Justinien - Vingt-Cinquième Chapitre  posté le dimanche 08 juin 2008 13:30

 

Un petit dessin de Justinien que j'ai réalisé en cours {#}

N'oubliez pas de lancer la musique qui sera linké dans le chapitre {#}

 

    Encore une journée de pluie. Cela devient vraiment agaçant, depuis quelques temps, il tombe des cordes et des cordes, et dire qu’on ne peut même pas se pendre avec. C’est d’un sinistre. Quoiqu’il en soit, cela va faire trois jours qu’il s’est produit l’irréparable, tout s’est enchaîné fort vite. D’abord la soirée au Nostran, puis quelques jours plus tard, l’après-midi au lycée que je n’aurais jamais voulu vivre, la vitesse de mon malheur a sonné sans que je ne puisse y faire quelque chose. Comme quoi, le destin nous fait constamment payer le surplus de bonheur que l’on a eu. Personnellement, je ne pensais pas mériter ce que je considère être un drame.

    Après que Fredric et moi aillons très agréablement « forniqués » dans les toilettes publiques du bar. En sortant de notre cabine, une vision abominable nous a surpris. Surtout Fredric, en fait. Moi, je me suis simplement mit en colère dés que j’ai su de qu’il s’agissait. Alors qu’il me tenait la main et que nous étions encore au Paradis de notre amour, Lénaïg et Chase ont surgit en compagnie du Diable, Lucie. C’était donc elle la voleuse, celle qui osait toucher Fredric et qui s’avançait d’un pas rassuré vers lui, me jetant un regard glacial, c’est d’ailleurs sur cette manière de me dénigrer qu’elle me dit :

    _ Lâches-le immédiatement pauvre gosse.

    En réponse, j’adopte un sourire narquois et la regarde de haut en bas, la détaillant dans son horreur. Elle porte de grandes bottes qui montent jusqu’au dessous de ses genoux, une mini-jupe vient couper ses cuisses, la serrant fortement à sa taille. Un haut très étroit vient marquer ses hanches, dévoilant une partie de chair. Ses longs cheveux blonds sont rattachés en une queue haute, elle a un maquillage très accentué sur ses traits. Cela lui donne un air supérieur. Mais c’est sans compter sur moi :

    _ Et toi, rhabilles-toi, ça fait putain ta tenue.

    _ Justinien ! S’écria Lénaïg, choquée.

    Et pour cause, sa sœur venait de me gifler avec puissance, manquant de peu ma chute jusqu’au sol. Je me masse la joue, encore plus énervé que l’ordinaire et je m’avance encore plus vers elle, le regard brûlant de haine. Je pensais être rapidement suivi de Fredric, mais il reste là, ses immenses yeux bleus plantés dans ceux de Lucie. Cela me rend malade, aucun d’entre eux ne me prêtent attention. C’est ridicule.

    _ Lucie, vas-t-en s’il te plaît, finit-il par dire, toujours fixé sur elle.

    _ Tu es stupide Fredric, tu sais très bien que ce n’est pas avec un abruti pareil que tu seras heureux, je te combles bien plus que lui, ça s’est entendu à ta façon de jouir dans les toilettes d’ailleurs.

    Je saute sur cette phrase pour répliquer sèchement à cette perturbatrice :

    _ C’est parce qu’il doit simuler avec toi.

    Elle se tourne avec une rage non dissimulée vers moi, pendant l’espace d’un instant, je cru qu’elle allait de nouveau me gifler avec hargne, mais finalement, elle ne fait que se planter devant moi, les bras croisés pour finir par s’adresser à mon petit ami :

    _ Fredric, quittes-le, immédiatement, je ne tolèrerai pas que cet individu te fréquentes. Je n’ai rien dit pour Valéry parce qu’il me respectait, mais ce gosse là, je le hais déjà.

    Je jette un rapide coup d’œil à Fredric, il semble totalement déstabilisé, je n’aime pas le voir ainsi. En principe, si quelque chose le trouble, c’est qu’il y a danger à déterrer. Je m’apprêtais à faire fermer son clapet une bonne fois pour toute à cette Lucie, quand, finalement, Fredric s’avance vers elle et moi. En face à face avec ma colère, il fini par me glacer le sang avec son regard bleu avant de me dire, en un seul mot immonde, ses yeux se pressant contre les miens :

    _ Désolé.

     Une horrible envie de vomir s’empare de moi, et je dois dire que s’il n’avait pas continué sa phrase, j’aurais sauté du haut de la mezzanine immédiatement. Préférant crever que de devoir affronter la réalité de son choix.

    _ Désolé Lucie, je ne quitterai pas Justinien, alors maintenant, casses-toi d’ici.

    Un soupire de soulagement sort de ma bouche. Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en lui, mais cette fille est si déstabilisante qu’on ne sait pas si la partie est remportée d’avance. Mais apparemment, il semblerait que j’ai gagné cette bataille avec brio. Splendide. Lucie se retourne sur nous, je tiens le bras de Fredric, un sourire supérieur me déformant le visage, d’une manière de dire « t’as vu ça grognasse, il est à moi ».

    _ Je suis déçu, mais ce n’est pas grave, tout à l’heure, je prouverai que tu ne simules pas lorsque nous baisons ensemble.

    _ Ce n’est même pas la peine d’en rêver, je ne te toucherai pas.

    _ Tu sais très bien ce que tu risques si tu ne fais pas ce que je t’ordonne de faire !

    _ Je m’en fou, je suis amoureux de Justinien, rit-il soudainement, me déstabilisant aussi.

    _ C’est-ce que nous verrons Fredric, achève-t-elle de dire, le visage inexpressif avant de quitter une bonne fois pour toute les toilettes dans lesquels nous nous trouvons depuis trop longtemps déjà.

    Une fois débarrassé de cette pute, c’est là que je remarque Chase, collé au mûr, comme s’il n’était pas intéressé par ce qu’il s’est passé. Tout près de lui se trouve Lénaïg, elle semble énormément gênée, je crois bien que c’est en parti de ma faute. Après tout, j’ai insulté et vaincu sa sœur aînée. Mais bon, je n’arrive pas à me concentrer sur ce qu’ils ressentent tous les deux tant ma joie d’avoir anéanti Lucie me donne envie de sautiller comme un malade mental un peu partout. Il m’a prouvé, sous mes yeux effrayés, qu’il ne l’aimait pas et qu’il ne serait plus avec Lucie. C’est sublime. Grandiose, même ! Je l’aime.
    Suite à ma rapide analyse des états d’âme de chacun, mais surtout du miens, je me retourne sur mon bel homme, il n’a pas l’air en forme, et je doute que se soit à cause de notre épuisement physique mutuel. Je lui souri, pour le remercier de ce qu’il a fait, cette manière de m’avoir montré qu’il m’aimait me touchant tellement.

    _ Arrête de sourire Justinien, ce n’est vraiment pas génial ce qu’il s’est passé, me dit-il, froidement.

    Ma bouche revient rapidement à la normal et mon regard se noirci instantanément.

    _ Tu n’es pas fière de m’aimer ou quoi ?

    _ Le monde ne tourne pas autour de toi ! Tu n’as aucune idée de ce que je risque désormais !

    Wahou. Il a fait fort cette fois-ci. Je le regarde de haut en bas, cherchant peut-être une réponse sur son corps, mais finalement, c’est de ma bouche qu’elle tente de sortir :

    _ Expliques-moi alors Fredric… lui dis-je, en passant au dessus de sa première remarque.

    Il secoue la tête de gauche à droite, exaspéré. Je ne suis pas sûre que se soit une négation, mais en tout cas, ce n’est rien d’agréable. Il soupire, sans doute las de toute cette histoire, puis se rapproche de moi, m’attrapant par la taille pour que je m’écrase contre lui. Ma tête reposant dans le creux de cou.

    _ Je le ferai bientôt, mais c’est… compliqué. J’ai tellement peur de te perdre Justinien, si tu savais…

    Je resserre mon étreinte dans son dos, manquant de peu de lui casser des côtes. Sait-on jamais, je tiens à Fredric, au point de vouloir me fondre entièrement en lui, ne faire qu’un avec, perdre mon corps dans le sien et lui appartenir pour toujours. Et être le seul et l’unique à cela. Qu’il n’ait aucun maître non plus, aucune instance supérieur pouvant nous gouverner, nous diriger et nous perdre l’un et l’autre. Je veux être sa chose, son homme, son camarade, son amant, son unique source d’apaisement et de bonheur. Le seul pour qui il vit, tout comme moi, je n’existe que par ses beaux yeux qui me regardent. Je suis à lui et il est moi, rien d’autre n’est plus vrai que cette abstraite vision de nos sentiments.


    Mais quoi qu’il en soit, quelques jours plus tard, au lycée, il pleuvait des cordes et des cordes. J’avais froid et un réel besoin de me réchauffer dans les bras de mon amant, mon Fredric. Depuis cette dernière scène sexuelle que nous avons vécus dans les toilettes du Nostran, il ne s’est plus rien passer. Nous ne nous sommes pas vus assez souvent pour cela, bien que nos baisers, à chaque interclasses nous disaient le contraire. Mais peu importe, aujourd’hui, un joli jour de pluie, nous allions pouvoir réitérer nos fantasmes amoureux. Il suffisait simplement que l’on se retrouve dans la cours après le dernier cours de notre journée et nous serions partis dans la fameuse salle du lycée, l’une des caves qui se transformait si souvent en baisodrôme. Tout aurait été parfait, si cela s’était passé ainsi.

    Je quittais de mon cours d’Histoire, après m’être assuré une très bonne note grâce aux multiples aides intellectuelles de mon Fredric. J’avançais donc, avec une joie non dissimuler vers l’extérieur du lycée, mon Ipod branché, les écouteurs dans les oreilles, L’Hymne à l’amour d’Edith Piaf résonnait dans mon cerveau me transportant encore plus haut et plus loin qu’à l’ordinaire. C’était un héritage de ma mère, j’avais récupéré tous les albums qu’elle avait laissé et, depuis quelques jours, je ne pouvais m’empêcher de les passer en boucle. Pensant si tôt à elle, pensant aussi à mon père, mais pensant surtout à Fredric. En tout cas, c’était sur cette magnifique chanson que j’arrivais dans la cours du lycée. La pluie était moins violente que depuis le début de la journée, la plupart des élèves étaient sortis dehors, tout en retirant l’un de mes écouteurs, je les entendais soudainement rire en me voyant arriver. Comme à l’ordinaire.

