Nouveau Chapitre de Justy que je me permet
d'illustrer de ce sublime témoignage que je conseille à
tous.

_ T'es dégueulasse
Justinien... soupira Marien, assis sur le canapé à
côté de moi, une part de pizza dans les mains.
_ Ba quoi, c'est naturel de roter, ça veut dire que la pizza
est bonne, me défendis-je.
_ Peut-être, mais c'est dégueulasse.
Il y a encore quelques temps, jamais je n'aurais osé agir de
cette manière. Bon, je m'étais senti obligé de le
faire, la boisson gazeuse s'était bloquée dans mon
estomac, j'avais donc horriblement besoin de faire sortir cette
énorme bulle d'air qui me tirait les entrailles.
Malheureusement pour moi, elle avait explosé près des
oreilles de Marien et il avait horreur de ça, d'où le
fait qu'il s'était mit à ronchonner comme un vieux
grand-père s'imaginant que c'était un affront
violent.
Je commençais à me moquer de lui en m'esclaffant de le
voir aussi énervé pour une simple broutille quand mon
téléphone portable vibra. En décrochant ma surprise
me fit presque recracher mon morceau de pizza à peine
ingurgité.
_ Comment t'as eu mon numéro toi ? demandais-je en me levant
et m'isolant dans la cuisine pour que Marien n'entende pas notre
conversation.
C'était Fredric, mon Fredric. Comment pouvait-il avoir mon
numéro de téléphone. Le fou, il voulait que je
m'étrangle avec du jambon ou quoi ?!
_ A ton avis Justinien ? De la même manière que j'ai eu
ton adresse, au lycée.
_ Ils ont mon numéro de portable ? m'étonnais-je.
_ Il semblerait, oui...
_ Pour quoi m'appelles-tu ? demandais-je pour cesser de ressembler
à un imbécile.
_ Pour savoir si tu étais libre ce soir pour aller au
cinéma avec ma soeur et accessoirement ton meilleur ami
qu'elle a pour... chose, dit-il avant de repousser une exclamation
sortie d'une personne proche de lui.
_ Tu sais très bien que j'peux pas sortir, sinon, mon
frère va m'arracher les yeux et me les faire bouffer, pire
encore, il pourrait m'arracher un truc bien plus précieux !
m'exclamais-je, alarmé.
_ Arrêtes de faire le con, tu dis simplement que j't'emmene
à la bibliothèque pour bosser encore un peu. Et tu
prétexte le fait qu'on s'est bien entendu et que c'est un
service que je te rend gratuitement.
_ Oh non Justinien, je ne baiserai pas avec toi, je suis là
pour satisfaire ton f... commençais-je à imiter avec une
voix aiguë pour l'agacer un peu.
_ Crétin ! Je t'attends devant le cinéma à 20h et
magne ton cul, sinon, même pas en rêve que j'te plote
encore une fois un jour.
Et c'est sur ces mots qu'il a raccroché, me laissant pour
unique choix de mentir à mon frère. Je doute que la
technique employer par Fredric ne marche mais sait-on jamais.
J'allais retourner dans le salon pour demander l'accord de Marien,
quand lui aussi se retrouva au téléphone. Je n'arrivais
pas très bien à entendre ce qu'il disait, il avait
dû aller s'isoler du côté des escaliers, tout comme
je l'avais fait précédemment dans la cuisine. Mais je
parvins à comprendre le mot "bibliothèque" et là, la
panique s'empara de moi. Je surgis comme si de rien n'était
dans la pièce, et partit me poser tranquillement sur le
canapé. Marien a rapidement raccroché et s'est
avancé vers moi comme s'il allait me bouffer les entrailles en
guise de dessert. J'étais à la limite de lui proposer de
la chantilly, quand tout à coup, il ouvrit la bouche et me dit
calmement :
_ Ton pote là, l'agréable Fredric m'a demandé que tu
viennes le rejoindre à la bibliothèque pour finir ce que
vous aviez commencé.
_ Vraiment ! dis-je de la manière la plus surprise
possible.
_ Oui, et tu sais quoi, j'ai l'impression que ce n'est pas la
bibliothèque qui est prévu.
_ Oh !
Je suis trop crédible, c'est à en couper le souffle. Je
m'étonne presque de moi-même ! Je vais finir acteur dans
un village de dix âmes si je continue dans cette voie là
!
_ Mais malgré tout, ma gentillesse a eu pitié de lui et
lui a dit que oui, tu pouvais sortir. Je ne sais pas lequel de vous
à manigancer ce truc depuis le début, mais j'ai
l'impression que j'me suis fait avoir depuis le jour où j'ai
demandé à ce qu'un terminal vienne te filer un coup de
main...
Je me relève, tout souriant de frustration et j'évite
soigneusement le regard glacial de Marien. Je sentais qu'il avait
envie de me déchiqueter la viande pour la mettre au
congélateur et en faire sa réserve de bouffes pour les
prochains mois.
