Justinien - Sixième Chapitre (x'33)  posté le dimanche 24 février 2008 01:20

 

 
Je chavire dans une autre dimension, je ne sais plus ce qu’il se passe. Je vais finir par croire que quelqu’un d’autre habite mon corps tellement je perds la notion de mes actes en ce moment. Je suis paralysé intérieurement et pourtant, je sens mes gestes et mes mouvements.
Je n’ai pas peur de ce qu’il se passe, je n’ai simplement pas l’impression que je suis éveillé, lui, cet être que j’observe jusqu’à en vouloir ma propre punition corporelle, il est là, devant moi, ou plutôt, sur moi. Il m’a écrasé contre la pelouse et c’est assis sur mes cuisses, me fixant avec ses yeux bleus de toute sa hauteur. Il fronce les sourcils légèrement et sa voix me parvient de nouveau jusqu’aux oreilles.

_ C’est donc bien vrai, tu me désires, affirme-t-il sans même trouver cela bizarre.

_ Tu… tu aimes les hommes ? murmurais-je, la voix tremblotante et très peu assurée.

_ Justinien, à ton avis, si je t’ai posé la question pour me mettre ensuite dans cette position sur toi, un garçon, je suppose, dit-il en me mettant sans gêne une main sur mon entre-jambe, chose qui me fait soudainement avoir très chaud, est-ce que, d’après toi, il y a des chances pour que je n’aime pas les hommes ?

_ Très… très peu en… en effet…

Je sursaute, il approche son visage du miens, un regard malin sur les lèvres.

_ Pourquoi n’es-tu pas venu me voir simplement, au lieu de prendre des risques inconsidérés pour pouvoir m’approcher ?

Je tremble de tous mes membres, cette situation est à peine croyable. Lui, Fredric, LE Fredric sur lequel je fantasme depuis des mois… Il est assis sur moi, vers un endroit particulièrement sensible à sa présence, sa bouche à dix centimètres de la mienne, tellement que j’arrive à sentir l’odeur de son chewing-gum à la menthe qu’il mâche avec silence. Mon cœur bat à une vitesse sans limite, c’est d’ailleurs lui qui me le fait remarquer en posant sa main sur ma poitrine.

_ Calmes-toi, j’vais pas te faire un lemon, on n’est pas dans une fiction yaoi là.

D’où… d’où connait-il ces termes ? Ce n’est pas possible, je pensais être le seul dans cette ville à lire et maladroitement écrire ce genre d’histoire ! Lorsqu’il me parle de lemon, mes poils se dressent sur tout mon corps, j’ai tellement de fois lu ce style de scène que j’arrive à imaginer certains actes en nous faisant jouer, lui et moi. J’avale ma salive, j’ai même un peu de mal à la contenir tellement la situation est impressionnante.
Je vais me réveiller, j’en suis persuadé. Fredric n’est pas là, c’est cela, je suis encore allongé dans mon lit en train de penser à un moyen de rencontrer mon bel homme.
Soudainement, je le sens me pincer la joue et me donner une petite tape dessus.

_ Hey ! Dis un mot, sors de tes rêves !

_ Je dors, c’est ça ? Et je vais me réveiller demain matin dans mon lit et cette… cette… cette…

Je ne parviens pas à finir ma phrase, il se penche sur moi et je sens sa main me caresser tendrement le visage. Il me sourit avec gentillesse, il a un air angélique, c’est touchant.

_ Désolé de te décevoir, mais nous sommes bien dans la réalité, tu es bel et bien allonger dans l’herbe,  je suis bel et bien sur toi, tu es bel et bien en train de te sentir mal à l’aise et je suis bel et bien prêt à t’embrasser… en guise de remerciement pour hier, bien entendu.

Au moment même où il achève sa phrase, ses lèvres se posent délicatement sur les miennes. Je n’arrive plus à bouger, je ne sais plus comment on embrasse, j’ai perdu tout mes moyens. Je décide finalement de fermer les yeux et de profiter de ce qui m’arrive, seulement, je ne bouge pas, mes lèvres restent closes, ce qui ennuis profondément Fredric. Puis, soudainement, je les ouvre dans un cri à la suite d’un geste surprenant de sa part, je crois que mon abstention lui a fait prendre la décision de poser sa main sur mon entre-jambe, et je pense qu’il est parvenu à ce qu’il voulait, étant donné que maintenant, je sens sa langue rentrer dans ma bouche. C’est un baiser vraiment érotique, je n’en ai jamais eu des aussi… plaisants. Son massage dans le bas m’aide à me détacher totalement des lieux et de ce que nous vivons, je me concentre simplement sur nos lèvres, nos langues, son remerciement langoureux.
Puis tout se stop, il se redresse, me jette un regard malicieux, aussi malicieux que le mien, ce que je suis naturellement alors que lui, c’est une manière que je trouve perverse de me faire comprendre qu’il a apprécié notre baiser.
Sa main est toujours au même endroit, et elle réalise toujours les mêmes mouvements. Cette façon que Fredric a de me toucher, elle est meilleure que tous ce que j’ai déjà vécus. Oui, je connais déjà quelques plaisirs sexuels, tous ayant été partagés avec mon ex petit ami, un garçon que j’avais rencontré l’été dernier en vacances en Californie, son nom était Dimitri. Il a été mes premiers ébats amoureux avec une personne du même sexe. Je sais, cela est assez choquant pour quelqu’un de seize ans d’avoir déjà eu de nombreuses relations de cet ordre, mais c’est naturel après tout. De plus, nous sommes très avancés sur nos âges dans la famille.

