Justinien - Neuvième Chapitre (Justinien) posté le mercredi 27 février 2008 18:48

 
Because of you - Kelly Clarkson 
(si vous la trouvez quelques part, ecoutez là, elle est indispensable. Mais, Radioblog n'est plus là, Deezer est hors service et JV a refusé l'upload T_T...) 
 
 

 
Je suis toujours perdu dans mon corps. J’avance lentement, mon engouement pour partir n’est pas le même que pour rentrer. Et pourtant, cette après-midi passé avec mes parents me dit qu’il faut que je retrouve Marien. Après tout, il est mon unique famille.
Je parcours plus d’un kilomètre avant d’arriver dans la rue qui me ramène chez moi, j’appréhende nos retrouvailles, il doit me haïr à l’heure qu’il est, à moins qu’il ne me hait déjà depuis longtemps, chose que j’ai toujours redouté au fond de moi. Mais je crois bien que c’est le cas, et les choses se sont aggravées avec le décès de nos parents. Pourtant, cela n’excuse pas le fait qu’il n’ait jamais versé une larme après leur mort, comme si de rien n’était. Comme s’il s’en fichait entièrement. A cette pensée, j’ai envie de le détester en retour, de ne pas être tendre avec lui et de me battre s’il le faut pour qu’il sorte de ma vie.
A peine ais-je imaginé cette idée que la pluie se remet à tomber. Décidemment, ce sont vraiment mes parents qui la contrôlent, c’est leur peine qui me mouille le visage. J’ai mal.
J’arrive devant la maison une minute plus tard, le salon est allumé. Marien est là.

J’entre l’air vide, complètement détruit par ma vie, par cette pression qu’il me force à endurer. Dés que je pose un pied dans l’entrée, je le vois là, devant moi, il est furieux, horriblement furieux. Il a envie de se jeter sur moi, et de me retirer mes organes vitaux un à un jusqu’à ce que je sombre dans la mort. Il me hait. Il plisse les yeux en m’apercevant, je redresse la tête et lui envoie mon regard le plus noir. Je le hais.
J’aurais voulu fuir dans ma chambre, mais mon instinct combattif m’ordonne de lui faire face, quoi qu’il arrive. Il faut que je réduise à néant cet être et qu’il endure à son tour les souffrances qu’il m’a enfoncé dans le corps et le cœur.
Il n’avance pas, ne dit rien, il se contente de laisser son visage se déformer sous la colère. Il est ridicule. Après plusieurs longues secondes, il ouvre enfin la bouche pour me dire sur un ton froid :

_ Où étais-tu ?

_ En quoi ça te regardes ? Depuis quand tu t’intéresses à ma vie et à ce que je fais ? répliquais-je sur un ton aussi sec que le siens.

_ C’est moi qui pose les questions et toi qui répond !

Je ricane méchamment, je le nargue comme pas permis. Il commence à être vraiment nerveux, la situation me fait rire, et après toutes ses larmes, cela soulage… ou enfonce. Tout dépend si on aime l’humour noir ou le pittoresque. Et comme je suis compliqué, c’est simplement ma folie intérieure qui lui rit au nez.

_ Justinien où étais-tu ?!

Il m’énerve maintenant. Je reste debout, silencieux, les bras croisés. Je ne suis pas ouvert à ses mots.

_ OU ETAIS-TU BORDEL DE MERDE ?!!

Il a hurlé tellement fort que mes tympans ont vibré de l’intérieur. J’ai envie de courir sur lui et de lui donner des coups violents tout en pleurant de haine. Il me donne envie de me défouler. Défouler cinq mois de misère mentale et physique. Si seulement j’avais la force de me venger de tout cela. Si seulement. Mais à la place, comme à l’ordinaire, je déclare ma colère verbalement et je cri ouvertement :

_ J’étais au cimetière Marien ! Tu sais cet endroit où nos parents sont enterrés !! C’est gens que tu as EFFACE de ta mémoire depuis qu’ils nous… m’ont quitté et qu’ils t’ont obligé à endosser le rôle de grand frère responsable !!

Sur ces mots je fonce tout droit dans ma chambre en montant quatre à quatre les marches. Il est resté planté en bas, vaincu, l’air perturbé. Une fois dans ma chambre, je claque la porte violemment, si je n’avais pas déjà pleuré toute la journée, je me serai de nouveau étendu au sol pour verser une pluie inconsolable. Mais cette fois-ci, je suis perdu entre la colère noire et le bonheur de lui avoir fait fermer son clapet.
Deux minutes plus tard, mon idée d’être un gagnant s’évapore subitement, je l’entends monter les marches et venir vers ma porte le plus vite possible.

_ Justinien, ouvres-moi… me dit-il en toquant.

Je ne réponds pas.

_ Justinien ! Je t’en supplie ! Ouvres-moi !!

_ Dégages Marien, je n’ai pas envie de te voir !

