Justinien - Premier Chapitre (Justinien) posté le mardi 19 février 2008 04:01


Votre plugin flash n�cessite une maj !cliquez ici

 
Simple Plan - Welcome to my life 
 
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
 
 
J'ai le coeur qui part en vrille.
Un semblant d'amour m'a attrapé sans que je puisse le désirer. J'ai enfin trouvé quelqu'un qui me plaît, mais où cela va-t-il me mener ? Je l'observe depuis trois mois déjà, trois longs mois, si je le pouvais, j'inclurais cette approche du regard dans notre - peut-être - future relation.

Mon nom est Justinien, j'ai le malheur de n'avoir que seize ans, autrement dit, l'âge bête où l'on nous prend plus vite pour un con plutôt que pour un être capable de penser. On est mal jugé, mal vu et on effraie tout les vieux de notre époque, c'est gaie comme situation !
Je suis donc un jeune garçon tout à fait ordinaire, j'ai un visage assez fin, des cheveux châtains clairs qui partent en batailles dés que je les touche, ils sont légèrement ondulés, peut-être même bouclés à certains endroits. Ils ne sont pas longs, ils s'arrêtent au bas de ma nuque et il me tombent souvent devant les yeux. Ces-derniers sont verts émeraudes, j'ai un regard qui me fait passer pour un jeune homme malicieux, c'est assez ennuyant d'ailleurs. Mon nez est tout petit, tellement que j'ai l'impression de ne pas en avoir ! Non, en fait, en louchant, je le vois vraiment enorme. Ma bouche est plutôt épaisse et rose claire, je passe mon temps à la laisser entre ouverte... D'ailleurs, cela vient d'une annecdote assez marrante : d'après ce que l'on m'a dit, je tombais si souvent malade quand j'étais petit que j'ai fini par arrêter de respirer par le nez, j'ai donc une manière de vivre assez bruyante.
Pour ce qui est de ma peau, elle est laiteuse et douce, un véritable plaisir pour les mains paraît-il. Et pour ce qui est de mon corps, je ne me juge pas si mal que ça, je mesure un mètre soixante-dix-sept pour soixante-neuf kilos, ce qui est plutôt sympathique. Je suis mince sans que cela puisse se voir, disons que j'ai les muscles proportionnels à mon physique, et pourtant, je maudis le sport plus que tout !

En somme, je suis plutôt beau mec. Un beau mec sans grand succés... peu de gens s'intéressent à moi, je suis trop étrange d'après eux. J'ai la malchance d'être dans un lycée où mon niveau est nettement supérieur à la moyenne, c'est pourquoi j'ai beaucoup de difficultés pour m'intégrer. En plus de cela, je suis d'un naturel timide et réservé, et si on y ajoute mon attitude hautaine, je ressemble plus à un type associal qu'à un gars basique.

Des problèmes, j'en ai souvent. J'ai eu le malheur, il y a deux mois, d'insulter quelqu'un - ou du moins, critiquer avec intelligence - et depuis, on ne me supporte plus. Ma bêtise : avoir prouvé que j'avais raison et ne pas avoir démordu de ce qui était pour moi - et uniquement pour moi - un débat, que je pensais voir se dérouler entre deux personnes aux cerveaux égaux... mais non. Un rêve.
Suite à cet incident, on m'a plus ou moins tourné le dos, balancer des piques qu'ils étaient les seuls à comprendre tant le niveau était bas et on m'a rendu maladroit en me prouvant que j'étais un sale égocentrique, perturbateur et méchant garçon. C'est vraiment triste.


Aujourd'hui, je m'isole de leur monde, je reste dans mon coin comme le "no life" qu'ils s'imaginent de moi et je les ignore. Ils ne valent pas la peine que je m'intéresse à eux, ils m'ont tellement découragé recement, j'en suis venu à zapper tout mes cours et à vouloir me tirer des lieux. Un désastre. Je m'en remet, du moins, c'est ce que je pense, après, tout dépendra de ce qu'ils me feront quand ils vont me revoir.

En effet, là, je suis dans ma chambre à la conquête de mon imaginaire, je voudrais tellement revoir cette personne qui fait battre mon coeur. Ce garçon qui me plaît tellement.
Ah oui, j'ai oublié de préciser, je suis - il semblerait - gay. Je n'en ai plus honte depuis quelques mois déjà, je suis parvenu à assimiler mon attirance pour les hommes avec ma sexualité.
Encore un argument qu'ils n'aimeraient, eux, les pauvres imbéciles de mon quotidien. S'ils découvraient mon homosexualité, je suppose qu'ils me battraient, ou pire encore, ils feraient du mal au garçon que j'ai en vu.

En gros, je suis dans une impasse. Ma vie est un blocus tout entier, je n'avance plus au lycée, je me rabaisse de plus en plus à leur niveau minable, en même temps, ils ne me donnent pas tellement le choix, si je ne m'applati pas, ils me font du mal... alors, que faire ? Je perd mes moyens. Pour courroner cette vie merdique, mes parents sont décédés il y a cinq mois, ils ont percuté un camion alors qu'ils étaient simplement partis faire quelques courses, en effet, comme un idiot, j'avais piqué une crise parce que je n'avais plus de café, or, j'ai sans cesse besoin de café ! Et eux, comme leur idiot de fils, ils ont prit la voiture pour aller acheter du café... seulement, ils n'avaient pas prévu d'acheter leur mort en sortant ainsi. Quelle connerie.
Depuis, je vis chez mon frère, Marien, de huit ans mon aîné, autant vous dire que ce n'est pas la joie, je ne l'aime pas beaucoup et il ne se préoccupe pas de moi. Sauf pour me coller une baffe quand je ne fais pas ce qu'il veut. C'est marrant. Pourtant, je ne me souviens pas avoir vu mes parents lever la main sur l'un d'entre nous.