Mais bon, je trouve son accord tellement touchant que je me
contente de lui sourire furtivement avant de disparaître me
changer rapidement. Après tout, je vais rejoindre ce que l'on
nomme un amant, et c'est le mien, alors, autant ne pas
paraître négligé, n'est-ce pas ?
Dix minutes plus tard, je descend vêtu d'une chemise
rayée à laquelle j'ai relevé le col, on m'a toujours
dit que cette tenue m'allait bien. J'ai aussi enfilé mon jean
le plus large, allez savoir pourquoi (bien que j'ai une petite
idée de cette vaste intuition qui m'a obligé à
mettre ce pantalon). Marien me regarde de haut en bas, j'ai
l'impression qu'il ne m'a jamais vu aussi beau de toute sa vie
c'est pourquoi il me dit, sans doute intrigué :
_ Il y a une fille dans l'histoire ou quoi ?
J'ai une horrible envie de rire. S'il savait le pauvre, que non, il
n'y a pas de fille mais un garçon. Un garçon qui me
plaît et pour qui je m'enflammerais toute la nuit si
c'était possible. D'ailleurs, je sens mes joues se colorer
à cette pensée, rien que d'imaginer Fredric nu devant
moi, j'ai des petits sursauts d'impatience. Marien remarque mon
malaise et mon rougissement. Je me giflerai de ma discrétion
qui est aux abonnés absents depuis ma naissance. C'est
crétin.
_ J'ai rien dit Justinien, fais ce que tu veux, enfin, fais tout
sauf le con, que j'te retrouve pas à la gendarmerie ou dans un
sale état, est-ce que c'est clair ? me dit-il l'air
sérieux avant de me bondir dessus pour fouiller mes
poches.
_ Hey ! T'es dingue ?!
Je me remercie intérieurement de ne pas avoir prit de capotes,
sinon, je suppose que Marien l'aurait vraiment mal prit et m'aurait
attaché à mon lit pour toute ma vie.
_ Dégages morveux, t'as rien de suspect sur toi à part
ton troisième bras.
J'étais à deux doigts de lui sauter dessus en riant avant
de me souvenir que ce n'était pas Chase mais mon frère.
Et bizarrement, un tel comportement ne se fait pas entre nous. On
plaisante, on se charrie, mais on ne se touche presque jamais, et
le prendre dans mes bras aurait paru un peu trop expressif pour
lui, après tout, c'est le roi des émotions glaciales. Je
lui souri malgré tout et sort enfin dehors pour partir à
la recherche de mon bel amour.
La nuit commence un peu à tomber, mais il fait toujours assez
clair pour se balader sans danger. De plus, je n'habite pas
tellement de loin du centre ville, chose qui facilite la tâche
(et qui pardonne mon temps passé dans la salle de bain). C'est
donc en moins d'un quart d'heure que je me retrouve devant le
cinéma. Il n'y a pas beaucoup de monde, c'est plutôt
agréable, ça change des soirées en week-end ou
durant les vacances où il y a toujours toute la population de
la ville qui se retrouve plein de sueurs en ces lieux
nauséabonds quand on est sensible de l'odorat. Je regarde
rapidement autour de moi au cas où il y aurait quelqu'un que
je connais quand tout à coup, je sens une chose s'écraser
dans mon dos en me faisant vaciller en avant : Chase se venge de
l'autre fois apparemment !
_ Alors comme ça, t'as réussi à te sauver ? me
demande-t-il en descendant de mon pauvre dos endoloris.
_ Quelqu'un m'a filé un coup de main pour sortir
légalement de la maison, répondis-je tout en voyant
Fredric et sa soeur arriver vers moi.
Je ne connais pas encore son nom, mais je dois avouer qu'elle ne
ressemble vraiment pas à mon Fredric. C'est assez perturbant.
Elle me souri puis me fait la bise, plutôt sympa, Chase a
dû lui dire de bonnes choses sur moi, bien qu'il n'y ait
qu'une personne qui ait le droit de me trouver bon. D'ailleurs,
quand on parle du loup, mon beau brun est face à moi, je suis
ravi. Mon coeur me pousserait à lui sauter dessus si nous
n'étions pas en lieu public, mais ma peur d'être
découvert me pousse à rester terre à terre
jusqu'à ce que lui...
A mon grand étonnement, il m'embrasse ouvertement devant le
cinéma. Et je ne parle pas des petits bisous que se font
certains discrètement, non, il n'y va pas de... de langue
morte ! Et dire que j'ai des mains pour le repousser, mais non,
elles restent paralysées le long de mon corps pendant que le
garçon de mes rêves fait de nous le sujet de toutes les
attentions. J'entends rapidement Chase toussoter, je doute qu'il
soit habituer à ce genre de spectacle. Puis tout
s'arrête, Fredric se détache de moi et pose ses deux bras
sur mes épaules en me faisant face, l'une de ses mains me
masse la nuque. Je suis dans un rêve surréaliste. Il est
horriblement attirant.