_ Ouvres !! hurle-t-il en tapant de toutes ses forces dans la porte. Ouvres Justinien !! Pitié !! Ouvres-moi cette porte, continu-t-il en claquant et frappant ma porte de chambre avec colère ou bien…

Je m’apprêtais à lui ordonner de disparaître quand sa voix me parvient aux oreilles. Se pourrait-il que… Non. C’est insensé. Je me dirige finalement vers la porte en tremblant, toute cette émotion de haine, j’ai l’impression qu’elle tombe peu à peu. J’ai des remords. Je ne sais plus quoi faire.
En ouvrant à mon frère, je m’attendais à me faire massacrer, qu’il me tue sur place. Me frappe. Fasse tout ce qu’il a l’habitude de faire, or, sa réaction, je ne l’avais pas planifié dans son comportement. Il me bondit dessus, je m’écroule sous son poids et nous chutons tout les deux au sol. Comme c’est ironique, en principe, je suis le seul à tomber au plus bas. Or là, je préfère laisser mon sarcasme et toutes mes répliques ailleurs. Marien est en train de pleurer.
Oui, il est effondré sur mon épaule et sanglote de douleur. On se berce d’avant en arrière, un tic de famille lorsque les peines se font fortes. Un tic que je n’aurais jamais imaginé chez Marien. Jamais. Et là, il commence à me parler, d’une voix à peine compréhensible tellement il évacue ses larmes.

_ Justinien… Pardonnes-moi, je t’en supplie… Pardonnes-moi… Je… J’étais jaloux de toi. Merde. Je… Je te haïssais parce que… Parce que tu les avais vu avant leur mort, parce qu’ils t’aimaient et que tu étais proche d’eux. Je… Je n’ai pas eu la chance que tu as eue… Moi, je… je ne les avais pas vu depuis plus de sept mois… et toi… toi… Tu vivais avec eux, tu as pu savoir comment ils étaient le jour où… où… où… et puis moi, j’m’étais disputé avec maman peu de temps auparavant, je ne voulais pas appeler, j’attendais qu’elle… qu’elle s’écrase devant moi… Et puis… et puis… Oh Mon Dieu… ils… ils… ils…

Pendant qu’il parlait, je n’ai pas pu m’en empêcher. Encore une fois, mes yeux se sont remplis de larmes et j’ai pleuré avec Marien. Sa douleur était tellement palpable, il était traumatisé. Il n’avait pas comprit, il n’a jamais rien comprit depuis cinq mois. Une situation sous laquelle je vivais et sur laquelle il n’avait aucune maîtrise. Il ne s’en rendait pas compte :

_ Ils sont morts Marien… Ils sont morts… lui murmurais-je suffisamment fort pour que les mots parviennent à son âme.

Il a redoublé ses sanglots au moment où j’ai prononcé ces paroles. Il souffrait affreusement. Je sentais ses yeux se vider dans mon cou, et je lui caresser les cheveux dans l’espoir de le calmer. Calmer ce frère pour qui je dégageais un immense respect désormais. Pourquoi maintenant, pourquoi comme cela ? Je n’en sais rien. Mais le voir ainsi, le voir comme je me voyais chaque jour, c’était inexplicable.

Nous sommes restés ainsi aussi longtemps qu’il aura fallu pour le rassurer. Marien n’avait jamais comprit que nos parents étaient morts il y a cinq mois. Pour lui, c’était un cauchemar qu’il vivait au quotidien, mais en aucun cas ce n’était réel. Il se croyait responsable, il pensait que maman était partie à cause de leur dispute et que papa l’avait suivit comme à l’ordinaire. Il pensait aussi qu’ils m’avaient abandonné à lui parce qu’ils ne m’aimaient plus comme il s’était senti désaimé par eux.
J’ai dû lui expliquer la réalité, moi, son petit frère, j’ai dû lui dire les mots que maman avait prononcé après cette dispute violente au téléphone, j’ai dû lui montrer l’amour…

Ce n’est rien, c’est mon fils, j’ai confiance et je l’aime, c’est tout ce qui compte. Rassure ton frère si jamais il t’appelle Justinien, d’accord ?


Image : Angel Sanctuary
 
 
Putain, le chapitre que j'attendais d'écrire depuis longtemps..
Pfiouu... c'était dur de taper les mots, j'avais la vue brouillé.
Pauvre Marien...
 
 
A la prochaine suite <'3 
 
 

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Tous les commentaires liés à l'article : Justinien - Neuvième Chapitre

  • Laine a posté :jeudi 28 février 2008 00:16


    Déjà que j'ai l'alcool mauvais toute la soirée (gros bad à la limite de chialer) alors là.. *ggrosse boule dans la gorge*
  • Tatoux a posté :mercredi 27 février 2008 21:30

    ... nan franchement, je peux pas poster de com...
  • Camella a posté :mercredi 27 février 2008 20:22

    T'as même réussi à me faire aimer Marien, c'est pas juste !!!

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