Enfin bref, j'habite donc seul avec Marien, c'est un adulte responsable et encore plus méprisable que moi. Il a un orgueil démesuré et je ne l'ai jamais vu pleurer, même à l'enterrement de nos parents.
Physiquement, il me ressemble en tout point, sauf qu'il a les yeux de ma mère, des yeux marrons foncés et ces cheveux sont coupés en brosses, sinon, c'est moi en plus vieux. Ensuite, je n'ai pas observé le reste de son anatomie, je préfére de loin me concentrer sur celle d'un autre garçon !

Hum...mon bel éphèbe, Fredric. Un garçon tout ce qu'il y a de plus banal, il a dix-neuf ans, il a redoublé sa terminal S à cause de son manque de boulot (il connaît donc mon avenir !). Il est grand, largement plus que moi, il doit bien faire près d'un mètre quatre-vingt-dix ! Le chanceux. Il a des cheveux bruns qu'il laisse s'ecrouler sur sa nuque, un peu à ma manière, mise à part que les siens sont raides. Il me semble que ses yeux sont bleus, je n'en suis pas certain, je ne l'ai pas approché de suffisament près pour en être convaincu, mais je crois bien qu'ils sont bleus clairs. Son visage est assez doux, seul son regard me déplaît, il est assez dur, un peu comme Marien... et ce n'est pas une vision agréable. Le point positif, c'est qu'il le détent facilement avec son sourire, lorsqu'il est avec ses amis qui sont - à mon grand regret, ou à ma grande chance - presque tous des garçons.

Je me retrouve encore à sourire bêtement dans ma chambre, si Marien me voyait, il me hurlerait dessus et me balancerait un livre de cours en pleine tête. Il a un peu honte de son petit frère qui rate le lycée plus qu'il n'y va, ça l'exaspère, alors que lui, il n'a manqué que deux, peut-être trois fois l'école. En plus de ça, il a réussi ses études comme un pro, désormais, du haut de ses vingt-quatre ans, il peut se vanter d'être un excellent journaliste... Enfoiré !
S'il connaissait mon amour pour les hommes, je me demande ce qu'il ferait ? Il m'enverrait sans doute à la guillotine ou demanderait à ce que l'on me foute dans un asile.

Mes parents me manquent tellement, si seulement ils pouvaient être là. Faire cesser les problèmes avec le lycée (mine de rien, les parents savent s'y prendre avec ce genre d'incident) et faire cesser les disputes avec Marien, qu'il arrête enfin de me gifler dés que l'occasion se présente. Si papa avait été là, il lui aurait retourné son acte en pleine tête. Je me souviens encore du jour où je l'ai dit à mon frère ça, il m'a fixé avec des yeux ronds et s'est enfermé dans sa chambre. Pendant trois jours il ne m'a plus parlé, il m'avait littéralement effacé, je devais même me préparer ma nourriture tout seul ! Pour ce qui était du lycée, j'en avais profité pour esquiver les cours. Ce qui me valu une nouvelle giffle lorsque Marien s'en est rendu compte... Et il cessa de me faire la tête sur cette note joyeuse.

Je ne m'entend vraiment pas avec lui. L'époque où je vivais encore avec nos parents était largement mieux. Bien sûr, il y avait parfois quelques conflits, mais rien de bien grave... En plus de ça, je prennais plaisir à aller au lycée !

Les temps ont vraiment changé...

- Justinien ! hurla une voix faussement chaleureuse d'en bas.

- Qu'est-ce que j'ai encore fait... soupirais-je tout en me relevant et me traînant jusque dans le salon, là où se trouvait Marien.
 
 
 
 Image : Angel Sanctuary.
 
lien permanent

Justinien - Deuxième Chapitre (Justinien) posté le mardi 19 février 2008 15:47


Votre plugin flash n�cessite une maj !cliquez ici

 
Linkin Park - Numb 
 
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
  
- Bonjour mon frère, comment vas-tu ? déclarais-je en arrivant devant lui.

- Attends ! Tu as vu un peu le bordel que tu m'as fait dans le salon ! Tu vas me ranger ça tout de suite Justinien ! J'ai horreur qu'on laisse son chantier en plan ! cria-t-il en désignant la table basse devant la télévision...

- Okay... dis-je en me dirigeant vers l'endroit indiqué.

L'avantage c'est que je n'en ai que pour deux, peut-être trois minutes. Il n'y a que quelques miettes, un paquet de cookies que j'ai englouti et la télécommande mal rangée. Ce n'est donc pas enorme, mais Marien est maniaque, vraiment maniaque. Il me regarde faire, ma parole, il a peur que je casse quelque chose ou que je me sauve en laissant tout comme ça, il est assez effrayant lorsqu'il réagit ainsi. Je ne me suis jamais entendu avec lui, même lorsque j'étais petit, il était sage et distant, quant à moi, j'étais perturbant et j'avais sans cesse besoin de l'affection de mes parents. Nous sommes vraiment opposé l'un à l'autre... Il n'a pas toujours été ainsi, un jour, papa m'avait expliqué qu'il lui était arrivé quelque chose de grave avant que je naisse, quelque chose de très grave. C'est peut-être cela qui explique la méfiance et la dureté de Marien.