Je ne sais même pas que je pense à tout cela en ce moment, c’est assez effrayant, je ne sens que les doigts de Fredric sur moi, en train de me toucher. Je n’ai même plus peur qu’un promeneur nous tombe dessus, quoique, à cette pensée, je regarde rapidement sur les côtés avec inquiétude.

_ Le parc est désert, il n’est même pas encore neuf heures et nous sommes en semaine, me rassure Fredric tout en baissant ma braguette.

Mon Dieu, il me la descend vraiment, c’est… Oh ! Mon Dieu ! C’est Fredric, mon Fredric, c’est insensé ! Je sens sa main s’introduire dans mon pantalon, je gémis, il a le bout des doigts froids. Il me malaxe prudemment, c’est une souffrance particulièrement troublante. J’ai envie de le forcer à accélérer.

_ Il faut bien que je te remercie à la hauteur de ton aide !

Puis, tout en joignant ses gestes à ses paroles, il sort soudainement mon sexe de mon boxer, il y a peu d’espace entre l’ouverture de mon jean et l’étroitement de mon boxer, mais, je ne sais pas par quelle prouesse il parvient tout de même à me le sortir presque entièrement, l’air froid de l’extérieur me faisant dresser n’importe quel poils de mon corps.
Il se courbe en avant, pour cacher cette ébat sexuel qui se livre dans un jardin public. Il m’embrasse de nouveau, je passe mes bras autour de son cou, je ne veux plus qu’il se redresse. Il me touche de plus en plus vite, mon cœur bat à la vitesse de ses caresses. Je me sens haleter, suer. Il m’embrasse avec pression sur mes lèvres. Ma pression monte. Je ne sens plus rien autour de nous. Et comme un crétin qui veut arrêter trop vite ce moment sexuellement attendrissant. J’explose dans un chant de voix.

C’était lui et moi, pour la première fois.
 
 
Image : Gravitation =3 (Tatoux tu te souviens ?)

 
 
 
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Justinien - Septième Chapitre  posté le dimanche 24 février 2008 19:09

 
 

 
 
Nous sommes restés une bonne partie du reste de la matinée à discuter assis dans la pelouse. Il n’avait pas cours ce matin, les profs de sciences s’étaient absentés, il était donc venu dans ce parc puis m’avait repéré de loin avec mon ordinateur portable. Ensuite, les événements qui se sont produit… je les trouve à peine croyables et pourtant, il avait fini par me faire comprendre que c’était la réalité, à l’entente de mes gémissements, je m’en suis rendu compte. Une légère complicité c’était installée suite à cela, seulement, il ne me parlait pas de ce geste qu’il avait eu envers moi, ce qui m’énervait beaucoup. Un baiser et une… cela méritait tout de même une petite discussion ! J’avais peur que ce ne soit vraiment qu’un remerciement de sa part et qu’il se fiche totalement de moi en réalité. Si c’était le cas, je trouverai son comportement décevant, il aurait joué avec mes émotions et mes sentiments. Après tout, je l’aimais bien plus qu’il n’y paraît et me satisfaire de la sorte était une déclaration à mes yeux.

_ Tu regrette Fredric ? demandais-je alors qu’il allait se lever pour rentrer chez lui se préparer.

_ Et toi Justinien, regrettes-tu ce qu’il s’est passé ?

_ Non, bien entendu ! m’écriais-je, alarmé par la question.

Comme si je pouvais cracher sur ce moment d’intimité que nous venions de vivre comme des exhibitionnistes… (Qu’est-ce que c’est paradoxal, tout de même).
Je le vois me sourire, je trouve cela vraiment affectueux, il est comme dans mes songes, une personne admirable.

_ Dans ce cas, je ne regrette pas non plus, me dit-il.

Je voudrais tellement poser ma tête sur son épaule et me blottir dans ses bras. Bercé au creux d’un univers qui deviendrait le miens. Il pourrait effacer mes chimères, me rendre plus sain d’esprit et arrêter toutes ces peines qui me dévorent de l’intérieur et qui font de moi un garçon sous tension. Il deviendrait encore plus fabuleux que maintenant, mon beau Fredric. C’est un conte à demi réaliste que je vis en ce moment.
Il se lève, je grimace, j’aurais voulu qu’il reste encore un peu. J’ai peur qu’il ne m’adresse plus la parole, qu’il m’écarte de lui au lycée. J’ai envie de m’accrocher à sa jambe pour l’empêcher de faire un pas loin de moi. Mais ma convenance me retient de le faire. Et puis, si Marien découvrait de l’herbe dû au frottement de mon corps sur la pelouse parce que je me serais laissé traîner comme un môme par Fredric, il piquerait une crise pour ne plus passer pour la boniche de la maison. Je resiste donc à la tentation de lui mordre un mollet.

_ Désolé de t’abandonner, mais grâce à toi, je ne suis pas renvoyé, donc il faut que je suive le cursus scolaire jusqu’au bout.

_ Quelle agréable perspective pour le reste de la journée.

_ Tu l’as dit, mais il faut bien que j’me dévoue pour m’imaginer un avenir.

