
porte fit croître mes suspicions à propos de mon
amant.

_ Oui ?

Elle apparut rapidement devant moi, l'air assez
gêné. En la regardant, je vis qu'elle avait
changé de couleur de cheveux, au lieu d'être
blonds comme ceux de sa s&oelig;ur, ils étaient devenus
aussi roux que du cuivre. Et cela lui allait très
bien.

_ Je voulais te parler de quelque chose... murmura-t-elle en
s'asseyant à côté de moi, sans pour
autant me regarder.

_ Dis-moi que ça concerne Fredric... entamais-je
ouvertement, sans aucune retenue.

_ Malheureusement, oui, répondit-elle, fronçant ses
sourcils avec un visage anxieux.

Lénaïg ne semblait pas très enchantée de
devoir parler de Fredric, je voyais bien que la mention de son
frère l'embarrassait plus que de raisons. Inquiet, je
me redressa dans mon lit pour lui demander :

_ Qu'est-ce qu'il se passe ? Il va bien ?

_ Mes parents l'ont chassé de la maison après
que Lucie se soit fait arrêtée, il y a encore cinq
jours, j'avais à peu près une idée de
là où il pouvait être, mais aujourd'hui,
je ne sais pas... soupira Lénaïg, fixant mon
bureau à quelques mètres devant elle. Il... Il
m'a fait promettre de ne rien te dire, mais je suis tellement
angoissée que j'ai jugé bon que tu saches cela.
Je sais que ce n'est pas agréable et...

_ C'est bon, je ne suis pas handicapé non plus ! Je
peux au moins savoir ce qu'il se passe dans la vie de mon
petit ami ! M'énervais-je sur elle, la laissant
étourdie.

_ Ecoutes, je le sais très bien ça, mais on ne
voulait pas t'inquiéter. Après tout ce
qu'il s'est passé, comment voulais-tu
qu'on te parle de Fredric ?

_ Oh oui, je comprends ! Me voir me morfondre parce que
l'homme que j'aime n'a toujours pas daigner me
dire « c'est cool, t'es toujours vivant
!! » est beaucoup plus attrayant que m'expliquer
clairement qu'il m'a complètement
abandonné !!

_ Tu fais fausse route Justinien ! Il ne t'a pas
abandonné ! S'écria-t-elle, se levant avec
précipitation de mon lit. La dernière fois que je
l'ai vu, il n'arrêtait pas de me dire qu'il
t'aimait et qu'il ferait tout pour venir te voir
dés que possible. Il pense à toi continuellement, et
ça se voit. A l'hôpital, il...

_ A l'hôpital ?! Sursautais-je, la dévisageant.
T'es en train de me dire que Fredric était à
l'hôpital et que je ne l'ai pas vu ?!

_ Il n'osait pas venir en sachant que cet incident avait eu
lieu à cause de lui...

Je sentais une fausse note dans ce que Léna venait de dire.
Elle mentait sur quelque chose, Fredric, fautif ou non de cela
n'aurait jamais eu peur de venir me voir. Bien au contraire.
Il aurait été présent et m'aurait
soutenu dans mon malaise.

_ Tires-toi de me chambre... lui ordonnais-je sans avoir de
réelles raisons, mise à part ma colère
naissante.

Lénaïg me regarda avec des yeux ronds et me
répondit avec un tintement de voix suffisamment
exaspérant pour être ressenti comme vexant :

_ Sois pas si stupide Justinien...

Puis elle tourna les talons et claqua la porte de ma chambre.
Suite à cette conversation, je n'eux qu'une
envie, fondre en larme et supplier tout et n'importe quoi de
me rapporter mon Fredric. Je n'en pouvais plus. Même si
ce qu'elle disait paraissait étrange, il avait tout de
même été chassé de son foyer, il
était perdu au milieu de nulle part et personnes ne savaient
ce qu'il devenait. C'était insoutenable. Et ne
pas m'avoir dit la vérité me rendait fou de
rage.



Pour ma propre chance, le lendemain matin arriva assez rapidement
à la maison. Comme à l'ordinaire,
c'était Marien qui était venu m'apporter
mon petit déjeuné au lit. Il ne me laissait pas le
loisir de bouger jusqu'à la cuisine pour me servir une
tasse de café. Et cela me donnait la minime impression
d'être prisonnier de ma chambre, mais dans sa
manière d'agir, j'avais surtout
l'impression qu'il cherchait à se faire
pardonner de quelque chose, comme s'il voulait racheter
toutes nos années perdues dans la crainte l'un de
l'autre.
Finalement, avoir failli perdre la vie m'a apporté un
frère présent, certes étouffant, mais
présent malgré tout. Et je chérissais autant
que je maudissais cette opportunité de ne plus être
seul familièrement.
Quoiqu'il en soit, aujourd'hui, il n'y avait
personne à la maison et Marien devait reprendre son travail
dans quelques heures. Après l'accident, il avait prit
deux semaines de repos pour s'occuper de moi, et comme mon
état s'améliorait et que je sentais
qu'aller au boulot, cela lui manquait, c'était
sans surprise que je l'entendis me dire qu'il allait
bientôt devoir partir de la maison et reprendre enfin son
rôle au journal.
J'allais de nouveau pouvoir disposer seul de cet endroit.
Quel soulagement. Mais à travers cette reprise de travail de
mon frère, je sentais inéluctablement le destin me
rapprocher de ma rentrer au lycée. Abominable. Bien
sûr, pour le moment, j'évitais de m'en
soucier plus que de raisons, il fallait que je profite de cette
longue convalescence et pour se faire, je devais aider Marien
à quitter le plus vite possible cette maison et me laisser
seul. Chose que je parvins à faire rapidement,
l'écoutant attentivement dans toutes ses
recommandations stupides que je savais déjà et lui
donnant avec bonheur les clés de sa voiture pour qu'il
s'en aille.</p>
<p style="text-align: center;">


<strong>*    *</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>*</strong></p>
<p style="text-align: justify;">


Pour la première fois depuis deux semaines, Marien devait
laisser Justinien seul dans la maison. Devoir repartir au travail
lui procurer un immense plaisir, mais savoir son frère sans
surveillance alors qu'il souffrait encore de sa blessure
l'angoissait au plus haut point.
Mais à force de l'entendre le supplier de s'en
aller le plus vite possible, il quitta les lieux,
répétant une énième fois à
Justinien de ne rien faire de dangereux pour lui. Il devait encore
se reposer et éviter tout mouvements brusques.

Montant dans sa voiture, Marien regarda furtivement son petit
frère refermer la porte et partir profiter de sa solitude.
Une solitude qui ne serait pas longue tout de même. En effet,
lorsqu'il enclencha le moteur et démarra pour partir
au travail, Marien roula jusqu'à l'angle de la
rue et se gara maladroitement contre le trottoir. Rapidement, il
ouvrit sa portière et en sortit pour aller
déverrouiller le coffre arrière de la voiture dans un
calme grossier, puis, le c&oelig;ur battant, il se retourna pour
faire face à sa plus grande honte : Fredric.

_ On va y aller, je te laisse ranger tes affaires dans le
coffre.

Le jeune brun, froid, jeta son sac à l'endroit
indiqué et se retourna vers Marien, plantant sans douceur
ses yeux dans ceux du châtain.

_ Il est seul ?

_ Oui.

_ Je voudrais aller le voir.

Marien, suspicieux regarda Fredric de haut en bas. Il aurait voulu
lui répondre non, mais la peine de Justinien dés que
le nom de son amant était mentionné lui revint en
mémoire et il se résigna à lui dire :

_ Etant donné que nous n'avons pas la journée
devant nous, je te donne dix minutes... Et je te jure que si
tu lui fais le moindre mal, je te tuerai au lieu de
t'aider.

_ Ce ne sera pas de me faute s'il a mal, répondit
amèrement Fredric avec une voix irritée.

Puis il se détourna de Marien sans le regarder et
commença à avancer en direction de la rue qui le
mènerait à Justinien.

_ Dix minutes, pas plus, répéta à nouveau le
châtain, soupirant déjà devant désastre
qu'il allait commettre pour son petit frère.</p>
<p style="text-align: center;">



<strong>*    *

*</strong></p>
<p style="text-align: justify;">


_ Enfin tranquille ! M'exclamais-je en
m'écrasant lourdement dans le canapé, allumant
cette maudite télévision qui n'avait aucun
programme intéressant à offrir. Plus de frère,
plus d'amis, plus de famille qui me surveille,
m'empêche de bouger et de respirer ! Enfin !

Tout en blottissant un coussin contre mon torse, je cherchais sur
le câble la chaîne des clips musicaux, seule chose bien
à regarder à une heure pareille. Après tout,
je n'étais pas en vacances, mais en convalescence, les
bons programmes n'étaient donc pas diffusés
à ces heures là, étant donné que la
plupart des gens travaillaient ou étaient en cours. A force
de zapper, je fini pas trouver une émission potable qui
passait quelques clips assez pop et rock à la
télé.
Alors que je m'apprêtais à m'enfoncer dans
le canapé, recouvert par les coussins et couvertures que
j'avais descendu pour l'occasion, la sonnette de cette
satanée maison retentit. A l'entente de ce bruit, une
grimace me déforma le visage. Je n'avais pas envie
d'ouvrir, mais la personne insista plusieurs fois de suite,
je n'avais donc pas le choix, je ne pouvais
définitivement pas rester seul dans cette maison. Quelle
poisse !

Le pas lourd, j'arrivais en une seconde jusqu'à
la porte d'entrée. Après avoir tourné
les clés dans la serrure, je m'attendais à
trouver devant moi quelques vendeurs de porte à porte ou
quelque chose d'ennuyeux comme cela, mais au lieu de voir
l'une des ces idioties, c'est une image puissante qui
se dressa devant moi, me laissant immobile et frêle.