J'ai fini de nettoyer, il a fini de m'observer. Une envie terrifiante de boire un café me saisi, je fonce donc dans la cuisine à la recherche d'une tasse de ce liquide que j'aime tant. J'arrive devant la cafetière et lorsque je m'apprête à préparer mon café, je constate avec amertume qu'il n'y en a plus...

Il n'y a plus de café... J'ecarquille les yeux, ça me fait mal.


*

- MAMAN !! hurlais-je en entrant avec rage dans le salon de mon ancienne maison.

- Qu'est-ce qui t'arrive encore Justinien ? demanda-t-elle de sa voix posée.

Je la revois comme si c'était hier. Elle est si belle avec ses longs cheveux auburns qui lui tombent dans le dos et son regard marron qui me frôle comme une caresse protectrice... Elle me manque.

- On a plus de café ! C'est horrible ! J'vais en crever !! continuais-je d'hurler.

- Vraiment ? Je crois que c'est ton père qui a bu la dernière tasse tout à l'heure.

Je me retourne vivement vers lui. Le regard noir et en colère. Il est assis sur le canapé et regarde un documentaire sur les oiseaux. Je me demande si ce n'était pas un avertissement parce qu'il allait bientôt rejoindre le ciel... J'ai mal au coeur.

- Papa !

- Oui mon grand, excuse-moi de t'avoir volé ton café... commence-t-il avant d'entendre ma fureur s'ecraser dans ses tympans, mais ne t'en fais pas, on va aller en chercher tout de suite avec ta mère !

- Sérieux ?

- J'avais envie de sortir un peu, tu es juste mon excuse pour pouvoir le faire, dit-il en se levant et me souriant.

- C'est super sympa ! répondis-je avce joie.

- Toi, tu reste à la maison, nous reviendrons d'ici dix ou quinze minutes.

Et là, je le revois enfiler sa veste et partir avec ma mère. Il quitte les lieux, c'est affreusement douloureux de les voirs partir ainsi. Et dire que c'est ainsi que je les ai vu pour la dernière fois, avec mon comportement de gamin minable. Mon coeur se brise sur l'image d'eux, en train de fermer la porte d'entrée.


*

Je suis accoudé au comptoir de la cuisine, la tête dans les mains, ce souvenir me donne envie d'hurler et de m'effondrer au sol. Mais je ne le ferai pas, Marien s'enerverait sûrement...
Je me redresse, mes yeux me piquent, cette fois-ci, je vais me passer de café...

Je remonte vivement dans ma chambre. Demain, je ne retournerai pas au lycée, Marien n'en saura rien, comme d'habitude. Aujourd'hui était une absence justifiée, il me fait le mot, je transforme les dates et c'est bon, j'ai mon excuse pour les deux, peut-être trois semaines d'absences parfois. C'est tout con comme technique, mais c'est la seule que j'ai trouvé pour ne plus fréquenter ces imbéciles ! Même si je dois me passer de la vision de Fredric...
Si Marien apprennait que je seche, il me tuerait je crois ! Pour lui, c'est la pire atrocité, il faudrait limite envoyer en prison les gens qui ne prennent pas leur responsabilité. Mais comme dirait si bien une personne que je connais, j'ai le droit de foutre ma vie en l'air si je le désire, c'est ma vie. Et ce n'est pas Marien qui pourra avoir des droits sur elle !

La soirée s'écoule lentement, je me presse de visionner quelques bons films avant de devoir descendre manger et entendre les répliques de mon frère. Il me signe enfin mon mot, uniquement pour aujourd'hui.. Il ne sait pas que ça fait deux semaines que je ne suis pas allé en cours, mais ce n'est pas grave, je vais changer les dates et je n'y retournerai sans doute que lundi prochain.

Je monte dans ma chambre et m'eclate sur mon lit, j'attrape un stylo et modifie le temps de mon absence... D'une journée, elle va s'étendre sur trois semaines quasiment ! Je n'ai plus le courage d'y aller, ces gens me dégoûtent de trop, et puis là-bas, ils ne se soucient pas de leurs élèves, et pour preuve : jamais ils n'apellent à la maison pour demander une raison de mes absences. Tant mieux, au moins, c'est un point positif pour moi.
Et dire que demain il va falloir que je me lève à sept heures pour faire comme si j'allais au lycée... Je vais surtout emballer mon ordinateur portable et l'embarquer avec moi, ensuite, je me poserai tranquillement dans un parc, au soleil, et j'écrirai un peu. Je dois l'avouer, je m'ennuie en n'allant pas au lycée, mais ce n'est pas un problème, je préfére passer mon temps à écrire plutôt qu'à travailler sur des choses qui ne me plaisent plus. De toute façon, depuis Fredric, je n'arrive plus à me concentrer sur mes cours, le fait qu'il soit dans une salle environnante me donne envie de courir partout, de lui sauter dessus et de lui faire sauvagement l'amour. Si seulement c'était possible...


La nuit est extrêmement noir, il est 2h du matin lorsque je me décide à me coucher, j'ai publié tout ce que j'avais à publier sur le net, je verrais bien demain soir comment les choses avancent. Il n'y a pas un bruit dans la maison, Marien dort depuis longtemps. Il ne sait pas que je reste sur mon ordinateur jusqu'à des heures aussi terrifiantes ! S'il le savait, il me collerait encore une enorme baffe. C'est devenu sa signature avec moi... C'est lassant.