_ Imaginer seulement ?

Il ne me répond pas et se contente simplement de me dévisager, on dirait que l’avenir lui fait peur autant qu’à moi. Les questions « du que vais-je devenir » le tracasse lui aussi apparemment. Nous sommes vraiment une génération de paumés qui ne supportent plus le train-train quotidien imposé par les élus. On désire tous notre part de liberté qui ne viendra sans doute jamais, du moins, si nous restons les bras croiser devant l’esclavagisme naissant.
Je vais laisser mes idéaux politiques où ils sont, dans le cul du patron supérieur, et me concentrer sur la mine dépitée que Fredric  me fait.

_ On… on se reverra ? demandais-je avec une peur de la réponse.

_ En principe, je ne masturbe pas les mecs pour les ignorer à la suite, surtout lorsqu’ils sont dans le même lycée que moi, donc, oui, on se reverra, et oui, je te parlerai.

Il a le don pour me rassurer sur toutes mes inquiétudes, c’est assez surprenant, ou alors a-t-il eu tellement d’expérience dans ce domaine qu’il sait comment réagissent les gamins comme moi. Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut pas que je m’angoisse, il n’a pas l’air d’être le sale type qui me lâchera après m’avoir touché.
Fredric quitte les lieux quelques secondes plus tard en me passant une main dans les cheveux. Cette caresse d’un au-revoir me donne envie de lui bondir dessus. Il est affamant, même si je ne suis pas certain que cette expression existe.

Je m’apprête à rentrer chez moi quelques minutes plus tard, je tiens à rédiger au propre ce qu’il s’est passé avant de me lever de cette pelouse qui me semble érotique. Cela ne dure pas longtemps, et j’ai encore du mal à noter les mots pour expliquer ce que j’ai vécu. Je suis toujours aussi remué par cette histoire. Et dire qu’une petite voix dans ma tête me disait que j’aurais un mal de chien à l’avoir, mon Fredric. La situation est assez surprenante, je dois dire.
Il m’a embrassé, il m’a touché sans crainte alors qu’il ne me connaissait pas et j’ai prit mon pied dans un parc alors que je suis pudique. Une ouverture sexuelle comme je l’attendais, mon bel homme est parfait !

Une fois de retour chez moi, il est bientôt midi, Marien n’est pas encore rentré normalement, il vaudrait mieux d’ailleurs. Il m’a fortement déconseillé de sortir pendant mes journées d’exclusions. Il est pire qu’un parent sévère. Je passe la porte et j’ai le bonheur de la trouver vide, heureusement. Je soupire de soulagement et monte dans ma chambre déposer mes affaires. En ouvrant la porte, ma gaieté chute à une vitesse phénoménale. J’ai tout faux sur la ligne depuis que j’ai passé l’entrée de la maison, Marien est déjà ici et il m’attend là, assis sur ma chaise de bureau.
Il se lève dés qu’il me voit arriver, je me paralyse et me dit que c’est logique, j’ai été trop heureux pendant quelques heures pour qu’aucunes crasses ne me tombent sur la tête.

_ Justinien, dis-moi, hier, tu étais sourds ou tu as fait exprès de ne pas entendre ce que je t’ai dit ?

J’avale ma salive, il est (encore) sur les nerfs, c’est incroyablement étonnant.

_ Justinien ! me cri-t-il dessus.

_ Il est possible que j’ai omit de t’écouter dans la soirée… Et que je sois sorti à l’insu de mon plein gré faire un petit tour strictement professionnel.

Ma répartie est agaçante, je le sais parfaitement, mais c’est plus fort que moi. Je parle toujours ainsi face à mes ennemis, je tente par tous les moyens de leur prouver ma supériorité verbale. Avec Marien, c’est peine perdue malheureusement, il est largement plus doué que moi à ce niveau là. Il me dévisage, mes mots ne lui plaisent pas, c’est dommage, je les aime bien malgré tout.

_ Strictement professionnel… murmure-t-il d’une manière blasé, il descend soudainement son regard vers ma sacoche où se cache mon pc, Justinien, donnes-moi ton ordinateur.

_ QUOI ?!

Il emploie la mauvaise menace avec moi. Mon ordinateur… mon petit ordinateur, le dernier cadeau en date de mes parents, il est tombé sur la tête, jamais il ne s’approchera de ma pomme du jardin d’Eden ! Je préfèrerai crever plutôt qu’il me le prenne !

_ Donnes-le moi immédiatement !!

_ NON ! hurlais-je comme s’il s’attaquait à ma propre vie.

_ JUSTINIEN !!

Il s’approche de moi et tente de s’en emparer, je recule pour qu’il ne le touche pas. La colère s’empare de moi, je ne veux pas qu’il s’approche de mon ordinateur, c’est la seule chose qui m’aide à exister hormis Fredric. S’il pose un doigt sur cette sacoche, je risquerai de…
Il m’attrape par le bras et essai de me le prendre, je me débats. Il est fort, et pourtant, je le sens affreusement épuisé, mais sa façon de tirer sur la sacoche pour me la prendre me met hors de moi, j’explose :

_ VA TE FAIRE FOUTRE !!