_ F-Fredric ? C'est vraiment toi ? Murmurais-je,
assommé par cette vue.

_ Oh Mon Dieu, Justinien !

Il se précipita sur moi sans aucune hésitation,
m'attrapant avec puissance dans ses bras pour me serrer le
plus fort possible. Je répondis d'ailleurs à
cette enlacement avec vivacité. Les larmes aux yeux,
j'enfonçais ma tête dans le creux de son cou.
Respirant son odeur, sentant son c&oelig;ur battre la chamade tout
comme le miens et caressant ses cheveux d'une extrême
douceur. Tout cela m'avait tellement manqué. Son
corps, sa voix, sa peau, tout chez lui m'avait
manqué.

_ Où étais-tu ? Je désespérais sans
toi... J'ai cru ne jamais pouvoir te revoir, lui dis-je,
me détachant légèrement de lui pour lieux le
regarder.

Il me fixa d'un air si peiné, si faible, que la
crainte me gagna rapidement. Je ne l'avais encore jamais vu
aussi mal et avant que je n'ais le temps de redire quelque
chose, il attrapa ma tête entre ses mains et m'embrassa
avec fougue. Nos bouches se collèrent l'une à
l'autre, laissant monter nos passions réciproques, et
rapidement ce baiser se transforma en une réelle osmose et
je me blotti contre lui en même temps qu'il
m'insuffler un nouveau souffle de vie. Cependant, dans cet
échange, un élément étranger
était venu semer le trouble dans mon esprit, à mesure
qu'il m'embrassait, déplaçant parfois ses
lèvres vers mon cou, mes joues, mon front, un goût
salé vint nous interrompre. Reculant mon visage du sien, je
le regarda et en une seconde je cru perdre pied sur ce monde.

_ Fredric, tu pleures... lui dis-je, n'arrivant pas
à croire en cet instant.

Il me rattrapa vivement et posa son front contre le mien, fermant
fortement ses yeux, il fit sortir les larmes qui devaient lui
troubler le regard depuis plusieurs secondes déjà
pour finalement me dire, en tremblant :

_ J'ai tellement peur Justinien, tellement... Si tu
savais...

Je m'agrippa vivement à lui pour lui déposer
quelques baisers sur la bouche avant d'essayer de le
réconforter avec des paroles que je trouvais aussi
misérables que nos deux corps réunis en cet instant
:

_ Je suis vivant, maintenant, tout va aller mieux, n'est-ce
pas mon amour ? Tu verras, ça va s'arranger. Je
t'aime tellement...

_ Justinien... sanglota-t-il avant de venir m'embrasser
de nouveau, les lèvres humides se collant aux miennes.

_ Arrêtes de pleurer, tout va s'arranger, absolument
tout. Ca me fait mal de te voir comme cela. Alors arrêtes
s'il te plaît...

J'avais l'immense impression qu'il
n'écoutait que d'une oreille ce que je lui
disais. Il ne semblait pas être ailleurs, mais je sentais
qu'il voulait dévorer l'instant présent
et j'en eu la confirmation lorsqu'il répondit
:

_ Embrasses-moi, s'il te plaît,
embrasses-moi...

Sans hésitation, je prie à mon tour possession de ses
lèvres et de son âme tout entière,
j'aurais voulu me déchaîner dans une passion
mise à nu, qu'il me fasse à nouveau
l'amour, mais il m'interrompit, prenant l'une de
mes mains pour entrelacer nos doigts et nous voir complet pendant
un instant. Ses larmes étaient toujours présentes,
même beaucoup plus que lorsqu&lsquo;elles avaient
commencé à couler, et cela me fit rapidement gagner
en inquiétude.

_ Justinien... murmura-t-il, i-il va falloir que je te dises
au-revoir, et je ne sais pas encore comment je vais pouvoir faire
cela...

_ Quoi ? M'exclamais-je faiblement, sentant une pression
brutale contre mon c&oelig;ur.

Je n'arrivais pas à saisir l'exact sens de ce
qu'il venait de me dire.

_ Le temps va manquer... Mais il faut que j'arrive
à te dire que... te dire que je te quitte... Je
m'en vais, le plus loin possible d'ici...

_ Mais qu'est-ce que tu me racontes, Fredric, mon amour,
tu...

_ Ne dis rien s'il te plaît, je t'en supplie, ne
rend pas ce moment encore plus difficile...

Il me caressa tendrement le visage, comme s'il cherchait
à le mémoriser pour l'éternité
à venir. Chose qui me déstabilisa, me donnant envie
de souder mon corps au siens et de lui interdire ces quelques
paroles qu'il prononçait avec une peine
évidente.

_ Je t'aime Justinien, je crois que je n'ai jamais
autant aimé quelqu'un et que je ne serais jamais
capable de donner autant d'amour à une autre personne.
Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée dans cette vie
et dans toutes les autres, mais je suis obligée de partir,
je ne peux pas rester, je suis désolé, affreusement
désolé...

Il planta son regard une nouvelle fois dans le miens, me
dévisageant jusqu'à mon âme et me
laissant vide de toutes émotions. Le monde
s'écroulait autour de moi, à mesure que je le
voyais prendre du recule de mon être. De quelques
millimètres, des centimètres se mirent à nous
séparer. Puis, au bout de quelques secondes, son corps
s'éloigna du mien, je ne touchais plus rien
d'autres que le néant. Sa peau et sa chaleur me
quittaient tout entier et je n'avais jamais eu
l'impression d'être aussi lourd qu'en ce
moment.

_ Fredric, Fredric... Qu'est-ce que tu fais ?
Qu-Qu'est-ce que...

Si Dieu existe comme beaucoup le pense, pourquoi me fait-il vivre
un tel calvaire ? Comment se fait-il que le visage de Fredric, son
corps, son âme, s'amenuisent de leurs présences
et que je le regarde se détourner de moi sans savoir comment
agir ?

Il repassa rapidement derrière la porte de la maison, la
refermant sans que je ne puisse profiter de sa silhouette une
dernière fois. Il venait de quitter ma vie, et je la sentais
mourir à côté de moi sans oser retourner
à l'intérieur. Quelques larmes trop lourdes
pour mes yeux, sortirent au premier clignement, elles
roulèrent dans un supplice abominable sur mes joues,
laissant une trace humide de leur passage sur moi. Et malgré
tout, je ne pouvais pas croire que tout était fini. Il y a
encore cinq minutes, Fredric était là et
c&lsquo;était comme si je reprenais enfin conscience que
j&lsquo;étais vivant. Et l'instant
d'après, il ne restait plus que son odeur dans
l'air, la sensation d'une présence
passagère implosant dans le vide.

Sans savoir par quelle prouesse physique cela était
possible, je me retrouva très vite à genoux, à
l'endroit où Fredric venait de me quitter. Je crois.
Tombant au sol comme une feuille morte, je parvins à
entendre la chaîne musicale lancer <a href=
"http://www.deezer.com/track/535411" target="_blank"><strong>une
chanson actuelle</strong></a> qui me fit frémir dans son
ensemble. Elle était vraiment mal choisi pour ce moment, et
lorsqu'elle résonna jusque mon c&oelig;ur,
c'était mon âme qui s'écrasa par
terre, comme du crystal, se brisant en milliers de morceaux dont je
ne ressentirais plus jamais l'émotion.
Ne parvenant pas à réagir, je ne fis qu'une
lamentable chute, écrasant ma blessure contre le parquet de
la maison et sentant la froideur du sol sur mes joues
mouillées.

Je resta ainsi de longues heures, ne croyant pas à ce
qu'il venait de m'arriver. J'étais bel et
bien seul, enfin seul. Abandonné, roué de coups
intérieurs et immobile contre mon néant. Tout
était noir. Et la mort imminente que j'avais ressenti
il y a peu de temps n'était rien comparée
à celle-ci. J'étais fini.</p>
<p style="text-align: center;">


<strong>*    *

*</strong></p>
<p style="text-align: justify;">


Deux heures plus tard. Assis au volant de sa voiture, Marien
regardait par la fenêtre la forme métallique
d'un avion s'envoler d'un aéroport
à travers le ciel.
Il venait d'envoyer Fredric droit vers les Etats-Unis, lui
redonner une nouvelle vie. Il lui avait tout acheté pour
être sûr que le jeune homme ne refuserait pas.
Lorsqu'il arriverait à New York, il aurait un
appartement, un travail, et autant d'argent qu'il lui
faudrait pour lancer correctement sa vie. Marien avait vraiment
tout fait. Mais son c&oelig;ur avait bien plus mal que ce
qu'il aurait cru. Lorsque Fredric était revenu de chez
eux et qu'il était monté dans la voiture, ses
yeux étaient si rouges de larmes et sa respiration tellement
saccadée qu'il s'était demandé
comment il parvenait encore à respirer. De plus, Fredric
s'était effondré en arrivant à
l'aéroport et en devant prendre ses bagages afin de
quitter définitivement - selon les ordres de Marien - 
cette ville qu&lsquo;il n&lsquo;aimait que pour Justinien.
Mais le jeune homme, encore remué par tout ce qu'il
venait de se passer récemment, se demandait s'il avait
réellement pris la bonne décision en forçant
Fredric à quitter son frère. Et c'était
d'ailleurs à la pensée de cet amour
brisé qu'il explosa en sanglot au volant de sa
voiture. Se sentant destructeur et sale.

Finalement, il n'était pas un si bon frère que
ça. Mais pour se contraindre à penser autrement, il
se répéta à tue-tête que
c'était pour le bien de Justinien. Pour son bien, leur
bien. Pour leur survie. Et simplement cela. Qu'il ne lui
faisait aucun mal.