    Comme à l’ordinaire me disais-je, j’avançais donc, très peu rassuré par ces rires incessants qui me dégoûtaient de plus en plus. Puis la chanson, montant à son paroxysme, me donnant envie de pleurer, me fit voir l‘antithèse de ses mots. Admirant l’irrespectueux, les élèves du lycée se reculaient au fur et à mesure sur mon chemin, comme si j’étais un roi ou un prince pour lequel on dégageait le passage sous une révérence qui était leurs rires à cette seconde même, et pour cause. Mes yeux se figeant sur la scène de l‘horreur, je marchais, simplement, devant ce spectacle immonde et sale : Fredric. D’une simplicité alarmante, il embrassait avec amour, comme il m’embrassait si souvent, Lucie. Les yeux clos, leurs corps collés l’un à l’autre, il répondait à son baiser comme on répond à l’amour, et elle, elle lui était soudé. Comme un si joli couple assassin. Une promesse s’envolant loin de mon âme, loin de mon cœur. Il venait de trahir ses mots.

    J’arrivais donc à quelques mètres d’eux, sentant mes larmes couler de plus en plus. La musique me transperçant l’ouïe, puisque tu m’aimes, disait-elle. Puis, tout en me mordant la main pour ne pas hurler, pour empêcher cette respiration alarmante de douleur de continuer, j’avançais vers eux. Soudainement, ils se détachèrent l’un de l’autre, Fredric souriant quelque peu et Lucie lui caressant la joue amoureusement, et c’est là qu’ils me remarquèrent. Lorsque ses yeux bleus, surpris puis paniqués se tournèrent vers moi, je recula de quelques pas, ne pouvant pas supporter encore une seconde de plus ce mensonge.

    _ Justinien ! Cria-t-il, se détachant de Lucie qui me souriait, un air triomphant sur le visage.

    Je secouais alors la tête, ne voulant pas qu’il m’approche, puis, sous les rires, les exclamations des gens, je me suis propulsé à toute vitesse en courant loin d’ici. L’image de mon unique, de mon seul, de ma perfection se mêlant à celui du Diable. La pluie retombant de nouveau sur moi, se mêlant à mes larmes qui auraient préféré sécher au vent. Et c’est en dix minutes de courses acharnées que je suis rentré chez moi, essoufflé et malheureux. Le cœur lourd d’une amer névrose. Le nom de la trahison se percutant sur les parois de mon âme : Fredric.


    Une fois rentré dans la maison, trempé de toute part, mes cheveux collant sur mes joues et mon front, quasiment raides comme jamais. J’étais ainsi, pitoyable et laid à voir. Rapidement, je franchis la porte de la cuisine pour aller dans le salon. Je voulais simplement monter dans ma chambre pour rejoindre mon lit, m’effondrer dessus et hurler à travers mes coussins cette immonde salissure intérieur. Il m’avait promis.
   
    Et c’est ce moment là que choisi Marien pour apparaître devant moi, se relevant du canapé et visiblement inquiet de me voir trempé et tremblotant, et il s‘approchait. Or je ne voulais pas qu’il me touche. Parce que oui, la peine engendre sans cesse la colère chez moi, et par un hasard douloureux, c’était Marien que je croisais en premier, lui qui ne savait rien, lui à qui je ne pouvais rien dire. Je m’apprêtais à m’enfuir dans ma chambre quand il m’attrapa par le bras, je n’avais pas répondu à sa question et je n’avais pas envie de le faire.

    _ Justinien, qu’est-ce que tu as ? Tu es très pâle.

    Je me retournais sur lui, les yeux plein de haine et lui répondit sur le ton froid qu’il savait employer avec brio :

    _ Qu’est-ce que ça peu te foutre ce que j’ai ?

    _ Hey ! Ne me parles pas comme ça, petit con.

    _ Lâches-moi ! Répondis-je en dégageant mon bras violemment d’entre sa main, lui donnant un coup volontaire à travers ce geste.

    _ T’es malade ?! Cria-t-il tout en se massant l’avant-bras, là où j’avais frappé.

    _ Va te faire foutre ! M’énervais-je à mon tour tout en m’apprêtant à monter enfin les escaliers.

    Mais c’était sans compter sur Marien qui me choppa une nouvelle fois par le bras, me tirant brutalement jusqu’à lui faire face, un main tendu dans l’air. Je le reconnaissais enfin.

    _ Qu’est-ce que tu vas me faire Marien, me frapper ? Comme je suis étonné par ce geste, c’est incroyable ! Tu choisi toujours la méthode la plus…

    Je n’eus même pas le temps de finir ma phrase qu’il me gifla à pleine puissance, me faisant crier de surprise. Le visage fixe vers le sol comme il venait de le placer avec violence, je sentais encore son autre main qui me serrer avec force le bras, rentrant ses doigts dans ma chair, j’étais enfin parvenu à l’énerver. Comme un idiot. Et c’est d’ailleurs sur cette connexion de colère que je me redressa vers lui pour lui donner un violent coup de poing dans la mâchoire, chose qui le fit basculer et lâcher sa prise sur mon bras sans l’empêcher pour autant de me rattraper à la vitesse de la lumière pour me gifler à nouveau. Je lui répondis en le bousculant avec haine et mépris, puis, avec étonnement, il parvint à me bloquer les deux bras, me retourner pour que je lui fasse dos et il croisa mes bras devant mon torse, m’empêchant de bouger. J’étais donc emprisonné ainsi, me débattant, le dos collé à Marien et ses mains me nouant les bras. Je n’avais donc plus qu’une solution. Je m’effondrais, en pleure, ma tête penchée en avant, voyant mes larmes tomber sur les avant-bras de Marien, qui, sentant que je relâchais ma haine sous forme de sanglots, desserra sa pression sur moi. J’en profitais d’ailleurs pour me retourner sur lui, et m’accrocher un peu à sa présence. Mon frère me prit maladroitement dans ses bras, posant son menton sur le haut de ma tête, soupirant de tristesse pour moi, il caressait mes cheveux, comme notre mère le faisait, jadis, avant de mourir.

    _ Que s’est-il passé Justinien ? Me demanda-t-il avec une douceur encore plus gênante que son geste d’amour.

    _ C’est rien… répondis-je, coupé par mes sanglot, ma voix s’évanouissant dans le tissu de sa chemise mouillée par mes larmes.

    _ Qui t’a fait du mal ?

    Je me détachais soudainement de lui, ne pouvant pas rester une seconde de plus dans ses bras. C’était impossible de lui expliquer cela, de plus, je ne voulais pas qu’il soit au courant de quoi que se soit. Pleurer devant lui était déjà suffisant. Et pleurer sur lui était si gênant.

    _ Ne cherches pas à savoir, lui dis-je sans croiser son regard tout en partant en courant vers les escaliers pour enfin rentrer dans ma chambre.

    Lorsque la porte de celle-ci s’ouvrit enfin, je partis m’effondrer douloureusement sur ma couette, attrapant nerveusement le cadre photo de mes parents pour le blottir contre mon torse. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas pleurer. Sale bonheur éphémère.

    Et depuis ce jour, il pleut dans la rue, et j’ai froid dans mon cœur et sur ma peau.


Enfin le nouvau chapitre de Justinien. Je sais qu'il en aura mit du temps, mais bon, j'avais mes difficultés. De plus, séparer quelque peu Fredric et Justinien, c'est vraiment difficile, surtout si la raison est aussi puérile et ridicule XD mais Justy réagit TOUJOURS au quart de tours {#}
En plus de ça, la mise à jour d'Iwant a été tellement longue que j'ai dû mettre de côté mon Justy d'amour, aussi, je n'ai pas envie d'écrire les derniers chapitres, ça me fout les boules {#} Je l'aime cette fiction.
Mais bon, voilà un nouveau chapitre, il ne reste que les : 26, 27, 28, 29 et l'épilogue.
Le 26 sera à la troisième personne du singulier (sur la première partie du chapitre), on va se balader un peu avec Marien. Et les autres... vous verrez bien {#}

Brefouille, bisous et désolé pour le retard *a dû perdre 70% des lecteurs* {#}

P.S : ma livebox est une pute qui saute sans arrêt {#}

 

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Justinien - Vingt-Sixième Chapitre  posté le jeudi 19 juin 2008 15:59


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Soulmate - Natasha Bedingfield

Première partie du chapitre à la troisième personne du singulier. Seconde partie reprise par Justinien {#} Juste pour vous prévenir.

 

 

Marien, l’état d’âme de la cruauté, la représentation parfaite de la froideur mais aussi de la protection. Un homme exemplaire par son travail, son courage et son comportement consciencieux qui font de lui ce qu’il est : un influençable. Il est le type même du professionnel, celui qui n’a le temps d’avoir, ni une vie amoureuse, ni une vie de famille, simplement une réflexion accrue pour seule conscience morale. Du moins, ces caractéristiques ne sont représentatives que de ce qu’il laisse paraître, car Marien n’est pas aussi sérieux, ni aussi stable que cela. Il cache une certaine part d’ombre qu’il est le seul à pouvoir maîtriser et à exercer de temps en temps, c’est pourquoi, alors qu’il est tranquillement assis devant son bureau de travail, une paire de lunette glissant sans cesse sur son nez qu’il s’oblige à retrousser afin de les remonter, et une coiffure à peine négligée par un gel quelque peu mal placé, une chemise blanche fraîchement repassée, ainsi qu’une frustration recroquevillée en son intérieur, il tapote sur son clavier à la recherche d’informations purement personnelles qu’il ne peut trouver que sur les serveurs privés de la ville. C’est une compétition idiote qu’il s’est forcé à prendre en lui, mais peu importe, maintenant qu’il ne lui reste plus qu’à cliquer sur « ok » pour lire toute la vie d’une personne, il ne s’en priverait plus, et si cela peut protéger son cadet, et bien tant mieux, il le ferait. Et c’est d’ailleurs en découvrant le contenu de ce dossier si spécial, qu’il s’exclame, le regard vif et les gestes quasiment robotiques, saccadé en fait :

_ Le petit fils de pute !

Fidèle à lui-même, dans son énervement, il se leva avec fureur, attrapant les clés de sa voiture et sortant avec précipitation de son bureau. Dans le couloir, il croisa Johanna qui lui demanda avec douceur où il allait, mais elle n’eut pas le temps de finir sa question que Marien avait déjà ouvert la porte de la cage d’escalier. Cela ne la perturba pas, après tout, elle le connaissait depuis deux ans maintenant, et il avait toujours été aussi lunatique. Cela dit, sa rapidité donna une légère angoisse à la brunette qui se demandait bien pourquoi son bien-aimé pouvait courir aussi vite. Il avait certes tendance à être impétueux, mais de là à s’envoler comme un oiseau sauvage, c’était assez peu commun.

