Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (seconde partie) (Justinien) posté le mardi 05 août 2008 21:41

Désolé pour l'attente occasionnée sur le blog. Mais entre la fin d'I Want to Save you, la video d'intro de Never-Ending Story et tous les problèmes que j'ai eu dans ma vie, écrire Justinien a été difficile. D'ailleurs, en ce moment j'ai des problèmes pour écrire, je me trouve incroyablement merdique, et comme les 3/4 des gens qui me donnent leur avis ne sont plus là, je ne sais pas comment j'vais faire {#} ...
Quoiqu'il en soit, je vous donne une petite fin du chapitre 28 et je suis dans le regret de vous dire que le chapitre 29 sera le final de Justinien et que ça me brise le coeur (donc, c'est plus mon regret que le votre {#})... Déjà que j'ai pleuré en finissant I Want to Save you (si si, je vous le jure, quand j'ai écris les derniers mots sur works, ça m'a foutu les boules), donc finir Justinien, ça va m'achever jusqu'à ce que je commence NES. Mais bon, justement il y a NES, et je pourrais encore parler des personnages ici présents ! C'est juste que, voilà, cette fiction, je l'ai commencé quand j'allais mal psychologiquement et la terminer, c'est comme tourner véritablement une page que je crois avoir déjà tournée. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que j'ai du mal à devoir finir ainsi l'histoire. Mais bon, passons. En ce moment non plus je n'ai pas la grande forme et je suis très très illogique, je me contredis beaucoup, donc pardonnez les plausibles incohérences du chapitre, il faut absolument que je me ressource.

 

 

Désarmement. Malédiction. Etroitesse. Corruption. Jalousie. Possession.
Il n’y aura jamais autant de mots pour parler du malheur que d’émotions pour le ressentir. Une phrase sans doute usité à chaque fois que ce morceau de vie intervient dans celle-ci pour s‘enraciner, le venin à l‘aguets et le poison en activité. Et c’est dans cet arbre de colère qu’il y a aussi cette violence intérieur de savoir qu’une personne est peut-être perdue, morte, achevée, et elle est si vive, si aigue qu‘elle arracherait des cris pour chaque injections qu‘elle produit à l‘être humain qui doit la supporter. C’est un jeu bien cruel que de faire face à une plausible vérité. Devoir affronter chaque matin son reflet dans le miroir en sachant que l’on a côtoyer la mort, peut-être pas nous directement, mais elle se trouvait tout de même près, les bras tendue vers un frère, un ami, un amant. Et le plus dur dans cette vision anatomiquement inexistante, c’est la froideur qui se ressent même en croyant que le désespoir est vain. Combien de fois des gens ont hurlé sur d’autres en leur ordonnant de ne pas penser au pire et que lorsque pire, il y avait, ils se sont débattus, jetés avec douleur dans le précipice de la perte, ne sachant pas quoi dire, ou quoi faire, simplement admettre des : « ça aurait pu être moi, ça aurait pu », mais n'avoir aucune autres actions que celle d'assister.

C’est royalement stupide. Affronter des larmes inépuisables lorsque nos yeux en exprime le sentiment de fatigue, devoir supporter son corps en se disant qu’il ne sera pas toujours chaud. Les rapports charnels s’amenuisent lorsque l’on prend conscience de cela, parce que quelque part on se dit : « et si l’autre aussi, il devenait de glace, qui aurait la chaleur de l’un ? » C’est exacerbant et effrayant. D’un seul coup, on se rend compte qu’avoir froid, ça ne signifie rien en fait, qu’un bruissement d’air ne pourra jamais abattre la violence d’une vie tranchée. On meurt tous un jours paraît-il et on fini tous par être effrayés de se savoir cadavre dans l‘avenir, alors pourquoi les gens en parlent-ils avec tant de naturel ? Pourquoi si la mort est si dérangeante, on se bâti cet ennui constant de l’existence ? Cherchant à atteindre des buts vides de liberté ? Voulant plonger corps et âmes dans une cause dont on ne saura jamais si elle se fini bien ou non tant elle s’allonge dans le temps ? Et puis, pourquoi avoir créer l’heure aussi ? Pourquoi la connaître sans cesse ? De toute façon, c’est stupide puisqu’on est impuissant face à cela. Un jour, l’espoir s’éteindra dans ce qui était auparavant la lueur de deux yeux chargés d’émotions. Mais comment savoir si ce sont ceux du condamné à la réalité ou ceux du morts ? Aucunes réponses. Et le cercle vicieux de la vie continue.