Au bout d'un certain moment, sachant pertinemment que
Justinien était chez eux, sans doute en larmes et
anéanti, il redémarra en trombe la voiture, essuyant
ses yeux et fonçant droit vers la maison.

Lorsqu'il y arriva, le regard inquiet, le c&oelig;ur battant
la chamade, il eut une soudaine peur de ce qu'il allait voir.
Perdre son frère l'effrayait au plus haut point depuis
que cette pensée avait failli se réaliser. Et quand
il enclencha le verrou de la porte d'entrée et franchi
le seuil de la maison, ce qui s'offrit à sa vue fut
à la hauteur de ses craintes. Justinien était
écrasé au sol, face contre terre, la respiration
lente et le corps frêle.

_ Justinien ! S'écria Marien, prit de panique.

Il se précipita rapidement vers son frère. Il ne
pleurait pas, ne disait rien et semblait avoir perdu la
réalité de son regard. Jamais il ne l'avait vu
si malade et abîmé.

_ Justy, qu'est-ce qu'il se passe ? Dis-moi...
Qu'est-ce qu'il se passe ?

S'il n'avait pas été le grand Marien, il
n'aurait pas tenu plus d'une seconde sans
s'écrouler au côté de son frère
pour pleurer. Mais son sang froid lui permis de toucher Justinien
et d'essayer de le relever. Chose qui fut vite interrompu
lorsque le jeune garçon repoussa avec violence son
frère aîné et s'agrippa au sol comme si
sa vie en dépendait.
Marien, ne voulant pas croire à ce spectacle, saisi avec
force Justinien par les côtés et chercha à le
soulever. Seulement, cela était bien plus difficile que
prévu. Mais à force d'acharnement et devant la
faiblesse de son petit frère, il parvint à le saisir
correctement et à le décoller du sol afin de le
porter dans ses bras. C'était bien la première
fois qu'il était obligé de faire une chose
pareille.
Désarmé, Justinien écrasa finalement sa
tête dans le cou de son frère et explosa en sanglot et
disant, dans une réalité scandaleuse, que Fredric
l&lsquo;avait quitté. Marien, débordant de
culpabilité, se déplaça jusqu'au
canapé un peu plus loin, Justinien toujours blotti dans ses
bras et il s'assit ainsi, serrant son frère le plus
fort possible pour ne jamais le voir s&lsquo;échapper.

Il se savait fautif de ce drame qui venait sans doute de
détruire une grande partie du bonheur de son frère,
mais il pensait sérieusement que cela était pour son
bien, et uniquement son bien. Fredric, son corps svelte, ses mains
fines, son regard fragile et ses cheveux noirs de jais,
n'était désormais plus présent. Tout
était fini. Cette aventure n'était
désormais plus qu'un souvenir. Un souvenir aux
couleurs du néant et de l'inconscience.

Et ce n'était plus que l'infâme laideur
d'une osmose inachevée.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>

<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style=
"text-decoration: underline;"><strong>FIN</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">Et
voilà, <em>Justinien</em> se termine ici. Du moins
l'histoire.
Tout comme pour <em>I Want to Save you</em>, je ne sais pas trop
quoi dire mise à part que c'était une magnifique
expérience et que je ressens beaucoup de fierté
d'avoir écrit cette histoire.</p>
<p style="text-align: center;">Bien
sûr, l'épilogue devrait arriver très rapidement
afin que je puisse mettre la première maj de
<em>Never-Ending Story</em> en route.</p>
<p style="text-align: center;">J'espère que cette fin vous a tout de même
plu et que vous n'êtes pas déçu de les voir se
séparer (désolé à <strong>Sasa</strong>
qui m'avait demandé de <span style=
"text-decoration: underline;">ne pas</span> finir mal ma
fiction  quand j'avais lu ton
commentaire, ma première réaction fut
<strong>"oups.."</strong>).</p>
<p style="text-align: center;">En tout cas,
je vous <strong>remercie tous très fort</strong> et je vous
dis à très bientôt !
C'est un plaisir de <strong>vous</strong> avoir pour lecteurs

Nombreux ou non, je m'en fiche, vous êtes <strong>formidables
!</strong></p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
]]></description>			<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1102996/Justinien-Vingt-Neuvieme-Chapitre/</link>			<comments>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/Justinien---Vingt-Neuvieme-Chapitre-11082008-170944-lp-1102996.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1102996/Justinien-Vingt-Neuvieme-Chapitre/</guid>			<pubDate>Mon, 11 Aug 2008 17:09:44 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (seconde partie)]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;">D&#233;sol&#233; pour l'attente occasionn&#233;e sur le
blog. Mais entre la fin d'<em>I Want to Save you</em>, la video
d'intro de <em>Never-Ending Story</em> et tous les probl&#232;mes
que j'ai eu dans ma vie, &#233;crire <em>Justinien</em> a
&#233;t&#233; difficile. D'ailleurs, en ce moment j'ai des
probl&#232;mes pour &#233;crire, je me trouve incroyablement
merdique, et comme les 3/4 des gens qui me donnent leur avis ne
sont plus l&#224;, je ne sais pas comment j'vais faire  ...
Quoiqu'il en soit, je vous donne une petite fin du chapitre 28 et
je suis dans le regret de vous dire que le chapitre 29 sera le
final de Justinien et que &#231;a me brise le coeur (donc, c'est
plus mon regret que le votre )... D&#233;j&#224; que j'ai pleur&#233; en
finissant <em>I Want to Save you</em> (si si, je vous le jure,
quand j'ai &#233;cris les derniers mots sur works, &#231;a m'a
foutu les boules), donc finir <em>Justinien</em>, &#231;a va
m'achever jusqu'&#224; ce que je commence NES. Mais bon, justement
il y a NES, et je pourrais encore parler des personnages ici
pr&#233;sents ! C'est juste que, voil&#224;, cette fiction, je l'ai
commenc&#233; quand j'allais mal psychologiquement et la terminer,
c'est comme tourner v&#233;ritablement une page que je crois avoir
d&#233;j&#224; tourn&#233;e. C'est peut-&#234;tre pour &#231;a
d'ailleurs que j'ai du mal &#224; devoir finir ainsi l'histoire.
Mais bon, passons. En ce moment non plus je n'ai pas la grande
forme et je suis tr&#232;s tr&#232;s illogique, je me contredis
beaucoup, donc pardonnez les plausibles incoh&#233;rences du
chapitre, il faut absolument que je me ressource.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: justify;">D&#233;sarmement. Mal&#233;diction.
Etroitesse. Corruption. Jalousie. Possession.
Il n&#8217;y aura jamais autant de mots pour parler du malheur que
d&#8217;&#233;motions pour le ressentir. Une phrase sans doute
usit&#233; &#224; chaque fois que ce morceau de vie intervient dans
celle-ci pour s&#8216;enraciner, le venin &#224; l&#8216;aguets et
le poison en activit&#233;. Et c&#8217;est dans cet arbre de
col&#232;re qu&#8217;il y a aussi cette violence int&#233;rieur de
savoir qu&#8217;une personne est peut-&#234;tre perdue, morte,
achev&#233;e, et elle est si vive, si aigue qu&#8216;elle
arracherait des cris pour chaque injections qu&#8216;elle produit
&#224; l&#8216;&#234;tre humain qui doit la supporter. C&#8217;est
un jeu bien cruel que de faire face &#224; une plausible
v&#233;rit&#233;. Devoir affronter chaque matin son reflet dans le
miroir en sachant que l&#8217;on a c&#244;toyer la mort,
peut-&#234;tre pas nous directement, mais elle se trouvait tout de
m&#234;me pr&#232;s, les bras tendue vers un fr&#232;re, un ami, un
amant. Et le plus dur dans cette vision anatomiquement inexistante,
c&#8217;est la froideur qui se ressent m&#234;me en croyant que le
d&#233;sespoir est vain. Combien de fois des gens ont hurl&#233;
sur d&#8217;autres en leur ordonnant de ne pas penser au pire et
que lorsque pire, il y avait, ils se sont d&#233;battus, jet&#233;s
avec douleur dans le pr&#233;cipice de la perte, ne sachant pas
quoi dire, ou quoi faire, simplement admettre des :
&#171; &#231;a aurait pu &#234;tre moi, &#231;a aurait
pu &#187;, mais n'avoir aucune autres actions que celle
d'assister.

C&#8217;est royalement stupide. Affronter des larmes
in&#233;puisables lorsque nos yeux en exprime le sentiment de
fatigue, devoir supporter son corps en se disant qu&#8217;il ne
sera pas toujours chaud. Les rapports charnels s&#8217;amenuisent
lorsque l&#8217;on prend conscience de cela, parce que quelque part
on se dit : &#171; et si l&#8217;autre aussi, il devenait de
glace, qui aurait la chaleur de l&#8217;un ? &#187;
C&#8217;est exacerbant et effrayant. D&#8217;un seul coup, on se
rend compte qu&#8217;avoir froid, &#231;a ne signifie rien en fait,
qu&#8217;un bruissement d&#8217;air ne pourra jamais abattre la
violence d&#8217;une vie tranch&#233;e. On meurt tous un jours
para&#238;t-il et on fini tous par &#234;tre effray&#233;s de se
savoir cadavre dans l&#8216;avenir, alors pourquoi les gens en
parlent-ils avec tant de naturel ? Pourquoi si la mort est si
d&#233;rangeante, on se b&#226;ti cet ennui constant de
l&#8217;existence ? Cherchant &#224; atteindre des buts vides de
libert&#233; ? Voulant plonger corps et &#226;mes dans une cause
dont on ne saura jamais si elle se fini bien ou non tant elle
s&#8217;allonge dans le temps ? Et puis, pourquoi avoir cr&#233;er
l&#8217;heure aussi ? Pourquoi la conna&#238;tre sans cesse ? De
toute fa&#231;on, c&#8217;est stupide puisqu&#8217;on est
impuissant face &#224; cela. Un jour, l&#8217;espoir
s&#8217;&#233;teindra dans ce qui &#233;tait auparavant la lueur de
deux yeux charg&#233;s d&#8217;&#233;motions. Mais comment savoir
si ce sont ceux du condamn&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; ou
ceux du morts ? Aucunes r&#233;ponses. Et le cercle vicieux de la
vie continue.

