Justinien - Dix-Huitième Chapitre (Justinien) posté le samedi 12 avril 2008 12:58


Nouveau Chapitre de Justy que je me permet d'illustrer de ce sublime témoignage que je conseille à tous.

 

 

_ T'es dégueulasse Justinien... soupira Marien, assis sur le canapé à côté de moi, une part de pizza dans les mains.

_ Ba quoi, c'est naturel de roter, ça veut dire que la pizza est bonne, me défendis-je.

_ Peut-être, mais c'est dégueulasse.

Il y a encore quelques temps, jamais je n'aurais osé agir de cette manière. Bon, je m'étais senti obligé de le faire, la boisson gazeuse s'était bloquée dans mon estomac, j'avais donc horriblement besoin de faire sortir cette énorme bulle d'air qui me tirait les entrailles. Malheureusement pour moi, elle avait explosé près des oreilles de Marien et il avait horreur de ça, d'où le fait qu'il s'était mit à ronchonner comme un vieux grand-père s'imaginant que c'était un affront violent.
Je commençais à me moquer de lui en m'esclaffant de le voir aussi énervé pour une simple broutille quand mon téléphone portable vibra. En décrochant ma surprise me fit presque recracher mon morceau de pizza à peine ingurgité.

_ Comment t'as eu mon numéro toi ? demandais-je en me levant et m'isolant dans la cuisine pour que Marien n'entende pas notre conversation.

C'était Fredric, mon Fredric. Comment pouvait-il avoir mon numéro de téléphone. Le fou, il voulait que je m'étrangle avec du jambon ou quoi ?!

_ A ton avis Justinien ? De la même manière que j'ai eu ton adresse, au lycée.

_ Ils ont mon numéro de portable ? m'étonnais-je.

_ Il semblerait, oui...

_ Pour quoi m'appelles-tu ? demandais-je pour cesser de ressembler à un imbécile.

_ Pour savoir si tu étais libre ce soir pour aller au cinéma avec ma soeur et accessoirement ton meilleur ami qu'elle a pour... chose, dit-il avant de repousser une exclamation sortie d'une personne proche de lui.

_ Tu sais très bien que j'peux pas sortir, sinon, mon frère va m'arracher les yeux et me les faire bouffer, pire encore, il pourrait m'arracher un truc bien plus précieux ! m'exclamais-je, alarmé.

_ Arrêtes de faire le con, tu dis simplement que j't'emmene à la bibliothèque pour bosser encore un peu. Et tu prétexte le fait qu'on s'est bien entendu et que c'est un service que je te rend gratuitement.

_ Oh non Justinien, je ne baiserai pas avec toi, je suis là pour satisfaire ton f... commençais-je à imiter avec une voix aiguë pour l'agacer un peu.

_ Crétin ! Je t'attends devant le cinéma à 20h et magne ton cul, sinon, même pas en rêve que j'te plote encore une fois un jour.

Et c'est sur ces mots qu'il a raccroché, me laissant pour unique choix de mentir à mon frère. Je doute que la technique employer par Fredric ne marche mais sait-on jamais. J'allais retourner dans le salon pour demander l'accord de Marien, quand lui aussi se retrouva au téléphone. Je n'arrivais pas très bien à entendre ce qu'il disait, il avait dû aller s'isoler du côté des escaliers, tout comme je l'avais fait précédemment dans la cuisine. Mais je parvins à comprendre le mot "bibliothèque" et là, la panique s'empara de moi. Je surgis comme si de rien n'était dans la pièce, et partit me poser tranquillement sur le canapé. Marien a rapidement raccroché et s'est avancé vers moi comme s'il allait me bouffer les entrailles en guise de dessert. J'étais à la limite de lui proposer de la chantilly, quand tout à coup, il ouvrit la bouche et me dit calmement :

_ Ton pote là, l'agréable Fredric m'a demandé que tu viennes le rejoindre à la bibliothèque pour finir ce que vous aviez commencé.

_ Vraiment ! dis-je de la manière la plus surprise possible.

_ Oui, et tu sais quoi, j'ai l'impression que ce n'est pas la bibliothèque qui est prévu.

_ Oh !

Je suis trop crédible, c'est à en couper le souffle. Je m'étonne presque de moi-même ! Je vais finir acteur dans un village de dix âmes si je continue dans cette voie là !