Le matin est vite arrivé, je me dépêche de me préparer, je fais vite fait mon faux sac de cours. Je descend en bas, Marien m'a préparé mon petit déjeuner, je le mange à la vitesse de l'éclair et je glisse quelques biscuits dans la poche de ma veste. Il me souhaite une bonne journée, chose que je lui renvois dans l'immédiat, puis je quitte les lieux et par vagabonder ailleurs.

Il n'est jamais là de la journée, c'est pour ça que c'est aussi simple pour moi de faire comme si j'allais au lycée. Lorsqu'il rentre, je suis censé être déjà de retour, alors bon, je peux revenir à la maison à n'importe quelle heure... Cela dit, j'ai arrêté depuis le jour où il m'avait fait la tête et qu'il s'était apperçu que je sechais, il était rentré en avance et m'avait choppé en train de glander dans ma chambre au lieu d'être au bahut.


*

Il était environ quinze heure de l'après-midi, Marien était à son travail, tranquillement assis à son bureau en train de rédiger un article pour le journal où il travaillait. Ses lunettes reflettait l'ecran de l'ordinateur, l'affaire dont il devait parler, il ne l'aimait pas. Il s'agissait d'un affaire de viol, une jeune fille de quinze avait été retrouvé éventrer dans les bois, elle avait subi de multiples horreurs. Marien en avait mal de taper sur le clavier des mots tel que "retrouvé morte", "battue", "violée"...

Quelques minutes plus tard, il fut interrompu par l'un de ses collègues :

- Marien, téléphone pour toi sur la deux, dit l'homme en ouvrant rapidement la porte du bureau.

- D'accord, merci Vincent, répondit-il en s'emparant du combinné.

A mesure qu'il discutait à travers cette objet ses yeux s'ecarquillaient avec une fureur naissante. Comment avait-il osé ?! Comment Justinien pouvait-il faire une chose pareille. Lorsque Marien reposa le téléphone, les mots de la secrétaire du lycée résonnait encore dans sa tête.

Non, je vous assure, il n'est pas venu depuis plus de deux semaines M.Hooper.

- Quel sale petit con ! s'énerva Marien en claquant avec force son bureau. Je vais le massacrer !

Il se leva et attrapa sa veste, il quitta plus tôt que prévu et rentra chez lui, son coeur battant à tout rompre. Jamais il n'avait été aussi furieux après son frère, jamais il n'avait pensé devoir faire ça ! Justinien allait payer le prix fort cette fois-ci, il allait s'en assurer. Et plus jamais il ne secherait les cours, non, plus jamais !


*

La soirée était arrivée un peu trop vite à mon goût, je fus obligé de quitter rapidement le parc pour rentrer chez moi. Les gens de mon lycée venait de sortir, ils étaient libres pour le reste de la journée, tout comme moi. Je me pressa donc de rentrer pour faire mine que je suis allé en cours,on verra bien si Marien est là ou non.

Et par manque de chance, lorsque j'ouvris la porte derrière la maison, celle de la cuisine, il était là, en train de faire la vaisselle. Je ne sais pas pourquoi, mais il avait l'air vraiment nerveux, je ne l'ai encore jamais vu dans cet été là en cinq mois, je prie donc qu'il ne me tombe pas dessus, je n'ai pas envie de me disputer avec lui ce soir.

- Bonsoir Justinien, alors cette journée au lycée, c'était bien ?

- Comme une journée de lycée... répondis-je avec innocence.

- Qu'avez-vous fait aujourd'hui ? demanda-t-il sur un ton faussement doux.

- Pas grand chose.

Pourquoi toutes ces questions, je vais finir par angoisser. Ma parole, il a envie de défouler ses nerfs sur moi, je n'ai vraiment pas de chance. Il me fatigue parfois.

- Vraiment ?

- Oui Marien, vraiment, assurais-je.

- Je te demande tout ça, parce que j'ai eu un appel à mon travail, à ton avis, qui aurait bien pu m'appeller au travail dans la journée Justinien ?

Mon sang ne fit qu'un tour, il se glaça immédiatement après, je n'ai même pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il se met à me hurler dessus, Le lycée l'a appelé, mon lycée, cet endroit qui se fiche des élèves... Il a appelé mon frère, ce frère qui commence à s'avancer vers moi dangereusement. Il me saisi par le col de ma chemise et me traîne quelque part, dans le salon, je crois, je sens la porte me taper la tête au moment où il se sert de moi pour l'ouvrir.
Je n'ai pas réellement conscience de ce qui m'arrive, tout ce que je sais, c'est qu'il me traîne dans le salon, et qu'on se stoppe. Et là, j'ai soudainement mal, une douleur atroce s'empare de moi, je ne sais absolument pas ce qui m'arrive. Mais je cri de douleur. Je crois, qu'il me frappe, je n'en suis pas encore sûr, l'annonce de la nouvelle m'a totalement assomé, mais je crois bien qu'il me frappe et que cela me fait horriblement souffrir...
Au bout d'un certain temps qui me paru durer une éternité, je le sens se reculer de moi, il me hurle dessus, des choses que je n'arrine pas à identifier tellement la douleur me brûle. Tout ce que je sais, c'est que je suis là, écraser contre le dossier du canapé, mes bras pendants vers les coussins moelleux. Je me rend aussi compte que je pleure, je vois des larmes tomber de mes yeux et s'ecraser sur mes avants-bras, c'est bizarre. Et là, Marien apparaît face à moi, cette fois-ci, j'en ai la certitude, il m'a réellement frappé, je le vois. Il est furieux. Je l'entend qui m'ordonne de partir dans ma chambre. Il me fait peur.
Mes muscles ont du mal à s'activer, mais je parviens tout de même à me redresser, mes yeux rouges laissant encore les larmes couler. Je renifle peniblement, j'ai toujours mal. Et Marien me fait encore plus peur. Il m'a battu, moi, son petit frère, je le sais maintenant, je me suis prit des coups de ceintures, sauf que je ne savais pas ce que c'était quand il a agit. Il aura fallu attendre cinq mois avant qu'il ne se lâche totalement sur moi, il aura aussi fallu attendre la mort de mes parents pour que je connaisse cette affreuse douleur... Jamais ils ne m'auraient fait ça... eux.
Je me dirige vers ma chambre, les escaliers m'ont semblé être pire qu'une montagne à gravir tellement j'avais du mal à me déplacer.