Quoiqu&#8217;il en soit, si aujourd&#8217;hui, un fr&#232;re, un
ami et un amant se tiennent debout, comme trois arbres plant&#233;s
am&#232;rement dans le sol et incapable de se d&#233;placer. Ce
n&#8217;est pas pour prendre conscience d&#8217;une mort soudaine,
non, dans c&#8217;est cas l&#224;, la premi&#232;re r&#233;action
est au sol. Non, s&#8217;ils restent droits comme sonn&#233;s par
la vie, c&#8217;est qu&#8217;on leur a rendu un espoir plus humain
et moins mortel. Parce que oui. Comment Justinien aurait-il pu
mourir ? Abandonnant son fr&#232;re, son ami, son amant.
Impossible.

_ Vous&#8230; Vous &#234;tes s&#251;r Docteur ? Il va bien ?
Demanda Marien, les bras crois&#233;s sans aucunes animations autre
que celle de ses l&#232;vres.

_ Il est sauv&#233; et r&#233;veill&#233; et il nous a fait une
sacr&#233; peur&#8230; Pour le moment il se repose, mais si vous
souhaiter le voir quelques minutes&#8230; r&#233;pondit le
m&#233;decin sur un ton suffisamment objectif pour convaincre son
interlocuteur que les choses se sont am&#233;lior&#233;es et que
les derni&#232;res heures pass&#233;es sont enfin... pass&#233;es,
une personne peut venir avec vous si vous le d&#233;sirez,
reprit-il avec un furtif sourire.

Marien, toujours aussi sto&#239;que, ne sachant pas s&#8217;il
devait pleurer, hurler, ou courir vers la chambre o&#249; se
reposait Justinien, se retourna sur le petit groupe de personnes
qu&#8217;ils &#233;taient devenus et fixa intensivement Chase.
Celui-ci, au bord des larmes, et serrant le plus fort possible
L&#233;na&#239;g, qui avait l&#8217;air d&#233;j&#224;
soulag&#233;e de la situation, ne comprit pas imm&#233;diatement ce
que voulait le jeune homme.

_ Chase, tu veux venir ? C&#8217;est&#8230; Tes son meilleur ami
et, je pense qu&#8217;il serait heureux que tu viennes avec moi
pour le voir&#8230;

Le jeune brun, d&#233;visagea le fr&#232;re de son ami durant
quelques secondes avant de r&#233;pondre, sur un ton qui se voulait
audible mais qui paraissait plut&#244;t l&#233;ger :

_ Je pense que - et je m&#8217;en excuse tout de suite - que
Fredric m&#233;rite plus sa place dans cette chambre que moi.

A l&#8217;entente de son pr&#233;nom, le grand brun qui restait
&#224; l&#8217;&#233;cart des &#233;changes verbaux qui se
faisaient, releva brusquement la t&#234;te vers Marien. Ce dernier,
bloqu&#233; dans son orgueil pr&#233;f&#233;ra geler son regard et
le planter dans celui de Chase, pour finalement dire :

_ Tu ne veux pas venir, c&#8217;est dommage&#8230; J&#8217;y vais
seul dans ce cas&#8230;

Et il s&#8217;avan&#231;a d&#8217;un pas ferme vers la chambre de
son fr&#232;re sans daigner poser un regard sur Fredric, qui,
encore plus g&#234;n&#233; qu&#8217;au d&#233;but de la
journ&#233;e, se d&#233;tourna d&#8217;eux tous, se dirigeant vers
la sortie de l&#8217;h&#244;pital. De toute fa&#231;on, Justinien
&#233;tait sauv&#233;, et c&#8217;&#233;tait la seule chose qui
comptait. Il attendrait pour le revoir, il attendrait aussi
longtemps que possible, des heures, des jours, des mois ou des
ann&#233;es. Mais s&#8217;il &#233;tait certain d&#8217;une chose,
c&#8217;&#233;tait bien que son c&#339;ur s&#8217;&#233;tait
accroch&#233; &#224; celui du jeune ch&#226;tain et qu&#8217;il
n&#8217;avait aucune envie d&#8217;en perdre la place.

_ Fredric ! S&#8217;&#233;cria Chase, en le voyant partir.

_ Non, Chase, s&#8217;il te pla&#238;t&#8230; Je ne peux pas
rester, alors, avant que je me sente encore plus faible que
maintenant, je vais sortir dehors et attendre&#8230; Attendre je ne
sais pas quoi, mais c&#8217;est la seule chose que j&#8217;ai
&#224; faire. Donc laisses tomber, ne dis rien&#8230; Je vais
attendre, c'est tout.

_ T&#8217;&#233;loignes pas, c&#8217;est tout ce que je voulais te
dire&#8230; Si Justinien te demande&#8230;

_ Il ne me demandera pas, alors&#8230; soupira Fredric sans
parvenir &#224; trouver un seul mot qui conclurait sa phrase avec
d&#233;cence et logique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et il se d&#233;tourna
imm&#233;diatement d&#8217;eux tous, mimant quelques gestes
accabl&#233;s avec ses mains et les fixant en ensemble une
derni&#232;re fois sans pour autant voir qui que se soit sous ses
yeux. La seule personne qu&#8217;il visualisait dans son esprit
&#233;tait Justinien et il ne pouvait pas le voir maintenant. Alors
bon, il allait simplement attendre un mouvement du destin.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">

A l&#8217;int&#233;rieur de la chambre d&#8217;h&#244;pital, Marien
s&#8217;&#233;tait pr&#233;cipit&#233; assez vivement vers le lit
de son fr&#232;re. Au d&#233;part, il n&#8217;avait pas cru pouvoir
r&#233;agir aussi vite, il s&#8217;imaginait plut&#244;t comme dans
ces films tragiques o&#249; les visiteurs s&#8217;approchent
lentement de la source de leur inqui&#233;tude, mais non, la seule
r&#233;action avait &#233;t&#233; de s&#8217;approcher le plus vite
possible de Justinien et de le voir respirer. Seulement respirer et
le savoir en vie. Enfin.

Une infirmi&#232;re &#233;tait pr&#233;sente dans la pi&#232;ce,
veillant sans doute au maintient de la bonne sant&#233; du jeune
homme, et c&#8217;est sous son regard approbateur que Marien osa
approcher l&#8217;une de ses mains du visage de son fr&#232;re, lui
d&#233;gageant les quelques m&#232;ches rebelles qui
l&#8217;emp&#234;chaient d&#8217;apercevoir ses yeux clos, se
reposant pour avoir la puissance de s&#8217;ouvrir &#224;
nouveau.

_ Voulez-vous une chaise Monsieur ? Demanda
l&#8217;infirmi&#232;re, fixant de ses grands yeux marrons
Marien.

_ Euh, oui, s&#8217;il vous pla&#238;t&#8230; r&#233;pondit-il,
encore sonn&#233; par toute cette histoire sans pour autant
d&#233;tourner son regard du visage de son fr&#232;re.</p>
<p style="text-align: justify;">Et quelques secondes plus tard, il
se retrouva assis au c&#244;t&#233; du lit o&#249; dormait
Justinien, attrapant la main de son fr&#232;re pour la serrer de
nouveau dans les siennes ; comme la veille au soir, &#224; la
diff&#233;rence que cette fois-ci, il n&#8216;y avait pas de sang
pour froisser la douceur de ce moment. Puis, en constatant la
chaleur que d&#233;gageait cette main, Marien ne pu
s&#8217;emp&#234;cher de se remettre &#224; pleurer. Pour la
premi&#232;re fois de sa vie, il avait conscience de
l&#8217;&#234;tre humain qui &#233;tait devant lui. C&#8217;est
vrai qu&#8217;il s&#8217;&#233;tait souvent battu pour son
fr&#232;re et que parfois, c&#8217;&#233;tait m&#234;me lui
qu&#8217;il avait battu, malheureusement, mais jamais il
n&#8217;avait admit la r&#233;alit&#233; de cette vie qui
&#233;tait sous ses yeux et pour laquelle il se plierait en quatre
s&#8216;il le fallait. Ce soir, sous le choc &#233;motionnel de
cette dure p&#233;rip&#233;tie, il comprenait enfin &#224; quel
point il aimait Justinien. Il &#233;tait sa derni&#232;re famille,
la derni&#232;re partie de chair qui lui restait pour le moment, et
avoir &#233;t&#233; confront&#233; &#224; la plausible perte de ce
jeune homme, c&#8217;&#233;tait une catastrophe pour lui. Et dans
ses larmes qu&#8217;il versait encore pour cet acte immonde qui
avait eu lieu sous ses yeux, il ne pouvait s&#8217;emp&#234;cher de
promettre la protection la plus puissante &#224; Justinien. Et pour
en &#234;tre certain, lorsqu&#8217;il vit Sandra Blake
appara&#238;tre sur le pas de la porte de chambre, il lui demanda
de veiller sur son fr&#232;re jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;il
revienne.