_ Mais malgré tout, ma gentillesse a eu pitié de lui et lui a dit que oui, tu pouvais sortir. Je ne sais pas lequel de vous à manigancer ce truc depuis le début, mais j'ai l'impression que j'me suis fait avoir depuis le jour où j'ai demandé à ce qu'un terminal vienne te filer un coup de main...

Je me relève, tout souriant de frustration et j'évite soigneusement le regard glacial de Marien. Je sentais qu'il avait envie de me déchiqueter la viande pour la mettre au congélateur et en faire sa réserve de bouffes pour les prochains mois.
Mais bon, je trouve son accord tellement touchant que je me contente de lui sourire furtivement avant de disparaître me changer rapidement. Après tout, je vais rejoindre ce que l'on nomme un amant, et c'est le mien, alors, autant ne pas paraître négligé, n'est-ce pas ?

Dix minutes plus tard, je descend vêtu d'une chemise rayée à laquelle j'ai relevé le col, on m'a toujours dit que cette tenue m'allait bien. J'ai aussi enfilé mon jean le plus large, allez savoir pourquoi (bien que j'ai une petite idée de cette vaste intuition qui m'a obligé à mettre ce pantalon). Marien me regarde de haut en bas, j'ai l'impression qu'il ne m'a jamais vu aussi beau de toute sa vie c'est pourquoi il me dit, sans doute intrigué :

_ Il y a une fille dans l'histoire ou quoi ?

J'ai une horrible envie de rire. S'il savait le pauvre, que non, il n'y a pas de fille mais un garçon. Un garçon qui me plaît et pour qui je m'enflammerais toute la nuit si c'était possible. D'ailleurs, je sens mes joues se colorer à cette pensée, rien que d'imaginer Fredric nu devant moi, j'ai des petits sursauts d'impatience. Marien remarque mon malaise et mon rougissement. Je me giflerai de ma discrétion qui est aux abonnés absents depuis ma naissance. C'est crétin.

_ J'ai rien dit Justinien, fais ce que tu veux, enfin, fais tout sauf le con, que j'te retrouve pas à la gendarmerie ou dans un sale état, est-ce que c'est clair ? me dit-il l'air sérieux avant de me bondir dessus pour fouiller mes poches.

_ Hey ! T'es dingue ?!

Je me remercie intérieurement de ne pas avoir prit de capotes, sinon, je suppose que Marien l'aurait vraiment mal prit et m'aurait attaché à mon lit pour toute ma vie.

_ Dégages morveux, t'as rien de suspect sur toi à part ton troisième bras.

J'étais à deux doigts de lui sauter dessus en riant avant de me souvenir que ce n'était pas Chase mais mon frère. Et bizarrement, un tel comportement ne se fait pas entre nous. On plaisante, on se charrie, mais on ne se touche presque jamais, et le prendre dans mes bras aurait paru un peu trop expressif pour lui, après tout, c'est le roi des émotions glaciales. Je lui souri malgré tout et sort enfin dehors pour partir à la recherche de mon bel amour.

La nuit commence un peu à tomber, mais il fait toujours assez clair pour se balader sans danger. De plus, je n'habite pas tellement de loin du centre ville, chose qui facilite la tâche (et qui pardonne mon temps passé dans la salle de bain). C'est donc en moins d'un quart d'heure que je me retrouve devant le cinéma. Il n'y a pas beaucoup de monde, c'est plutôt agréable, ça change des soirées en week-end ou durant les vacances où il y a toujours toute la population de la ville qui se retrouve plein de sueurs en ces lieux nauséabonds quand on est sensible de l'odorat. Je regarde rapidement autour de moi au cas où il y aurait quelqu'un que je connais quand tout à coup, je sens une chose s'écraser dans mon dos en me faisant vaciller en avant : Chase se venge de l'autre fois apparemment !

_ Alors comme ça, t'as réussi à te sauver ? me demande-t-il en descendant de mon pauvre dos endoloris.

_ Quelqu'un m'a filé un coup de main pour sortir légalement de la maison, répondis-je tout en voyant Fredric et sa soeur arriver vers moi.

