Justinien - Cinquième chapitre (Justinien) posté le samedi 23 février 2008 03:36

 

 
Mon cœur s’emballe, j’ai une peur totale qui s’empare de moi, je me balance d’avant en arrière, le temps me frustrant terriblement. Marien devrait arriver d’une minute à l’autre, le proviseur l’a sommé de venir me chercher dans son bureau. C’est horrible, lorsqu’il va débarquer, il va vouloir me… Je ne tiens même pas à imaginer ce qu’il va me faire tant la réalité de ce moment approche à grand pas. Et je ne me trompe pas, deux minutes plus tard, Marien est là.

Il passe doucement la porte, cette façon lente d’agir me prouve qu’il est dans une colère noire, une colère pire que celle d’hier ? Je commence à m’inquiéter avec douleur. Etrangement, je sens mes bleus me rappeler leur présence,  histoire d’en rajouter un peu plus dans mes craintes.

Je me lève immédiatement lorsque Marien arrive devant le bureau du proviseur, celui-ci n’a pas le temps de prononcer un mot qu’il se retrouve surprit par une chose à laquelle je m’entendais, mon frère vient de me donner la plus forte gifle que l’on puisse donner à quelqu’un, le pire de tout, c’est que ma main n’a même pas le temps d’atteindre ma joue endolorie que je m’en reprends une autre de l’autre côté. Je lâche un léger cri de stupeur avant de relever maladroitement mes yeux vers le regard furieux de Marien. Je suis foutu me fait-il comprendre.

Le proviseur ne semble plus être à sa place, il ne s’était pas attendu à une action aussi rapide de la part de mon tyran. Il savait qu’il n’était pas à piquer des vers étant donné qu’il avait dû le supporter il y a quelques années, même si Marien fut un excellent élève, un élément très apprécié au sein de l’établissement, son caractère difficile et son côté dur lui avait donné une réputation vraiment peu engageante. Marien était froid, peut-être même glacial, mais le principal n’aurait jamais cru qu’il pouvait se comporter comme cela avec son petit frère, même je suis un cas d’instabilité et de honte. S’il savait ce qu’il s’est passé hier, il n’aurait même pas été sous le choc de cette action humiliante que je venais de vivre.

_ Excusez-moi, déclame Marien à l’attention du proviseur, celui-ci lui répond d’un hochement de tête approbateur.

C’est comme s’il approuvait les deux retentissantes claques, c’est pathétique. Je me recule de ces deux hommes, je préfère me mettre à l’écart, le regard furieux de Marien me procure une sensation qui me tétanise.
Dans les minutes qui suivent, nous quittons le lycée, je me sens horriblement mal, rien que le fait de m’éloigner de cet endroit que je hais tellement en compagnie de mon frère, me perturbe à un point que je n’aurais pas cru lorsque j’ai agit en faveur de mon beau brun. Mon beau brun qui ne sera sans doute pas reconnaissant de ce que j’ai fait.
Sur le chemin, Marien et moi ne partageons aucuns mots. A quoi bon de toute manière, je me doute parfaitement de ce que je risque d’avoir en rentrant, alors, que je m’explique ou non, ça ne ferait qu’aggraver la dureté de mon frère.
 

*


Ce qu’il s’est passé en rentrant, je n’arrive même pas à le comprendre. Là, je me retrouve comme la vieille, en larmes, horrifiée parce qu’il s’est passé. Et je n’arrive même pas à distinguer le pire dans tout ça. Est-ce que c’était la violence de Marien ou bien le fait que cela ait duré deux fois plus longtemps que la fois précédente ?
 
Je pleure tellement que j’en viens à me mordre les doigts tellement j’ai envie de hurler à l’injustice, à l’immonde comportement de Marien. Je le hais plus que tout. Et je me rends compte que je ne le connais vraiment pas, que je ne l’ai jamais connu dans le fond. C’est un grotesque sentiment. Il vient de briser le peu de respect et d’estime que j’avais pour lui. Et pourtant, quand je repense à certains gestes de sa part, je me dis que je tiens quand même à lui. Ce sont sans doute les liens fraternels qui me font ressentir cela.
 
Ecoutez la chanson en cliquant ici : A la gueule des noyés - Calogero
(j'ai branché mes satellites de dictatrice pour vérifier si vous le faites x33)


Je revois encore le jour où nos parents sont décédés.