Quoiqu’il en soit, si aujourd’hui, un frère, un ami et un amant se tiennent debout, comme trois arbres plantés amèrement dans le sol et incapable de se déplacer. Ce n’est pas pour prendre conscience d’une mort soudaine, non, dans c’est cas là, la première réaction est au sol. Non, s’ils restent droits comme sonnés par la vie, c’est qu’on leur a rendu un espoir plus humain et moins mortel. Parce que oui. Comment Justinien aurait-il pu mourir ? Abandonnant son frère, son ami, son amant. Impossible.

_ Vous… Vous êtes sûr Docteur ? Il va bien ? Demanda Marien, les bras croisés sans aucunes animations autre que celle de ses lèvres.

_ Il est sauvé et réveillé et il nous a fait une sacré peur… Pour le moment il se repose, mais si vous souhaiter le voir quelques minutes… répondit le médecin sur un ton suffisamment objectif pour convaincre son interlocuteur que les choses se sont améliorées et que les dernières heures passées sont enfin... passées, une personne peut venir avec vous si vous le désirez, reprit-il avec un furtif sourire.

Marien, toujours aussi stoïque, ne sachant pas s’il devait pleurer, hurler, ou courir vers la chambre où se reposait Justinien, se retourna sur le petit groupe de personnes qu’ils étaient devenus et fixa intensivement Chase. Celui-ci, au bord des larmes, et serrant le plus fort possible Lénaïg, qui avait l’air déjà soulagée de la situation, ne comprit pas immédiatement ce que voulait le jeune homme.

_ Chase, tu veux venir ? C’est… Tes son meilleur ami et, je pense qu’il serait heureux que tu viennes avec moi pour le voir…

Le jeune brun, dévisagea le frère de son ami durant quelques secondes avant de répondre, sur un ton qui se voulait audible mais qui paraissait plutôt léger :

_ Je pense que - et je m’en excuse tout de suite - que Fredric mérite plus sa place dans cette chambre que moi.

A l’entente de son prénom, le grand brun qui restait à l’écart des échanges verbaux qui se faisaient, releva brusquement la tête vers Marien. Ce dernier, bloqué dans son orgueil préféra geler son regard et le planter dans celui de Chase, pour finalement dire :

_ Tu ne veux pas venir, c’est dommage… J’y vais seul dans ce cas…

Et il s’avança d’un pas ferme vers la chambre de son frère sans daigner poser un regard sur Fredric, qui, encore plus gêné qu’au début de la journée, se détourna d’eux tous, se dirigeant vers la sortie de l’hôpital. De toute façon, Justinien était sauvé, et c’était la seule chose qui comptait. Il attendrait pour le revoir, il attendrait aussi longtemps que possible, des heures, des jours, des mois ou des années. Mais s’il était certain d’une chose, c’était bien que son cœur s’était accroché à celui du jeune châtain et qu’il n’avait aucune envie d’en perdre la place.

_ Fredric ! S’écria Chase, en le voyant partir.

_ Non, Chase, s’il te plaît… Je ne peux pas rester, alors, avant que je me sente encore plus faible que maintenant, je vais sortir dehors et attendre… Attendre je ne sais pas quoi, mais c’est la seule chose que j’ai à faire. Donc laisses tomber, ne dis rien… Je vais attendre, c'est tout.

_ T’éloignes pas, c’est tout ce que je voulais te dire… Si Justinien te demande…

_ Il ne me demandera pas, alors… soupira Fredric sans parvenir à trouver un seul mot qui conclurait sa phrase avec décence et logique.

Et il se détourna immédiatement d’eux tous, mimant quelques gestes accablés avec ses mains et les fixant en ensemble une dernière fois sans pour autant voir qui que se soit sous ses yeux. La seule personne qu’il visualisait dans son esprit était Justinien et il ne pouvait pas le voir maintenant. Alors bon, il allait simplement attendre un mouvement du destin.