Quoiqu’il en soit, Marien se retrouvait d’ores et déjà dans sa voiture et avait démarré en trombe sans se soucier des autres, manquant de peu de percuter une Toyota, il s’excusa furtivement au conducteur et décolla vers le quartier bourgeois où logeait le jeune Fredric Buxley. Celui qui allait enfin découvrir la colère de Marien Hooper qui semblait comprendre désormais la manipulation et le grotesque de ce sale brun qui était responsable des larmes de son petit frère.

Il conduisait sans aucune délicatesse, désirant arriver très rapidement devant la maison de ce gamin. C’est d’ailleurs, lorsqu’il commença à perdre patience qu’il parvint à trouver la grande allée où habitait la famille Buxley avec leurs deux filles et leur fils adoptif. Alors, rapidement, Marien sorti de sa voiture et alla d’un pas assuré jusqu’à la porte d’entrée. Il toqua suffisamment fort pour que quelqu’un lui ouvre au bout de quelque seconde. Une femme se dressa devant lui, sans doute la mère de famille, une petite dame blonde à la peau jaunie par le soleil, elle portait un châle sur ses épaules et avait l’air fort épuisé. Marien, décidé, lui demanda :

_ Est-ce que Fredric Buxley est ici ? Je suis Marien Hooper, j’ai sa paye à lui remettre.

_ Il est dans sa chambre, répondit-elle, dévisageant le châtain qu‘elle ne semblait pas connaître.

_ Puis-je y aller ? Il faut vraiment que je lui parle.

_ Bien sûr, dit-elle en s’écartant de l’entrée pour laisser un passage à Marien, c’est au fond de ce couloir, la dernière porte à gauche.

Elle avait accompagné son accord d’un geste faible où elle indiquait avec son index le couloir qui semblait couper la maison en deux, juste derrière les escaliers. Tout au bout se trouvait d’ailleurs une grande porte en verre qui donnait sur le jardin. Tout en arrivant devant elle, Marien, pressé, toqua à la porte que lui avait indiqué la mère adoptive de Fredric. En quelques secondes, celui qu’il aurait voulu tabasser dans la seconde apparu devant ses yeux, la mine fatigué, il avait un regard tellement triste que Marien eut, durant un instant, pitié de lui.

_ Fredric, je crois qu’il faut qu’on discute.

Le jeune homme regarda le frère de son plus bel amour droit dans les yeux, sans craindre sa froideur. Ce dernier, déterminé, entra dans la chambre du brun et referma la porte derrière lui, les murant dans un jeu de rôle où l’aîné se retrouverait très vite gagnant étant donné l’épuisement visible de Fredric.

_ Je vais te remettre une partie de ta paye, cela mettra un terme à ton contrat avec Justinien, il est hors de questions que tu continues de fréquenter mon petit frère, déclara Marien sur un ton ferme.

_ Comment va-t-il ? Demanda Fredric, ne prêtant aucune importance à l’argent qui était en question, ni à l’ordre de cet homme aux cheveux châtains.

_ Arrête de faire comme si tu te souciais de lui ! Et ne me prend pas pour un con non plus.

_ Comment va-t-il ? S’entêta le jeune brun.

_ A cause de toi, je dirais qu’il va très mal, tu es ravi ?

_ Comment savez-vous que c’est à cause de moi ? Soupira Fredric, le visage pâlissant à mesure que Marien plantait son regard en lui.

_ Oh ! C’est bon ! Je ne suis pas fou ! Depuis que tu as franchis le pas de la porte j’ai immédiatement comprit qu’il se passait quelque chose entre toi et Justinien ! S’exclama naturellement le frère aîné de Justinien.

_ Vous ne pouvez pas comprendre… répondit le garçon, semblant ignorer Marien.

Celui-ci, commençant à perdre son calme s’avança avec rage vers Fredric et le chopa par le col de sa chemise, le forçant à se mettre sur la pointe des pieds. Le brun, perturbé par ce geste, plaqua violemment ses mains sur les poignets figés de Marien, le dévisageant avec colère. Leur lutte était dans leurs yeux et n’importe qui en serait affreusement effrayé s’il ne connaissait pas la froideur naturelle des deux hommes en conflits.

_ Si ! Je comprend parfaitement que toi et Justinien, vous êtes des amants, je ne suis pas con, mon frère est gay depuis un petit bout de temps déjà ! Mes parents me l’avaient dit lorsqu’ils l’avaient découvert dans les bras d’un jeune homme il y a plus d’un an désormais. Mais je ne suis pas ici pour juger de l’homosexualité de mon frère, il fait ce qu’il veut, c’est sa vie et c’est son cul. Si je suis ici, c’est parce que tes origines familiales ne me conviennent pas, mais alors pas du tout !! S’énerva Marien en poussant Fredric qui se cogna fortement le bas de son dos dans le coin de son bureau.

_ Comment ça « mes origines familiales » ? C’est quoi ce délire ?!

Cette fois-ci, Fredric, haineux avait reprit très rapidement du poil de la bête. Il se posta sans faiblesse devant Marien, ne montrant pas le mal qu’il avait à devoir faire face au frère de Justinien. L’homme aux yeux de glace, ne résista pas longtemps à l’envie de lui dire toute la vérité, tout ce qu’il avait découvert sur lui.

_ Regina Wahrman !! Tu es Fredric Wahrman ! Le fils de cette cinglée de bonne femme ! S’exclama Marien en saisissant le brun par la gorge. Et je suis parfaitement sûre que tu savais très bien que ta mère était liée à notre famille ! N’est-ce pas, hein ?! Tu en as toujours eu conscience ! Petit con !

_ Vous êtes malade… Je ne… Je ne connais presque pas ma mère et je ne sais rien sur elle… répondit en guise de défense Fredric, ayant quelques difficultés à parler sous la pression qu’exerçait la main de Marien sur son cou.

_ Menteur ! Tu sais très bien que cette folle dingue est allée en prison pour avoir battu un gamin de huit ans il y a un peu plus de seize ans maintenant !

_ Bordel de merde ! S’écria soudainement Fredric tout en parvenant à se dégager de l’emprise de Marien.

Il se recula du châtain et le dévisagea quelques secondes avant de saisir ses cheveux entre ses mains et de lever les yeux au plafond, comme si le fait de mettre sa tête dans cet axe lui rendit la mémoire, il clama, perturbé :

_ Hooper ! Les Hooper ! Vous êtes Marien Hooper ! Le gamin que ma connasse de mère a martyrisé quand elle était plus jeune !

Il plaqua rapidement son bras sous son nez, cachant sa bouche, gêné de savoir qu’il faisait face à l’homme qui avait subi les pires colères de Regina Wahrman. Il ne s’en était jamais rendu compte, pourtant, au fond de lui, il savait parfaitement que le nom des Hooper lui était connu, son père lui en avait parlé plus d’une fois. Or là, il s’était mit dans une magnifique galère, et comme il ne possédait pas son véritable patronyme, il avait été camouflé par les Buxley.

_ Ecoutes-moi bien Fredric, signala Marien, le regard vert encré dans la haine de voir ce gosse devant lui, je ne sais pas pourquoi tu es né, ni comment c’est arrivé, mais une chose est sûre, c’est que si jamais tu t’approches encore une seule fois de mon petit frère, je te tuerai de mes propres mains ! Et crois-moi s’en capable !

Sur ces mots, il tourna les talons et repartit de la maison. La colère lui arrachant le cœur, il regrettait de devoir le menacer simplement. Mais par amour pour son petit frère, il ne se permettrait pas de le descendre maintenant ou de s’en débarrasser dans l’immédiat. Il avait parfaitement conscience que Justinien s’en était aveuglement amouraché, et tant que les choses seraient ainsi, il ne pourrait jamais détruire complètement Fredric Wahrman, ce fils de pute. Même s’il ne semblait pas savoir exactement le mal qu’avait fait sa mère, il connaissait leur nom et avait quand même tenu le cran de faire face aux Hooper et de séduire Justinien. D’ailleurs, en pensant à lui, Marien eut envie de faire demi-tour et de fracasser le crâne de Fredric. Ce dernier l’avait fait pleurer, il avait anéanti son petit frère. Il ne savait pas comment, mais quelque part, le simple fait de savoir que Fredric avait arracher des larmes douloureuses à son frère lui donnait une bonne raison de souhaiter l’extinction de la lignée Wahrman.




*    *

*



Planté comme un piquet dans la cuisine, je songeais à tout ce qu’aurait pu être cette journée si Fredric ne m‘avait pas humilié au lycée.
Marien m’a autorisé à rester à la maison aujourd’hui, après m’avoir vu et entendu pleurer toute la nuit, il a sans doute eu pitié de moi et m’a ordonné de me reposer dans mon lit et de guérir. Il m’a dit tout cela en m’ébouriffant affectueusement les cheveux avant de partir au boulot. C’était assez choquant comme comportement, après tout, il n’était pas censé être aussi doux avec moi. Mais cela m’avait rendu un peu plus paisible, le fait de savoir que j’avais un frère compréhensible me soulageait grandement. Il était un peu plus tendre qu’auparavant, et rien que pour cela, je baignais dans une claire-voyance qui me disait que le soleil de ce matin me réparerait tout au long de la journée.

Accoudé devant la cafetière, je patientais sagement que mon liquide préféré s’écoule enfin dans la tasse pour que je le vide intégralement en quelques secondes dans ma bouche. Me brûlant la gorge avec plaisir. Amer.
Il n’était pas encore dix heures du matin, j’avais beaucoup de devoirs à faire et mon cerveau, étalé sur la flemmardise d’un je-m’en-foutiste, ne se brusquait pas pour travailler un peu. Je n’en avais pas envie après tout, et tant pis si une mauvaise note me pourrissait la vie, de toute manière, cela ne m’empêcherait pas de vivre. Sur cette pensée, je me mit à trouver très affligeant le fait de savoir que l’espèce humaine passait son temps à s’angoisser pour des futilités. Je trouvais que nous nous enfermions un peu trop dans l’organisation, comme si s’empêcher d’exister était le synonyme de la liberté. C’est vrai cela, les jeunes d’aujourd’hui passent plus de temps à se foutre en l’air et à se bâtir un pseudo-avenir alors qu’en réalité, l’avenir, ce n’est pas demain qu’il sera là, mais plutôt dans l’instant présent. On le vit constamment, l‘avenir. C’est tellement absurde. Je préfère donc faire tout au hasard, ne pouvant pas quitter le chemin que les Hommes se sont tracés parce qu’il rentrait parfaitement dans la norme et que, de toute manière, on était obligé de le faire. Une belle liberté, n‘est-ce pas ? Loin de la métaphysique et des interrogations brutales qui effraient. C’était tellement plus simple de se voiler les yeux, seulement, lorsque l’on est aveugle, cela en devient très largement exaspérant. Et moi, en grand borgne que je suis et en refus du masque, je suis là, et j’admire avec tristesse ces individus crétins qui s’engagent dans leur quotidien lassant, à la manière de Sisyphe. Absurde.