Une fois arriver dans mon petit chez moi, je me jette à plat ventre sur le lit et je deverse toutes les larmes qu'il me restait à faire sortir. En tournant la tête vers ma table de nuit, je constate qu'il y a un cadre photo où mes parents me sourient, je l'ai vivement attrapé et serré contre ma poitrine. J'éttouffe un cri dans mon oreiller, un cri de douleur intérieur. J'ai horriblement mal, mais je ne sais pas exactement si ce sont les coups qui m'ont à ce point blessé. Marien me fait peur. Mes parents me manquent. Je suis effondré. Mon coeur palpite. Je sanglotte.
 
Image : Angel Sanctuary.
 
 
lien permanent

J'ai la vie qui m'démange (Poèsie) posté le mercredi 20 février 2008 18:14

 
 
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
 
J'ai la vie qui m'démange,
Un morceau de viande qui se décroche et s'ecorche.
Du sang gonflé qui s'mélange,
Dans une avalanche de psychose insolente.

J'ai la vie qui m'démange...
Et tout comme le meilleur des cons,
Je transforme mon quotidien en horloge,
Qui affiche toujours la mauvaise programmation.

J'm'ennuie et mon coeur se rétracte,
Pour prouver aux infâmes que je ne suis qu'une pendule.
Je pulule, m'explose et m'attaque,
A tout ce qui pourrait me sauver de mon enorme bulle.

Je me règle comme un automate,
A l'extistence abstraite et sans soleil,
De ma vie que l'on matraque,
A coups d'injures et d'infidèles...

J'ai la vie qui m'démange,
Elle me blesse, m'utilise et me tue,
Elle se sert de mon âme et se venge,
Comme cette immondice macrabre de substance superflue.

 
 
 le 20 février.
Image : X de clamp.
 
lien permanent

Justinien - Troisième Chapitre (Justinien) posté le jeudi 21 février 2008 04:08

 
 
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
 
 
Je redescends en bas quelques heures plus tard pour manger. Marien est là, en train de mettre la table, mes yeux sont toujours rouges de larmes, je me sens vidé, il me lance un regard noir et prend la parole avant que je n'ai le temps de me cacher sur ma chaise pour avaler rapidement le repas.

_ Demain, tu retournes au lycée, et je n'hésiterai pas à recommencer, peu importe la connerie que tu fais !

Je fixe mon assiette pleine, ses mots me font perdre l'appétit, il me dégoûte et me fait peur. Mes yeux me piquent à nouveau, j'ai encore envie de pleurer, je pensais pourtant avoir utilisé toutes mes larmes. C'est douloureux. Bien malgré moi, quelques goûtes salées s'échappent de mes yeux, je me lève sans attendre et remonte en courant dans ma chambre. C'est foutu, je n'arriverai jamais à avoir envie de manger, non, je n'y arriverai pas, surtout si Marien est là. Ses menaces me terrorisent, si nos parents savaient ça... Ils doivent le désapprouver de là où ils sont, jamais ils ne m'auraient fait vivre une chose pareille, non, jamais.

Je me mets dos à la porte et me laisse glisser le long tout en pleurant, encore. Je vais être dans un sale état demain en y retournant, avec ces sales gens qui m'écœurent autant que mon frère. J’entends ses pas qui montent les escaliers, ils s'arrêtent derrière ma porte de chambre, mais il ne dit rien. Il ne dira jamais rien. Et je pleure encore plus en constatant son indifférence, sa méfiance envers moi. Il repart, me laissant seul assit par terre, les larmes me défigurant le visage.


Les heures passèrent rapidement, j’étais toujours tétanisé par tout ce que j’avais pu vivre. Au bout d’un certain temps, je me décide enfin à me coucher, demain, je retrouve ce maudit endroit. Je vais devoir y aller les mains dans les poches, je n’ai aucune idée de là où ils en sont, toutes ses journées d’absences vont m’achever face à eux, je vais m’écrouler ma moyenne, et ils se moqueront de moi… Et puis il y aura Marien pour en rajouter une couche, pour en rajouter tout court. Qu’est-ce qu’il dira, qu’est-ce qu’il me fera ?
Je tremble à ces pensées, fatigué, je m’enroule dans ma chaleureuse couette et décide de vagabonder au travers d’une autre scène… Fredric. Il me manque, j’ai tellement envie de le revoir, le regarder pendant les courtes pauses où nous sommes dans le même couloir. Dans un sens, savoir que je vais revoir son sourire me rassure, au moins, je me sentirai plus vivant dans ce monde pitoyable.

Le sommeil m’attaque rapidement, l’image de Fredric est plus forte que jamais. Et c’est ainsi que je m’endors, recroquevillé sur moi-même, la photo de mes parents en guise de peluche protectrice et mes couvertures me cachant totalement de la réalité. J’ai crée ma bulle.


