Son Nom est triste - Premier Chapitre (Son Nom est triste) posté le vendredi 22 février 2008 00:35

 

 
Je publie cette histoire pour Camella qui se montrait curieuse de savoir qui était l'étrange Tristaniel qui faisait l'adresse du blog
 
Pour cette fiction, je mets un avertissement, il n'y a pas de scènes graphiques, mais l'histoire est violente, et rien que le but de cette fiction est assez gore.
 
Malgré tout, elle n'est pas monstrueusement choquante (bien que ma Johanna m'ait dit que j'étais dérangée si ! tu l'as dit ! quand elle l'a lu).
Je l'ai déjà entièrement écrite il y a plusieurs mois, le style d'écriture est même assez peu encourageant, certaines actions manques de logique.
 
Cette fiction originale comportera en tout cinq chapitres menant à la déchéance mentale d'un homme. Une psychose tout droit sortie d'un esprit dérangé
 
 

 
 
 
Le croiser du regard revient à sentir son cœur exploser en mille morceaux. C'est parfois terriblement douloureux, repenser à une histoire que l'on a partagé avec quelqu'un et la savoir morte aujourd'hui et réduite à l'état de souvenir. Pourquoi est-ce que les moments les plus sensibles et les plus beaux ne sont que des douleurs dans l'avenir ? Pourquoi est-ce que revoir son sourire, ses yeux, ses doigts, son corps est une torture ?

- Pourquoi est-ce que je me pose toutes ces questions, soupira un jeune homme accoudé à un pont, le regard perdu dans l'eau.

Il était jeune, la vingtaine certainement, les cheveux noirs relevés en bataille au dessus de sa tête. Des yeux en amandes marrons claires lui donnant un regard enfantin et innocent. Son nez était fort fin et petit, tout comme sa bouche légèrement rose. Son visage entier était doux et joli, il n'était pas pour autant efféminé, mais une certaine beauté délicate le parcourait tout entier. Il était irrésistiblement craquant, lui, le tendre Tristaniel.

Il sortait d'une rupture assez difficile, rien n'avait été positif dans cette histoire, même s'il y croyait comme on croit en l'espoir. Au final, c'était tout aussi décevant. Ça faisait maintenant un mois qu'il l'avait quitté et abandonné à son triste sort. Cet homme qui l'avait laissé, répondait au nom de Ricky, un nom étrange qui ne s'accordait en rien à Tristaniel, et ce, depuis le début. Il aurait dû le comprendre d'ailleurs, si même leur deux prénoms n'allaient pas ensemble, c'est que leur histoire n'était pas bonne à faire, et pourtant... Au départ, ce n'était qu'une simple amourette, mais plus les mois passaient et plus cela devenait sérieux et solide. Pour le jeune brun en tout cas.

Alors que ses yeux étaient plongés dans le bleu de l'eau, il fut rapidement détourné par ses oreilles, qui elles, avaient entendus quelqu'un parler tout près, un homme précisément. Tristaniel se retourna en sursaut, reconnaissant cette voix, pensant immédiatement que Ricky revenait vers lui, mais la déception fut plus forte, il ne s'agissait que d'un lycéen, un peu perdu et qui venait de lui demander quelque chose.

- Pardon... Je n'ai pas entendu, fit Tristaniel en le détaillant entièrement.

Ce jeune garçon semblait plutôt mal dans sa peau, ses cheveux châtains clairs recouvraient ses yeux qui devaient être d'un bleu océan dévastateur. Ils recouvraient aussi quelques hématomes sur son visage qui gâché ses petites pommettes et son nez minuscule. Sa peau était d'une pâleur à effrayer n'importe quel passant. Il avait l'air très fatigué et fort maigre.

- Je... euh... commençai à dire le jeune garçon, je voulais savoir où... où était la gare...

- La gare ? Oula, balbutia Tristaniel en se grattant la tête, je sais où elle est, mais je ne pourrais pas t'expliquer...

- Ah... Et bien... Merci quand même, coupa l’adolescent, l’air malheureux.

Il fit immédiatement demi-tour, Tristaniel fut perturbé par le fait qu'à aucunes secondes ce jeune ne l'avait regardé dans les yeux. En le voyant avancer, il remarqua qu'il boitait légèrement, il sentit tout de suite que ce garçon avait un énorme problème, alors, sans réellement le vouloir, il le rattrapa.

- Attends, si tu veux, je peux t'y emmener, c'est à environ dix minutes d'ici à pied.

- Et bien, heu... Oui, je veux bien, répondit-il.

Tristaniel lui sourit rapidement et se présenta à lui en tendant sa main droite. Cette sensation de malaise que dégageait ce jeune homme était trop forte pour qu'il reste de marbre. Tristaniel voulait absolument savoir ce qu'il se passait et peut-être aider. S'il savait aider.

- Je... Mon nom est Timmy.

- Et bien, enchanté Timmy.

- Merci, répondit-il la voix un peu hésitante.

Les deux garçons commencèrent à marcher, Tristaniel jetait des regards à Timmy, comme il était un peu plus grand que lui, il parvenait mieux à voir son visage, le bleu qu'il avait vu sur sa joue n'était véritablement pas un rêve. Il était certes petit mais il était là tout de même, semblable à un cerne sous l'oeil. En regardant de plus près, il vit d'autres marques sur le cou du jeune garçon. Il avait été battu, ou il était fou. Tristaniel se posa instantanément des tas de questions, les traces que Timmy avait sur lui, étaient-elles les seules ? Ou bien en avait-il partout sur le corps ? Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver ? Il fini par briser le silence et ses questions par la même occasion. Il voulait coller les pièces du puzzle et il y arriverait. Ce garçon, il ne le lâcherait plus d'une semelle.

- Tu as quel âge Timmy ?

- J'ai quinze ans...

- T'es drôlement jeune.

- Tu n'as pas l'air tellement plus vieux...