_ Que vas-tu faire Marien ? Supposa-t-elle, d&#233;j&#224;
an&#233;antie de sentir tant de douleur dans cet homme
qu&#8217;elle regardait avec des yeux de m&#232;re plus que ceux
d'une amie.

Et lui, pour ne pas se sentir &#233;touffer sous cette apaisement
qu&#8217;elle pouvait lui procurer, pr&#233;f&#233;ra ne pas la
regarder pour lui r&#233;pondre le plus rapidement possible en
s&#8217;&#233;chappant de la pi&#232;ce :

_ Je n&#8217;en ai pas pour longtemps&#8230; Surveillez-le,
c&#8217;est tout ce que je vous demande&#8230;</p>

<p style="text-align: center;"><strong>A
suivre pour la derni&#232;re fois... </strong></p>
<p style="text-align: center;">Bon, pour
&#233;viter que je tape un descriptif encore plus long de ce que je
ressens (comme plus haut), je vais en venir directement &#224;
l'essentiel.</p>
<p style="text-align: center;">Voici la video
d'introduction &#224; <a href=
"http://wild-world.blog.jeuxvideo.com/" target=
"_blank"><em>Never-Ending Story</em></a>. Comme c'est sur ce blog
que j'ai pr&#233;sent&#233; les sims de l'histoire, inutile de vous
faire les rep&#232;res ? ( j'pense en tout cas).</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">



</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> En esp&#232;rant
qu'elle vous ait plu !</p>
<p style="text-align: center;">
<strong>Bises &#224; tous</strong> et
j'esp&#232;re que vous passez de <strong>bonnes vacances</strong>
&#224; tous les autres !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
]]></description>			<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1096217/Justinien-Vingt-Huitieme-Chapitre-seconde-partie/</link>			<comments>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/Justinien---Vingt-Huitieme-Chapitre--seconde-partie--05082008-214126-lp-1096217.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1096217/Justinien-Vingt-Huitieme-Chapitre-seconde-partie/</guid>			<pubDate>Tue, 05 Aug 2008 21:41:26 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (première partie)]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Ecoutez : <a href=
"http://www.deezer.com/track/97953" target="_blank">Secret Garden -
Song from a Secret Garden</a>(de
préférence, il faudrait que la musique tourne encore
jusqu'à la fin de cette partie de
chapitre)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: justify;">
Une nuit plus tard, le temps froid et sombre semblait triompher sur
l'ambiance générale de la ville. Cette lourdeur
atmosphérique se faisait ressentir jusque dans l'un
des meilleurs lycées, endroit où les
élèves étaient censés chahuter et rire
avec camarades et amis, seulement, la journée offerte
n'était pas de tout repos. Fredric n'avait plus
de nouvelles de Justinien depuis leur baiser devant la librairie,
la veille. Ce fameux baiser angoissant mais tellement bon. Il avait
pu de nouveau frôler le visage tendre et angélique de
son petit ami qu'il avait bien failli perdre. Et dire
qu'à cause de l'idiotie possessive de Lucie,
Justinien s'était enfui en pleurant,
l'empêchant de venir le reprendre dans ses bras et que,
pour couronner le tout, Marien, son frère nerveux et
protecteur s'était aventuré chez lui pour lui
apprendre des réalités éc&oelig;urantes et lui
ordonner de mettre un terme à son aventure avec Justinien.
Non, il n'y avait pas à dire, Fredric n'avait
vraiment pas de chance, c'était certain.
Quoiqu'il en soit, à cette heure-ci, il devait faire
face à une copie de mathématiques, la matière
qu'il n'arrivait pas à exercer sans erreurs, et
la concentration en moins, il n'arrivait même pas
à lire les questions, tout ce qui comptait pour
l&lsquo;heure, c'était Justinien et l&lsquo;attente de
le revoir. Il ne comprenait pas pourquoi son amant était
absent depuis ce matin et pourquoi, dans la même
émotion, le temps était si gris, si lourd. Mais il
allait bientôt avoir une réponse à cette
question effarante. Alors qu'il tentait une dernière
fois de déchiffrer le premier exercice de son examen, la
porte de la salle de classe s'ouvrit avec fracas dans un
mouvement qui fit sursauter tous le monde ici présent.
Fredric, choqué par cette intervention, reconnu en moins
d'une seconde le visage affolé de Chase et de sa
petite s&oelig;ur, Lénaïg. Celle-ci, terrorisée,
le cherchait du regard. Et lorsqu'elle le trouva, elle tapota
l'épaule de son petit ami qui se tourna
instinctivement vers le grand brun assis sur sa chaise, en panique.
Le professeur de mathématiques, intrigué mais en
aucun cas énervé, demanda avec sérieux :

_ Que se passe-t-il ? Pourquoi débarquez-vous ainsi dans ma
salle de classe ?

_ On est venu chercher Fredric, s'écria Chase avec une
angoisse non dissimulée.

_ Comment ça ?

Au moment même où la question fut poser, un
surveillant apparut derrière Chase et Lénaïg, il
regarda à tour de rôle ces deux
protégés, puis le professeur ainsi que Fredric. Et ce
fut ce moment que le jeune garçon aux cheveux châtain
foncés choisi pour annoncer avec faiblesse, tout en
attrapant la main de sa petite amie comme pour parvenir à
tenir debout, la nouvelle terrorisante :

_ Justinien a été poignardé hier soir, il est
à l'hôpital, il faut absolument que Fredric
vienne avec nous.

C'était droit dans les yeux qu'il avait choisi
de dire ces mots. Le brun à qui cela était
destiné se redressa sur sa chaise, manquant de faire tomber
la table en avant, les yeux grands écarquillés, il
balbutia une sorte de « quoi ? » qui ne fut
intercepté que par son professeur qui lui ordonna de prendre
ses affaires et de suivre Chase et Lénaïg. Le reste de
la classe, remué par cette nouvelle commença à
s&lsquo;éveiller par la parole, complètement
retourner. L'un des garçons non loin de Fredric
murmura une phrase qui glaça le sang du jeune homme, <em>il
est peut-être mort</em>, disait-il froidement, le c&oelig;ur
lié à l'angoisse. Sous le choc, Fredric jeta un
furtif regard à celui qui était l'auteur de ces
mots, ne semblant pas tellement bien les encaisser, pour lui, il
n'y avait qu'une seule réalité : cela
n'arrivait que dans les films. Uniquement dans les
scénarios sombres et douloureux, et si par malheur, ce genre
d'événement touchait la vie, et bien,
c'était toujours celle des autres, mais pas la notre.
Logique, non ?
Et c'est sur cette pensée que Fredric empoigna son sac
et s'élança vers Chase et Lénaïg,
cette dernière lui attrapa la main comme pour le retenir si
jamais le sol s&lsquo;ouvrait sous ses pieds pour le faire chuter
dans le néant. Et rapidement, ils quittèrent la salle
et partir en courant jusque dans le bureau du directeur là
où attendait patiemment la mère de Chase, prête
à exploser en sanglot. Celle-ci, en voyant son fils revenir
ne pu s'empêcher de mettre une main sur sa bouche,
puis, dans un accord avec le lycée, elle partit avec les
trois adolescents pour retrouver l'hôpital où
Justinien attendait, peut-être à moitié
mort.

Une fois le chemin entamé dans la voiture, le silence
l'emporta sur tous les individus présent. A
l'avant se trouvait Sandra Blake en compagnie de son fils,
rongé par la crainte, et à l'arrière,
Fredric était monté avec sa s&oelig;ur. Celle-ci,
déboussolée explosa rapidement en sanglot tout en
s'effondrant sur les cuisses de Fredric, qui, dans un
mouvement fébrile, lui caressa les cheveux, ne comprenant
pas tellement que lui aussi, il devrait pleurer avec elle.
Puis, à l'avant, de légères plaintes se
firent entendre au moment même où Lénaïg
s'était écroulée sur son frère.
Chase qui était pourtant fort venait de se mettre à
pleurer, laissant silencieux sa mère ainsi que Fredric. Ce
dernier, toujours aussi choqué ne faisait que regarder par
la fenêtre dans l'attente d'un mot, un geste, qui
lui annoncerait que tout ceci n'était qu'un
cauchemar, une illusion, une paresse mentale de croire au bonheur.
Malheureusement, les seules réponses qui parvenaient
à son ouïe étaient toujours les mêmes,
elles étaient vides et pleine de larmes.

_ Ne vous inquiétez pas, je suis sûre que ça va
s'arranger, laissa entendre Sandra tout
s'empêchant de pleurer, tenant fermement le volant de
la voiture.

_ C'est Justinien merde ! S'écria alors Chase en
prenant sa tête entre ses mains et se penchant en avant dans
la voiture, aussi bas que la ceinture pouvait le lui
permettre.

Sa respiration devint de plus en plus bruyante et
étouffante, en même temps que ses sanglots
redoublaient. Jamais personne ne l'avait vu exprimer un
désarrois si fort, surtout en présence
d&lsquo;individus, proche ou non de son c&oelig;ur.

_ Je t'en prie Chase, calme-toi, lui intima d'une
façon douloureuse sa mère.

Et elle avait raison, si Chase perdait son calme et
s'effondrait encore plus sur lui-même, laissant ses
cris prendre le dessus, il ferait sans aucun doute une crise
d'angoisse, malheureusement, chez lui, ce genre de
problème était redoutable. Et Sandra ne voulait pas
aller à l'hôpital pour son fils mais pour voir
où en était Justinien. S'il tenait le
coup.
A l'arrière de la voiture, Lénaïg pleurait
toujours autant, serrant entre ses poings le bas de la chemise de
son frère qui, lui, était toujours aussi
stoïque. Pâlissant à vu d'&oelig;il, il
devint totalement blanc lorsque la voiture se gara près de
l'hôpital. Sortant tous les quatre de la voiture avec
précipitation, ils accoururent immédiatement vers les
urgences.

