
Il existe tellement de
mal-être, des moments durs à passer. Moi-même,
j’ai toujours le présage au fond de mon cœur que
les choses ne se déroulent jamais correctement, qu’une
parcelle de bonheur procure un malheur absolu. Une malchance aussi.
Marien est né en plein dedans, comme vie pitoyable, on ne
fait guère mieux. Et j’en souffre pour lui, pour son
histoire, son drame.
Il m’a expliqué que lorsqu’il était tout
jeune, nos parents n’avaient pas les moyens financiers de
s’occuper de lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ils
devaient travailler en permanence pour être sûr de se
nourrir et vivre convenablement. Dés sa naissance, Marien a
donc été gardé par des nourrices, ou des amis
qui avaient du temps libre. Jusqu’à ses six ans, il
avait une vieille dame qui aimait beaucoup le prendre avec elle,
elle le trouvait calme et adorable, ils s’entendaient
très bien ensemble, se tenant compagnie l’un à
l’autre. Seulement, cette femme était vraiment
très âgée, et hélas, la vie a suivi son
cours malgré le désir des gens, un jour tout à
fait ordinaire, un jour où l’on se lève le
sourire aux lèvres comme à l’accoutumé,
elle a rendu l’âme. Laissant Marien seul, sans
comprendre ce qu’il venait de se passer, il avait dû
admettre qu’elle ne reviendrait plus jamais s’occuper
de lui… C’est donc très jeune que mon
frère a dû assimiler la vie et la mort dans un
même procédé injuste. Elle lui manquait avec
douleur.
Suite à cela, mes parents ont dû lui trouver
rapidement une nounou pour pouvoir continuer de subvenir à
leurs besoins tout en sachant que le leur fils était
à l’abri de tout danger. Le choix décisif
c’est donc porté sur une jeune femme d’environ
trente ans, une femme qui ne trouvait aucun métier mais qui
se disait amplement qualifiée pour s’occuper des
enfants. Son nom était Regina.
Au départ, Marien n’était pas très
agréable avec elle, il n’arrivait pas à
supporter le fait que sa vraie nounou, celle qu’il
considérait comme sa grand-mère, un bout de sa
famille, soit partie. Regina, qui venait de prendre la
relève encaisser sans rien dire, les critiques et insultes
d’un gosse de six ans. Malheureusement, un jour, elle ne pu
s’empêcher de frapper Marien pour une remarque de trop,
suite à cela leurs liens se sont gravement
détériorés, au début, mon frère
menacé de tout répéter à nos parents,
mais elle a fini par lui faire affreusement peur. Elle
l’empêchait de dire quoi que se soit et lui mentait.
Elle lui disait que s’il la dénoncé, ses
parents seraient déçus et qu’ils
réagiraient de la même manière qu’elle.
Pour un enfant de cette âge, une chose pareille pouvait peser
lourds dans la balance de sa construction, il se taisait donc
chaque jour, et chaque jour, Regina le battait de plus en plus,
physiquement et moralement.
Pendant plus de deux ans, il a vécu sous cette tyrannie, nos
parents n’y voyaient que du feu. Et pour cause, Regina
forçait Marien à jouer la comédie parce que
sinon, il risquait d’avoir de gros ennuis.
Il y avait une chose particulière qu’elle lui faisait
souvent et qui a déclenché toutes les peurs de mon
frère, son vertige particulièrement.
Lorsqu’elle ne le jugeait pas suffisamment calme, elle le
penchait par la fenêtre, un peu comme ce qu’il
m’avait fait une fois. Elle le laissait ainsi
jusqu’à ce qu’il s’excuse et cesse de
pleurer, elle le secouait même dans le vide parfois en lui
disant qu’elle le lâcherait s’il ne lui
obéissait pas. C’était une torture violente. Et
il tombait de façon abstraite dans un vide absolu.
Elle le frappait avec tout ce qu’elle trouvait,
n’importe quoi était utile pour le remettre à
sa place. Et devant mes parents, elle racontait que ce
n’était que le résultat des folies d’un
enfant casse-cou qui tombait souvent par terre et chutait beaucoup,
chose que Marien n’osait pas démentir, par crainte de
décevoir.
Bien sur, un jour, nos parents, suspectant qu’il se passait
de drôles de choses entre Regina et leur enfant ont
décidé de rentrer à l’improviste dans la
journée et d’épier quelques minutes pour voir
ce qu’il se passait lorsqu’ils avaient le dos
tournés. Et le spectacle qu’ils surprirent fut
vraiment horrifiant, Regina, cette femme supposé de
confiance, avait jeté Marien au sol et le battait à
coups de serviettes partout où elle pouvait
l’atteindre. Il était recroquevillé sur
lui-même, pleurant sans oser hurler. Notre père, hors
de lui est rentré dans la maison à toute vitesse,
s’il avait pu tuer cette monstrueuse personne, il
l’aurait fait dans l’immédiat. Mais voir son
fils étendu au sol, traumatisé de le voir arriver et
effrayé que tout soit de sa faute, il a donc jugé
préférable de se précipiter sur lui pour le