- En effet, répondit Tristaniel en souriant et se frottant la tête, je n'ai que vingt ans.

- Je t'en aurais donné dix-sept...

- Et tu viens d'où ? Apparemment, tu n'es pas du coin comme tu ne semble pas connaître la ville.

- Je viens de loin. Très loin... répondit-il en baissant les yeux vers le sol.

Alors qu'il s'apprêtait à poser une nouvelle question, Tristaniel s'arrêta net lorsque le jeune Timmy se pencha en avant, se tenant le genou comme s'il allait se casser.

- Qu'est-ce que tu as ? Demanda le brun, inquiet.

- Rien... Ah ! Cria Timmy, c'est simplement mon genoux qui déconne...

- Tu es blessé ?

- Non...

Au même instant, Timmy tourna de l'oeil et s'effondra au sol. En voyant le étendu par terre, Tristaniel réussi à garder son sang froid, il allait appeler une ambulance lorsque la main du gamin lui saisi la sienne.

- N'appelles personne... pitié...

- Qu'est-ce que tu as ?

- Rien... rien du tout... répondit le jeune homme en fermant les yeux, signe de son évanouissement.

Tristaniel s'agenouilla près de Timmy, il prit son pouls et constatant que son coeur battait lentement, ou alors, il ne le sentait pas comme il faut. Il prit le jeune garçon dans ses bras et l'emmena jusqu'au parking non loin de là, où se trouvait sa voiture. Timmy n'était vraiment pas lourd, à en juger la facilité dont Tristaniel avait de le porter, il devait à peine faire dans les quarante kilos.

Une fois monté dans sa petite renault verte, le brun démarra la voiture à grande vitesse et se précipita à son appartement, se retournant le plus souvent possible sur Timmy. Celui-ci gémissait et pâlissait à vue d'œil au fur et à mesure que les minutes passaient.

- Tiens le coup gamin, murmura Tristaniel en appuyant sur le champignon.

Il arriva en quelques minutes dans une rue assez tranquille de la ville. Plusieurs immeubles côte à côte faisaient le décor, tous aussi calmes les uns que les autres. Tristaniel gara sa voiture en bas de l'un d'entre eux, il attrapa Timmy qui semblait un peu plus conscient que lorsqu'il s'était effondré.

- Tu peux marcher ?

- Où... où je suis...

- Essai de te tenir à moi et de marcher, je t'emmène dans mon appartement.

- N...non... pitié... murmurait Timmy d'une voix faible.

Il n'avait plus de force, tellement, qu'il se laissa faire. Tristaniel le tira vers chez lui, le regard inquiet et la tête du jeune garçon pressée sur son épaule. La situation difficile et le cœur lourd de plusieurs sparadraps, ils avancèrent dans l'immeuble gris à la recherche d'une nouvelle chance.

- Je devais mourir...
 
Image : Kaname de Vampire Knight
 
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Justinien - Cinquième chapitre (Justinien) posté le samedi 23 février 2008 03:36

 

 
Mon cœur s’emballe, j’ai une peur totale qui s’empare de moi, je me balance d’avant en arrière, le temps me frustrant terriblement. Marien devrait arriver d’une minute à l’autre, le proviseur l’a sommé de venir me chercher dans son bureau. C’est horrible, lorsqu’il va débarquer, il va vouloir me… Je ne tiens même pas à imaginer ce qu’il va me faire tant la réalité de ce moment approche à grand pas. Et je ne me trompe pas, deux minutes plus tard, Marien est là.

Il passe doucement la porte, cette façon lente d’agir me prouve qu’il est dans une colère noire, une colère pire que celle d’hier ? Je commence à m’inquiéter avec douleur. Etrangement, je sens mes bleus me rappeler leur présence,  histoire d’en rajouter un peu plus dans mes craintes.

Je me lève immédiatement lorsque Marien arrive devant le bureau du proviseur, celui-ci n’a pas le temps de prononcer un mot qu’il se retrouve surprit par une chose à laquelle je m’entendais, mon frère vient de me donner la plus forte gifle que l’on puisse donner à quelqu’un, le pire de tout, c’est que ma main n’a même pas le temps d’atteindre ma joue endolorie que je m’en reprends une autre de l’autre côté. Je lâche un léger cri de stupeur avant de relever maladroitement mes yeux vers le regard furieux de Marien. Je suis foutu me fait-il comprendre.

Le proviseur ne semble plus être à sa place, il ne s’était pas attendu à une action aussi rapide de la part de mon tyran. Il savait qu’il n’était pas à piquer des vers étant donné qu’il avait dû le supporter il y a quelques années, même si Marien fut un excellent élève, un élément très apprécié au sein de l’établissement, son caractère difficile et son côté dur lui avait donné une réputation vraiment peu engageante. Marien était froid, peut-être même glacial, mais le principal n’aurait jamais cru qu’il pouvait se comporter comme cela avec son petit frère, même je suis un cas d’instabilité et de honte. S’il savait ce qu’il s’est passé hier, il n’aurait même pas été sous le choc de cette action humiliante que je venais de vivre.

_ Excusez-moi, déclame Marien à l’attention du proviseur, celui-ci lui répond d’un hochement de tête approbateur.

C’est comme s’il approuvait les deux retentissantes claques, c’est pathétique. Je me recule de ces deux hommes, je préfère me mettre à l’écart, le regard furieux de Marien me procure une sensation qui me tétanise.
Dans les minutes qui suivent, nous quittons le lycée, je me sens horriblement mal, rien que le fait de m’éloigner de cet endroit que je hais tellement en compagnie de mon frère, me perturbe à un point que je n’aurais pas cru lorsque j’ai agit en faveur de mon beau brun. Mon beau brun qui ne sera sans doute pas reconnaissant de ce que j’ai fait.
Sur le chemin, Marien et moi ne partageons aucuns mots. A quoi bon de toute manière, je me doute parfaitement de ce que je risque d’avoir en rentrant, alors, que je m’explique ou non, ça ne ferait qu’aggraver la dureté de mon frère.
 