Le réveil sonne dans un bruit sourd, j’ouvre les yeux en grand, je viens d’être arraché de mon monde d’une manière violente. Aussi violente que Marien. Je ne bouge pas, ayant peur de quitter la chaleur de mon lit, ayant peur de l’extérieur que je sens oppressant. Finalement, au bout d’un certain temps, je me force langoureusement à me lever, mes pieds touchent le sol, ça me rend malade. Comme un automate usé, je m’habille, mes membres me font encore mal de la veille, je constate que j’ai d’énormes traces bleues dans le bas du dos, ça me rappelle tristement ma situation actuelle. J’enfile rapidement mes habits, je ne veux pas voir plus longtemps la forme douloureuse de mes problèmes sur mon corps. Puis je descends en bas, retrouver mon quotidien qui me renvient en pleine tête comme un boomerang de feu.
Marien est là, il est en train de préparer les bols pour le déjeuner, il m’a rempli le mien de chocolat et de lait, je le sens d’ici, à côté, j’aperçois trois tartines grillées et beurrées. S’il n’avait pas commit cet acte cruel, je l’aurais presque prit pour un grand frère attentionnel aujourd’hui. Le seul contraste de la scène réside dans son regard qui m’indique que je n’ai pas intérêt à faire quoi que se soit de travers.
Je m’assois donc en face de lui et avale ce que j’ai à avaler, j’aurais pu avoir faim, mais mon malaise est tellement puissant que j’en viens à ne plus ressentir mes besoins primaires.

_ Je t’emmène au lycée ce matin, me dit-il sur un ton froid, pour simplement m’assurer que tu y seras.

Je ne réponds pas, à quoi bon de toute manière, ses conversations avec moi se font à sens unique, il ne cherche jamais à faire un échange, il me considère comme son inférieur. Je ne suis pas à la hauteur du grand Marien Hooper, celui qui a réussi ses études, celui qui se retrouve responsable d’un adolescent puéril, celui qui ne souffre pas de la mort de ses parents ! Non, en effet, il n’y a que ses chaussettes qui lui arrivent aux chevilles, et je ne suis pas une chaussette.

Environ une demi-heure plus tard, nous décollons vers mes Enfers personnelles, le lycée. Lorsque l’établissement se dresse devant moi, je sens la nausée me monter à la bouche. J’ai le pressentiment que les choses ne vont pas se passer correctement. Marien s’arrête juste devant l’entrée, une grande porte verte qui s’ouvre lorsque l’on sonne chez la concierge. Je descends comme un zombie du véhicule, Marien attend que je passe la porte avant de redémarrer et partir pour son travail. Quel idiot !

Une fois à l’intérieur, j’ai l’impression que la terre s’effondre sous mes pieds. J’emboîte mes pas avec une fausse assurance, j’avance le long d’un petit couloir pour arriver aux escaliers, une fois devant je les montes avec difficulté. Et comme si ce n’était pas suffisant, le fait de mettre un pied plus haut que l’autre à chaque marche fait frotter mon jean contre mes bleus et propage une douleur que je ne connaissais pas jusqu’à présent. J’arrive donc au premier étage de cette manière et de loin, je les aperçois déjà, eux, ma classe. Ecœurant !

Arrivé à destination, je percute Arnold, un grand blond qui mesure deux têtes de plus que moi, il me toise de haut et je lui réponds de mon regard noir si peu engageant. Alors que je m’apprêtais à m’écraser contre un mur et m’assoir par terre, je remarque de loin la présence de quelqu’un que je n’avais pas vu depuis longtemps, tellement longtemps que je ne me souvenais plus qu’il était un ami et sans doute le seul heureux à me revoir étant donné son sourire sympathique qu’il m’envoie. Je m’avance donc vers lui, avec une tête moins rayonnante, on se serre la main puis il me demande comment je vais.

_ J’ai déjà vécu mieux, mais je ferai avec, merci Chase… lui répondis-je en essayant d’échapper à ses yeux interrogateurs.

Chase est aussi grand que moi, peut-être même un peu plus petit, il a des cheveux noirs aux reflets bleus qui lui descendent dans le cou, une coupe assez commune dans ce lycée – je dis ça uniquement parce qu’ils ont tous la même que moi et que je n’aime pas me sentir copié – ses yeux sont peu communs, couleurs d’améthystes, c’est assez joli à voir. Quant au reste de son visage, sans trop le regarder, je le trouve assez pâle et fin. Mais je sais qu’il est malade donc je ne ferai pas de commentaire là-dessus, il fait de l’asthme je crois. Il me souri tendrement, il a l’air inquiet pour moi. Cette manière de faire me donne envie de fondre en larmes et de lui dire toutes mes douleurs. Mais je ne le ferai pas, j’en suis incapable.

_ Alors, tu as fait quoi de beau depuis tout ce temps ?

_ Rien.

Je suis froid, ça le rend nerveux.

_ Oh… Et bien ici, on a pas mal avancé les cours, je te passerai ce que j’ai, si tu veux, on pourra se voir une après-midi ou deux pour rattraper tout ça et… et le temps perdu.

Je hausse les épaules, à quoi bon lui dire que je me fiche du lycée et que je cherche à m’isoler. Enfin bon, s’il le veut, je passerai un peu de temps avec lui.