Quoiqu’il en soit, sur ces pensées me faisant presque sombrer dans l’anarchie qui m’est fort personnelle. J’en viens à remonter dans ma chambre, ma tasse de café vidée dans mon estomac. Je savais que dehors, alors que les lycéens se précipitaient à l’intérieur de l’établissement scolaire entouré de barreaux gris, une librairie du centre ville m’attendait avec la dernière et réelle forme de liberté qu’il restait sur ce monde : la lecture en accord avec l’écriture.

Pressé, j’enfilais donc un jean sale et une chemise vert pastel qui éclaircissait quelque peu mon teint halé et faisait encore mieux ressortir mes yeux quasiment de la même couleur. Une fois mes chaussures misent, et mon sac sur l’épaule, je sorti avec hâte de la maison, essayant d’aller le plus vite possible pour que Marien ne repère pas ma fausse fugue. Il m’en voudrait sur ce coup, que je m’enfuis ainsi de la maison alors qu’il m’a accordé une journée de repos. Mais peu importe, il y a un livre en librairie qui m’attends je le sais. L’auteur est encore toute jeune et elle relate la névrose passionnel d’un jeune homme de mon âge. J’ai hâte de découvrir son histoire, je sais que trois livres sont prévus et qu’ils seront tous aussi puissants les uns que les autres. L’histoire d’un maître, et d’une conscience. Et ils seront magnifiques à dévorer et à comprendre, j‘en suis persuadé.




J’arrive en quinze minutes à la librairie du centre ville, et elle a le malheur d’être fermée pour le moment. Cela m’exaspère quelque peu. Mais je sais qu’elle ouvrira à dix heure trente, c’est indiqué sur la porte coulissante. Je reste donc ainsi, collé au mur du magasin, écoutant mon Ipod et évitant par-dessus tout L’Hymne à l’amour d’Edith Piaf. La dernière fois que je l’ai entendu, mon amour m’a trahi. Et c’est d’ailleurs en pensant à cela, qu’au loin, une image douloureuse me fait couler de nouveau dans mon cœur éclaté par mes sanglots. Fredric est juste devant moi, et je sais qu’il m’a vu. C’est trop con le hasard.
Je détourne les yeux, ne voulant pas qu’il plonge les siens dans les miens. Je ne veux pas qu’il m’approche. Il est mon réciproque qui m’a blessé, c’est comme si je m’étais écorché moi-même, et je ne souhaite pas avoir de miroir de l’âme devant moi pour le moment. Mais bien entendu, c’est sans compter sur Fredric qui s’approche malgré tout de moi, l’air totalement perturbé.

_ Justinien…

Je l’ignore, montant le son de mon Ipod dans mes oreilles, évitant toujours son regard. Mais il approche sa main de moi, tirant sur mes écouteurs, les faisant sortir de mes oreilles.

_ Justinien… S’il te plaît, regarde moi.

Je refuse, m’obstinant dans cette ignorance. Quand je sens pointer au bout de mes yeux, une légère brise qui me les pique. Et je suppose qu’il doit s’agir de la respiration de Fredric, il n’y a que lui ici qui est capable de m’arracher cette immonde larme que je sens glisser sur ma joue. C’est d’ailleurs cette même larme qui est recueillie par le pouce de Fredric qui se met soudainement à me caresser le visage. Tout en le laissant faire, je tourne mes yeux vers lui, un air de reproche gravé dessus. Mais ans me plonger dans son regard pour autant. J’ai trop peur d’y mourir encore.

_ La manipulation. Elle a menacé Lénaïg. Et j’aime ma petite sœur contrairement à son aînée. Alors Justinien, par pitié pour notre histoire d’amour, pardonne-moi, se justifie-t-il sans que je ne lui demande quoi que se soit.

Je sais qu’il y a quelque chose qu’il me dit pas. Son ton est trop hésitant pour être complètement sincère. Il semble avoir peur de quelque chose en me touchant, ou de plusieurs chose. Comme si une autre charge que Lucie pesait sur notre histoire.

Je n’ose pas lui répondre. Aucune des deux solutions ne veut sortir de ma bouche. Je ne parviens pas à le chasser et je ne peux pas lui pardonner, simple question d’orgueil. De plus, même s’il dit vrai et que Lucie a tout fait pour que cela se produise. Quelque chose s’est brisé en moi hier et je me sens incapable de lui sauter au cou comme dans cet ordinaire qui me semblait si éternel s‘il ne s‘était pas métamorphosé en malchance.
Mais peu lui importe ma réponse visiblement, il s’approche de moi et me dépose un baiser sur le front, comme une protection. Ses bras entourent mon corps et je le sens respirer mon odeur, alors que moi, toujours stoïque, je le laisse faire sans oser faire un geste vers lui. Mais bien sûr, lorsqu’il parvient à tourner mon visage vers ses yeux, je ne peux m’empêcher de craquer et de fondre dans ses yeux de la couleur de l’océan. Et je l’embrasse parce que la seule chose qui me manquait depuis cette erreur, c’était ses lèvres, ses bras, ses yeux, son cœur et sa présence tout entière. Et ce soleil, qui me soigne quelque peu, je le sens froid sur ma peau, mais chaud dans son geste. Alors, sans trop tarder, je me met à pleurer dans le creux de son cou, plongeant mon désir de lui en vouloir dans l’oublis et me serrant contre lui pour que jamais il ne m’échappe à nouveau. Et c’Est-ce moment que la librairie choisi pour s’ouvrir. Nous abandonnant au milieu de la rue, moi sanglotant dans les bras de l’homme que j’aime, et lui soupirant de cette crainte nouvelle qui se répand sur son aura qui noircie et noircie de peur à mesure qu’il me touche. Comme s’il était en contradiction avec de quelconques ordres.

_ Je t’aime de trop Justinien, je n’ai jamais ressenti cela auparavant, pardonne-moi pour tout… Je t’aime, je t’aime… me dit-il, sa voix s’évanouissant dans l’étreinte qu’il me procure, le ton baissant à mesure qu’il m’enlace avec puissance.

Je ne veux plus jamais qu’un seul obstacle tente de nous séparer. Lui et moi, c’est bien plus que la vie, c’est l’Humanité entière qui tient en nos doigts soudés les uns aux autres. Ma vie m’importe peu si elle n’est pas encrée dans son existence.

Image : Angel Sanctuary



Chapitre 26 publié.
Pfiouuu... Je l'ai bien aimé celui-là. Pourtant, il était parti pour ne pas me plaire. Mais finalement, les retrouvailles de Justinien et Fredric sont plutôt agréables.
Ba ouai, comme s'ils allaient rester longtemps séparés ? {#}
Il ne faut pas oublier qu'ils sont de véritables âmes soeurs !!
Mais bon, diverses menaces pesent sur eux. J'espère que vous avez peur. Si non, sachez qu'il vaudrait mieux.

Le chapitre 27 devrait être très très long. Ou court. En fait, je ne sais pas trop. Mais il sera crucial. Je ne vous en dit pas plus, mais achetez-vous quelques mouchoirs {#}

Pour la mise à jour d'Iwant, je pense essayer de la faire ce week-end, mais avec la fête de la musique ça va être dur dur ! {#}

Et dire que demain, à cette heure-ci, je serai encore devant ma copie de BAC... Et dire que je n'ai toujours pas réussi à correctement réviser. Ce n'est pas grave, je ne passe que le 30 à l'oral, c'est à dire dans 11 jours !! \o/ .... {#}

Bises à tous et merci pour vos impressions !
Vous êtes trop les meilleurs lecteurs qui existent !!
{#}

 

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Justinien - Vingt-Septième Chapitre  posté le lundi 21 juillet 2008 15:38

 

 

Ce soir, je suis épuisé. Il n’y a pas à dire, le temps est froid et m’envoie sans me laisser le temps de réfléchir, dans mes songes. Je pense furtivement à Fredric, aujourd’hui, notre amour a été mouvementé, apparemment, nous nous sommes retrouvés, mais pour combien de temps ? Je suis affolé rien qu’à l’idée de risquer de le perdre. Ce serait une torture si destructrice que je ne m’en relèverai sans doute jamais. C’est même triste à dire, et c’est sans doute pour cela que je suis si fatigué ce soir. J’ai la crainte d’un sursaut sentimental qui me fasse tomber sans accroches, sans rien. Lorsqu’il m’a prit dans ses bras et que je me suis agrippé à lui, j’ai eu l’étrange conviction qu’il était vraiment inquiet, vraiment effrayé par quelque chose. Sans doute Lucie, encore. Si elle a menacé sa propre sœur de sang pour posséder mon amant, c’est qu’elle est capable de tout apparemment. Capable de tout. Cela me déprime. Maintenant que j’ai trouvé mon réel amour, celui à qui je donnerai tout, du physique au moral, des obstacles se dressent devant nos échanges affectifs, c’est un jeu cruel. Vraiment cruel. Je suis amoureux de lui, et la réciproque se prouve facilement, alors pourquoi, mais pourquoi rien ne se passe normalement ? Il est mon appartenance à qui j’appartiens, nous sommes enlacés même à distance, même sans existence.
Et à force d’y penser, j’ai le sentiment que je vais finir par me rendre malade. J’ai l’impression que le sol se fissure entre Fredric et moi, et je ne sais pas ce qu’il va se passer. Je sais que nous nous aimons, mais visiblement, les autres ne nous aiment pas de la même manière, surtout pour notre assemblage. Et j’en ai mal.

Il est à peine vingt heure du soir, Marien est sorti avec Johanna. Je ne sais pas où ils sont allés et je ne tiens pas à le savoir. D’ailleurs, j’espère sincèrement que mon frère ne me dira jamais ce qu’il fait avec sa collègue, je serai trop choqué de me dire qu’il a des relations… sexuelles. Terrifiant. Cela me rappellerait trop le jour où j’ai apprit que mes parents avaient couché ensemble afin de me faire naître. Cette vision dans mon esprit m’a rendu malade durant de longues années d’innocences. C’est peut-être à cause de cela que je suis devenu homosexuel d’ailleurs. J’ai ressenti un trop lourd dégoût pour les relations physiques qui se collent parfaitement l’une à l’autre, comme un puzzle qui s’emboîte. J’ai favorisé les amours entre hommes.
Sur ces pensées, dans un bruit vibrant, mon téléphone bougea dans le creux de ma main. Je ne me souvenais plus que je l’avais gardé ainsi. C’est con d’être écroulé sur son lit, les yeux tournés vers le plafond afin d’oublier le monde autour, pour, finalement, laisser l’un des moyens de communication avec celui-ci faire rage à porté de mains. Quoiqu’il en soit, je saisi le mobile et le regarde, il s’agit d’un numéro que je ne possède pas. C’est vraiment ennuyant, je me sens obligé de lire et de - peut-être - répondre à ce perturbateur de ma tranquillité névrosée. J’en ai marre de ces gens.