*


Ce qu’il s’est passé en rentrant, je n’arrive même pas à le comprendre. Là, je me retrouve comme la vieille, en larmes, horrifiée parce qu’il s’est passé. Et je n’arrive même pas à distinguer le pire dans tout ça. Est-ce que c’était la violence de Marien ou bien le fait que cela ait duré deux fois plus longtemps que la fois précédente ?
 
Je pleure tellement que j’en viens à me mordre les doigts tellement j’ai envie de hurler à l’injustice, à l’immonde comportement de Marien. Je le hais plus que tout. Et je me rends compte que je ne le connais vraiment pas, que je ne l’ai jamais connu dans le fond. C’est un grotesque sentiment. Il vient de briser le peu de respect et d’estime que j’avais pour lui. Et pourtant, quand je repense à certains gestes de sa part, je me dis que je tiens quand même à lui. Ce sont sans doute les liens fraternels qui me font ressentir cela.
 
Ecoutez la chanson en cliquant ici : A la gueule des noyés - Calogero
(j'ai branché mes satellites de dictatrice pour vérifier si vous le faites x33)


Je revois encore le jour où nos parents sont décédés.

J’étais dans le salon de notre ancienne maison, près du piano auquel mon père jouait souvent. Le silence régnait depuis plusieurs longues minutes, l’une de mes grand-mère c’était absentée dans la cuisine pour accueillir Marien, je ne l’avais pas vu depuis sept mois, il ne téléphonait que rarement à la maison, son travail était trop prenant, de plus, il habitait à plus de cinq-cents kilomètres. J’appréhendais nos retrouvailles, dans ces circonstances, j’en souffrais affreusement.
Au bout d’un certain temps, je le vis entrer dans le salon. Il apparut devant moi, le regard dur et malheureux. Il me dévisageait, me détaillant de haut en bas, il constatait sûrement mes changements récents, ou peut-être me voyait-il comme un étranger… Je n’en sais rien.
La seule chose dont je suis resté conscient, c’est ce qu’il m’ait arrivé après qu’il soit entré dans la salle. Au moment où nos regards se sont croisés, j’ai commencé à faire une chute insoutenable vers le sol, et il a accouru vers moi avant que je m’effondre. Je m’écrasais donc dans ses bras en hurlant et pleurant tout ce que j’avais à pleurer. Ma main serrant le tissu de sa chemise noire. Et lui, il ne disait pas un mot, posant simplement son menton sur ma tête, sans bouger. Il ne pleurait même pas, il restait droit et froid comme un glaçon. Il était une banquise de sentiment. Agenouillé au sol à mes côtés.

C’est la dernière fois qu’il eut un geste affectif envers moi.
 
Depuis, je ne l’ai jamais revu m’approcher amicalement. Il était toujours aussi stoïque. Et surtout, seul. Je crois qu’il n’existe pas d’homme aussi solitaire et secret que Marien, je ne l’ai jamais vu avec un ami, ni  une petite amie – ou petit ami, s’il est comme moi – Non, il a toujours été lointain. Et étrangement, il me fait penser à une chanson, une chanson que je l’avais vu écouté, un jour qu’elle passait à la radio, A la gueule des noyés de Calogero. Oui, ça lui ressemble tellement, dramatique et gelé au plus profond. Il avait pratiquement frappé le poste de radio ce jour là, se sentir touché, il ne connaissait pas, je l’ai toujours vu s’empêcher d’éprouver des émotions. Rester impassible avec cette barrière qu’il s’était forgé dans sa jeunesse. Jamais mes parents ne m’avaient expliqué la froideur de ce frère, ni les raisons qui le poussaient à se battre quotidiennement. A battre quotidiennement…
J’ai les paroles et la musique qui me trottent dans la tête, et je n’arrive plus à le détester. Il me fait de la peine et je préfère soudainement choisir mes larmes à l’égard de cet homme perdu, plutôt que de me dire qu’il est un monstre ordinaire et que je pleure pour les souffrances qu’il me fait vivre.

Le lendemain matin, je me sauve avec prudence de la maison, je n’ai pas le courage de rester ici, j’emporte mon ordinateur et prend la direction de mon parc habituel. Je suis toujours aussi mal à l’aise par rapport à Fredric, me dire qu’il me hait sûrement à l’heure qu’il est, ça me donne la nausée.
Je suis assis tranquillement, à la découverte de mon clavier quand je sens une main se poser sur moi, une main d’homme. Celle-ci me serre l’épaule et en relevant la tête je découvre avec étonnement l’objet de mes tourments, Fredric, mon tendre et beau Fredric.

_ Comment ça va depuis hier ? Tu as été vraiment héroïque ! me dit-il en prenant place à mes côtés.

Immédiatement, je me sens passer au rouge, je m’attendais à tout sauf à lui, et pourtant, il est là et me parle comme à un ami. Il a donc joué la comédie ! Il savait parfaitement que je n'étais pas un sale tricheur. Mon amour va s'amplifier ! Il est incroyable.
 
_ J’ai déjà vécu meilleure situation… répondis-je en voyant les yeux de Marien dans ma tête.

_ Oh… Tes parents t’ont engueulé ? Si tu veux, je peux leur expliquer la…

_ Mes parents sont morts, tu aurais du mal… trancha Justinien, puis, il se reprit sous le regard dépité de Fredrir, c’est mon frère qui s’occupe de moi depuis cinq mois et lui parler serait la pire idée au monde.

_ Excuses-moi. Je… je ne m’attendais pas à ce que tu dises cela… avoue-t-il, l’air terriblement navré.

_ Ce n’est rien.

_ Qu’est-ce que je pourrais faire pour te remercier de m’avoir sauvé la mise hier ? reprend-il sur un ton détaché.