Je ne connais pas encore son nom, mais je dois avouer qu'elle ne ressemble vraiment pas à mon Fredric. C'est assez perturbant. Elle me souri puis me fait la bise, plutôt sympa, Chase a dû lui dire de bonnes choses sur moi, bien qu'il n'y ait qu'une personne qui ait le droit de me trouver bon. D'ailleurs, quand on parle du loup, mon beau brun est face à moi, je suis ravi. Mon coeur me pousserait à lui sauter dessus si nous n'étions pas en lieu public, mais ma peur d'être découvert me pousse à rester terre à terre jusqu'à ce que lui...
A mon grand étonnement, il m'embrasse ouvertement devant le cinéma. Et je ne parle pas des petits bisous que se font certains discrètement, non, il n'y va pas de... de langue morte ! Et dire que j'ai des mains pour le repousser, mais non, elles restent paralysées le long de mon corps pendant que le garçon de mes rêves fait de nous le sujet de toutes les attentions. J'entends rapidement Chase toussoter, je doute qu'il soit habituer à ce genre de spectacle. Puis tout s'arrête, Fredric se détache de moi et pose ses deux bras sur mes épaules en me faisant face, l'une de ses mains me masse la nuque. Je suis dans un rêve surréaliste. Il est horriblement attirant.
A côté, mon meilleur ami a prit sa petit amie dans ses bras, lui non plus ne fait pas semblant avec elle. Ils sont plutôt mignons ensemble, et je ne doute pas une seule seconde que leur relation durera longtemps. Chase est tout à fait le genre de garçon sincère et qui ne se lasse pas de celle qu'il choisi. Tout en les observant, je colle mon front au menton de Fredric, chose qui me rappelle que je suis plus petit que lui. Malheur !

_ Au fait, on va voir quoi ? demandais-je, histoire de faire un peu de discussion entre nous.

_ Léna avait opté pour un film gore, mais en tant que....

_ En tant que son chieur de petit copain trouillard, on est obligé de trouver autre chose en quelques minutes, acheva Fredric.

J'explose de rire sans savoir pourquoi, ils me dévisagent tous. Ils sont trop parfaits pour moi. Je n'ai pas eu d'amis depuis tellement longtemps, et des aussi agréables, je trouve cela trop beau pour l'orphelin maudit que je suis. Chase me souri, je crois qu'il a comprit ce que je pensais, la fameuse Léna me dévisage avec incompréhension, quand à Fredric ses yeux bleus se plongent dans les miens au moment où je tourne mon visage vers lui. Par bonheur, je m'empresse de me reserrer dans ses bras. Et là, on se comporte comme n'importe quel couple libre de mouvement, libre de penser, libre d'exister, on se berce sans le savoir tout en se tenant les mains, j'ai mon nez qui respire son cou et lui qui absorbe l'odeur de mes cheveux. Je nous envie à moi tout seul. Chase et Léna se comportent de la même manière à côté de nous, si j'avais eu assez de courage pour aller au bout de mes émotions, j'aurais pleuré de bonheur instantanément.

Je n'ai jamais resenti ça, même mon ex ne m'a jamais autant apporté d'amour et de sincérité. Je ne me suis jamais envolé aussi haut en restant sur terre. Je crois que nous n'avons aucune idée de ce qu'est l'amour tant que nous ne nous comportons pas comme n'importe quels morceaux de moitié réunis ensemble pour la première fois sous les regards envieux de ceux qui cherchent encore. J'ai envie de leur hurler que je les aime, j'ai envie de fondre en larmes dans les bras de Fredric, que rien ne puisse arrêter ce moment. Rien. Je veux finir mon éternité en corps à corps avec lui.

Nous sommes un peu comme cette photo de Doisneau. Amoureux simples, le monde peut bien tourner, nous, et bien, nous sommes deux et il n'existe plus rien qui puisse nous forcer à bouger et quitter ce bonheur qui veut se multiplier à l'infini. Se multiplier jusqu'à plus d'âme encore.

_ Beaucoup plus d'âme, mon amour, murmurais-je le plus faiblement possible.

_ Tu dis Justy ?

_ Justy ? C'est quoi ce délire ? demandais-je, amusé d'entendre un surnom pareil.

_ Hey, vous venez, on va chercher nos places de cinéma ?! cria Chase à quelques mètres de nous avant de continuer son chemin avec Léna jusqu'à l'entrée de complex.