Et là, ce fut l'horreur. Tout en mettant enfin les
pieds dans l'établissement, ils aperçurent de
loin Marien, écroulé sur les cuisses de Johanna, qui
pleurait de désespoir. Était-il mort pour que son
frère soit effondré ainsi ? Ce fut là, la
question qui les tirailla tous dans l'instant. Puis une
seconde après que Sandra se soit avancé vers Johanna
et Marien, le jeune homme se redressa, les yeux rouges de fatigues
et de larmes. Epuisé d'avoir trop pleurer, il se
releva avec faiblesse et la mère de Chase le saisi
rapidement dans ses bras, le serrant aussi fort que possible.
Même si elle ne connaissait pas beaucoup Marien, elle avait
rapidement considéré les deux garçons comme
deux autres fils. Et savoir que l'un d'entre eux
était aux urgences et que l'autre pleurait toute les
larmes de son corps ne lui fit faire qu'une chose, un seul
geste d&lsquo;affection. Et Marien, avec l'impression de
retrouver une mère, la pris dans ses bras lui aussi.
C'était instinctif, comme s'il n'avait
jamais oublié cette réaction, Sandra dégageait
le même sentiment qu'il avait en pensant à sa
mère décédée. C'était
comme si elle était de retour et venait le soutenir dans
cette horrible épreuve. Puis, au moment où il crispa
ses yeux dans le creux du cou de la mère de Chase et
qu'il fini par les rouvrir, embué de larmes, il
aperçu au loin Chase qui, toujours en pleure, tenter de se
consoler dans les bras de Lénaïg. Celle-ci, tout en
serrant son petit ami, maintenait la main de quelqu'un, une
main qui semblait faible et qui ne parvenait pas à saisir
correctement la présence Léna. Et à
l'instant où Marien regarda la personne qui tenait
ainsi la jeune fille, il repoussa Sandra et s'avança
avec une haine féroce vers celui qui n'aurait jamais
dû se montrer ici ; Fredric. La mère de Chase,
comprenant immédiatement ce qu'il se passait, accourut
devant le jeune brun et anonça d'une voix claire et
tonnante :

_ Tolères-le Marien ! Tolères-le au moins
aujourd'hui ! S'il te plaît...

L'interpellé, fatigué de devoir
rétorquer quoique se soit jeta un regard glacial à la
petite assemblée et se détourna d'eux pour
retourner vers Johanna qui était tout aussi remuée
que les autres.

_ Mais comment va-t-il ? S'écria soudainement Chase en
s'avançant lentement vers Marien, ne prenante
nullement conscience de l&lsquo;ampleur de cette parole.

Et ce fut là, la question à ne pas poser au jeune
homme. Cette réalité qui engloutit le peu de teneur
qu'avait encore Marien lui fit perdre toutes sa force et sa
rigueur. Il manqua de s'écrouler au sol avant de dire,
sur une voix coupée par ses sanglots et animée par la
détresse :

_ Ils ne savent pas s'il va se réveiller...

Dans une exclamation démentielle, Chase se recula avec une
puissance redoutable et se pencha en avant, le c&oelig;ur lourd,
criant un cri de terreur. Sandra, voyant son fils dans cet
état ne parvint pas à faire prendre un sens
réaliste aux mots de Marien et partie attraper son enfant
avant qu'il ne s'effondre. Lénaïg, dans un
même mouvement s'agrippa à la chemise de Fredric
tout en répétant des « ce n'est pas
possible, ce n'est pas possible » rapides et angoissants. Son
frère lui, comme jeté dans un autre monde resta
debout en simple spectateur. Il ne savait pas comment
réagir, ni comment parler. Tous ses sens avaient disparus
dans la minute. Il se sentait fini et achevé. Et s'il
perdait Justinien, si le garçon pour qui son c&oelig;ur
s'était éprit venait à succomber,
jamais, et il en était certain, jamais plus il ne vivrait
pleinement.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
]]></description>			<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1085352/Justinien-Vingt-Huitieme-Chapitre-premiere-partie/</link>			<comments>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/Justinien---Vingt-Huitieme-Chapitre--premiere-partie--23072008-160932-lp-1085352.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1085352/Justinien-Vingt-Huitieme-Chapitre-premiere-partie/</guid>			<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 16:09:32 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Justinien - Vingt-Septième Chapitre]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je suis
épuisé. Il n'y a pas à dire, le temps
est froid et m'envoie sans me laisser le temps de
réfléchir, dans mes songes. Je pense furtivement
à Fredric, aujourd'hui, notre amour a
été mouvementé, apparemment, nous nous sommes
retrouvés, mais pour combien de temps ? Je suis
affolé rien qu'à l'idée de risquer
de le perdre. Ce serait une torture si destructrice que je ne
m'en relèverai sans doute jamais. C'est
même triste à dire, et c'est sans doute pour
cela que je suis si fatigué ce soir. J'ai la crainte
d'un sursaut sentimental qui me fasse tomber sans accroches,
sans rien. Lorsqu'il m'a prit dans ses bras et que je
me suis agrippé à lui, j'ai eu
l'étrange conviction qu'il était vraiment
inquiet, vraiment effrayé par quelque chose. Sans doute
Lucie, encore. Si elle a menacé sa propre s&oelig;ur de sang
pour posséder mon amant, c'est qu'elle est
capable de tout apparemment. Capable de tout. Cela me
déprime. Maintenant que j'ai trouvé mon
réel amour, celui à qui je donnerai tout, du physique
au moral, des obstacles se dressent devant nos échanges
affectifs, c'est un jeu cruel. Vraiment cruel. Je suis
amoureux de lui, et la réciproque se prouve facilement,
alors pourquoi, mais pourquoi rien ne se passe normalement ? Il est
mon appartenance à qui j'appartiens, nous sommes
enlacés même à distance, même sans
existence.
Et à force d'y penser, j'ai le sentiment que je
vais finir par me rendre malade. J'ai l'impression que
le sol se fissure entre Fredric et moi, et je ne sais pas ce
qu'il va se passer. Je sais que nous nous aimons, mais
visiblement, les autres ne nous aiment pas de la même
manière, surtout pour notre assemblage. Et j'en ai
mal.

Il est à peine vingt heure du soir, Marien est sorti avec
Johanna. Je ne sais pas où ils sont allés et je ne
tiens pas à le savoir. D'ailleurs,
j'espère sincèrement que mon frère ne me
dira jamais ce qu'il fait avec sa collègue, je serai
trop choqué de me dire qu'il a des relations...
sexuelles. Terrifiant. Cela me rappellerait trop le jour où
j'ai apprit que mes parents avaient couché ensemble
afin de me faire naître. Cette vision dans mon esprit
m'a rendu malade durant de longues années
d'innocences. C'est peut-être à cause de
cela que je suis devenu homosexuel d'ailleurs. J'ai
ressenti un trop lourd dégoût pour les relations
physiques qui se collent parfaitement l'une à
l'autre, comme un puzzle qui s'emboîte.
J'ai favorisé les amours entre hommes.
Sur ces pensées, dans un bruit vibrant, mon
téléphone bougea dans le creux de ma main. Je ne me
souvenais plus que je l'avais gardé ainsi. C'est
con d'être écroulé sur son lit, les yeux
tournés vers le plafond afin d'oublier le monde
autour, pour, finalement, laisser l'un des moyens de
communication avec celui-ci faire rage à porté de
mains. Quoiqu'il en soit, je saisi le mobile et le regarde,
il s'agit d'un numéro que je ne possède
pas. C'est vraiment ennuyant, je me sens obligé de
lire et de - peut-être - répondre à ce
perturbateur de ma tranquillité névrosée.
J'en ai marre de ces gens.

Au moment où les lignes défiles sous mes yeux,
ces-derniers s'écarquillent sans efforts. Comment cela
est-il possible ? Mon pire cauchemar vient de se réaliser.
Ce texto, cet enfoiré de message a été
composé par ma plus grande rivale, Lucie Buxley. Je suis
éc&oelig;uré de m'en rendre compte, elle est
immonde. Cependant, le contenu m'intrigue grandement, elle
vient de me dire, mots pour mots : « Hooper,
déplace-toi jusque dans la ruelle derrière le
cinéma d&lsquo;ici vingt-et-une heure trente, j'ai
à te parler de Fredric, je vais y renoncer, mais je veux
savoir si tu le mérites ». Cela m'a tout
l'air d'être un piège, comment Lucie
accepterait-elle de me laisser l'amour de Fredric ?
C'est irrationnel dans sa normalité à elle.
Mais quoiqu'il en soit, le fou que je suis a très
envie d'aller discuter avec la petite teigne blonde.
Après tout, elle a osé me faire verser de nombreuses
larmes pour me forcer à perdre mon brun amoureux. Je la
hais. Alors autant se déplacer là-bas, si c'est
pour régler des comptes entre nous, et bien tant mieux, je
la détruirai, que cela soit verbal ou physique. Elle est
tellement basse que je me pencherai sur elle pour lui murmurer sa
défaite.