J’étais dans le salon de notre ancienne maison, près du piano auquel mon père jouait souvent. Le silence régnait depuis plusieurs longues minutes, l’une de mes grand-mère c’était absentée dans la cuisine pour accueillir Marien, je ne l’avais pas vu depuis sept mois, il ne téléphonait que rarement à la maison, son travail était trop prenant, de plus, il habitait à plus de cinq-cents kilomètres. J’appréhendais nos retrouvailles, dans ces circonstances, j’en souffrais affreusement.
Au bout d’un certain temps, je le vis entrer dans le salon. Il apparut devant moi, le regard dur et malheureux. Il me dévisageait, me détaillant de haut en bas, il constatait sûrement mes changements récents, ou peut-être me voyait-il comme un étranger… Je n’en sais rien.
La seule chose dont je suis resté conscient, c’est ce qu’il m’ait arrivé après qu’il soit entré dans la salle. Au moment où nos regards se sont croisés, j’ai commencé à faire une chute insoutenable vers le sol, et il a accouru vers moi avant que je m’effondre. Je m’écrasais donc dans ses bras en hurlant et pleurant tout ce que j’avais à pleurer. Ma main serrant le tissu de sa chemise noire. Et lui, il ne disait pas un mot, posant simplement son menton sur ma tête, sans bouger. Il ne pleurait même pas, il restait droit et froid comme un glaçon. Il était une banquise de sentiment. Agenouillé au sol à mes côtés.

C’est la dernière fois qu’il eut un geste affectif envers moi.
 
Depuis, je ne l’ai jamais revu m’approcher amicalement. Il était toujours aussi stoïque. Et surtout, seul. Je crois qu’il n’existe pas d’homme aussi solitaire et secret que Marien, je ne l’ai jamais vu avec un ami, ni  une petite amie – ou petit ami, s’il est comme moi – Non, il a toujours été lointain. Et étrangement, il me fait penser à une chanson, une chanson que je l’avais vu écouté, un jour qu’elle passait à la radio, A la gueule des noyés de Calogero. Oui, ça lui ressemble tellement, dramatique et gelé au plus profond. Il avait pratiquement frappé le poste de radio ce jour là, se sentir touché, il ne connaissait pas, je l’ai toujours vu s’empêcher d’éprouver des émotions. Rester impassible avec cette barrière qu’il s’était forgé dans sa jeunesse. Jamais mes parents ne m’avaient expliqué la froideur de ce frère, ni les raisons qui le poussaient à se battre quotidiennement. A battre quotidiennement…
J’ai les paroles et la musique qui me trottent dans la tête, et je n’arrive plus à le détester. Il me fait de la peine et je préfère soudainement choisir mes larmes à l’égard de cet homme perdu, plutôt que de me dire qu’il est un monstre ordinaire et que je pleure pour les souffrances qu’il me fait vivre.

Le lendemain matin, je me sauve avec prudence de la maison, je n’ai pas le courage de rester ici, j’emporte mon ordinateur et prend la direction de mon parc habituel. Je suis toujours aussi mal à l’aise par rapport à Fredric, me dire qu’il me hait sûrement à l’heure qu’il est, ça me donne la nausée.
Je suis assis tranquillement, à la découverte de mon clavier quand je sens une main se poser sur moi, une main d’homme. Celle-ci me serre l’épaule et en relevant la tête je découvre avec étonnement l’objet de mes tourments, Fredric, mon tendre et beau Fredric.

_ Comment ça va depuis hier ? Tu as été vraiment héroïque ! me dit-il en prenant place à mes côtés.

Immédiatement, je me sens passer au rouge, je m’attendais à tout sauf à lui, et pourtant, il est là et me parle comme à un ami. Il a donc joué la comédie ! Il savait parfaitement que je n'étais pas un sale tricheur. Mon amour va s'amplifier ! Il est incroyable.
 
_ J’ai déjà vécu meilleure situation… répondis-je en voyant les yeux de Marien dans ma tête.

_ Oh… Tes parents t’ont engueulé ? Si tu veux, je peux leur expliquer la…

_ Mes parents sont morts, tu aurais du mal… trancha Justinien, puis, il se reprit sous le regard dépité de Fredrir, c’est mon frère qui s’occupe de moi depuis cinq mois et lui parler serait la pire idée au monde.

_ Excuses-moi. Je… je ne m’attendais pas à ce que tu dises cela… avoue-t-il, l’air terriblement navré.

_ Ce n’est rien.

_ Qu’est-ce que je pourrais faire pour te remercier de m’avoir sauvé la mise hier ? reprend-il sur un ton détaché.