A côté, mon meilleur ami a prit sa petit amie dans ses
bras, lui non plus ne fait pas semblant avec elle. Ils sont
plutôt mignons ensemble, et je ne doute pas une seule seconde
que leur relation durera longtemps. Chase est tout à fait le
genre de garçon sincère et qui ne se lasse pas de celle
qu'il choisi. Tout en les observant, je colle mon front au menton
de Fredric, chose qui me rappelle que je suis plus petit que lui.
Malheur !
_ Au fait, on va voir quoi ? demandais-je, histoire de faire un peu
de discussion entre nous.
_ Léna avait opté pour un film gore, mais en tant
que....
_ En tant que son chieur de petit copain trouillard, on est
obligé de trouver autre chose en quelques minutes, acheva
Fredric.
J'explose de rire sans savoir pourquoi, ils me dévisagent
tous. Ils sont trop parfaits pour moi. Je n'ai pas eu d'amis depuis
tellement longtemps, et des aussi agréables, je trouve cela
trop beau pour l'orphelin maudit que je suis. Chase me souri, je
crois qu'il a comprit ce que je pensais, la fameuse Léna me
dévisage avec incompréhension, quand à Fredric ses
yeux bleus se plongent dans les miens au moment où je tourne
mon visage vers lui. Par bonheur, je m'empresse de me reserrer dans
ses bras. Et là, on se comporte comme n'importe quel couple
libre de mouvement, libre de penser, libre d'exister, on se berce
sans le savoir tout en se tenant les mains, j'ai mon nez qui
respire son cou et lui qui absorbe l'odeur de mes cheveux. Je nous
envie à moi tout seul. Chase et Léna se comportent de la
même manière à côté de nous, si j'avais eu
assez de courage pour aller au bout de mes émotions, j'aurais
pleuré de bonheur instantanément.
Je n'ai jamais resenti ça, même mon ex ne m'a jamais
autant apporté d'amour et de sincérité. Je ne me
suis jamais envolé aussi haut en restant sur terre. Je crois
que nous n'avons aucune idée de ce qu'est l'amour tant que
nous ne nous comportons pas comme n'importe quels morceaux de
moitié réunis ensemble pour la première fois sous
les regards envieux de ceux qui cherchent encore. J'ai envie de
leur hurler que je les aime, j'ai envie de fondre en larmes dans
les bras de Fredric, que rien ne puisse arrêter ce moment.
Rien. Je veux finir mon éternité en corps à corps
avec lui.
Nous sommes un peu comme cette photo de Doisneau. Amoureux simples,
le monde peut bien tourner, nous, et bien, nous sommes deux et il
n'existe plus rien qui puisse nous forcer à bouger et quitter
ce bonheur qui veut se multiplier à l'infini. Se multiplier
jusqu'à plus d'âme encore.
_ Beaucoup plus d'âme, mon amour, murmurais-je le plus
faiblement possible.
_ Tu dis Justy ?
_ Justy ? C'est quoi ce délire ? demandais-je, amusé
d'entendre un surnom pareil.
_ Hey, vous venez, on va chercher nos places de cinéma ?! cria
Chase à quelques mètres de nous avant de continuer son
chemin avec Léna jusqu'à l'entrée de complex.
_ Tu viens, me dit Fredric tout en m'attrapant par la main pour
rejoindre nos deux amis.
Il me tient la main. C'est si peu par rapport à ce que nous
avions déjà fait, mais tellement poignant lorsque l'on
est amoureux. Et puis, ces gens, si peu choqués de nous voir
en couple, ouvertement dans la rue. Ceux qui sont un peu
remués par cela détournent simplement les yeux et
préfèrent retourner vagabonder à leurs occupations.
C'est tellement fort. Notre image se reflète dans la porte qui
fait l'effet d'un miroir. Je nous trouve beaux, ainsi, nous tenant
par la main à travers une foule de personne, comme si nous
étions à milles lieux de tout. Comme si une bulle nous
protégé de toute invasion ennemies.
Alors que nous nous apprêtions à rejoindre Chase et
Léna, quelqu'un se stoppe droit devant nous, je n'ai pas le
temps de voir de qui il s'agit que cette personne déclare
directement à Fredric :
_ Alors c'était vrai ? Espèce de sale enflure !
Photographie de Doisneau, pour
bien
comprendre ce que ressentait Justinien.
Voilà !
Chapitre 18 terminé !
Je sais, je sais, je suis sadique de finir ainsi ! 
A votre avis, qui est-ce ?

Vous ne devinerez jamais !
Brefouille, je
vous ai mit une video bande-annonce du film Un Jour sur Terre, je
l'ai regardé hier matin, et très franchement, c'est une
merveille !
Et honnêtement, on a facilement les larmes aux yeux ! (bon, je
suis ultra sensible aussi, ça explique mon cas
).
Et puis, il y a une leçon très importante à retenir
en le regarder.
Bref, il faut que vous le regardiez au moins une fois !

Sur ce, je pars écrire la suite de Justy-chou !
qui c'est, sa soeur qui l'aiime, un ex qui l'aiem toujours et qui est jaloux, Mariien!?
Olala le suspense
T'as pas honte !!