Au moment où les lignes défiles sous mes yeux, ces-derniers s’écarquillent sans efforts. Comment cela est-il possible ? Mon pire cauchemar vient de se réaliser. Ce texto, cet enfoiré de message a été composé par ma plus grande rivale, Lucie Buxley. Je suis écœuré de m’en rendre compte, elle est immonde. Cependant, le contenu m’intrigue grandement, elle vient de me dire, mots pour mots : « Hooper, déplace-toi jusque dans la ruelle derrière le cinéma d‘ici vingt-et-une heure trente, j’ai à te parler de Fredric, je vais y renoncer, mais je veux savoir si tu le mérites ». Cela m’a tout l’air d’être un piège, comment Lucie accepterait-elle de me laisser l’amour de Fredric ? C’est irrationnel dans sa normalité à elle. Mais quoiqu’il en soit, le fou que je suis a très envie d’aller discuter avec la petite teigne blonde. Après tout, elle a osé me faire verser de nombreuses larmes pour me forcer à perdre mon brun amoureux. Je la hais. Alors autant se déplacer là-bas, si c’est pour régler des comptes entre nous, et bien tant mieux, je la détruirai, que cela soit verbal ou physique. Elle est tellement basse que je me pencherai sur elle pour lui murmurer sa défaite.



Je me relève donc dans l’immédiat, attrapant mon T-shirt que j’avais jeté au sol quelques minutes auparavant, par-dessus, j’enfile une légère veste noir. Bien sûr, avant de quitter la chambre avec précipitation en enfilant mes chaussures, je me regarde cinq minutes dans la glace. Mon reflet semble mal en point, j’ai l’impression que quelqu’un d’autre est en moi. Je me rend soudainement compte que j’ai dû grandir depuis la mort de mes parents, je me sens un peu plus mature. Après, je ne sais pas si mon comportement suit la métamorphose, mais quoiqu’il en soit, mon cœur a vieilli, et peut-être que l’amour en est l’une des causes. Fredric m’a fait prendre conscience de tellement d’états d’âmes, avant, je me trouvais simplement désirable lorsque mon reflet se plaçait sous mes yeux, aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être sa perfection à lui, celle qu’il désire par-dessus tout, et je me plais simplement en étant son envie. Je ne sais pas si la vie fonctionne vraiment comme cela, si, lorsque l’on est amoureux, on ne vit réellement, que pour l’autre et pour personne d’autre, mais quoiqu’il en soit, pour le moment, c’est ainsi que j’existe et que je me décide à franchir le seuil de la porte d’entrée de la maison, bravant une nouvelle fois les ordres de mon frère. Il n’aime pas que je sorte le soir, surtout sans l’avertir, mais hélas, cette fois-ci, je suis obligé de le trahir, malgré ma réticence de le décevoir encore et toujours.

Les heures tournent un peu trop vite à mes yeux. J’en ai pour un peu plus d’un quart d’heure avant d’arriver devant le cinéma, et si elle m’a indiqué la rue à laquelle je pense, je devrais d’abord prendre l’avenue où se trouve l’établissement pour tourner dans la ruelle où il n’y a aucune issues. Aucune issues, l’idée me fait soudainement rire. Vouloir me faire apparaître dans une rue sans secours et où il y a une multitude de passants dans la voie avoisinant, c’est assez grotesque comme piège, et très peu fin. C’est décevant. Mais peu importe, j’ai hâte d’arriver et de lui dire, ouvertement, que je ne renoncerai jamais à mon unique amour qu’est Fredric. Mon premier et unique amour. Alors elle pourra bien tenter quelques idioties, jamais elle ne pourra arrêter mon cœur de battre pour lui.




*    *

*




Marien venait de sortir de sa voiture, sérieusement, il rangea ses lunettes dans leur étui et sans un geste, une main longue et fine vînt saisir la boîte pour la mettre dans un petit sac noire. C’était Johanna. Elle regarda son ami droit dans les yeux avec un sourire comme elle n’en faisait que pour lui. Marien, ravi, lui rendis cette émotion avant de prendre finalement la jeune femme par la main. Cela faisait deux ans qu’ils avaient tenté quelque chose ensemble et aucun d’entre eux ne se lassaient de cette relation, certes parfois étrange, mais visiblement sincère.

_ Tu es sûre d’avoir fermé la voiture Marien ? Demanda Johanna sur un ton mi-soucieux, mi-amusé.

Pour lui répondre, le jeune homme soupira de frustration en levant les yeux au ciel.

_ J’y retourne, j’en ai pour deux minutes.

Sa compagne ria en le voyant faire demi-tour, heureusement que la voiture était à moins de cinquante mètres, sinon, il aurait pu perdre de sa bonne humeur. Qu’est-ce qu’il pouvait être lunatique tout de même, une véritable girouette, bien entendu, souvent c’était la douceur qui l’emportait sur le reste, du moins avec elle. Pour ce qui était des autres, Marien se montrait toujours froid et distant, sauf avec son frère, avec qu’il se montrait souvent intouchable et inquiet. Il lui laissait paraître une image bien sombre de ce qu’il était en vrai, mais c’était uniquement pour le protéger. D’ailleurs, parfois, Johanna trouvait que son petit ami allait un peu trop loin, son comportement était proche de la tricherie avec Justinien, elle s’en était aperçu à plusieurs reprise. Notamment le soir où elle avait eu rendez-vous chez Marien et que ce-dernier avait laissé quartier-libre à son frère. Elle se souvient parfaitement de ce moment où, de la fenêtre de la chambre d’ami à l’étage, elle avait retrouvé son beau châtain clair observer Justinien en bas. Celui-ci c’était précipité sur un jeune homme aux cheveux noirs pour l’embrasser amoureusement. C’était ainsi qu’elle avait prit conscience de l’homosexualité de Justinien et du jeu qu’entretenait Marien avec lui. En effet, bien que conscient que son petit frère aimait les hommes, il ne lui avait jamais avoué qu’il le savait. Il semblait plutôt bien accepter le couple que Justinien formait avec ce garçon, mais la manière dont il laissait son frère s’inquiéter était assez rude. Déjà que Marien n’était pas tendre avec Justinien, mais si en plus de cela, il le surveillait et lui cachait la réalité, leur lien de sang risquait de s’amoindrir de plus en plus.

Quoiqu’il en soit, Marien revînt de la voiture assez vite. Le visage épanoui plus que d’ordinaire, il agrippa d’une de ses mains le cou de Johanna et celle-ci, en retour, le prit par la taille. C’était tellement rare de le voir ainsi, il ne montrait jamais ses sentiments, même s’ils se percevaient, les démontrer physiquement était presque impossible. Marien avait des allures d’homme frigide, mais en fait, il n’était qu’un grand timide, et cela se prouva encore plus lorsqu’il prit conscience qu’il avait une jeune femme magnifique dans ses bras, alors ses joues se teintèrent de rouge. Le visage gêné, il se détacha rapidement de Johanna et finit par lui prendre simplement la main et avancer tranquillement dans la rue qui était désormais éclairée par des lampadaires. La nuit fragile était enfin tomber sur la ville, et cette ambiance obscure semblait si douce dans cette environnement pourtant instable. Rapidement, les deux jeunes gens marchèrent jusqu’à arriver au cinéma où ils devaient regarder un quelconque film passager pour passer le temps qui les emmènerait jusqu‘à leur nuit à eux, celle qu‘ils ne pouvaient créer qu‘ensemble.

_ Alors, on se fait quel genre ce soir ? Demanda Johanna en fixant Marien de ses grands yeux gris.

_ Apparemment, il y a un peu de tout, romance, horreur, aventure, fantastique… Personnellement, déjà que je ne suis pas tellement accro au cinéma, je te propose quelque chose de calme.

_ Un film d’horreur alors…

_ J’ai dit « calme » pas « sanguinaire » ! Riposta Marien, amusé.

_ Oh, et bien, on peut toujours aller voir ce film de romance, mais je ne sais pas si ça va te plaire, te connaissant, tu vas encore t’endormir dans la salle.

_ Ce n’est pas de ma faute s’il n’y a pas assez de lumière là-dedans… Ca endort les gens…

_ Non Marien, ça n’endort que toi, rigola Johanna en passant une main dans les cheveux de son petit ami.

En faisant ainsi volte-face à son petit ami et en jetant un coup d’œil derrière lui, Johanna fronça soudainement les sourcils. Une silhouette attira son attention et elle reconnu en peu de temps l’élégance même qui saisissait la famille des Hooper, Justinien était juste là et s’apprêtait à tourner dans une petite rue sombre qui donna un frisson d’angoisse à la jeune femme.

_ Marien, ce n’est pas Justinien là-bas ? Demanda-t-elle, perturbée.

_ Quoi ?! S’emporta immédiatement son compagnon tout en se retournant pour bel et bien voir son petit frère tourner dans la ruelle. Mais qu’est-ce qu’il vient faire ici celui-là !

_ C’est étrange tu ne crois pas ? Nous devrions aller voir ce qu’il se passe… s’enquit Johanna.

Pour toute réponse, Marien perdit un peu de sa lueur douce et lâcha sa compagne brusquement. Cela ne la vexa pas, elle était tellement habitué aux changements d’humeur du jeune homme que la seule chose qu’elle parvînt à faire, c’est mettre ses mains dans ses poches et patienter en attendant les réactions du châtain.

_ Notre soirée est foutue, restes ici, je vais aller chercher mon petit con de frère, si je ne reviens pas dans deux minutes, c’est que je serai en train de lui hurler dessus… soupira Marien tout en s’avançant vers la rue, visiblement énervé.

Johanna, quelque peu inquiète resta en retrait et décida de patienter une ou deux minutes avant d’aller jeter un coup d’œil dans la ruelle.