serrer dans ses bras. Marien se débattait, il croyait
qu’il était en colère après lui parce
qu’il avait vu ce que Regina lui faisait. Notre mère
est ensuite rentrée dans la maison, et, contrairement
à son époux, a décoché un coup de poing
d’une violence inouïe en pleine tête de Regina. Il
paraîtrait que mon père a dû la décoller
du sol pour l’empêcher de fracasser Regina alors
qu’elle venait d’apprendre que je venais de faire acte
de présence dans leur vie. Elle aurait pu me tuer en
même temps ce jour là.
La tyrannique femme s’était effondrée comme une
perdue. Surprise comme un monstre, elle allait en subir les
conséquences.
Nos parents, perturbés par cette histoire longue de deux
années, ne savaient plus comment s’occuper de Marien.
Maintenant que la vérité avait éclaté,
il n’arrivait plus à différencier le bien du
mal et il pensait sans cesse qu’on allait le battre pour un
rien.
Au bout d’un moment, nos parents ont décidé
avec sagesse d’envoyer leur fils voir un psychologue, pour
qu’il remonte à la surface de ces deux années
de cruauté, qu’il apprenne à oublier et
qu’il puisse enfin devenir un enfant tout à fait
normal et stable.
Malheureusement, un drame n’engendre que très rarement
un bonheur, et Marien a dû payer bien pire le résultat
de ces deux ans de martyres.
C’est bien là, la partie de l’histoire qui
m’a rendu le plus malade, par sa cruauté et son
mécanisme sournois. Je n’aurais jamais cru que mon
frère avait pu vivre une chose pareille. Et voir ses larmes
s’écouler à mesure qu’il
prononçait ces paroles m’avaient donné la
nausée.
Les séances qu’il passait avec un homme de renom
étaient loin de pouvoir le sauver, bien au contraire,
à mesure que les semaines s’écouler, Marien
allait de plus en plus mal. Son psychologue lui avait donné
une définition étrange de l’expression «
secret médical », il lui avait expliqué que ce
secret ne devait pas se faire que de la part du médecin,
mais aussi du patient, et qu’il ne devait en aucun cas
révéler les procédés des diverses
séances qu’ils passaient ensemble.
A ma grande détresse, c’est sur les sanglots de mon
frère et mon exclamation d’écœurement que
j’ai su que ce type avait abusé de lui durant
près de deux mois. En plus d’avoir été
battu par une folle, il avait dû supporter les attouchements
d’un homme qui était là pour « son bien
». C’était ainsi qu’il lui faisait croire
à la guérison.
Au bout d’un moment, nos parents ont cherché à
savoir ce qu’il se passait, encore une fois, Marien avait
été manipulé à des fins ignobles.
Encore une fois les adultes lui avaient menti et le salissaient
avec folie. Oui, mon frère se sentait affreusement sale,
mais au début, il ne savait pas pourquoi, il pensait que
c’était comme cela que les psychologues s’y
prenaient, qu’il agissait pour le sauver et lui donner la
perspective d’un avenir meilleur. Un avenir meilleur qui
s’écoulerait dans le sang et la honte.
Nos parents sont ressortis plus que détruit de cette
affaire, leur fils avait encore une fois vécu des choses
affreuses, ils commençaient à
désespérer, et le fait de devoir donner naissance
à un autre enfant les rendaient plus ou moins malades. Ils
avaient peur de ne pas parvenir à me protéger.
C’est donc dans des conditions outrageuses que j’ai
rejoins la famille, je suis né au milieu du scandale
psychologique de mon frère.
Les années avaient beau passer, Marien était toujours
meurtri de ce qu’il avait vécu. Et les choses
s’empiraient avec rage, il a fini par faire des crises
d’angoisses redoutables, à s’en détruire
physiquement, puis il a sombré dans un mal-être
profond, il n’était plus capable de rien, seul sa
partie noire ressortait. Et c’est là qu’il
m’a confié que sa seule espérance,
c’était de savoir son petit frère en
sécurité de ce genre d’horreur. Il a souvent
repoussé nos parents pour pouvoir être sur
qu’ils veillaient sur moi et m’évitaient les
tortures physiques et psychologiques qu’il avait
vécu.
Même s’il s’attaquait à moi parfois, il
n’en avait pas conscience. Lorsqu’il était prit
d’un accès de colère important, il
n’était plus lui et sombrait dans une facette ignoble
de son âme.
Marien était en fait un Trahi.
Image : Angel Sanctuary
Voila pour l'histoire de Marien, j'espère que vous êtes sous le choc, c'était quelque chose de prévu depuis le début. Niveau personnage torturé, j'en connais une qui va quiffer encore plus Marien X'D
Apo,
sérieux, tu lis Iwant ? O_O Chui heureuse é__è
<3
Les prochains
chapitres seront enfin ciblés sur Justinien et Fredric
!
Sur ce, enorme bisou !






Que Galinou pense
à toi pour toujours et qu'il vienne te chercher assis sur la
queue de son cheval !!!


).




(c'est ça d'aller trop vite XDD)

















