
Mince.
Je viens de me souvenir qu’il fallait que je fasse acte de
présence demain au lycée, renvoyé ou pas
renvoyé ! Chase vient de m’appeler pour
m’annoncer que nous passions un bac blanc en français.
Quelle poisse. Je ne sais pas comment je vais faire. En positivant,
je me dis que de toute manière, prévenu ou non, je
n’aurais pas révisé, mais la surprise modifie
tout de même le comportement. J’ai vraiment la poisse
en ce moment. Je vais faire avec, il me semble que le thème
ne devrait pas être trop difficile, si c’est de
l’argumentation, je devrais y arriver sans problème,
il me suffira simplement de cogiter quelques minutes devant la
feuille puis de foutre la pâtée à tout les
crétins de ma classe. Ils vont me haïr encore plus, si
moi, le type le plus absent et le plus renvoyé de la classe,
je réussi mes examens haut la main sans aucune
préparation, ils vont souhaiter ma mort. En plus, Chase me
servira de témoin pour dire que je n’étais pas
au courant !
D’ailleurs, mon pauvre Chase s’est drôlement
inquiété depuis qu’Ange lui a expliqué
mon arrivée troublante devant chez lui. Il n’arrivait
plus à me joindre et se demandait s’il ne fallait pas
qu’il passe ici pour savoir et m’aider. Je l’ai
rassuré, ça m’a touché qu’il
s’angoisse pour moi. J’ai l’impression que
c’est un ami vraiment attendrissant. En tout cas, il est le
seul en aussi peu de temps à m’avoir facilement
apprivoisé – s’il on oublie mon beau Fredric,
bien sûr – en principe, les gens ont du mal à
comprendre et finissent souvent par baisser les bras. Justinien, le
scandaleux a une psychologie bien trop difficile pour eux ! Ils
sont tellement bas.
Bref, quoi qu’il en soit, demain, j’y retourne. La
situation est tellement drôle que j’en pleurerai
presque. Quand Marien va apprendre ça, il va être
ravi. Rien qu’en pensant à lui, j’ai des images
opposées qui se bousculent dans ma tête. D’un
côté, je vois mon frère violent et de
l’autre, le garçon anéanti et perdu qu’il
m’avait montré de lui. En quelques jours, il avait
chamboulé ma conscience à son propos.
En quelques jours, j’étais chamboulé à
moi tout seul.
Après l’appel de Chase, j’ai
décidé de monter un peu dans ma chambre, d’une
part pour m’habiller (et dire que Fredric m’a vu ainsi)
et d’autre part pour jeter un coup d’œil sur mon
ordinateur (et non pas réviser). Aucun message depuis ce
matin, c’est bien dommage, pour une fois que j’avais
envie de raconter mes malheurs, l’heureux élu ne
s’est pas manifesté. Ce n’est pas grave, il aura
à me supporter tôt ou tard.
La journée se déroula comme à son ordinaire,
j’ai passé mon temps à écrire,
j’ai regardé quelques épisodes d’une
série télévisée que j’aime
beaucoup, j’ai envoyé un e-mail à Chase pour le
remercier à défaut de le faire par voie oral et pour
finir, j’ai fantasmé sur Fredric. Et chez moi, le
fantasme n’est pas comme chez tous les branleurs de mecs,
j’ai d’autres moyens que ça, je…
La porte de la maison s’ouvrit sans grande
délicatesse, il semblerait que Marien soit enfin
rentré. Chouette, je vais pouvoir manger quelques choses de
bons, parce que les petits plats réchauffés,
ça va bien cinq minutes. Je l’entends râler
d’en bas, ce n’est pas rassurant mais je fais avec,
après tout, c’est Marien, qui a-t-il
d’étonnant là-dedans ?
Je fini tout de même par descendre, mon ventre criant famine
et m’hurlant de savoir comment allait mon frère. En
arrivant dans le salon, je le découvre au
téléphone, il semble parlé sur un ton doux et
calme, contrairement à ce que j’avais cru entendre. Il
raccroche rapidement en remarquant ma présence et là,
je comprends :
_ Un garçon de ton lycée vient d’appeler pour
ton rattrapage, me dit-il en souriant.
_ Ah bon ? faisais-je sur un ton faussement surpris, il me
dévisage en retour, quel est son nom ?
_ Fredric… Fredric Buxley, il a l’air
sympathique.
J’acquiesce en me retournant vers la cuisine, mon
frère décide tout de même de me rattraper avant
mon envole de l’estomac.
_ Est-ce que tu le connais ? Si c’est un de tes potes, ce
n’est même pas la peine d’y…
_ Non, du tout, affirmais-je en lui coupant la parole, le plus
crédible possible.