Mon hurlement est violent, aussi violent que le coup de pied que je lui envoie dans le genou. Je sais qu’il est fragile à cet endroit là, il se l’est éclaté lorsqu’il était adolescent pendant une course de vélo avec mon père. Il s’effondre au sol de douleur, j’y suis allé un peu fort, mais c’était à ma vie qu’il s’attaquait cette fois-ci.
En voyant ma connerie, je détale en courant loin de lui. Loin de la maison. J’ai trop peur de sa réaction désormais. Je viens de le blesser d’une manière vicieuse étant donné que je connaissais sa faiblesse. Il va me tuer si je reste ici. Je l’entends hurler mon prénom, j’ai l’impression qu’il se sent retourner par la situation, qu’il est malade. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à pas vouloir s’approcher de mon ordinateur, ma petite âme transportable.
Je fuis donc dans une colère noire.
 
Image : Angel Sanctuary (nan sérieux?
vous allez finir par savoir que j'aime les mangas de Kaori Yuki).
 
Que va-t-il se passer pour Justinien ?
La suite au prochain épisode.
 
 
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Justinien - Huitième Chapitre  posté le mercredi 27 février 2008 14:13


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Hurt - Christina Aguilera
 

 

 
Je cours, aussi vite que mon corps m’ordonne de le faire. J’ai la haine qui ressort, je deviens comme lui, un être conditionné dans la douleur. C’est tout un programme de fuir, toute une sensation maudite qui fait qu’on n’y croit pas, on s’envole avec nos jambes, on poursuit un chemin sans se soucier de la destination.

Je l’ai blessé. Mon frère.

Mon cœur me bat de l’intérieur, c’est peut-être Marien qui s’y loge. C’est sans doute ça d’ailleurs, il bouge à l’intérieur et me fait comprendre que j’ai mal agit. Mais je suis tellement en colère, tellement écœuré que je n’arrive même plus à m’apitoyer sur lui. C’est laid. Je lui ressemble.

J’arrive en dix minutes de courses acharnées devant chez Chase, je prie pour qu’il soit là, il faut qu’il soit là. Mon âme se détériore, j’ai envie de vomir, m’éclater au sol et m’endormir… La nuit serait comme une douceur mélancolique que je verrais en plein jour. Et je partirai. Je suivrai mon âme et abandonnerai mon enveloppe. Cette vision est si plaisante. Il faut que Chase soit là, j’ai peur de ce que je vais faire, j’ai peur de tout. De mon propre frère aussi. J’ai besoin d’être éclairé.

Une voix fluette intervient dans mon débat sombre pour m’attirer sur terre.

_ Chase n’est pas là… il ne rentrera que ce soir…

Je me retourne sur la personne qui vient de me parler, je dois avoir l’air ridicule, essoufflé comme un perdu, et aussi rouge qu’une tomate flasque. C’est l’un des petits frères de Chase qui vient de me réceptionner, Ange, le suivant après mon ami. Il a environ douze ans et demi, il ne ressemble pas beaucoup à Chase, il a une peau un peu plus foncée que lui et un corps qui semble un peu plus athlétique. Ses cheveux sont châtains clairs, presque roux, et il possède de grands yeux verts. Il est mignon à voir, et d’après ce que je sais, il fait craquer toutes les petites minettes du collège. Je souri furtivement en le voyant, il a l’air gêné de me voir, il est extrêmement réservé tout comme ses frères.

_ Oh ? Vraiment ? dis-je l’air dramatique.

Dans le fond, c’est comme si Chase venait de m’abandonner à mon sort, alors que je le sentais comme mon seul et véritable ami. J’ai envie de repartir le plus vite possible pour aller je ne sais où, mais le regard inquiet d’Ange me dit de lui donner quelques explications.

_ Ange… Tu pourras dire à Chase que je suis venu ? Dis-lui simplement que j’ai eu un souci et que j’ai besoin de lui…

En m’entendant dire ses mots, je sens ma gorge se nouer. Je m’exprime très mal, sans articulations, je n’arrive pas à prononcer l’expression « besoin d’aide »… Je n’en ai jamais eu besoin, ou du moins, je n’ai jamais voulu de ses mains qui se tendaient devant moi. Mais celle de Chase, par je ne sais quel moyen, elle a réussi à ne pas se refermer devant mon ignorance.

Ange n’a même pas le temps de répliquer que je fonce immédiatement, un gosse de douze ans n’a pas besoin de savoir ce qu’il se passe dans ma vie. Et je refuse d’aller mal devant lui.

Je ne sais pas où aller, je ne tiens pas à revoir Fredric dans cet état. Je ne l’ai vu qu’une fois et c’était ce matin, lui tomber dessus de cette manière, se serait dire adieu à toute possibilités d’amour à ses côtés. Et puis, je l’ai attendu tellement longtemps que je peux me permettre de le faire attendre en retour.

Je recours aussi vite que précédemment, décidemment, je me suis prit dans une sacré galère. Mes pieds ne savent pas où aller, j’ai la terre qui s’écroule derrière moi à mon passage. J’en suis sûr. Le monde m’accueille en noir et blanc, je ne fais plus la distinction entre le Bien et le Mal, c’est ignoble. Dés que le blanc est devant moi, il se teint de gris à mon approche. Il a peur que je le salisse. Je me sens dégoûtant et laid. Je me sens seul et détérioré.

Puis, c’est là que je me rends compte de là où je suis.