 



A l’intérieur de la chambre d’hôpital, Marien s’était précipité assez vivement vers le lit de son frère. Au départ, il n’avait pas cru pouvoir réagir aussi vite, il s’imaginait plutôt comme dans ces films tragiques où les visiteurs s’approchent lentement de la source de leur inquiétude, mais non, la seule réaction avait été de s’approcher le plus vite possible de Justinien et de le voir respirer. Seulement respirer et le savoir en vie. Enfin.

Une infirmière était présente dans la pièce, veillant sans doute au maintient de la bonne santé du jeune homme, et c’est sous son regard approbateur que Marien osa approcher l’une de ses mains du visage de son frère, lui dégageant les quelques mèches rebelles qui l’empêchaient d’apercevoir ses yeux clos, se reposant pour avoir la puissance de s’ouvrir à nouveau.

_ Voulez-vous une chaise Monsieur ? Demanda l’infirmière, fixant de ses grands yeux marrons Marien.

_ Euh, oui, s’il vous plaît… répondit-il, encore sonné par toute cette histoire sans pour autant détourner son regard du visage de son frère.

Et quelques secondes plus tard, il se retrouva assis au côté du lit où dormait Justinien, attrapant la main de son frère pour la serrer de nouveau dans les siennes ; comme la veille au soir, à la différence que cette fois-ci, il n‘y avait pas de sang pour froisser la douceur de ce moment. Puis, en constatant la chaleur que dégageait cette main, Marien ne pu s’empêcher de se remettre à pleurer. Pour la première fois de sa vie, il avait conscience de l’être humain qui était devant lui. C’est vrai qu’il s’était souvent battu pour son frère et que parfois, c’était même lui qu’il avait battu, malheureusement, mais jamais il n’avait admit la réalité de cette vie qui était sous ses yeux et pour laquelle il se plierait en quatre s‘il le fallait. Ce soir, sous le choc émotionnel de cette dure péripétie, il comprenait enfin à quel point il aimait Justinien. Il était sa dernière famille, la dernière partie de chair qui lui restait pour le moment, et avoir été confronté à la plausible perte de ce jeune homme, c’était une catastrophe pour lui. Et dans ses larmes qu’il versait encore pour cet acte immonde qui avait eu lieu sous ses yeux, il ne pouvait s’empêcher de promettre la protection la plus puissante à Justinien. Et pour en être certain, lorsqu’il vit Sandra Blake apparaître sur le pas de la porte de chambre, il lui demanda de veiller sur son frère jusqu’à ce qu’il revienne.

_ Que vas-tu faire Marien ? Supposa-t-elle, déjà anéantie de sentir tant de douleur dans cet homme qu’elle regardait avec des yeux de mère plus que ceux d'une amie.

Et lui, pour ne pas se sentir étouffer sous cette apaisement qu’elle pouvait lui procurer, préféra ne pas la regarder pour lui répondre le plus rapidement possible en s’échappant de la pièce :

_ Je n’en ai pas pour longtemps… Surveillez-le, c’est tout ce que je vous demande…


A suivre pour la dernière fois... {#}

Bon, pour éviter que je tape un descriptif encore plus long de ce que je ressens (comme plus haut), je vais en venir directement à l'essentiel.

Voici la video d'introduction à Never-Ending Story. Comme c'est sur ce blog que j'ai présenté les sims de l'histoire, inutile de vous faire les repères ? ({#} j'pense en tout cas).

 

 

{#} En espèrant qu'elle vous ait plu !


Bises à tous et j'espère que vous passez de bonnes vacances à tous les autres !

 

lien permanent

Justinien - Vingt-Neuvième Chapitre (Justinien) posté le lundi 11 août 2008 17:09

 

C'est parti pour le dernier chapitre de cette fiction.
Comme prévu, il y aura un épilogue très bientôt et la suite de l'histoire dans Never-Ending Story.