_ Très bien, je te fais confiance.
_ Tu peux Marien, je t’assure.
J’espère bien ne pas en faire trop, si jamais il se
doute de la situation, au-revoir à mes probables
réalisation de fantasme avec Fredric. J’en
frissonne.
Le lendemain, j’arrive au lycée en voiture, Marien et
moi somment peut-être devenus de bons amis, cela ne
l’empêche pas de ne pas m’offrir totalement sa
confiance. Il ne veut surtout pas que je sèche mon
épreuve blanche. Dommage, je l’aurais bien
esquivé, moi.
Arrivé au troisième étage, un couloir orange
vif s’offre à moi dans une tentative de
dégoût. Il faut que j’avance
jusqu’à la salle 3M, c’est là que se
déroulera l’examen. Une fois placé contre le
mur dans l’attente d’un événement, je
remarque enfin la présence de certains boulets de ma classe,
dont Arnold, ce sale blond qui me donne la nausée à
chaque fois que son regard se tourne vers moi. Il s’avance
jusqu’à ma hauteur et me dévisage comme si je
n’étais que de la vermine. Pauvre idiot, s’il
savait ce qu’il représente à mes yeux.
_ Qu’est-ce que tu fous là toi ? me demande-t-il sur
un ton supérieur.
_ J’admire la vue, du moins, je le faisais, mais ton image
vient de gâcher le paysage nettement plus attrayant que
j’avais sur la porte.
_ T’as dit quoi, petit crétin !
s’énerve-t-il tout seul en se resserrant vers
moi.
_ « Petit crétin » ? Depuis quand je ressemble
à un miroir ? répondis-je sur un ton
sarcastique.
Il ne prend pas la peine de me répondre et me saisi par le
col, il me déteste, et j’adore ça. J’ai
envie de l’écraser, je le domine de toutes les
situations possibles. Ce n’est qu’une larve, un
déchet qui m’est infiniment inférieur ! Je
rigole en le voyant si nerveux, capable de me fracasser et de
s’enfoncer encore plus dans ses problèmes.
Soudainement, une main lui saisi l’épaule et le force
à se retourner. Et là, mes yeux s’arrondissent
et je me sens totalement aux anges. C’est Fredric.
_ T’as un problème avec Justinien toi ? dit-il en
toisant Arnold.
_ Non, claque-t-il tout en se détachant de mon bel homme
pour retrouver ses potes aussi intelligents que lui un peu plus
loin.
Fredric s’avance vers moi et me jette un regard froid. Il
semble différent des deux dernières fois où
nous nous sommes vus, c’est vraiment gênant. J’ai
l’impression qu’il m’en veut.
_ J’ai dit que je te protégerai, mais n’en
profites pas pour te créer des ennuis ! Je t’ai
entendu lui parler et ce ton exaspère dangereusement les
idiots comme Arnold. Alors fais-toi petit Justinien.
_ Jamais ! m’écriais-je, sur la
défensive.
Il soupire et me lance des éclairs avec les yeux. Il me
ferait presque peur dans cette situation là. Je
préfère finalement ravaler ma
supériorité, je ne voudrais pas le faire fuir. Je
crois qu’il le comprend puisqu’il m’envoie
malgré tout un furtif sourire. Je me sens
apaisé.
_ Va passer ton épreuve, se serait con d’être en
retard alors que tu es devant la salle.
Je ris avec douceur et me dirige vers la classe. En effet, le temps
que j’ai mit pour observer mon Fredric m’a fait
oublié la sonnerie qui venait de retentir. Je trouve
malgré tout rapidement une place au fond de la salle,
près des fenêtres. Chase est juste devant, cela me
rassure aussi. Il m’a manqué je crois. Avant que notre
professeur ne referme la salle, j’aperçois Fredric me
sourire de loin, il semble amusé par quelque chose, je ne
sais pas quoi. Peut-être est-ce simplement le fait
qu’il commence à m’aimer un peu ?
De toute manière, je m’attends étrangement
à tout avec lui. Mais une chose est sûre, je le veux
tout entier et rien que pour moi. Je le volerai à quiconque
osera le posséder !
Voila pour le chapitre 14 !! Je n'ai pas encore mit d'image parce qu'il va être minuit et que je commence de bonne heure demain et il semblerait que...
J'ai
l'épreuve blanche de français à l'écrit

Je ne le savais pas - ou du moins, je ne m'en souvenais plus - j'ai constaté ça en ouvrant mon agenda il y a une heure. Et bizarrement, ça m'a donné une idée pour la suite de Justinien !
Donc bon, bisou et à bientôt pour la suite !




