Mes pensées divagues sexuellement, cette question me procure des sensations érotiques, il vaudrait mieux que j’arrête mon sourire avant qu’il ne s’en aperçoive. On ne sait jamais, s’il le remarquait, il pourrait comprendre ma situation face à lui, et s’il découvrait mes sentiments, je doute qu’il daigne me remercier pour l’aide que je lui ai apporté hier. Il me fuirait comme la peste et je deviendrai la risée de tout le lycée en deux minutes.

_ Je reprends ma question Justinien, est-ce que ta façon de me regarder depuis quelques mois et ton renvoie du lycée seraient liés à de quelconques sentiments largement plus qu’amicaux à mon égard ? me lâche-t-il en pleine tête alors que je sens mon cœur s’arrêter sous la puissance de la vérité.

Oh Mon Dieu ! Mais comment a-t-il deviné ?! Qu’est-ce que je…
 
 
*esquive les boules nutellas solides envoyés par Lena*
*evite de près les attaques queue de fer de Galinou envoyé par Johanna*
*esquive grâce à Lena les briques d'Absynthe*
 

 
 Image : Angel Sanctuary (comme d'hab').
 
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Justinien - Sixième Chapitre (x'33) (Justinien) posté le dimanche 24 février 2008 01:20

 

 
Je chavire dans une autre dimension, je ne sais plus ce qu’il se passe. Je vais finir par croire que quelqu’un d’autre habite mon corps tellement je perds la notion de mes actes en ce moment. Je suis paralysé intérieurement et pourtant, je sens mes gestes et mes mouvements.
Je n’ai pas peur de ce qu’il se passe, je n’ai simplement pas l’impression que je suis éveillé, lui, cet être que j’observe jusqu’à en vouloir ma propre punition corporelle, il est là, devant moi, ou plutôt, sur moi. Il m’a écrasé contre la pelouse et c’est assis sur mes cuisses, me fixant avec ses yeux bleus de toute sa hauteur. Il fronce les sourcils légèrement et sa voix me parvient de nouveau jusqu’aux oreilles.

_ C’est donc bien vrai, tu me désires, affirme-t-il sans même trouver cela bizarre.

_ Tu… tu aimes les hommes ? murmurais-je, la voix tremblotante et très peu assurée.

_ Justinien, à ton avis, si je t’ai posé la question pour me mettre ensuite dans cette position sur toi, un garçon, je suppose, dit-il en me mettant sans gêne une main sur mon entre-jambe, chose qui me fait soudainement avoir très chaud, est-ce que, d’après toi, il y a des chances pour que je n’aime pas les hommes ?

_ Très… très peu en… en effet…

Je sursaute, il approche son visage du miens, un regard malin sur les lèvres.

_ Pourquoi n’es-tu pas venu me voir simplement, au lieu de prendre des risques inconsidérés pour pouvoir m’approcher ?

Je tremble de tous mes membres, cette situation est à peine croyable. Lui, Fredric, LE Fredric sur lequel je fantasme depuis des mois… Il est assis sur moi, vers un endroit particulièrement sensible à sa présence, sa bouche à dix centimètres de la mienne, tellement que j’arrive à sentir l’odeur de son chewing-gum à la menthe qu’il mâche avec silence. Mon cœur bat à une vitesse sans limite, c’est d’ailleurs lui qui me le fait remarquer en posant sa main sur ma poitrine.

_ Calmes-toi, j’vais pas te faire un lemon, on n’est pas dans une fiction yaoi là.

D’où… d’où connait-il ces termes ? Ce n’est pas possible, je pensais être le seul dans cette ville à lire et maladroitement écrire ce genre d’histoire ! Lorsqu’il me parle de lemon, mes poils se dressent sur tout mon corps, j’ai tellement de fois lu ce style de scène que j’arrive à imaginer certains actes en nous faisant jouer, lui et moi. J’avale ma salive, j’ai même un peu de mal à la contenir tellement la situation est impressionnante.
Je vais me réveiller, j’en suis persuadé. Fredric n’est pas là, c’est cela, je suis encore allongé dans mon lit en train de penser à un moyen de rencontrer mon bel homme.
Soudainement, je le sens me pincer la joue et me donner une petite tape dessus.

_ Hey ! Dis un mot, sors de tes rêves !

_ Je dors, c’est ça ? Et je vais me réveiller demain matin dans mon lit et cette… cette… cette…

Je ne parviens pas à finir ma phrase, il se penche sur moi et je sens sa main me caresser tendrement le visage. Il me sourit avec gentillesse, il a un air angélique, c’est touchant.

_ Désolé de te décevoir, mais nous sommes bien dans la réalité, tu es bel et bien allonger dans l’herbe,  je suis bel et bien sur toi, tu es bel et bien en train de te sentir mal à l’aise et je suis bel et bien prêt à t’embrasser… en guise de remerciement pour hier, bien entendu.