Mes pensées divagues sexuellement, cette question me procure des sensations érotiques, il vaudrait mieux que j’arrête mon sourire avant qu’il ne s’en aperçoive. On ne sait jamais, s’il le remarquait, il pourrait comprendre ma situation face à lui, et s’il découvrait mes sentiments, je doute qu’il daigne me remercier pour l’aide que je lui ai apporté hier. Il me fuirait comme la peste et je deviendrai la risée de tout le lycée en deux minutes.

_ Je reprends ma question Justinien, est-ce que ta façon de me regarder depuis quelques mois et ton renvoie du lycée seraient liés à de quelconques sentiments largement plus qu’amicaux à mon égard ? me lâche-t-il en pleine tête alors que je sens mon cœur s’arrêter sous la puissance de la vérité.

Oh Mon Dieu ! Mais comment a-t-il deviné ?! Qu’est-ce que je…
 
 
*esquive les boules nutellas solides envoyés par Lena*
*evite de près les attaques queue de fer de Galinou envoyé par Johanna*
*esquive grâce à Lena les briques d'Absynthe*
 

 
 Image : Angel Sanctuary (comme d'hab').
 

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Tous les commentaires liés à l'article : Justinien - Cinquième chapitre

  • Goblinaya a posté :dimanche 01 juin 2008 12:09

    Moi je l'ai trouvé bien ce chapitre.
    Ca se trouve, Frédérci est gay. Quoi? On peut rêver, non?
  • flippy a posté :samedi 24 mai 2008 17:50

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah je suis amoureux, je suis amoureux, je suis amoureux <3333 j'adore !
  • shino a posté :mercredi 26 mars 2008 00:07

    OMG O___O (commentaire pas très... m'enfin on s'comprend hein XD)
  • elfira a posté :mercredi 05 mars 2008 11:00

    Faut pas gacher du nutella xD !! si j'avais pas la suite je te lancerais une attaque de m&ms mitrailleur xD

    Marien est vraiment mal dans sa peau je pense...j'aimerais bien savoir ce qu'il a vécu d'horrible dans sa jeunesse !!

    Calogero il est vraiment doué pour faire chialer xD !! La première chanson qui m'a fait pleurer dans laquelle je me suis identifié c'est "si seulement je pouvais lui manquer"...

    C'est assez ambigu vu ce que je t'ai dis mais je suis une fille compliquée et ambigu xD !! Mais bon, heureusement que les amis sont là !!
  • Camella a posté :lundi 25 février 2008 22:53

    OH MON DIEU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
  • Absynthe a posté :dimanche 24 février 2008 02:53

    A Laine/ Lena:

    Jenevoispasdutoutdequoituparles




    Oui une suite ^^

    Bientot...


    Un jour peut être =D
  • Laine a posté :samedi 23 février 2008 19:03

    Alors *va dans sa cuisine* Voilà.

    Premier pot de nutella : "sentiments largement plus qu’amicals" Amicauuux, amicauux buhuhu T__T

    Second pot de nutella : J'ai mal au crâne, donc.

    Troisième pot de nutella : Tu n'as pas publié le six à la suite.

    Quatrième pot de nutella : T'as pas le droit de nous laisser comme ça.

    Et le sixième est pour Absynthe : Non, madame. Vous n'avez pas le droit, vous. Car niveau fin qui nous laisse sur notre faim, vous êtes pas maal è__é ! Donc hein, suite aussi pour toi xD

    Et septieme pot : J'ai faim x)

    Jt'aime quand même. *Va lire la suite de Iwant*
  • Absynthe a posté :samedi 23 février 2008 15:55

    Je peux t'envoyer des briques moi? ^^"?
    Ou au moins des tuiles? ^^'?
    Ou..; Ou... Tiens je sais =D
    Un lancer d'enclumes!
    On fait un concours ça marche?





    Bisous ma future amochée =D
  • Tatoux a posté :samedi 23 février 2008 11:46

    AAAAAAAH !!!!!!!!!!!!!!
    *GALE ATTAQUE !!!*
    Ah putain x_X
    Ecrit le 6 maintenant è_é !

    Buhu, j'adore x)
    Zyva fè PT le lemon wesh!
    [Et puis je sais pas si c'est ce que tu m'a dis hier ou le fait que tu ai décrit Marien le jour de la mort de ses parents mais je crois que j'en tombe amoureuse *_*]

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