 



*    *

*

 

Je commençais sérieusement à avoir froid. Le gilet que j’avais enfilé n’était pas suffisamment chaud pour moi. Quoiqu’il en soit, je venais d’arriver dans cette ruelle que Lucie m’avait demandé de prendre. Il n’y avait aucun lampadaires, les murs étaient lugubres et l’ambiance me semblait tellement glauque que s’il n’avait pas été question de Fredric, je serai reparti d’ici dans l’immédiat. D’ailleurs, en parlant de l’immédiat, c’est fou ce qu’il peut être saisissant. A peine eu-je le temps d’observer les lieux que trois silhouettes apparurent au loin devant moi. Elles portaient toutes un grand sweat-shirt avec une capuche rabaissée sur le visage. C’était assez effrayant à voir, mais pas suffisant pour me décourager. Sans aucun soucis je reconnu facilement la forme mince et féminine de Lucie, elle était entre les deux autres, dont les apparences dévoilaient sans aucun doute deux garçons.

_ Lucie, charmant accueil… ironisais-je pour me décontracter.

Ecoutez : Avril Lavigne - Slipped Away {#}

Ils se rapprochèrent de moi assez rapidement et j’en faisais de même pour mieux les observer et les reconnaître. C’est d’ailleurs sans difficulté que je vis qu’à sa droite se tenait Arnold, le sale blond de ma classe et qu’à gauche il y avait Valéry, cet enfoiré de fils de riche. A eux trois, ils semblaient assez coriaces et menaçants, seulement, mon comportement puéril se fichait parfaitement de cela. Et non sans difficulté, je compris qu’aucune discussion m’attendait ici et que j’allais devoir affronter les pires ennemis que je pouvais avoir.
Alors, sans aucune prudence, je m’élançais plein de rage vers Lucie, prêt à lui donner mon plus puissant coup de poings. Bien sûr, c’était sans compter sur ses gardes du corps qui m’attrapèrent sans difficulté par les bras pour me pousser avec violence contre le mur, à côté. Maintenu par deux teignes, je me retrouvais face à une Lucie très peu loquace qui semblait pouffer de rire en me voyant si impuissant. Elle s’approcha alors de moi avec une finesse de femme et me donna un violent coup au visage.

_ Tu es vraiment lâche, il faut que ces deux tâches me tiennent pour que tu me frappes ? Et tu penses vraiment être apte à mériter l’amour de Fredric ? Tu es pitoyable Lucie, sincèrement, la rembarrais-je avec la seule arme qui me restait : les mots.

Cela dû l’énerver car elle me redonna un coup encore plus fort qui me fit crier de surprise. Je sentis rapidement du sang quitter mon nez amoché pour venir s’écouler sur mes lèvres et tomber sur mon gilet.
Des deux idiots qui me maintenaient, le plus fort était Arnold, sa haine à mon égard était bien plus puissante que je ne l’aurais cru. Valéry, à l’opposé perdait sa dureté à chaque secondes, les deux coups que Lucie m’avait donné le faisant baisser un peu plus sa garde. Si je devais m’échapper de là, je n’avais qu’une solution, frapper avec haine Arnold pour qu’il me lâche tout en me dégageant de l’emprise de Valéry. Etrangement, je n’eus pas le temps de mettre à exécution mon plan qu’une voix qui m’était horriblement connue vînt se perdre entre nous quatre. Tout en tournant la tête vers la gauche je reconnu Marien qui venait de faire irruption dans la ruelle. Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire ici ? Je n’en avais aucune idée. Quoiqu’il en soit, lorsqu’il comprit que j’étais maintenu par deux types et qu’une autre personne semblait dangereuse devant moi, la fureur de mon frère ne mit pas longtemps à arriver. Il s’élança avec haine vers nous et Arnold me lâcha avant même que je ne fasse un geste, en moins de deux secondes, il se heurta avec une puissance effrayante à mon frère qui le bouscula avec hargne. Il venait de réveiller l’animal qui était en Marien et que moi-même, je redoutais plus que tout.
Valéry, choqué se recula de moi et regarda autour de lui pour trouver une issue, il semblait anéanti de se tenir ici. Mon regard croisa le sien pour finir par le suivre et tomber sur l’image immonde de Lucie. C’était le moment où jamais de l’attaquer et lui faire payer son comportement. Je profitais donc de l’intervention inopinée de mon frère pour foncer droit sur la jeune fille, oubliant sans regret la présence de Valéry qui restait cloué sur place.
Seulement, je n’avais pas remarqué l’ombre noir de ce tableau vengeur, au moment même où je m’apprêtais à lui bondir dessus, elle lâcha toute sa haine dans un cri immonde et dans un unique geste. Tout en arrivant à sa hauteur, je n’avais pas remarqué ce qu’elle tenait dans ses mains depuis peu de temps, mais à défaut de ne pas l’avoir vu, je le sentis s’enfoncer avec rage dans mon ventre. Paralysé sur place durant de longues secondes, je n’eux le temps que de voir le regard de Lucie plein de folie qui, avec une violence sans limite tourna la lame glaciale qui venait de me transpercer l’abdomen. Sentant ce couteau bouger en moi, je parvins à me dégager de son emprise, et dans un hurlement intérieur qui m‘appartenait, ce qui venait de m’empaler sorti de mon corps douloureusement. Reculant lentement, les choses devinrent moins bruyantes autour de moi. Et pourtant, en tournant ma tête vers Marien, je l’aperçu plein de colère, mettre un terme à son combat avec Arnold en lui déboîtant l’épaule dans un hurlement épais des deux hommes. De l’autre côté, j’entendis Valéry qui poussait lui aussi un cri puissant en voyant le couteau couvert de mon sang dans la main de Lucie et en constatant ma frêle marche-arrière pour me voir toucher le mur de mon dos.
Puis, ne prêtant plus aucune attention à la blonde qui semblait être en transe, je mis ma main contre mon ventre, et un flot de sang vint la colorer de rouge. La voix de Valéry, dans un éclat de sanglot atteignit tous ceux qui étaient présent en cette seconde. Il venait d’hurler avec un désespoir visible « Justinien est blessé ! », et dans cette appel douloureux, le visage rouge de haine de mon frère passa immédiatement au blanc. Lui qui s’apprêtait à achever Arnold daigna jeter un regard sur moi, qui, doucement, glissais le long du mur tout en maintenant la plaie qui saisissait mon abdomen.
Alors que les sons devenaient de moins en moins vibrants, je vis, dans une lenteur extrême, Marien s’élancer vers moi et, dans la même seconde, Lucie et Valéry partir en courant, fuyant la scène dont ils étaient responsables sans daigner prendre avec eux Arnold, totalement détruit par cette bagarre violente. Tout en m’effondrant au sol, mon frère, désemparé vint s’écraser à genoux à mes côtés.

_ Justinien ! Justinien ! Cria-t-il dans une totale détresse que je pensais ne jamais voir au travers de son regard.

Dans un déluge de douleur, je vis ses yeux verts se rougir de larmes et, alors qu’il me murmurait diverses choses dont seulement quelques mots me venaient à l’esprit, Johanna apparu derrière, un téléphone à l’oreille, sans doute en train d’appeler une ambulance. Puis, tandis que je cherchais à dire quelque chose à mon frère, du sang gicla de ma bouche au lieu de mes mots. Marien, dont les larmes coulaient désormais à flot, me tenait la main et l’embrassait comme pour faire venir son souffle jusque sur ma peau et me donner une nouvelle chance de tenir le coup. Son visage se teinta alors rapidement du sang qui n’avait pas encore séché sur mes mains. Il était couvert de ce liquide rougeâtre qui quittait mon corps avec danger. Puis posant à son tour sa propre main sur mon ventre arraché, il poussa un sanglot bruyant en constatant tout ce sang qui se déversait de moi pour s’écouler jusqu’au sol. Me tuant à petit feu.
C’était donc ainsi que je devais finir ? Que la vie allait me donner un dernier coup de grâce. Mourir poignarder par la honte même. Qu’est-ce que cela pouvait-être regrettable. Dans des cris déchirants, j’entendais et je parvenais à voir Marien se bercer au-dessus de moi, serrant ma main de plus en plus fort. Et il m’ordonnait encore des choses - pour changer. Il m’ordonnait de ne surtout pas fermer les yeux, que je n’avais pas le droit de les fermer, sinon, jamais il ne me le pardonnais. Et il parlait aussi de nos parents, comme quoi, même si j’en mourrais d’envie, je ne devais surtout pas tenter de les rejoindre. Il me criait que je ne devais pas l’abandonner, sous aucun prétexte, sinon, il ne tiendrait pas le coup. Seulement à mesure que ses mots se perdaient dans ma conscience, du blanc venait éclairer son visage et aveuglait avec vivacité mes pupilles, qui, se sentant agressées, se fermèrent sous le poids de la lumière, effaçant l’image de Marien en train d’hurler mon nom de douleur et pleurer comme jamais je ne l’avais pleurer. Et là, dans un bruissement sourd, même mon ouïe me quitta, me murant à jamais dans un silence macabre qui me volait tout. Amant, ami, famille. Je venais de tout perdre par amour. Et mes parents me manquaient encore plus maintenant.

Image : Angel Sanctuary... comme d'hab...


A Suivre... {#}

OMFG... Je n'ai pas grand chose à dire à part que... Et bien, en fait, c'est vraiment difficile de briser ses personnages lorsqu'ils représentent une part de notre propre survie morale.
Il ne reste plus que deux chapitres avant la fin et un épilogue. Je pense accélérer le mouvement, mais ça me tracasse tellement de mettre fin à cette histoire...

Enorme calins à ceux qui viendront et aux autres aussi.

A bientôt...!

 

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Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (première partie)  posté le mercredi 23 juillet 2008 16:09

Ecoutez : Secret Garden - Song from a Secret Garden
(de préférence, il faudrait que la musique tourne encore jusqu'à la fin de cette partie de chapitre)

 


Une nuit plus tard, le temps froid et sombre semblait triompher sur l’ambiance générale de la ville. Cette lourdeur atmosphérique se faisait ressentir jusque dans l’un des meilleurs lycées, endroit où les élèves étaient censés chahuter et rire avec camarades et amis, seulement, la journée offerte n’était pas de tout repos. Fredric n’avait plus de nouvelles de Justinien depuis leur baiser devant la librairie, la veille. Ce fameux baiser angoissant mais tellement bon. Il avait pu de nouveau frôler le visage tendre et angélique de son petit ami qu’il avait bien failli perdre. Et dire qu’à cause de l’idiotie possessive de Lucie, Justinien s’était enfui en pleurant, l’empêchant de venir le reprendre dans ses bras et que, pour couronner le tout, Marien, son frère nerveux et protecteur s’était aventuré chez lui pour lui apprendre des réalités écœurantes et lui ordonner de mettre un terme à son aventure avec Justinien. Non, il n’y avait pas à dire, Fredric n’avait vraiment pas de chance, c’était certain. Quoiqu’il en soit, à cette heure-ci, il devait faire face à une copie de mathématiques, la matière qu’il n’arrivait pas à exercer sans erreurs, et la concentration en moins, il n’arrivait même pas à lire les questions, tout ce qui comptait pour l‘heure, c’était Justinien et l‘attente de le revoir. Il ne comprenait pas pourquoi son amant était absent depuis ce matin et pourquoi, dans la même émotion, le temps était si gris, si lourd. Mais il allait bientôt avoir une réponse à cette question effarante. Alors qu’il tentait une dernière fois de déchiffrer le premier exercice de son examen, la porte de la salle de classe s’ouvrit avec fracas dans un mouvement qui fit sursauter tous le monde ici présent. Fredric, choqué par cette intervention, reconnu en moins d’une seconde le visage affolé de Chase et de sa petite sœur, Lénaïg. Celle-ci, terrorisée, le cherchait du regard. Et lorsqu’elle le trouva, elle tapota l’épaule de son petit ami qui se tourna instinctivement vers le grand brun assis sur sa chaise, en panique. Le professeur de mathématiques, intrigué mais en aucun cas énervé, demanda avec sérieux :

_ Que se passe-t-il ? Pourquoi débarquez-vous ainsi dans ma salle de classe ?