Au moment même où il achève sa phrase, ses lèvres se posent délicatement sur les miennes. Je n’arrive plus à bouger, je ne sais plus comment on embrasse, j’ai perdu tout mes moyens. Je décide finalement de fermer les yeux et de profiter de ce qui m’arrive, seulement, je ne bouge pas, mes lèvres restent closes, ce qui ennuis profondément Fredric. Puis, soudainement, je les ouvre dans un cri à la suite d’un geste surprenant de sa part, je crois que mon abstention lui a fait prendre la décision de poser sa main sur mon entre-jambe, et je pense qu’il est parvenu à ce qu’il voulait, étant donné que maintenant, je sens sa langue rentrer dans ma bouche. C’est un baiser vraiment érotique, je n’en ai jamais eu des aussi… plaisants. Son massage dans le bas m’aide à me détacher totalement des lieux et de ce que nous vivons, je me concentre simplement sur nos lèvres, nos langues, son remerciement langoureux.
Puis tout se stop, il se redresse, me jette un regard malicieux, aussi malicieux que le mien, ce que je suis naturellement alors que lui, c’est une manière que je trouve perverse de me faire comprendre qu’il a apprécié notre baiser.
Sa main est toujours au même endroit, et elle réalise toujours les mêmes mouvements. Cette façon que Fredric a de me toucher, elle est meilleure que tous ce que j’ai déjà vécus. Oui, je connais déjà quelques plaisirs sexuels, tous ayant été partagés avec mon ex petit ami, un garçon que j’avais rencontré l’été dernier en vacances en Californie, son nom était Dimitri. Il a été mes premiers ébats amoureux avec une personne du même sexe. Je sais, cela est assez choquant pour quelqu’un de seize ans d’avoir déjà eu de nombreuses relations de cet ordre, mais c’est naturel après tout. De plus, nous sommes très avancés sur nos âges dans la famille.

Je ne sais même pas que je pense à tout cela en ce moment, c’est assez effrayant, je ne sens que les doigts de Fredric sur moi, en train de me toucher. Je n’ai même plus peur qu’un promeneur nous tombe dessus, quoique, à cette pensée, je regarde rapidement sur les côtés avec inquiétude.

_ Le parc est désert, il n’est même pas encore neuf heures et nous sommes en semaine, me rassure Fredric tout en baissant ma braguette.

Mon Dieu, il me la descend vraiment, c’est… Oh ! Mon Dieu ! C’est Fredric, mon Fredric, c’est insensé ! Je sens sa main s’introduire dans mon pantalon, je gémis, il a le bout des doigts froids. Il me malaxe prudemment, c’est une souffrance particulièrement troublante. J’ai envie de le forcer à accélérer.

_ Il faut bien que je te remercie à la hauteur de ton aide !

Puis, tout en joignant ses gestes à ses paroles, il sort soudainement mon sexe de mon boxer, il y a peu d’espace entre l’ouverture de mon jean et l’étroitement de mon boxer, mais, je ne sais pas par quelle prouesse il parvient tout de même à me le sortir presque entièrement, l’air froid de l’extérieur me faisant dresser n’importe quel poils de mon corps.
Il se courbe en avant, pour cacher cette ébat sexuel qui se livre dans un jardin public. Il m’embrasse de nouveau, je passe mes bras autour de son cou, je ne veux plus qu’il se redresse. Il me touche de plus en plus vite, mon cœur bat à la vitesse de ses caresses. Je me sens haleter, suer. Il m’embrasse avec pression sur mes lèvres. Ma pression monte. Je ne sens plus rien autour de nous. Et comme un crétin qui veut arrêter trop vite ce moment sexuellement attendrissant. J’explose dans un chant de voix.

C’était lui et moi, pour la première fois.
 
 
Image : Gravitation =3 (Tatoux tu te souviens ?)

 
 
 
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Son Nom est triste - Deuxième Chapitre (Son Nom est triste) posté le dimanche 24 février 2008 18:55

 

 
Fautes non corrigés sur ce chapitre, j'ai laissé tel que c'était y'a quelques mois
On rentre dans le feu de l'action avec celui-la, vous allez voir, ça va virer glauque pour le reste de l'histoire..

 

 
Trois mois plus tard.

Tristaniel était allongé sur son lit, il semblait planer et se laisser aller à ce que bon lui semble. La musique à fond, il se repassait en boucle l'album The Wall des Pink Floyd. Cette musique l'emporté dans un autre monde, lui faisant oublier tout, entièrement tout. Ce n'était pas pour rien que l'on disait que ces grands de la musique étaient complètement shootés lorsqu'ils préparaient leur texte. Tristaniel aussi, par la même occasion en ce moment même. Allongé sur son lit, le joint en main, il ne savait même pas comment il en était arrivé là... Enfin si, ce phénomène était venu en même temps que Timmy... Ou plutôt en même temps que l'accident de Timmy d'il y a un mois.

Tout ce qu'il s'était passé, il n'aurait jamais pus y penser, même dans ses rêves les plus grotesques. Non. Aujourd'hui, Timmy n'était plus là et au fond, il avait été touché par la mort de ce jeune homme. Il l'aimait bien, il voulait l'aider. Mais comme à chaque fois, il avait échoué, massacrant toutes possibilités de se sentir bien un jour. La mort de Timmy avait emporté l'espoir de Tristaniel dans sa course folle. Au final, il se disait que son nom était triste.

Deux mois plus tôt.

Je t'ai déjà dit que ça ne me dérangé pas Timmy, tu as le droit de rester ici, dit Tristaniel légèrement agacé par son ami.

Je... Mais je ne peux pas, ça fait déjà un mois que je suis chez toi et… Et puis, si jamais on me retrouve, je vais avoir des ennuis... Je veux pas avoir d'ennuis...

Tristaniel s'avança vers le jeune homme et posa ses mains sur ses épaules. Il soupira puis plongea ses yeux dans ceux de Timmy.

Premièrement, tu peux rester ici sans aucuns soucis, si je te le dis, c'est que tu peux et deuxièmement, personne ne te retrouvera. Personne, tu m'entends.

J'ai... J'ai tellement peur si tu savais... C'était... C'était il y a un mois et... et je n'y arrive pas moi, je ne peux pas oublier.

Je sais, murmura Tristaniel en prenant Timmy dans ses bras, mais ne t'inquiètes pas, je te protégerai, je te le jure. Il ne t'arrivera rien.

Au même moment, le téléphone de Tristaniel sonna, il lâcha Timmy en lui faisant un petit sourire crispé et prit son portable en main. Son regard s'assombrit lorsqu'il découvrit le nom de la personne inscrite sur l'appel.

Bon... Sang, pourquoi lui...

Qui est-ce ? Demanda alors Timmy inquiet de ce regard qu'il venait de voir dans les yeux de Tristaniel.