Je suis arrivé, sans en avoir prit conscience à l’endroit auquel je pensais souvent sans oser y aller : Le cimetière où mes parents se reposent…

Mon cœur s’arrête lorsque je repère les lieux. Et comme pour m’accompagner dans mon drame, la pluie commence à tomber. Et là, je pleure. Oui, je pleure car cette pluie me donne l’impression que mes parents sont effondrés d’en haut, qu’ils sont malheureux pour Marien et moi, pour notre douleur commune qui nous sépare par un iceberg qui semble bien plus grand en profondeur que d’apparence. Ils pleurent sans doute pour tout le mal que nous nous faisons. Et je pleure avec eux, sentant la pluie comme leurs larmes s’écouler sur mon corps qui s’effondre lorsque j’arrive devant leurs tombes. Ils sont là, six pieds sous moi. Là et tellement loin.

Je suis complètement trempé et je me surprends à me blottir contre la roche glaciale qui fait mine de ressembler à ma mère. Je voudrais tellement qu’elle soit là. Je voudrais tellement les avoirs près de moi, sentir leurs douceurs. Il y a un an, à ce moment-ci, j’étais sans doute dans ma chambre, en train de m’imaginer un avenir… Sans me soucier que je serai un jour en train de mourir de détresse parce que mes parent sont partis sans que je profite d’eux autant que je l’aurais voulu. Je regrette ces jours où je me sentais seul alors qu’ils étaient en bas, en train de faire tout et n’importe quoi en s’inquiétant surement pour l’adolescent qui déprimait dans sa chambre comme un idiot. Comme un idiot…


Je ne sais pas combien de temps je suis resté ici, à m’assécher sous la pluie comme un être véritablement seul. Une chose est sûr, c’est que l’après-midi est déjà bien entamée, les voitures s’activent à leur quotidien de l’autre côté du mur, pendant que moi, je reste immobile contre la tombe de ma mère. M’imaginant que c’est elle et que mon père est assis à ses côtés, nous surveillant tout les deux, veillant à ce que je reparte l’esprit sain et avec toute l’affection qu’ils sont capables de me transmettre. Je sens leur force me dire « tu verras, un jour, tu souriras en pensant à nous », et comme un idiot, mes lèvres se desserrent et viennent former un sourire sur mon visage, un sourire que se mêle avec mes plaintes et mes soubresauts. Je suis en sanglots et atteint de la détresse humaine sans aucun repos psychologique dans les environs. Tout est dérisoire mis à part eux, je les aime.

La pluie cesse enfin, je reste malgré tout écroulé contre les deux tombes qui me semblent bien plus chaudes que l’air environnant. Quelques minutes, je me décide à repartir de là, totalement mouillé comme un chien battu et rejeté. Je me lève péniblement et salue avec douleur une dernière fois mes parents avant de repartir vers une autre partie de la journée… Celle où je vais devoir affronter mon frère.
 
 
Image: Angel Sanctuary 

 
 
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Justinien - Neuvième Chapitre  posté le mercredi 27 février 2008 18:48

 
Because of you - Kelly Clarkson 
(si vous la trouvez quelques part, ecoutez là, elle est indispensable. Mais, Radioblog n'est plus là, Deezer est hors service et JV a refusé l'upload T_T...) 
 
 

 
Je suis toujours perdu dans mon corps. J’avance lentement, mon engouement pour partir n’est pas le même que pour rentrer. Et pourtant, cette après-midi passé avec mes parents me dit qu’il faut que je retrouve Marien. Après tout, il est mon unique famille.
Je parcours plus d’un kilomètre avant d’arriver dans la rue qui me ramène chez moi, j’appréhende nos retrouvailles, il doit me haïr à l’heure qu’il est, à moins qu’il ne me hait déjà depuis longtemps, chose que j’ai toujours redouté au fond de moi. Mais je crois bien que c’est le cas, et les choses se sont aggravées avec le décès de nos parents. Pourtant, cela n’excuse pas le fait qu’il n’ait jamais versé une larme après leur mort, comme si de rien n’était. Comme s’il s’en fichait entièrement. A cette pensée, j’ai envie de le détester en retour, de ne pas être tendre avec lui et de me battre s’il le faut pour qu’il sorte de ma vie.
A peine ais-je imaginé cette idée que la pluie se remet à tomber. Décidemment, ce sont vraiment mes parents qui la contrôlent, c’est leur peine qui me mouille le visage. J’ai mal.
J’arrive devant la maison une minute plus tard, le salon est allumé. Marien est là.

J’entre l’air vide, complètement détruit par ma vie, par cette pression qu’il me force à endurer. Dés que je pose un pied dans l’entrée, je le vois là, devant moi, il est furieux, horriblement furieux. Il a envie de se jeter sur moi, et de me retirer mes organes vitaux un à un jusqu’à ce que je sombre dans la mort. Il me hait. Il plisse les yeux en m’apercevant, je redresse la tête et lui envoie mon regard le plus noir. Je le hais.
J’aurais voulu fuir dans ma chambre, mais mon instinct combattif m’ordonne de lui faire face, quoi qu’il arrive. Il faut que je réduise à néant cet être et qu’il endure à son tour les souffrances qu’il m’a enfoncé dans le corps et le cœur.
Il n’avance pas, ne dit rien, il se contente de laisser son visage se déformer sous la colère. Il est ridicule. Après plusieurs longues secondes, il ouvre enfin la bouche pour me dire sur un ton froid :

_ Où étais-tu ?