N'oubliez pas de lancer la chanson qui sera linké dans le chapitre {#}

 

 

On m’a laissé quitter l’hôpital cinq jours après mon réveil. Et depuis, je ne cesse de repenser à cet événement qui me marquera à jamais physiquement et moralement.
Je n’ai jamais réellement compris ce qu’il s’était passé ce soir là, lorsque je me suis fais agressé. La seule chose dont je me souvienne, c’est la présence que Marien et Johanna avaient dans cette ruelle. Voir mon frère se battre pour moi et me secourir, était d’un immense soutient. Le genre de soutient qui nous aide à préserver notre vie. Je parviens encore à discerner sa silhouette de l’ombre de la rue et sa manière de me tenir par la main, pleurant toutes les larmes qu‘il avait à disposition. Car même si mes yeux faibles n’arrivaient plus très bien à différencier les éléments du décor, je sentais sa douleur qui venait se perdre jusqu’à moi, et jamais je n’avais pris conscience d’avoir un véritable frère. Je crois bien que le supplice qu’il vivait à me voir mourir dans ses bras m’a donné suffisamment de courage pour lui épargner cette perte. C’est assez incroyable de constater ce que l’on est capable de faire par amour.

Quoiqu’il en soit, depuis que je suis revenu à la maison, chacune des personnes de mon entourage a fait acte de présence. Que se soit mon frère, sa petite amie, Chase et sa famille, ils ont tous été présent. Tous, sauf un. Je n’ai pas revu Fredric depuis notre dernier baiser à la librairie. Ce baiser qui m’avait tant effrayé. Je sais qu’il a été mit au courant de mon accident, mais ni Chase, ni Lénaïg n’ont daigné m’expliquer quoi que se soit, s’il avait été présent ou non à mon chevet. Et à chaque fois que je mentionnais son nom, un silence glacial régnait dans la pièce.
Quelques jours après ces questions, Marien m’a expliqué qu’il savait que j’étais amoureux d’un garçon, apparemment mes parents lui avaient tout dit il y a environ un an, un peu avant leur mort. Lorsqu’il m’a apprit cela, je crois bien ne jamais avoir été aussi surpris de toute ma vie. Moi qui était alarmé par le simple fait de le savoir un jour au courant de mon homosexualité, je me suis senti si apaisé que s’il n’y avait pas eu l’intervention surprenante du petit Mickey dans la pièce, je me serais mis à pleurer sur mon frère pour le remercier de ne pas m’avoir jugé là-dessus, ni contraint à un autre amour. Mais visiblement, les aventures du frère de Chase étaient tellement palpitantes que Marien et moi n’avons pas pu finir notre conversation. En effet, Mickey, maladroit venait de libérer son lapin dans le salon et n’arrivait plus à le rattraper, et comme ses parents n’étaient pas encore revenu du travail et que lui et Chase ne parvenaient pas à attraper l’animal, le petit brun s’était précipité dans ma chambre pour demander de l’aide à Marien. Celui-ci, avec une envie de rire incontrôlable, se leva de mon lit et m’invita à aller admirer cette chasse au lapin qui se ferait dans notre salon. Comme je n’avais pas tellement le droit de bouger et que j’étais sans cesse surveiller, j’avais donc sauté sur l’occasion pour sortir enfin de ma chambre et suivre mon frère qui portait dans ses bras le petit Mickey totalement apeuré par la perte de son animal.



Quand je regarde ce qu’il en est deux semaines après, je crois que mon agression a permis beaucoup de choses positives. Les Blake se sont rapprochés de notre famille, les parents de Chase sont toujours présents pour nous aider, ou plutôt pour veiller sur ma bonne santé. Et en échange, mon frère garde parfois le plus jeune des enfants à la maison, Mickey. Aussi, Chase, en bon ami qu’il est, vient le plus souvent possible avec Lénaïg. Le seul que je ne vois que rarement est Ange. Je sais qu’il a un caractère assez particulier et que malgré la gentillesse dont il s’éprend tout les trente-six du mois, il a une forte tendance à hurler sur tout ce qui bouge. Mais je l’aime bien tout de même, c’est juste qu’il est encore très jeune.
Leur parent, eux, sont tout particulièrement attentifs à Marien et moi, c’est assez remarquable. Je ne connaissais que très peu le père de Chase, mais il s’est avéré que c’était un homme très tendre et calme, et en le voyant, je comprenais mieux pourquoi il allait si bien avec sa femme. C’était une famille parfaite qui venait à notre secours, une famille modèle, touchante et très soudée. Nous avions de la chance.