_ On est venu chercher Fredric, s’écria Chase avec une angoisse non dissimulée.

_ Comment ça ?

Au moment même où la question fut poser, un surveillant apparut derrière Chase et Lénaïg, il regarda à tour de rôle ces deux protégés, puis le professeur ainsi que Fredric. Et ce fut ce moment que le jeune garçon aux cheveux châtain foncés choisi pour annoncer avec faiblesse, tout en attrapant la main de sa petite amie comme pour parvenir à tenir debout, la nouvelle terrorisante :

_ Justinien a été poignardé hier soir, il est à l’hôpital, il faut absolument que Fredric vienne avec nous.

C’était droit dans les yeux qu’il avait choisi de dire ces mots. Le brun à qui cela était destiné se redressa sur sa chaise, manquant de faire tomber la table en avant, les yeux grands écarquillés, il balbutia une sorte de « quoi ? » qui ne fut intercepté que par son professeur qui lui ordonna de prendre ses affaires et de suivre Chase et Lénaïg. Le reste de la classe, remué par cette nouvelle commença à s‘éveiller par la parole, complètement retourner. L’un des garçons non loin de Fredric murmura une phrase qui glaça le sang du jeune homme, il est peut-être mort, disait-il froidement, le cœur lié à l’angoisse. Sous le choc, Fredric jeta un furtif regard à celui qui était l’auteur de ces mots, ne semblant pas tellement bien les encaisser, pour lui, il n’y avait qu’une seule réalité : cela n’arrivait que dans les films. Uniquement dans les scénarios sombres et douloureux, et si par malheur, ce genre d’événement touchait la vie, et bien, c’était toujours celle des autres, mais pas la notre. Logique, non ?
Et c’est sur cette pensée que Fredric empoigna son sac et s’élança vers Chase et Lénaïg, cette dernière lui attrapa la main comme pour le retenir si jamais le sol s‘ouvrait sous ses pieds pour le faire chuter dans le néant. Et rapidement, ils quittèrent la salle et partir en courant jusque dans le bureau du directeur là où attendait patiemment la mère de Chase, prête à exploser en sanglot. Celle-ci, en voyant son fils revenir ne pu s’empêcher de mettre une main sur sa bouche, puis, dans un accord avec le lycée, elle partit avec les trois adolescents pour retrouver l’hôpital où Justinien attendait, peut-être à moitié mort.

Une fois le chemin entamé dans la voiture, le silence l’emporta sur tous les individus présent. A l’avant se trouvait Sandra Blake en compagnie de son fils, rongé par la crainte, et à l’arrière, Fredric était monté avec sa sœur. Celle-ci, déboussolée explosa rapidement en sanglot tout en s’effondrant sur les cuisses de Fredric, qui, dans un mouvement fébrile, lui caressa les cheveux, ne comprenant pas tellement que lui aussi, il devrait pleurer avec elle.
Puis, à l’avant, de légères plaintes se firent entendre au moment même où Lénaïg s’était écroulée sur son frère. Chase qui était pourtant fort venait de se mettre à pleurer, laissant silencieux sa mère ainsi que Fredric. Ce dernier, toujours aussi choqué ne faisait que regarder par la fenêtre dans l’attente d’un mot, un geste, qui lui annoncerait que tout ceci n’était qu’un cauchemar, une illusion, une paresse mentale de croire au bonheur. Malheureusement, les seules réponses qui parvenaient à son ouïe étaient toujours les mêmes, elles étaient vides et pleine de larmes.

_ Ne vous inquiétez pas, je suis sûre que ça va s’arranger, laissa entendre Sandra tout s’empêchant de pleurer, tenant fermement le volant de la voiture.

_ C’est Justinien merde ! S’écria alors Chase en prenant sa tête entre ses mains et se penchant en avant dans la voiture, aussi bas que la ceinture pouvait le lui permettre.

Sa respiration devint de plus en plus bruyante et étouffante, en même temps que ses sanglots redoublaient. Jamais personne ne l’avait vu exprimer un désarrois si fort, surtout en présence d‘individus, proche ou non de son cœur.

_ Je t’en prie Chase, calme-toi, lui intima d’une façon douloureuse sa mère.

Et elle avait raison, si Chase perdait son calme et s’effondrait encore plus sur lui-même, laissant ses cris prendre le dessus, il ferait sans aucun doute une crise d’angoisse, malheureusement, chez lui, ce genre de problème était redoutable. Et Sandra ne voulait pas aller à l’hôpital pour son fils mais pour voir où en était Justinien. S’il tenait le coup.
A l’arrière de la voiture, Lénaïg pleurait toujours autant, serrant entre ses poings le bas de la chemise de son frère qui, lui, était toujours aussi stoïque. Pâlissant à vu d’œil, il devint totalement blanc lorsque la voiture se gara près de l’hôpital. Sortant tous les quatre de la voiture avec précipitation, ils accoururent immédiatement vers les urgences.

Et là, ce fut l’horreur. Tout en mettant enfin les pieds dans l’établissement, ils aperçurent de loin Marien, écroulé sur les cuisses de Johanna, qui pleurait de désespoir. Était-il mort pour que son frère soit effondré ainsi ? Ce fut là, la question qui les tirailla tous dans l’instant. Puis une seconde après que Sandra se soit avancé vers Johanna et Marien, le jeune homme se redressa, les yeux rouges de fatigues et de larmes. Epuisé d’avoir trop pleurer, il se releva avec faiblesse et la mère de Chase le saisi rapidement dans ses bras, le serrant aussi fort que possible. Même si elle ne connaissait pas beaucoup Marien, elle avait rapidement considéré les deux garçons comme deux autres fils. Et savoir que l’un d’entre eux était aux urgences et que l’autre pleurait toute les larmes de son corps ne lui fit faire qu’une chose, un seul geste d‘affection. Et Marien, avec l’impression de retrouver une mère, la pris dans ses bras lui aussi. C’était instinctif, comme s’il n’avait jamais oublié cette réaction, Sandra dégageait le même sentiment qu’il avait en pensant à sa mère décédée. C’était comme si elle était de retour et venait le soutenir dans cette horrible épreuve. Puis, au moment où il crispa ses yeux dans le creux du cou de la mère de Chase et qu’il fini par les rouvrir, embué de larmes, il aperçu au loin Chase qui, toujours en pleure, tenter de se consoler dans les bras de Lénaïg. Celle-ci, tout en serrant son petit ami, maintenait la main de quelqu’un, une main qui semblait faible et qui ne parvenait pas à saisir correctement la présence Léna. Et à l’instant où Marien regarda la personne qui tenait ainsi la jeune fille, il repoussa Sandra et s’avança avec une haine féroce vers celui qui n’aurait jamais dû se montrer ici ; Fredric. La mère de Chase, comprenant immédiatement ce qu’il se passait, accourut devant le jeune brun et anonça d’une voix claire et tonnante :

_ Tolères-le Marien ! Tolères-le au moins aujourd’hui ! S’il te plaît…

L’interpellé, fatigué de devoir rétorquer quoique se soit jeta un regard glacial à la petite assemblée et se détourna d’eux pour retourner vers Johanna qui était tout aussi remuée que les autres.

_ Mais comment va-t-il ? S’écria soudainement Chase en s’avançant lentement vers Marien, ne prenante nullement conscience de l‘ampleur de cette parole.

Et ce fut là, la question à ne pas poser au jeune homme. Cette réalité qui engloutit le peu de teneur qu’avait encore Marien lui fit perdre toutes sa force et sa rigueur. Il manqua de s’écrouler au sol avant de dire, sur une voix coupée par ses sanglots et animée par la détresse :

_ Ils ne savent pas s’il va se réveiller…

Dans une exclamation démentielle, Chase se recula avec une puissance redoutable et se pencha en avant, le cœur lourd, criant un cri de terreur. Sandra, voyant son fils dans cet état ne parvint pas à faire prendre un sens réaliste aux mots de Marien et partie attraper son enfant avant qu’il ne s’effondre. Lénaïg, dans un même mouvement s’agrippa à la chemise de Fredric tout en répétant des « ce n’est pas possible, ce n'est pas possible » rapides et angoissants. Son frère lui, comme jeté dans un autre monde resta debout en simple spectateur. Il ne savait pas comment réagir, ni comment parler. Tous ses sens avaient disparus dans la minute. Il se sentait fini et achevé. Et s’il perdait Justinien, si le garçon pour qui son cœur s’était éprit venait à succomber, jamais, et il en était certain, jamais plus il ne vivrait pleinement.

 

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Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (seconde partie)  posté le mardi 05 août 2008 21:41

Désolé pour l'attente occasionnée sur le blog. Mais entre la fin d'I Want to Save you, la video d'intro de Never-Ending Story et tous les problèmes que j'ai eu dans ma vie, écrire Justinien a été difficile. D'ailleurs, en ce moment j'ai des problèmes pour écrire, je me trouve incroyablement merdique, et comme les 3/4 des gens qui me donnent leur avis ne sont plus là, je ne sais pas comment j'vais faire {#} ...
Quoiqu'il en soit, je vous donne une petite fin du chapitre 28 et je suis dans le regret de vous dire que le chapitre 29 sera le final de Justinien et que ça me brise le coeur (donc, c'est plus mon regret que le votre {#})... Déjà que j'ai pleuré en finissant I Want to Save you (si si, je vous le jure, quand j'ai écris les derniers mots sur works, ça m'a foutu les boules), donc finir Justinien, ça va m'achever jusqu'à ce que je commence NES. Mais bon, justement il y a NES, et je pourrais encore parler des personnages ici présents ! C'est juste que, voilà, cette fiction, je l'ai commencé quand j'allais mal psychologiquement et la terminer, c'est comme tourner véritablement une page que je crois avoir déjà tournée. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que j'ai du mal à devoir finir ainsi l'histoire. Mais bon, passons. En ce moment non plus je n'ai pas la grande forme et je suis très très illogique, je me contredis beaucoup, donc pardonnez les plausibles incohérences du chapitre, il faut absolument que je me ressource.