Personne... lui répondit le jeune brun en décrochant. Oui ? ... Pourquoi est-ce que tu m'appelles, ça fait des mois que je n'ai pas eut de nouvelle de toi... Comment ça ? Non, je suis désolé, c'est impossible... Ricky, merde... Je ne suis pas un jouet alors oublis mon numéro maintenant !

Sur ces mots Tristaniel raccrocha et soupira en regardant l'écran de son téléphone s'éteindre, il le remit dans sa poche de pantalon quand tout à coup, le portable vibra à nouveau... Le brun leva les yeux au ciel, exaspéré par la nouvelle technologie et reprit son téléphone.

Quoi ?! Dit-il sur un ton mauvais en décrochant. Oh... Cherryl... oui, excuses-moi, je pensais que c'était quelqu'un d'autre... oui, le nom était affiché mais je n'ai pas regardé... mais non, je ne t'oublis pas... oui, je serais là pour ta soirée... mais oui... mais, Cherryl, mais toi sur pause une seconde là, calme-toi... QUOI ?! Mais t'es complètement malade ! T'as osé inviter ce connard ?! C'est bon, tu peux te la garder ta soirée !

Tristaniel raccrocha au nez de Cherryl sans se soucier de quoi que se soit. Inviter Ricky était la première chose à faire s'il on voulait éviter la présence de Tristaniel à une soirée. Son ex était vraiment la personne la plus pathétique au monde pour lui. En cet instant, il avait un regard de braise prêt à incendier toute la ville. Timmy n'aimait pas le voir comme ça et il le savait, donc lorsqu'il avait un moment d'énervement, le jeune garçon s'enfuyait dans une autre pièce ou allumait la télévision à la recherche de quelque chose d'intéressant comme en cet instant. Là, il était tombé sur un épisode d'une série mondialement connus : Heroes. Apparemment il s'agissait d'un moment clé de l'histoire puisque l'action avait engluée l'écran et que les scènes étaient très prenantes. Timmy était assis en tailleur sur le canapé, les yeux dévorant la télévision, Tristaniel, juste derrière, jeta un coup d'œil à son ami, il souri furtivement puis alla s'asseoir près de lui.

Alors comme ça, tu ne vas pas à cette soirée ? Demanda le plus jeune tout en fixant l'écran de la télé.

Non, trop d'abrutis vont là-bas, ça ne me plaît pas.

Qui est Ricky ? Tu prononces souvent ce prénom et tu ne m'as jamais vraiment parlé de lui...

Tristaniel soupira et tourna la tête vers son ami. Il lui lança un regard assez malheureux, signe que le sujet était délicat. Timmy se détourna de la série et aperçut les yeux de Tristaniel.

Si c'est un suj... commença Timmy.

Ricky est mon ex petit ami... coupa Tristaniel après avoir prit son souffle.

Ah... Tu...

Je suis, ce que l'on pourrait appeler, un gay, oui.

Non, ce n'est pas ça... Tu dois être triste.

Le brun accentua son regard sur Timmy. Il était perturbé de voir que son interlocuteur ne semblait pas choqué de le savoir homosexuel, le monde serait-il dans une ère nouvelle où les regards dégoûtants ne se poseraient plus sur leur état de vie comme s'ils étaient malsains ? Après tout, pourquoi pas. Mais ce n'était peut-être qu'une simple chance. De toute façon, Tristaniel avait déjà eu la preuve que Timmy était hétérosexuel. Combien de fois l'avait-il surpris en train d'observer certaines filles dans la rue. Et puis, en quoi cela le regardait-il finalement, Timmy était ce qu'il voulait être.

Oui, j'ai eu du mal à m'en remettre, c'est le genre de plaies intenses qui ne se guérissent pas rapidement.

Je comprends... C'était il y a combien de temps ? Demanda Timmy. Tu n'es pas obligé de me répondre, je suis trop curieux... Excuses-moi.

C'était il y a deux mois.

Il y a deux mois... soupira Timmy, le regard se tournant vers le sol.

Oui...

C'est encore très récent... Désolé de t'avoir parlé de ça... Je n'aurais pas du.

C'est de l'histoire ancienne, je me fiche de lui maintenant et en parler ne me fait pas plus de mal qu'à l'ordinaire. Si tu veux tout savoir, il m'a trompé et a ensuite eut des réactions étranges qui m'ont encore plus repoussé de lui... Alors que je l'aimais. C'est triste.

Sans dire un mot, Timmy s'allongea, la tête sur les genoux de Tristaniel et il encercla ses bras autour de la taille de son ami. Le brun ouvrit les yeux en grand, c'était la première fois que Timmy avait un geste aussi affectueux à son égard, en principe il n'utilisait que des mots. Pour lui montrer que cela le touchait, il le serra dans ses bras en posa sa tête sur celle du jeune garçon.

Je ferais en sorte que tu ne sois plus jamais triste, comme toi tu fais en sorte que mes démons me quittent.

Merci Timmy... merci beaucoup... murmura Tristaniel tout en laissant quelques larmes couler sur son visage.

Il n'aurait jamais cru en pleurer encore deux mois après, surtout en haïssant aussi profondément cet homme. Mais finalement si, la gentillesse de Timmy lui a arraché son cœur brisé et touché là où cela faisait encore mal. C'était donc logique de sentir les larmes glisser sur son visage. Le plus jeune des deux les aperçut, il ferma les yeux et se blotti encore plus dans les bras de son ami. Il espérait l'avoir quelques peu soulagé, qui sait.