_ Tu viens, me dit Fredric tout en m'attrapant par la main pour rejoindre nos deux amis.

Il me tient la main. C'est si peu par rapport à ce que nous avions déjà fait, mais tellement poignant lorsque l'on est amoureux. Et puis, ces gens, si peu choqués de nous voir en couple, ouvertement dans la rue. Ceux qui sont un peu remués par cela détournent simplement les yeux et préfèrent retourner vagabonder à leurs occupations. C'est tellement fort. Notre image se reflète dans la porte qui fait l'effet d'un miroir. Je nous trouve beaux, ainsi, nous tenant par la main à travers une foule de personne, comme si nous étions à milles lieux de tout. Comme si une bulle nous protégé de toute invasion ennemies.

Alors que nous nous apprêtions à rejoindre Chase et Léna, quelqu'un se stoppe droit devant nous, je n'ai pas le temps de voir de qui il s'agit que cette personne déclare directement à Fredric :

_ Alors c'était vrai ? Espèce de sale enflure !

 

Photographie de Doisneau, pour bien
comprendre ce que ressentait Justinien.


Voilà ! Chapitre 18 terminé !
Je sais, je sais, je suis sadique de finir ainsi ! {#}
A votre avis, qui est-ce ?
{#}
Vous ne devinerez jamais !

Brefouille, je vous ai mit une video bande-annonce du film Un Jour sur Terre, je l'ai regardé hier matin, et très franchement, c'est une merveille !
Et honnêtement, on a facilement les larmes aux yeux ! (bon, je suis ultra sensible aussi, ça explique mon cas {#}).
Et puis, il y a une leçon très importante à retenir en le regarder.
Bref, il faut que vous le regardiez au moins une fois !

{#}

Sur ce, je pars écrire la suite de Justy-chou !

 

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Tous les commentaires liés à l'article : Justinien - Dix-Huitième Chapitre

  • Culotte a posté :vendredi 13 juin 2008 20:08

    Lisa.... je tiens à te dire... heureusement que la suite est déjà écrite ^^
  • Eveny a posté :mercredi 04 juin 2008 14:51

    Je me souviens plus si je signais Goblinaya ou Eveny avant. Tant pis, ça change rien^^.

    J'ai adoré ton chapitre!
  • MMali a posté :samedi 31 mai 2008 20:57

    Ca ne serait pas Lulu la cocue?
    La soeur chieuse et possessive?

    Ah ah, j'ai plus qu'à cliquer pour le savoir!
  • Absynthe a posté :lundi 12 mai 2008 17:12

    Irk superbe chapitre ^^
    Il s'est passé quoii? Hein c'est quiiiiiiiiii? ^^
    j'ai hate de savoir ^^

    Pour un jour sur terre je voulais le voir, mais j'ai toujours peur des superbes reportages ciomme ça avec de trop belles images, et qui d'un coup te collent tous les trucs gores, les morts d'animaux, les chasses etc...

    Brefouille, jvais le regarder, jte dirais ce que j'en ai pensé ^^

    normalement je t'ai laissé un commentaire sur larticle précédent... Un long commentaire en plus
    Mais je ne suis pas sûre qu'il ai marché, la page marquait internet machin truc chose...
    Donc bon.. Sorry si c'est pas passé ^^ dans le doute je copie ce commentaire xD
    Bisous!
  • Misa a posté :lundi 14 avril 2008 12:54

    Mon diieu tu pouvaiis pas finir comme sa qui c'est, sa soeur qui l'aiime, un ex qui l'aiem toujours et qui est jaloux, Mariien!? Olala le suspense
  • elfira a posté :dimanche 13 avril 2008 20:58

    'spèce de sadique oui je confirme !! Coupé dans un moment pareil T'as pas honte !!

    J'ai aucune idée de qui ça peut être et encore moins quand tu dis qu'on ne devinera jamais !! may be un ami ou une connaissance qui voit bien que Fred est gay... J'en sais rien !!

    Sinon à part ça tout va bien ! J'ai enfin fini de majifier ! Je pense que tu devrais apprécier

    La bande annonce est sublime !! Je l'avais déjà vu !! j'irais peut etre le voir ce film ^__^ je suis abonnée au cinéma xD gros bisou à bientot

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