 

 

Désarmement. Malédiction. Etroitesse. Corruption. Jalousie. Possession.
Il n’y aura jamais autant de mots pour parler du malheur que d’émotions pour le ressentir. Une phrase sans doute usité à chaque fois que ce morceau de vie intervient dans celle-ci pour s‘enraciner, le venin à l‘aguets et le poison en activité. Et c’est dans cet arbre de colère qu’il y a aussi cette violence intérieur de savoir qu’une personne est peut-être perdue, morte, achevée, et elle est si vive, si aigue qu‘elle arracherait des cris pour chaque injections qu‘elle produit à l‘être humain qui doit la supporter. C’est un jeu bien cruel que de faire face à une plausible vérité. Devoir affronter chaque matin son reflet dans le miroir en sachant que l’on a côtoyer la mort, peut-être pas nous directement, mais elle se trouvait tout de même près, les bras tendue vers un frère, un ami, un amant. Et le plus dur dans cette vision anatomiquement inexistante, c’est la froideur qui se ressent même en croyant que le désespoir est vain. Combien de fois des gens ont hurlé sur d’autres en leur ordonnant de ne pas penser au pire et que lorsque pire, il y avait, ils se sont débattus, jetés avec douleur dans le précipice de la perte, ne sachant pas quoi dire, ou quoi faire, simplement admettre des : « ça aurait pu être moi, ça aurait pu », mais n'avoir aucune autres actions que celle d'assister.

C’est royalement stupide. Affronter des larmes inépuisables lorsque nos yeux en exprime le sentiment de fatigue, devoir supporter son corps en se disant qu’il ne sera pas toujours chaud. Les rapports charnels s’amenuisent lorsque l’on prend conscience de cela, parce que quelque part on se dit : « et si l’autre aussi, il devenait de glace, qui aurait la chaleur de l’un ? » C’est exacerbant et effrayant. D’un seul coup, on se rend compte qu’avoir froid, ça ne signifie rien en fait, qu’un bruissement d’air ne pourra jamais abattre la violence d’une vie tranchée. On meurt tous un jours paraît-il et on fini tous par être effrayés de se savoir cadavre dans l‘avenir, alors pourquoi les gens en parlent-ils avec tant de naturel ? Pourquoi si la mort est si dérangeante, on se bâti cet ennui constant de l’existence ? Cherchant à atteindre des buts vides de liberté ? Voulant plonger corps et âmes dans une cause dont on ne saura jamais si elle se fini bien ou non tant elle s’allonge dans le temps ? Et puis, pourquoi avoir créer l’heure aussi ? Pourquoi la connaître sans cesse ? De toute façon, c’est stupide puisqu’on est impuissant face à cela. Un jour, l’espoir s’éteindra dans ce qui était auparavant la lueur de deux yeux chargés d’émotions. Mais comment savoir si ce sont ceux du condamné à la réalité ou ceux du morts ? Aucunes réponses. Et le cercle vicieux de la vie continue.

Quoiqu’il en soit, si aujourd’hui, un frère, un ami et un amant se tiennent debout, comme trois arbres plantés amèrement dans le sol et incapable de se déplacer. Ce n’est pas pour prendre conscience d’une mort soudaine, non, dans c’est cas là, la première réaction est au sol. Non, s’ils restent droits comme sonnés par la vie, c’est qu’on leur a rendu un espoir plus humain et moins mortel. Parce que oui. Comment Justinien aurait-il pu mourir ? Abandonnant son frère, son ami, son amant. Impossible.

_ Vous… Vous êtes sûr Docteur ? Il va bien ? Demanda Marien, les bras croisés sans aucunes animations autre que celle de ses lèvres.

_ Il est sauvé et réveillé et il nous a fait une sacré peur… Pour le moment il se repose, mais si vous souhaiter le voir quelques minutes… répondit le médecin sur un ton suffisamment objectif pour convaincre son interlocuteur que les choses se sont améliorées et que les dernières heures passées sont enfin... passées, une personne peut venir avec vous si vous le désirez, reprit-il avec un furtif sourire.

Marien, toujours aussi stoïque, ne sachant pas s’il devait pleurer, hurler, ou courir vers la chambre où se reposait Justinien, se retourna sur le petit groupe de personnes qu’ils étaient devenus et fixa intensivement Chase. Celui-ci, au bord des larmes, et serrant le plus fort possible Lénaïg, qui avait l’air déjà soulagée de la situation, ne comprit pas immédiatement ce que voulait le jeune homme.

_ Chase, tu veux venir ? C’est… Tes son meilleur ami et, je pense qu’il serait heureux que tu viennes avec moi pour le voir…

Le jeune brun, dévisagea le frère de son ami durant quelques secondes avant de répondre, sur un ton qui se voulait audible mais qui paraissait plutôt léger :

_ Je pense que - et je m’en excuse tout de suite - que Fredric mérite plus sa place dans cette chambre que moi.

A l’entente de son prénom, le grand brun qui restait à l’écart des échanges verbaux qui se faisaient, releva brusquement la tête vers Marien. Ce dernier, bloqué dans son orgueil préféra geler son regard et le planter dans celui de Chase, pour finalement dire :

_ Tu ne veux pas venir, c’est dommage… J’y vais seul dans ce cas…

Et il s’avança d’un pas ferme vers la chambre de son frère sans daigner poser un regard sur Fredric, qui, encore plus gêné qu’au début de la journée, se détourna d’eux tous, se dirigeant vers la sortie de l’hôpital. De toute façon, Justinien était sauvé, et c’était la seule chose qui comptait. Il attendrait pour le revoir, il attendrait aussi longtemps que possible, des heures, des jours, des mois ou des années. Mais s’il était certain d’une chose, c’était bien que son cœur s’était accroché à celui du jeune châtain et qu’il n’avait aucune envie d’en perdre la place.

_ Fredric ! S’écria Chase, en le voyant partir.

_ Non, Chase, s’il te plaît… Je ne peux pas rester, alors, avant que je me sente encore plus faible que maintenant, je vais sortir dehors et attendre… Attendre je ne sais pas quoi, mais c’est la seule chose que j’ai à faire. Donc laisses tomber, ne dis rien… Je vais attendre, c'est tout.

_ T’éloignes pas, c’est tout ce que je voulais te dire… Si Justinien te demande…

_ Il ne me demandera pas, alors… soupira Fredric sans parvenir à trouver un seul mot qui conclurait sa phrase avec décence et logique.

Et il se détourna immédiatement d’eux tous, mimant quelques gestes accablés avec ses mains et les fixant en ensemble une dernière fois sans pour autant voir qui que se soit sous ses yeux. La seule personne qu’il visualisait dans son esprit était Justinien et il ne pouvait pas le voir maintenant. Alors bon, il allait simplement attendre un mouvement du destin.

 



A l’intérieur de la chambre d’hôpital, Marien s’était précipité assez vivement vers le lit de son frère. Au départ, il n’avait pas cru pouvoir réagir aussi vite, il s’imaginait plutôt comme dans ces films tragiques où les visiteurs s’approchent lentement de la source de leur inquiétude, mais non, la seule réaction avait été de s’approcher le plus vite possible de Justinien et de le voir respirer. Seulement respirer et le savoir en vie. Enfin.

Une infirmière était présente dans la pièce, veillant sans doute au maintient de la bonne santé du jeune homme, et c’est sous son regard approbateur que Marien osa approcher l’une de ses mains du visage de son frère, lui dégageant les quelques mèches rebelles qui l’empêchaient d’apercevoir ses yeux clos, se reposant pour avoir la puissance de s’ouvrir à nouveau.

_ Voulez-vous une chaise Monsieur ? Demanda l’infirmière, fixant de ses grands yeux marrons Marien.

_ Euh, oui, s’il vous plaît… répondit-il, encore sonné par toute cette histoire sans pour autant détourner son regard du visage de son frère.

Et quelques secondes plus tard, il se retrouva assis au côté du lit où dormait Justinien, attrapant la main de son frère pour la serrer de nouveau dans les siennes ; comme la veille au soir, à la différence que cette fois-ci, il n‘y avait pas de sang pour froisser la douceur de ce moment. Puis, en constatant la chaleur que dégageait cette main, Marien ne pu s’empêcher de se remettre à pleurer. Pour la première fois de sa vie, il avait conscience de l’être humain qui était devant lui. C’est vrai qu’il s’était souvent battu pour son frère et que parfois, c’était même lui qu’il avait battu, malheureusement, mais jamais il n’avait admit la réalité de cette vie qui était sous ses yeux et pour laquelle il se plierait en quatre s‘il le fallait. Ce soir, sous le choc émotionnel de cette dure péripétie, il comprenait enfin à quel point il aimait Justinien. Il était sa dernière famille, la dernière partie de chair qui lui restait pour le moment, et avoir été confronté à la plausible perte de ce jeune homme, c’était une catastrophe pour lui. Et dans ses larmes qu’il versait encore pour cet acte immonde qui avait eu lieu sous ses yeux, il ne pouvait s’empêcher de promettre la protection la plus puissante à Justinien. Et pour en être certain, lorsqu’il vit Sandra Blake apparaître sur le pas de la porte de chambre, il lui demanda de veiller sur son frère jusqu’à ce qu’il revienne.

_ Que vas-tu faire Marien ? Supposa-t-elle, déjà anéantie de sentir tant de douleur dans cet homme qu’elle regardait avec des yeux de mère plus que ceux d'une amie.

Et lui, pour ne pas se sentir étouffer sous cette apaisement qu’elle pouvait lui procurer, préféra ne pas la regarder pour lui répondre le plus rapidement possible en s’échappant de la pièce :

_ Je n’en ai pas pour longtemps… Surveillez-le, c’est tout ce que je vous demande…


A suivre pour la dernière fois... {#}

Bon, pour éviter que je tape un descriptif encore plus long de ce que je ressens (comme plus haut), je vais en venir directement à l'essentiel.

Voici la video d'introduction à Never-Ending Story. Comme c'est sur ce blog que j'ai présenté les sims de l'histoire, inutile de vous faire les repères ? ({#} j'pense en tout cas).

 

 

{#} En espèrant qu'elle vous ait plu !


Bises à tous et j'espère que vous passez de bonnes vacances à tous les autres !

 

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