Je me relève donc dans l'immédiat, attrapant
mon T-shirt que j'avais jeté au sol quelques minutes
auparavant, par-dessus, j'enfile une légère
veste noir. Bien sûr, avant de quitter la chambre avec
précipitation en enfilant mes chaussures, je me regarde cinq
minutes dans la glace. Mon reflet semble mal en point, j'ai
l'impression que quelqu'un d'autre est en moi. Je
me rend soudainement compte que j'ai dû grandir depuis
la mort de mes parents, je me sens un peu plus mature.
Après, je ne sais pas si mon comportement suit la
métamorphose, mais quoiqu'il en soit, mon c&oelig;ur a
vieilli, et peut-être que l'amour en est l'une
des causes. Fredric m'a fait prendre conscience de tellement
d'états d'âmes, avant, je me trouvais
simplement désirable lorsque mon reflet se plaçait
sous mes yeux, aujourd'hui, j'ai le sentiment
d'être sa perfection à lui, celle qu'il
désire par-dessus tout, et je me plais simplement en
étant son envie. Je ne sais pas si la vie fonctionne
vraiment comme cela, si, lorsque l'on est amoureux, on ne vit
réellement, que pour l'autre et pour personne
d'autre, mais quoiqu'il en soit, pour le moment,
c'est ainsi que j'existe et que je me décide
à franchir le seuil de la porte d'entrée de la
maison, bravant une nouvelle fois les ordres de mon frère.
Il n'aime pas que je sorte le soir, surtout sans
l'avertir, mais hélas, cette fois-ci, je suis
obligé de le trahir, malgré ma réticence de le
décevoir encore et toujours.

Les heures tournent un peu trop vite à mes yeux. J'en
ai pour un peu plus d'un quart d'heure avant
d'arriver devant le cinéma, et si elle m'a
indiqué la rue à laquelle je pense, je devrais
d'abord prendre l'avenue où se trouve
l'établissement pour tourner dans la ruelle où
il n'y a aucune issues. Aucune issues, l'idée me
fait soudainement rire. Vouloir me faire apparaître dans une
rue sans secours et où il y a une multitude de passants dans
la voie avoisinant, c'est assez grotesque comme piège,
et très peu fin. C'est décevant. Mais peu
importe, j'ai hâte d'arriver et de lui dire,
ouvertement, que je ne renoncerai jamais à mon unique amour
qu'est Fredric. Mon premier et unique amour. Alors elle
pourra bien tenter quelques idioties, jamais elle ne pourra
arrêter mon c&oelig;ur de battre pour lui.</p>
<p style="text-align: center;">


<strong>*    *

*</strong></p>
<p style="text-align: justify;">


Marien venait de sortir de sa voiture, sérieusement, il
rangea ses lunettes dans leur étui et sans un geste, une
main longue et fine vînt saisir la boîte pour la mettre
dans un petit sac noire. C'était Johanna. Elle regarda
son ami droit dans les yeux avec un sourire comme elle n'en
faisait que pour lui. Marien, ravi, lui rendis cette émotion
avant de prendre finalement la jeune femme par la main. Cela
faisait deux ans qu'ils avaient tenté quelque chose
ensemble et aucun d'entre eux ne se lassaient de cette
relation, certes parfois étrange, mais visiblement
sincère.

_ Tu es sûre d'avoir fermé la voiture Marien ?
Demanda Johanna sur un ton mi-soucieux, mi-amusé.

Pour lui répondre, le jeune homme soupira de frustration en
levant les yeux au ciel.

_ J'y retourne, j'en ai pour deux minutes.

Sa compagne ria en le voyant faire demi-tour, heureusement que la
voiture était à moins de cinquante mètres,
sinon, il aurait pu perdre de sa bonne humeur. Qu'est-ce
qu'il pouvait être lunatique tout de même, une
véritable girouette, bien entendu, souvent
c'était la douceur qui l'emportait sur le reste,
du moins avec elle. Pour ce qui était des autres, Marien se
montrait toujours froid et distant, sauf avec son frère,
avec qu'il se montrait souvent intouchable et inquiet. Il lui
laissait paraître une image bien sombre de ce qu'il
était en vrai, mais c'était uniquement pour le
protéger. D'ailleurs, parfois, Johanna trouvait que
son petit ami allait un peu trop loin, son comportement
était proche de la tricherie avec Justinien, elle s'en
était aperçu à plusieurs reprise. Notamment le
soir où elle avait eu rendez-vous chez Marien et que
ce-dernier avait laissé quartier-libre à son
frère. Elle se souvient parfaitement de ce moment où,
de la fenêtre de la chambre d'ami à
l'étage, elle avait retrouvé son beau
châtain clair observer Justinien en bas. Celui-ci
c'était précipité sur un jeune homme aux
cheveux noirs pour l'embrasser amoureusement.
C'était ainsi qu'elle avait prit conscience de
l'homosexualité de Justinien et du jeu
qu'entretenait Marien avec lui. En effet, bien que conscient
que son petit frère aimait les hommes, il ne lui avait
jamais avoué qu'il le savait. Il semblait plutôt
bien accepter le couple que Justinien formait avec ce
garçon, mais la manière dont il laissait son
frère s'inquiéter était assez rude.
Déjà que Marien n'était pas tendre avec
Justinien, mais si en plus de cela, il le surveillait et lui
cachait la réalité, leur lien de sang risquait de
s'amoindrir de plus en plus.

Quoiqu'il en soit, Marien revînt de la voiture assez
vite. Le visage épanoui plus que d'ordinaire, il
agrippa d'une de ses mains le cou de Johanna et celle-ci, en
retour, le prit par la taille. C'était tellement rare
de le voir ainsi, il ne montrait jamais ses sentiments, même
s'ils se percevaient, les démontrer physiquement
était presque impossible. Marien avait des allures
d'homme frigide, mais en fait, il n'était
qu'un grand timide, et cela se prouva encore plus
lorsqu'il prit conscience qu'il avait une jeune femme
magnifique dans ses bras, alors ses joues se teintèrent de
rouge. Le visage gêné, il se détacha rapidement
de Johanna et finit par lui prendre simplement la main et avancer
tranquillement dans la rue qui était désormais
éclairée par des lampadaires. La nuit fragile
était enfin tomber sur la ville, et cette ambiance obscure
semblait si douce dans cette environnement pourtant instable.
Rapidement, les deux jeunes gens marchèrent
jusqu'à arriver au cinéma où ils
devaient regarder un quelconque film passager pour passer le temps
qui les emmènerait jusqu&lsquo;à leur nuit à
eux, celle qu&lsquo;ils ne pouvaient créer
qu&lsquo;ensemble.

_ Alors, on se fait quel genre ce soir ? Demanda Johanna en fixant
Marien de ses grands yeux gris.

_ Apparemment, il y a un peu de tout, romance, horreur, aventure,
fantastique... Personnellement, déjà que je ne
suis pas tellement accro au cinéma, je te propose quelque
chose de calme.

_ Un film d'horreur alors...

_ J'ai dit « calme » pas
« sanguinaire » ! Riposta Marien,
amusé.

_ Oh, et bien, on peut toujours aller voir ce film de romance, mais
je ne sais pas si ça va te plaire, te connaissant, tu vas
encore t'endormir dans la salle.

_ Ce n'est pas de ma faute s'il n'y a pas assez
de lumière là-dedans... Ca endort les
gens...

_ Non Marien, ça n'endort que toi, rigola Johanna en
passant une main dans les cheveux de son petit ami.

En faisant ainsi volte-face à son petit ami et en jetant un
coup d'&oelig;il derrière lui, Johanna fronça
soudainement les sourcils. Une silhouette attira son attention et
elle reconnu en peu de temps l'élégance
même qui saisissait la famille des Hooper, Justinien
était juste là et s'apprêtait à
tourner dans une petite rue sombre qui donna un frisson
d'angoisse à la jeune femme.

_ Marien, ce n'est pas Justinien là-bas ?
Demanda-t-elle, perturbée.

_ Quoi ?! S'emporta immédiatement son compagnon tout
en se retournant pour bel et bien voir son petit frère
tourner dans la ruelle. Mais qu'est-ce qu'il vient
faire ici celui-là !

_ C'est étrange tu ne crois pas ? Nous devrions aller
voir ce qu'il se passe... s'enquit Johanna.

Pour toute réponse, Marien perdit un peu de sa lueur douce
et lâcha sa compagne brusquement. Cela ne la vexa pas, elle
était tellement habitué aux changements
d'humeur du jeune homme que la seule chose qu'elle
parvînt à faire, c'est mettre ses mains dans ses
poches et patienter en attendant les réactions du
châtain.

_ Notre soirée est foutue, restes ici, je vais aller
chercher mon petit con de frère, si je ne reviens pas dans
deux minutes, c'est que je serai en train de lui hurler
dessus... soupira Marien tout en s'avançant vers
la rue, visiblement énervé.

Johanna, quelque peu inquiète resta en retrait et
décida de patienter une ou deux minutes avant d'aller
jeter un coup d'&oelig;il dans la ruelle.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;">

<strong>*    *

*</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Je commençais
sérieusement à avoir froid. Le gilet que
j'avais enfilé n'était pas suffisamment
chaud pour moi. Quoiqu'il en soit, je venais d'arriver
dans cette ruelle que Lucie m'avait demandé de
prendre. Il n'y avait aucun lampadaires, les murs
étaient lugubres et l'ambiance me semblait tellement
glauque que s'il n'avait pas été question
de Fredric, je serai reparti d'ici dans
l'immédiat. D'ailleurs, en parlant de
l'immédiat, c'est fou ce qu'il peut
être saisissant. A peine eu-je le temps d'observer les
lieux que trois silhouettes apparurent au loin devant moi. Elles
portaient toutes un grand sweat-shirt avec une capuche
rabaissée sur le visage. C'était assez
effrayant à voir, mais pas suffisant pour me
décourager. Sans aucun soucis je reconnu facilement la forme
mince et féminine de Lucie, elle était entre les deux
autres, dont les apparences dévoilaient sans aucun doute
deux garçons.