Les jours passèrent assez calmement, Tristaniel n'était finalement pas sortit voir son amie, sans doute trop énervé de savoir qu'il y aurait cet individu à la soirée. Timmy et lui était donc resté plusieurs jours de suite dans l'appartement à regarder des films ou alors jouer à des jeux vidéos. Quelques petits jours sympathiques aux yeux de Timmy et la preuve de son insociabilité à Tristaniel. Ne pas sortir n'était plus dans ses habitudes, il faisait tellement d'effort depuis son adolescence pour mettre les pieds dehors et faire des rencontres, que constater qu'il ne bougeait plus lui donnait l'impression d'être reparti dans le passé et de retomber derrière ce mur qu'il avait, il le croyait, chassé. Bien sur, Timmy était là, lui ce petit jeune qu'il avait ramené et auquel il tenait beaucoup. Il en était très heureux d'ailleurs, plus aucuns signes de faiblesses n'apparaissaient sur son visage, il souriait même des fois. Chose qui remonté le moral de Tristaniel. Finalement, il se sentait important pour au moins une personne. Et utile.

Ce film, c'est de la bombe, je l'ai déjà vu une fois, j'ai toujours rêvé de le revoir, dit Timmy en se servant dans le paquet de chips que Tristaniel avait dans les mains.

J'avoue, je l'ai déjà vu aussi, et je l'ai trop aimé.

Aller ! Met le s'il te plaît, j'ai trop envie de le voir.

Tristaniel se tourna vers la pendule accrochée au mur derrière lui.

Pas maintenant, tout de suite, c'est... commença-t-il.

Heroes ! Finit par dire Timmy. Vite, la télécommande ! On n’est pas sur la bonne chaîne !

Ils se jetèrent sur celle-ci et Timmy monta le son à fond. Pas suffisamment pour cacher le bruit de la sonnette. En effet, quelqu'un venait d'arriver chez Tristaniel. Ce dernier tira une tête d'enterrement lorsqu'il dû se lever et quitter sa série préférée.

Je te raconterai Tristaniel, vas ouvrir, s'esclaffa Timmy.

Oui... Oui...

La sonnette retentit à nouveau et de manière prolongeait. Tristaniel cria un « deux minutes » puis partit ouvrir la porte. Lorsque la personne qui s'acharnait sur le bouton apparut, Tristaniel failli s'évanouir.

Non... Pas toi...

Tristaniel... Il fallait que je te vois.

Ricky vas t'e...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que son ex petit ami lui sauta dessus en l'embrassant avec rage. Tristaniel essaya de le pousser, mais sans succès, il s'acharnait sur ses lèvres lui bloquant les mains en arrière.


Image : Zero de Vampire Knight
 
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Justinien - Septième Chapitre (Justinien) posté le dimanche 24 février 2008 19:09

 
 

 
 
Nous sommes restés une bonne partie du reste de la matinée à discuter assis dans la pelouse. Il n’avait pas cours ce matin, les profs de sciences s’étaient absentés, il était donc venu dans ce parc puis m’avait repéré de loin avec mon ordinateur portable. Ensuite, les événements qui se sont produit… je les trouve à peine croyables et pourtant, il avait fini par me faire comprendre que c’était la réalité, à l’entente de mes gémissements, je m’en suis rendu compte. Une légère complicité c’était installée suite à cela, seulement, il ne me parlait pas de ce geste qu’il avait eu envers moi, ce qui m’énervait beaucoup. Un baiser et une… cela méritait tout de même une petite discussion ! J’avais peur que ce ne soit vraiment qu’un remerciement de sa part et qu’il se fiche totalement de moi en réalité. Si c’était le cas, je trouverai son comportement décevant, il aurait joué avec mes émotions et mes sentiments. Après tout, je l’aimais bien plus qu’il n’y paraît et me satisfaire de la sorte était une déclaration à mes yeux.

_ Tu regrette Fredric ? demandais-je alors qu’il allait se lever pour rentrer chez lui se préparer.

_ Et toi Justinien, regrettes-tu ce qu’il s’est passé ?

_ Non, bien entendu ! m’écriais-je, alarmé par la question.

Comme si je pouvais cracher sur ce moment d’intimité que nous venions de vivre comme des exhibitionnistes… (Qu’est-ce que c’est paradoxal, tout de même).
Je le vois me sourire, je trouve cela vraiment affectueux, il est comme dans mes songes, une personne admirable.

_ Dans ce cas, je ne regrette pas non plus, me dit-il.

Je voudrais tellement poser ma tête sur son épaule et me blottir dans ses bras. Bercé au creux d’un univers qui deviendrait le miens. Il pourrait effacer mes chimères, me rendre plus sain d’esprit et arrêter toutes ces peines qui me dévorent de l’intérieur et qui font de moi un garçon sous tension. Il deviendrait encore plus fabuleux que maintenant, mon beau Fredric. C’est un conte à demi réaliste que je vis en ce moment.
Il se lève, je grimace, j’aurais voulu qu’il reste encore un peu. J’ai peur qu’il ne m’adresse plus la parole, qu’il m’écarte de lui au lycée. J’ai envie de m’accrocher à sa jambe pour l’empêcher de faire un pas loin de moi. Mais ma convenance me retient de le faire. Et puis, si Marien découvrait de l’herbe dû au frottement de mon corps sur la pelouse parce que je me serais laissé traîner comme un môme par Fredric, il piquerait une crise pour ne plus passer pour la boniche de la maison. Je resiste donc à la tentation de lui mordre un mollet.

_ Désolé de t’abandonner, mais grâce à toi, je ne suis pas renvoyé, donc il faut que je suive le cursus scolaire jusqu’au bout.

_ Quelle agréable perspective pour le reste de la journée.

_ Tu l’as dit, mais il faut bien que j’me dévoue pour m’imaginer un avenir.

_ Imaginer seulement ?

Il ne me répond pas et se contente simplement de me dévisager, on dirait que l’avenir lui fait peur autant qu’à moi. Les questions « du que vais-je devenir » le tracasse lui aussi apparemment. Nous sommes vraiment une génération de paumés qui ne supportent plus le train-train quotidien imposé par les élus. On désire tous notre part de liberté qui ne viendra sans doute jamais, du moins, si nous restons les bras croiser devant l’esclavagisme naissant.
Je vais laisser mes idéaux politiques où ils sont, dans le cul du patron supérieur, et me concentrer sur la mine dépitée que Fredric  me fait.