_ En quoi ça te regardes ? Depuis quand tu t’intéresses à ma vie et à ce que je fais ? répliquais-je sur un ton aussi sec que le siens.

_ C’est moi qui pose les questions et toi qui répond !

Je ricane méchamment, je le nargue comme pas permis. Il commence à être vraiment nerveux, la situation me fait rire, et après toutes ses larmes, cela soulage… ou enfonce. Tout dépend si on aime l’humour noir ou le pittoresque. Et comme je suis compliqué, c’est simplement ma folie intérieure qui lui rit au nez.

_ Justinien où étais-tu ?!

Il m’énerve maintenant. Je reste debout, silencieux, les bras croisés. Je ne suis pas ouvert à ses mots.

_ OU ETAIS-TU BORDEL DE MERDE ?!!

Il a hurlé tellement fort que mes tympans ont vibré de l’intérieur. J’ai envie de courir sur lui et de lui donner des coups violents tout en pleurant de haine. Il me donne envie de me défouler. Défouler cinq mois de misère mentale et physique. Si seulement j’avais la force de me venger de tout cela. Si seulement. Mais à la place, comme à l’ordinaire, je déclare ma colère verbalement et je cri ouvertement :

_ J’étais au cimetière Marien ! Tu sais cet endroit où nos parents sont enterrés !! C’est gens que tu as EFFACE de ta mémoire depuis qu’ils nous… m’ont quitté et qu’ils t’ont obligé à endosser le rôle de grand frère responsable !!

Sur ces mots je fonce tout droit dans ma chambre en montant quatre à quatre les marches. Il est resté planté en bas, vaincu, l’air perturbé. Une fois dans ma chambre, je claque la porte violemment, si je n’avais pas déjà pleuré toute la journée, je me serai de nouveau étendu au sol pour verser une pluie inconsolable. Mais cette fois-ci, je suis perdu entre la colère noire et le bonheur de lui avoir fait fermer son clapet.
Deux minutes plus tard, mon idée d’être un gagnant s’évapore subitement, je l’entends monter les marches et venir vers ma porte le plus vite possible.

_ Justinien, ouvres-moi… me dit-il en toquant.

Je ne réponds pas.

_ Justinien ! Je t’en supplie ! Ouvres-moi !!

_ Dégages Marien, je n’ai pas envie de te voir !

_ Ouvres !! hurle-t-il en tapant de toutes ses forces dans la porte. Ouvres Justinien !! Pitié !! Ouvres-moi cette porte, continu-t-il en claquant et frappant ma porte de chambre avec colère ou bien…

Je m’apprêtais à lui ordonner de disparaître quand sa voix me parvient aux oreilles. Se pourrait-il que… Non. C’est insensé. Je me dirige finalement vers la porte en tremblant, toute cette émotion de haine, j’ai l’impression qu’elle tombe peu à peu. J’ai des remords. Je ne sais plus quoi faire.
En ouvrant à mon frère, je m’attendais à me faire massacrer, qu’il me tue sur place. Me frappe. Fasse tout ce qu’il a l’habitude de faire, or, sa réaction, je ne l’avais pas planifié dans son comportement. Il me bondit dessus, je m’écroule sous son poids et nous chutons tout les deux au sol. Comme c’est ironique, en principe, je suis le seul à tomber au plus bas. Or là, je préfère laisser mon sarcasme et toutes mes répliques ailleurs. Marien est en train de pleurer.
Oui, il est effondré sur mon épaule et sanglote de douleur. On se berce d’avant en arrière, un tic de famille lorsque les peines se font fortes. Un tic que je n’aurais jamais imaginé chez Marien. Jamais. Et là, il commence à me parler, d’une voix à peine compréhensible tellement il évacue ses larmes.

_ Justinien… Pardonnes-moi, je t’en supplie… Pardonnes-moi… Je… J’étais jaloux de toi. Merde. Je… Je te haïssais parce que… Parce que tu les avais vu avant leur mort, parce qu’ils t’aimaient et que tu étais proche d’eux. Je… Je n’ai pas eu la chance que tu as eue… Moi, je… je ne les avais pas vu depuis plus de sept mois… et toi… toi… Tu vivais avec eux, tu as pu savoir comment ils étaient le jour où… où… où… et puis moi, j’m’étais disputé avec maman peu de temps auparavant, je ne voulais pas appeler, j’attendais qu’elle… qu’elle s’écrase devant moi… Et puis… et puis… Oh Mon Dieu… ils… ils… ils…

Pendant qu’il parlait, je n’ai pas pu m’en empêcher. Encore une fois, mes yeux se sont remplis de larmes et j’ai pleuré avec Marien. Sa douleur était tellement palpable, il était traumatisé. Il n’avait pas comprit, il n’a jamais rien comprit depuis cinq mois. Une situation sous laquelle je vivais et sur laquelle il n’avait aucune maîtrise. Il ne s’en rendait pas compte :

_ Ils sont morts Marien… Ils sont morts… lui murmurais-je suffisamment fort pour que les mots parviennent à son âme.

Il a redoublé ses sanglots au moment où j’ai prononcé ces paroles. Il souffrait affreusement. Je sentais ses yeux se vider dans mon cou, et je lui caresser les cheveux dans l’espoir de le calmer. Calmer ce frère pour qui je dégageais un immense respect désormais. Pourquoi maintenant, pourquoi comme cela ? Je n’en sais rien. Mais le voir ainsi, le voir comme je me voyais chaque jour, c’était inexplicable.