_ Lucie, charmant accueil... ironisais-je pour me
décontracter.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style=
"text-decoration: underline;">Ecoutez</span> : <a href=
"http://www.deezer.com/track/603990" target="_blank">Avril Lavigne
- Slipped Away</a></strong> </p>
<p style="text-align: justify;">Ils se rapprochèrent de moi
assez rapidement et j'en faisais de même pour mieux les
observer et les reconnaître. C'est d'ailleurs
sans difficulté que je vis qu'à sa droite se
tenait Arnold, le sale blond de ma classe et qu'à
gauche il y avait Valéry, cet enfoiré de fils de
riche. A eux trois, ils semblaient assez coriaces et
menaçants, seulement, mon comportement puéril se
fichait parfaitement de cela. Et non sans difficulté, je
compris qu'aucune discussion m'attendait ici et que
j'allais devoir affronter les pires ennemis que je pouvais
avoir.
Alors, sans aucune prudence, je m'élançais
plein de rage vers Lucie, prêt à lui donner mon plus
puissant coup de poings. Bien sûr, c'était sans
compter sur ses gardes du corps qui m'attrapèrent sans
difficulté par les bras pour me pousser avec violence contre
le mur, à côté. Maintenu par deux teignes, je
me retrouvais face à une Lucie très peu loquace qui
semblait pouffer de rire en me voyant si impuissant. Elle
s'approcha alors de moi avec une finesse de femme et me donna
un violent coup au visage.

_ Tu es vraiment lâche, il faut que ces deux tâches me
tiennent pour que tu me frappes ? Et tu penses vraiment être
apte à mériter l'amour de Fredric ? Tu es
pitoyable Lucie, sincèrement, la rembarrais-je avec la seule
arme qui me restait : les mots.

Cela dû l'énerver car elle me redonna un coup
encore plus fort qui me fit crier de surprise. Je sentis rapidement
du sang quitter mon nez amoché pour venir
s'écouler sur mes lèvres et tomber sur mon
gilet.
Des deux idiots qui me maintenaient, le plus fort était
Arnold, sa haine à mon égard était bien plus
puissante que je ne l'aurais cru. Valéry, à
l'opposé perdait sa dureté à chaque
secondes, les deux coups que Lucie m'avait donné le
faisant baisser un peu plus sa garde. Si je devais
m'échapper de là, je n'avais qu'une
solution, frapper avec haine Arnold pour qu'il me lâche
tout en me dégageant de l'emprise de Valéry.
Etrangement, je n'eus pas le temps de mettre à
exécution mon plan qu'une voix qui
m'était horriblement connue vînt se perdre entre
nous quatre. Tout en tournant la tête vers la gauche je
reconnu Marien qui venait de faire irruption dans la ruelle.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ici ? Je n'en
avais aucune idée. Quoiqu'il en soit, lorsqu'il
comprit que j'étais maintenu par deux types et
qu'une autre personne semblait dangereuse devant moi, la
fureur de mon frère ne mit pas longtemps à arriver.
Il s'élança avec haine vers nous et Arnold me
lâcha avant même que je ne fasse un geste, en moins de
deux secondes, il se heurta avec une puissance effrayante à
mon frère qui le bouscula avec hargne. Il venait de
réveiller l'animal qui était en Marien et que
moi-même, je redoutais plus que tout.
Valéry, choqué se recula de moi et regarda autour de
lui pour trouver une issue, il semblait anéanti de se tenir
ici. Mon regard croisa le sien pour finir par le suivre et tomber
sur l'image immonde de Lucie. C'était le moment
où jamais de l'attaquer et lui faire payer son
comportement. Je profitais donc de l'intervention
inopinée de mon frère pour foncer droit sur la jeune
fille, oubliant sans regret la présence de Valéry qui
restait cloué sur place.
Seulement, je n'avais pas remarqué l'ombre noir
de ce tableau vengeur, au moment même où je
m'apprêtais à lui bondir dessus, elle
lâcha toute sa haine dans un cri immonde et dans un unique
geste. Tout en arrivant à sa hauteur, je n'avais pas
remarqué ce qu'elle tenait dans ses mains depuis peu
de temps, mais à défaut de ne pas l'avoir vu,
je le sentis s'enfoncer avec rage dans mon ventre.
Paralysé sur place durant de longues secondes, je
n'eux le temps que de voir le regard de Lucie plein de folie
qui, avec une violence sans limite tourna la lame glaciale qui
venait de me transpercer l'abdomen. Sentant ce couteau bouger
en moi, je parvins à me dégager de son emprise, et
dans un hurlement intérieur qui m&lsquo;appartenait, ce qui
venait de m'empaler sorti de mon corps douloureusement.
Reculant lentement, les choses devinrent moins bruyantes autour de
moi. Et pourtant, en tournant ma tête vers Marien, je
l'aperçu plein de colère, mettre un terme
à son combat avec Arnold en lui déboîtant
l'épaule dans un hurlement épais des deux
hommes. De l'autre côté, j'entendis
Valéry qui poussait lui aussi un cri puissant en voyant le
couteau couvert de mon sang dans la main de Lucie et en constatant
ma frêle marche-arrière pour me voir toucher le mur de
mon dos.
Puis, ne prêtant plus aucune attention à la blonde qui
semblait être en transe, je mis ma main contre mon ventre, et
un flot de sang vint la colorer de rouge. La voix de Valéry,
dans un éclat de sanglot atteignit tous ceux qui
étaient présent en cette seconde. Il venait
d'hurler avec un désespoir visible
« Justinien est blessé ! », et dans
cette appel douloureux, le visage rouge de haine de mon
frère passa immédiatement au blanc. Lui qui
s'apprêtait à achever Arnold daigna jeter un
regard sur moi, qui, doucement, glissais le long du mur tout en
maintenant la plaie qui saisissait mon abdomen.
Alors que les sons devenaient de moins en moins vibrants, je vis,
dans une lenteur extrême, Marien s'élancer vers
moi et, dans la même seconde, Lucie et Valéry partir
en courant, fuyant la scène dont ils étaient
responsables sans daigner prendre avec eux Arnold, totalement
détruit par cette bagarre violente. Tout en
m'effondrant au sol, mon frère,
désemparé vint s'écraser à genoux
à mes côtés.

_ Justinien ! Justinien ! Cria-t-il dans une totale détresse
que je pensais ne jamais voir au travers de son regard.

Dans un déluge de douleur, je vis ses yeux verts se rougir
de larmes et, alors qu'il me murmurait diverses choses dont
seulement quelques mots me venaient à l'esprit,
Johanna apparu derrière, un téléphone à
l'oreille, sans doute en train d'appeler une ambulance.
Puis, tandis que je cherchais à dire quelque chose à
mon frère, du sang gicla de ma bouche au lieu de mes mots.
Marien, dont les larmes coulaient désormais à flot,
me tenait la main et l'embrassait comme pour faire venir son
souffle jusque sur ma peau et me donner une nouvelle chance de
tenir le coup. Son visage se teinta alors rapidement du sang qui
n'avait pas encore séché sur mes mains. Il
était couvert de ce liquide rougeâtre qui quittait mon
corps avec danger. Puis posant à son tour sa propre main sur
mon ventre arraché, il poussa un sanglot bruyant en
constatant tout ce sang qui se déversait de moi pour
s'écouler jusqu'au sol. Me tuant à petit
feu.
C'était donc ainsi que je devais finir ? Que la vie
allait me donner un dernier coup de grâce. Mourir poignarder
par la honte même. Qu'est-ce que cela
pouvait-être regrettable. Dans des cris déchirants,
j'entendais et je parvenais à voir Marien se bercer
au-dessus de moi, serrant ma main de plus en plus fort. Et il
m'ordonnait encore des choses - pour changer. Il
m'ordonnait de ne surtout pas fermer les yeux, que je
n'avais pas le droit de les fermer, sinon, jamais il ne me le
pardonnais. Et il parlait aussi de nos parents, comme quoi,
même si j'en mourrais d'envie, je ne devais
surtout pas tenter de les rejoindre. Il me criait que je ne devais
pas l'abandonner, sous aucun prétexte, sinon, il ne
tiendrait pas le coup. Seulement à mesure que ses mots se
perdaient dans ma conscience, du blanc venait éclairer son
visage et aveuglait avec vivacité mes pupilles, qui, se
sentant agressées, se fermèrent sous le poids de la
lumière, effaçant l'image de Marien en train
d'hurler mon nom de douleur et pleurer comme jamais je ne
l'avais pleurer. Et là, dans un bruissement sourd,
même mon ouïe me quitta, me murant à jamais dans
un silence macabre qui me volait tout. Amant, ami, famille. Je
venais de tout perdre par amour. Et mes parents me manquaient
encore plus maintenant.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Image : Angel Sanctuary... comme
d'hab...</em></p>

<p style="text-align: center;"><strong>A
Suivre...</strong> </p>
<p style="text-align: center;">OMFG... Je
n'ai pas grand chose à dire à part que... Et bien, en
fait, c'est vraiment difficile de briser ses personnages lorsqu'ils
représentent une part de notre propre survie morale.
Il ne reste plus que <strong>deux chapitres</strong> avant la fin
et <strong>un épilogue</strong>. Je pense
accélérer le mouvement, mais ça me tracasse
tellement de mettre fin à cette histoire...</p>
<p style="text-align: center;">Enorme calins
à ceux qui viendront et aux autres aussi.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>A
bientôt...!</strong></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
]]></description>			<link>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1083319/Justinien-Vingt-Septieme-Chapitre/</link>			<comments>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/Justinien---Vingt-Septieme-Chapitre-21072008-153848-lp-1083319.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://tristaniel.blog.jeuxvideo.com/1083319/Justinien-Vingt-Septieme-Chapitre/</guid>			<pubDate>Mon, 21 Jul 2008 15:38:48 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>