Au moment où je songe à la gentillesse de Chase, je tombe nez à nez avec une vision enchanteresse, et là, tous mes doutes, toute ma peine et ma colère se désintègrent en un instant. J’esquisse un sourire malicieux, Chase le remarque, je me referme aussitôt. Et je suis discrètement des yeux Fredric, le revoir m’a fait l’effet d’une bombe, j’ai envie de lui sauter dessus et de l’embrasser d’une manière dévorante. Il m’a manqué.
Je sens une main me tapoter l’épaule, c’est Chase, il veut que je rentre en salle, le prof de maths est arrivé. L’un des pires profs que je sois obligé de supporter. Je quitte des yeux mon beau garçon et suis à contre cœur mon ami.

Dés que je fus rentré en classe, notre professeur me lance un regard narquois et me dit sur un ton moqueur :

_ Oh, Monsieur Hooper, je ne me souvenais plus que vous fussiez dans ce lycée !

_ Moins non plus, je ne m’en souvenais plus. Du moins, je ne me souvenais plus de vous Monsieur.

_ Toujours cette insolence en vous, je suis ravi de vous revoir. Allez vous assoir et je ne veux plus vous entendre comme à l’ordinaire et se sera parfait.

« Comme à l’ordinaire », d’ordinaire je ne suis pas là, sale fumier ! Il m’énerve. Ma journée commence mal. Durant l’appel, j’oublis maladroitement de signaler ma présence, je me reprends donc encore une réplique sèche ainsi que des ricanements de ces imbéciles dans la classe. Je fuis rapidement le regard désolé de Chase, je me sens pathétique. Et le pire, c’est que je ne peux même pas passer mon temps à admirer l’extérieur, les fenêtres sont trop hautes pour les curieux, c’est frustrant.

Les deux heures de maths passèrent si lentement que je fus prit de fatigue à plusieurs reprise. Le point positif après cet effort considérable pour ne pas m’endormir, c’est qu’il était temps de partir en pause !
Je me lève donc rapidement, je m’arrange pour semer Chase, je n’ai pas envie de rester avec lui durant notre heure de trou, je voudrais simplement m’isoler un peu avec mon Ipod, et je connais l’endroit idéal pour cela : les vestiaires du gymnase des garçons. Il n’y a jamais personne à cette heure là en principe.

J’arrive donc en moins de cinq minutes à destination. Je m’assois par terre, contre les casiers et j’allume ma musique. Le son me pénètre dans les oreilles avec délice et je me mets à songer à une autre vie. Je m’imagine en compagnie de Fredric, tout deux enlacés dans ma chambre, sur le lit. Je m’imagine l’embrasser, le caresser et je sens ses mains sur mon corps. Soudain, en prenant conscience que je suis au lycée, je m’arrête rapidement de penser à tout ça, je ne voudrais pas sentir une partie de moi qui est incontrôlable se rendre visible à la société. Et en ouvrant les yeux, je sursaute sous un choc visuel assez puissant : Fredric est assis sur un banc en face de moi, il se tient la tête entre les mains et semble totalement désarmé.

Mon cœur explose sous cette vision. Je n’ai aucune idée de ce que je dois faire !
 
 
Image : Angel Sanctuary.
 

 

lien permanent

Justinien - Quatrième Chapitre (Justinien) posté le vendredi 22 février 2008 00:18

 
 
 
Je ne sais pas comment réagir, il est là devant moi, et il a l’air mal en point. Je l’entends grogner, quelque chose ne va pas pour lui, et cela m’inquiète.  Je me relève doucement, il ne semble pas m’avoir  remarqué, mon côté réservé me dirait de fuir les lieux, mais mon côté amoureux me demande de lui parler. Je suis paumé, qu’est-ce que je dois faire ? Et si c’était la seule chance pour moi de lui adresser la parole, de voir ses yeux se tourner vers moi, et sa bouche s’ouvrir pour me répondre ?

Je préfère ne plus réfléchir, je me dirige maladroitement vers lui et me décide enfin à dire quelques mots dans sa direction :

_ Est-ce que… est-ce que ça va ?

J’aurais tout de même pu trouver mieux, je le vois presque recroquevillé sur lui-même et je lui demande si tout se passe bien pour lui. Je manque vraiment de tact, c’est de famille, mes parents étaient tout deux ainsi et pour ce qui est de Marien… Il est pire que moi.

_ Je nage dans le bonheur… me répondit-il froidement en relevant les yeux vers moi.

Ils sont bleus ! Je ne m’étais pas trompé ! Ils sont bleus ciel, je trouve cela magique. On croirait nager dans l’eau la plus clair du monde, l’eau la plus pure. Mon cœur se met à battre la chamade encore plus rapidement. Faites que j’arrive à me calmer avant de reprendre la parole.

_ Je vois ça… mais pourquoi ? Si je peux me permettre.

_ Pourquoi ?! annonce-t-il dans un souffle impatient, et bien, je suis viré de l’équipe de volley, c’est formidable !

Je le sens soudainement près à exploser. J’espère qu’il n’a pas le même caractère que Marien, sinon, autant m’acheter une corde, que j’en finisse tout de suite.

Hum… Je ne savais pas qu’il faisait du volley, si je l’avais su je me serai fait un plaisir d’aller à chaque match. Rien que d’imaginer son corps faire des efforts et ses muscles se contracter, j’en ai des frissons. La vision de cet enchaînement athlétique doit vraiment être agréable pour les yeux. Surtout les miens.

_ Comment est-ce possible ? demandais-je avec une inquiétude qui se veut véritable.

_ Oh ! C’est extrêmement simple, je suis accusé d’avoir fouillé dans les bureaux de l’association des profs pour le sport en vu de changer les barèmes de notation pour les diplômes de fin d’année ! Moi ! Alors que j’ai absolument besoin de mes résultats dans cette matière si je veux passer à l’Université ! débite-t-il avec un énervement si fort que j’en aurai presque peur.