_ On… on se reverra ? demandais-je avec une peur de la réponse.

_ En principe, je ne masturbe pas les mecs pour les ignorer à la suite, surtout lorsqu’ils sont dans le même lycée que moi, donc, oui, on se reverra, et oui, je te parlerai.

Il a le don pour me rassurer sur toutes mes inquiétudes, c’est assez surprenant, ou alors a-t-il eu tellement d’expérience dans ce domaine qu’il sait comment réagissent les gamins comme moi. Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut pas que je m’angoisse, il n’a pas l’air d’être le sale type qui me lâchera après m’avoir touché.
Fredric quitte les lieux quelques secondes plus tard en me passant une main dans les cheveux. Cette caresse d’un au-revoir me donne envie de lui bondir dessus. Il est affamant, même si je ne suis pas certain que cette expression existe.

Je m’apprête à rentrer chez moi quelques minutes plus tard, je tiens à rédiger au propre ce qu’il s’est passé avant de me lever de cette pelouse qui me semble érotique. Cela ne dure pas longtemps, et j’ai encore du mal à noter les mots pour expliquer ce que j’ai vécu. Je suis toujours aussi remué par cette histoire. Et dire qu’une petite voix dans ma tête me disait que j’aurais un mal de chien à l’avoir, mon Fredric. La situation est assez surprenante, je dois dire.
Il m’a embrassé, il m’a touché sans crainte alors qu’il ne me connaissait pas et j’ai prit mon pied dans un parc alors que je suis pudique. Une ouverture sexuelle comme je l’attendais, mon bel homme est parfait !

Une fois de retour chez moi, il est bientôt midi, Marien n’est pas encore rentré normalement, il vaudrait mieux d’ailleurs. Il m’a fortement déconseillé de sortir pendant mes journées d’exclusions. Il est pire qu’un parent sévère. Je passe la porte et j’ai le bonheur de la trouver vide, heureusement. Je soupire de soulagement et monte dans ma chambre déposer mes affaires. En ouvrant la porte, ma gaieté chute à une vitesse phénoménale. J’ai tout faux sur la ligne depuis que j’ai passé l’entrée de la maison, Marien est déjà ici et il m’attend là, assis sur ma chaise de bureau.
Il se lève dés qu’il me voit arriver, je me paralyse et me dit que c’est logique, j’ai été trop heureux pendant quelques heures pour qu’aucunes crasses ne me tombent sur la tête.

_ Justinien, dis-moi, hier, tu étais sourds ou tu as fait exprès de ne pas entendre ce que je t’ai dit ?

J’avale ma salive, il est (encore) sur les nerfs, c’est incroyablement étonnant.

_ Justinien ! me cri-t-il dessus.

_ Il est possible que j’ai omit de t’écouter dans la soirée… Et que je sois sorti à l’insu de mon plein gré faire un petit tour strictement professionnel.

Ma répartie est agaçante, je le sais parfaitement, mais c’est plus fort que moi. Je parle toujours ainsi face à mes ennemis, je tente par tous les moyens de leur prouver ma supériorité verbale. Avec Marien, c’est peine perdue malheureusement, il est largement plus doué que moi à ce niveau là. Il me dévisage, mes mots ne lui plaisent pas, c’est dommage, je les aime bien malgré tout.

_ Strictement professionnel… murmure-t-il d’une manière blasé, il descend soudainement son regard vers ma sacoche où se cache mon pc, Justinien, donnes-moi ton ordinateur.

_ QUOI ?!

Il emploie la mauvaise menace avec moi. Mon ordinateur… mon petit ordinateur, le dernier cadeau en date de mes parents, il est tombé sur la tête, jamais il ne s’approchera de ma pomme du jardin d’Eden ! Je préfèrerai crever plutôt qu’il me le prenne !

_ Donnes-le moi immédiatement !!

_ NON ! hurlais-je comme s’il s’attaquait à ma propre vie.

_ JUSTINIEN !!

Il s’approche de moi et tente de s’en emparer, je recule pour qu’il ne le touche pas. La colère s’empare de moi, je ne veux pas qu’il s’approche de mon ordinateur, c’est la seule chose qui m’aide à exister hormis Fredric. S’il pose un doigt sur cette sacoche, je risquerai de…
Il m’attrape par le bras et essai de me le prendre, je me débats. Il est fort, et pourtant, je le sens affreusement épuisé, mais sa façon de tirer sur la sacoche pour me la prendre me met hors de moi, j’explose :

_ VA TE FAIRE FOUTRE !!

Mon hurlement est violent, aussi violent que le coup de pied que je lui envoie dans le genou. Je sais qu’il est fragile à cet endroit là, il se l’est éclaté lorsqu’il était adolescent pendant une course de vélo avec mon père. Il s’effondre au sol de douleur, j’y suis allé un peu fort, mais c’était à ma vie qu’il s’attaquait cette fois-ci.
En voyant ma connerie, je détale en courant loin de lui. Loin de la maison. J’ai trop peur de sa réaction désormais. Je viens de le blesser d’une manière vicieuse étant donné que je connaissais sa faiblesse. Il va me tuer si je reste ici. Je l’entends hurler mon prénom, j’ai l’impression qu’il se sent retourner par la situation, qu’il est malade. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à pas vouloir s’approcher de mon ordinateur, ma petite âme transportable.
Je fuis donc dans une colère noire.
 
Image : Angel Sanctuary (nan sérieux?
vous allez finir par savoir que j'aime les mangas de Kaori Yuki).
 
Que va-t-il se passer pour Justinien ?
La suite au prochain épisode.
 
 
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