Nous sommes restés ainsi aussi longtemps qu’il aura fallu pour le rassurer. Marien n’avait jamais comprit que nos parents étaient morts il y a cinq mois. Pour lui, c’était un cauchemar qu’il vivait au quotidien, mais en aucun cas ce n’était réel. Il se croyait responsable, il pensait que maman était partie à cause de leur dispute et que papa l’avait suivit comme à l’ordinaire. Il pensait aussi qu’ils m’avaient abandonné à lui parce qu’ils ne m’aimaient plus comme il s’était senti désaimé par eux.
J’ai dû lui expliquer la réalité, moi, son petit frère, j’ai dû lui dire les mots que maman avait prononcé après cette dispute violente au téléphone, j’ai dû lui montrer l’amour…

Ce n’est rien, c’est mon fils, j’ai confiance et je l’aime, c’est tout ce qui compte. Rassure ton frère si jamais il t’appelle Justinien, d’accord ?


Image : Angel Sanctuary
 
 
Putain, le chapitre que j'attendais d'écrire depuis longtemps..
Pfiouu... c'était dur de taper les mots, j'avais la vue brouillé.
Pauvre Marien...
 
 
A la prochaine suite <'3 
 
 
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Justinien - Dixième Chapitre - 1er partie  posté le vendredi 29 février 2008 18:36

 

 

Je sais tout désormais.

Après ce long moment de larmes, de compréhension sur nos vies abimées. Nous sommes allés dans le salon pour discuter, Marien voulait tout me dire, m’expliquer les raisons de sa personnalité aux facettes meurtries. Je n’ai jamais prit conscience de choses aussi cruelles, mes parents ont du souffrir de voir leur premier enfant vivre dans choses aussi insurmontable.

Je me souviens d’un jour particulier où je voulais absolument ennuyer mon frère, comme n’importe quel enfant de huit ans. Je m’étais précipité dans sa chambre d’adolescent en criant et en sautant sur son lit, lui qui était d’humeur froide, il s’est rapidement énervé, il a commencé à me hurler dessus. Alerter par les cris de mon frère et ceux que je poussais par peur, notre mère est arrivée en courant dans la chambre de Marien. Il était tellement furieux qu’il m’avait fait une horrible menace physique, il m’avait soulevé par le col de mon t-shirt et m’avait penché en avant par la fenêtre, les trois quarts de mon corps dans le vide. Je ne touchais même plus le sol avec mes pieds, ceux-ci battaient l’air dans l’espoir de toucher quelque chose de solide autre que mon aîné. L’unique élément qui pouvait m’empêcher de tomber et m’écraser, c’était le bon-vouloir de Marien. Je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Lorsque notre mère a vu ça, elle s’est précipitée vers mon frère pour qu’il me relâche. Il m’a jeté avec force sur le sol de sa chambre, la colère lui déchirant le regard.
Notre mère lui a hurlé dessus, elle lui disait qu’il était complètement fou, qu’il n’avait pas le droit de me faire ça. Que c’était mal. Je n’ai pas vu la scène plus longtemps, je suis parti en courant de sa chambre, secoué de sanglots. Au départ, j’avais simplement voulu jouer avec Marien, et voila qu’il avait eu une autre de ses crises que je ne comprenais pas, et cela c’était produit sur moi.

Quelques jours plus tard, j’étais toujours remué par ce qui était arrivé, et je prenais étrangement en considération le fait que mon frère avait de très gros problèmes personnels. C’était ce que nos parents m’avaient expliqué quand je fus en âge de me dire que la violence de Marien n’était pas normale.
C’est donc sur ces pensées que je suis allé voir mon père, il était dans le salon en train de regarder un film d’action. Je me suis assis en tailleur sur le canapé en lui faisant face, et rapidement, il m’a demandé ce que je pouvais bien faire là. Quand je revois les images dans ma tête, je me rends compte qu’il était affreusement jeune… à vrai dire, il n’avait que trente-trois ans. En effet, lui et ma mère n’avaient que dix-sept ans lorsqu’ils ont eu Marien. Je lui ai répondu que je voulais savoir ce qu’avait mon frère pour être aussi méchant.

_ Marien n’est pas méchant Justinien, il a simplement de graves problèmes psychologiques.

_ Mais c’est quoi ? demandais-je en couinant à ma manière enfantine.

_ Je ne peux pas t’expliquer ce qu’il a… Il faut seulement que tu saches qu’il a vécu des choses vraiment terrifiantes lorsqu’il était tout jeune… Tu les sauras le jour où il voudra t’en parler, s’il peut, bien entendu, mais pour le moment, je t’interdits de chercher à savoir ce qu’il a eu.

_ Mais pourquoi ? soupirais-je.

_ Ce sont des choses qui ne te concernent pas, tu es trop petit pour être mêlé à ça. De plus, nous faisons tout pour aider ton frère à surmonter ses problèmes, et lui en parler le mettrait dans une fureur noire, crois-moi Justinien. Il n’a pas besoin qu’on lui rappelle tout ça.

Je me mis à bouder mon père, je voulais absolument savoir. J’étais curieux et insouciant.