J’écarquille les yeux, il est réellement dans la merde. Ce premier rapprochement n’est vraiment pas fantastique, il va s’en cesse penser à ça en me voyant désormais. C’est fou ce que j’ai bien fait de lui parler. Quel idiot je fais.

_ Tu sais qui a pu faire un truc pareil ?

_ J’ai ma petite idée, mais ils ne veulent pas croire, on n’accuse pas cet individu, m’ont-ils fait comprendre.

_ Bon, si tu sais qui est le fautif ça me rassure pour ce que je vais faire dans les minutes qui viennent…

L’idée vient de me traverser l’esprit, je suis complètement fou, mais rien que pour lui, rien que pour marquer cette première discussion d’un point positif – pour lui en tout cas  – je vais me diriger vers l’équipe des professeurs et me passer comme un grand la corde au cou. Je suis mort.

_ Qu’est-ce que tu vas faire ? me demande-t-il l’air dubitatif.

Je ne lui réponds pas, je traverse directement les vestiaires et me dirige dans le gymnase, il se lève et me regarde partir, je sens son regard interrogateur dans mon dos. J’espère que j’aurais encore le plaisir de le revoir après ce que je vais faire.

Je me dirige droit vers le prof qui s’occupe de l’équipe de volley, lorsqu’il m’aperçoit, il me jette un regard en biais. Je me mets face à lui, je ne peux plus reculer désormais.

_ Monsieur, c’est moi qui ais fouillé dans les bureaux l’autre jour.

Je lâche la phrase en une seconde, chronomètre en main. Je tremble de la tête aux pieds, je suis pourtant habitué aux ennuis, mais depuis l’incident d’hier soir, la puissance de mes angoisses s’est multipliée. Le professeur me regarde étrangement, je l’entends appeler Fredric. Celui-ci arrive et se met derrière moi, lorsque la situation lui a clairement été énoncé, il pousse un cri de surprise :

_ Quoi ?! C’est lui ?!

Oh Mon Dieu, je crois qu’il s’imagine que je suis le responsable de son plausible renvoie. Qu’ais-je fais ? Il va me détester. Pourtant, je pensais lui avoir fait comprendre que je n’étais pas responsable, que je voulais simplement lui sauver la mise, moi, en parfait inconnu à ses yeux.

Le professeur nous emmène tout deux dans les fameux locaux où l’acte c’était sans doute produit. Il se tient devant son bureau et croise les bras, je le sens fulminer de l’intérieur lorsqu’il me regarde.

_ C’est vraiment toi ou Fredric t’as poussé à dire une chose pareille pour qu’il réintègre son équipe ?

_ C’est vraiment moi.

Je soutiens tellement bien mes paroles que je pense avoir l’air extrêmement crédible, qu’est-ce que je ne ferai pas par amour pour lui ? Et pourtant, je le sens me dévisager. Il ne comprend pas que je fais cela pour l’aider… il ne comprend pas.

_ Apportes-moi une preuve que c’est toi ? me demande le prof qui me semble plus fait pour le métier de flic plutôt que pour être chef d’une équipe de volley.

La preuve, j’en ai malheureusement une. Il y a quelques mois, j’ai volé le trousseau de ma prof d’anglais, dessus il y avait la plupart des clés pour le lycée, y comprit le gymnase. Je l’avais prit dans l’unique but de m’enfermer dans une salle de cours pour éviter les autres après la mort de mes parents. Immédiatement je le tends au professeur, lui et Fredric n’en reviennent pas. Je l’entends ordonner à mon Apollon de quitter les lieux avec une voie pleine de colère.

_ Et bien, tu vas me suivre jusqu’au bureau du principal mon gars. Je pense qu’une exclusion de plusieurs jours devrait te faire le plus grand bien !

S’il savait que je ne suis pas venu au lycée depuis plusieurs semaines, il ne penserait pas aussi facilement que cela me ferait du bien.

Dans les minutes qui suivent, nous sortons du gymnase et nous débarquons dans le bureau du proviseur. C’est un homme d’ordinaire accueillant et  amical, or, je pense qu’il ne va pas aimer du tout mon intrusion dans son bureau aujourd’hui.

Dés que j’arrive face à lui, il semble me reconnaître comme étant le pauvre jeunot devenu orphelin il y a peu de temps, mais aussi comme étant le sale petit con qui s’attire des ennuis plus vite que la lumière, c’est donc avec une voie claire et précise qu’il me lance après qu’on lui ait expliqué la situation :

_ Vous cumulez vraiment en ce moment Justinien Hooper.

La situation me glace le sang, du moins, ce sont les paroles que je sens venir à la vitesse de la lumière qui m’assassinent intérieurement.

_ Bon et bien, je vais demander à votre frère de venir vous chercher, je suppose qu’il sera ravi d’entendre que vous êtes renvoyé du lycée pendant… une semaine, m’achève-t-il en attrapant le combiné du téléphone.

_ Vous n’avez pas idée Monsieur…

_ Assis, s’il vous plaît, m’ordonna-t-il sur un ton aimable, bien malgré moi.

Il compose le numéro de téléphone de Marien, je sens mon angoisse redoubler, les paroles qu’il a prononcé hier soir avant que je ne fuis dans ma chambre me reviennent en tête. La pression monte en moi, et dire que je fais tout ça pour un gars qui ne me verra plus jamais autrement que comme un voyou qui a failli le faire renvoyer. Je suis un crétin.
 
Image : Setsuna d'Angel Sanctuary.
 
lien permanent