_ Je te fais confiance Justinien, tu ne vas pas parler à ton frère, est-ce que c’est comprit ? Tu me le promets ?

_ Oui… affirmais-je sur mon ton de sale gosse vexé.

Et bien sûr, je n’ai pas respecté cette promesse. J’étais comme cela de nature, et le fait que mon père ne veuille vraiment pas que j’aille demander à Marien, cela avait amplifié mon envie de lui poser la question.
J’ai regretté durant de longues années ce moment de nos vies. Je n’avais jamais fait un mal pareil à Marien. C’est un souvenir extrêmement violent dans ma tête. Le jour où je lui ai demandé ce qu’il avait vécu pour être aussi méchant, je me souviens avoir traversé la porte de sa chambre et m’être écrasé au sol. Il m’avait poussé avec une force ignoble en me frappant de toutes ses forces. Mes parents étaient montés en haut dés qu’ils avaient entendus la porte se briser ainsi que l’éclat de nos voix.
Je saignais du nez, j’avais le corps complètement endoloris et je hurlais en pleurant, tellement mon frère me faisait peur. Je me souviens qu’au moment où il s’est jeté sur moi pour me donner de violent coup dans la tête, nos parents l’ont saisi par les bras pour le tirer en arrière, qu’il ne me tue pas. Il poussait des cris terrifiants, j’avais l’impression qu’on le torturait de l’intérieur. Je me sentais horriblement responsable.

_ COMMENT IL SAIT !! POURQUOI IL M’A DIT CA !!! POURQUOI ?!!

Ma mère le retenait fermement par les bras, elle pleurait en même temps et lui demandait de se calmer. Elle faisait tout pour adoucir la violence de mon frère, qu’il cesse de se tordre dans tout les sens et de se débattre avec hargne.
A l’instant où mes parents ont réussi à l’étendre par terre pour l’immobiliser, ma mère lui serrant le haut du corps pour le bercer alors qu’il tirait sur ses bras pour qu’elle le relâche. Il luttait. Mon père lui bloquait ses jambes. Il faisait une crise comme je ne l’avais jamais vu en faire. Et lorsque j’ai constaté le regard déçu et horrifié que mon père me lançait, je suis parti aussi vite que possible, hors de la vue de Marien. Lui qui se tordait, essayant de se recroqueviller et poussait des hurlements à en fendre l’âme. J’ai fuis, j’étais trop petit pour comprendre, mais je ne m’en étais pas rendu compte.

Quelques longues minutes plus tard, mon père m’a retrouvé, j’étais caché dans une vieille niche de chien derrière un arbre que nous avions dans le jardin. On l’avait aménagé pour moi, exprès pour que je me fasse une sorte de cabane comme beaucoup d’enfants aimaient leur jardin secret. Je m’étais blotti dans la couverture qui était resté dedans, avec mes dizaines de peluches et je pleurais. Beaucoup de sang s’était écoulé sur mes affaires, mon nez était gonflé et amoché. L’un de mes coudes aussi était sanglant. La porte que j’avais traversée m’avait meurtri douloureusement.
C’est donc ainsi que mon père m’a retrouvé. Il était entré à moitié dans la niche pour me parler. Je ne voulais plus rentrer, Marien me faisait affreusement peur, de plus, j’avais mal partout, je ne pouvais plus bouger. Au bout d’un moment, mon père s’est décidé à me tirer de là-dedans, il n’était pas très tendre, sans doute encore sous le choc de ce qu’il s’était passé, et moi, je me raccrochais à tout ce que mon petit corps me permettait de tenir. Lorsqu’il a fini de m’extraire totalement des lieux, il m’a soulevé par les aisselles pour me soigner dans la salle de bain, j’étais dans un état physique déplorable. Ma mère avait même étouffé une exclamation en me voyant ainsi. Ils étaient eux aussi mal en point, je ne sais pas comment ils ont calmé mon frère, mais ma mère avait un œil à moitié clos et entouré d’un rouge vif très scandaleux. Quant à mon père, je le sentais fatigué et en colère contre moi.

Je ne me souviens plus tellement de ce qu’il m’a dit lorsque nous étions dans la salle de bain, je suis sûr qu’il m’a crié dessus, mais j’étais tellement retourné que je me fichais de ça. Je ne pensais qu’à l’image de Marien en train de se tordre par terre uniquement parce que je lui avais demandé ce qu’il avait vécu.

Aujourd’hui, je sais tout, il m’a enfin expliqué les raisons de sa violence. Et je ne m’attendais pas à cela, il a grandi dans l’horreur, dans le mal-être et l’incompréhension. Il a souffert plus que la raison pourrait laisser entendre.

 

Image : Angel Sanc *se prend une enclume* Je sais, je radote.

 

J'ai divisé le chapitre en deux, il risque d'être mega long, rien que les souvenirs de Justinien ont prit trois pages, donc, si j'ajoute l'enfance de Marien, se serait monté au moins à sept-huit pages.
Je vous le mettrais peut-être dans la soirée, si j'ai le temps. Je dois tourner une maj d'Iwant, et puis JV m'exaspère avec tout ses bugs ignobles.. T_T (j'ai mis quinze minutes à me connecter sur mon compte..).

Apo, chui mega heureuse de te voir ici {#}
Merci beaucoup de lire ma fic *calin*
C'est Len' qui te l'as dit ? xD

 

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