Tout cela pour dire que depuis que je me suis fais poignarder, j’ai rapproché la famille de Chase et la mienne. C’est réellement beau à voir, mon frère a l’air d’aller mieux, son regard a changé en peu de temps, j’ai même parfois l’impression de le voir plus agréable et épanouie. Et après avoir vécu pendant mes quasi dix-sept ans en compagnie d’un type froid, violent et effrayant, le contraste avec le Marien d’aujourd’hui est assez perturbant. D’ailleurs à les observer tous dans leurs métamorphoses quotidiennes, je me rends compte que moi, je stagne. Je fais du sur-place, je les vois s’épanouir sans pour autant les suivre, c’est comme si j’étais le spectateur d’un assemblage de vie. Et ce mal que je ressens, cette ignorance de tout, je sais parfaitement de quoi elle vient. J’ai failli perdre la vie, certes, mais ma vie, je ne la vois plus depuis deux semaines. Je me suis battu pour mon frère dans cette survie, j’aurais pu disparaître, mais je sais aussi que l’espoir de retrouver Fredric était l’un des facteurs de ma présence actuelle. Et en me réveillant à l’hôpital, il n’était pas là. Alors, je reste là, le regard vide à les regarder s’amuser, attraper ce lapin, rire aux bonnes blagues d’une famille unie. C’est triste, mais sans Fredric, cette renaissance me semble si stupide, si terne. Et je ne veux pas la vivre sans lui, sans amour. C’est impossible pour moi.

_ Justinien, je peux rentrer ?

C’était la voix de Lénaïg, elle toquait derrière ma porte de chambre timidement. C’était la première fois qu’elle s’adressait à moi directement. En principe, elle n’osait même pas croiser mon regard, peut-être était-ce à cause de Fredric ou de la peur qu’elle avait ressenti le jour où j’ai failli mourir, mais quoi qu’il en soit, elle semblait intimidé et l’entendre frapper derrière la porte fit croître mes suspicions à propos de mon amant.

_ Oui ?

Elle apparut rapidement devant moi, l’air assez gêné. En la regardant, je vis qu’elle avait changé de couleur de cheveux, au lieu d’être blonds comme ceux de sa sœur, ils étaient devenus aussi roux que du cuivre. Et cela lui allait très bien.

_ Je voulais te parler de quelque chose… murmura-t-elle en s’asseyant à côté de moi, sans pour autant me regarder.

_ Dis-moi que ça concerne Fredric… entamais-je ouvertement, sans aucune retenue.

_ Malheureusement, oui, répondit-elle, fronçant ses sourcils avec un visage anxieux.

Lénaïg ne semblait pas très enchantée de devoir parler de Fredric, je voyais bien que la mention de son frère l’embarrassait plus que de raisons. Inquiet, je me redressa dans mon lit pour lui demander :

_ Qu’est-ce qu’il se passe ? Il va bien ?

_ Mes parents l’ont chassé de la maison après que Lucie se soit fait arrêtée, il y a encore cinq jours, j’avais à peu près une idée de là où il pouvait être, mais aujourd’hui, je ne sais pas… soupira Lénaïg, fixant mon bureau à quelques mètres devant elle. Il… Il m’a fait promettre de ne rien te dire, mais je suis tellement angoissée que j’ai jugé bon que tu saches cela. Je sais que ce n’est pas agréable et…

_ C’est bon, je ne suis pas handicapé non plus ! Je peux au moins savoir ce qu’il se passe dans la vie de mon petit ami ! M’énervais-je sur elle, la laissant étourdie.

_ Ecoutes, je le sais très bien ça, mais on ne voulait pas t’inquiéter. Après tout ce qu’il s’est passé, comment voulais-tu qu’on te parle de Fredric ?

_ Oh oui, je comprends ! Me voir me morfondre parce que l’homme que j’aime n’a toujours pas daigner me dire « c’est cool, t’es toujours vivant !! » est beaucoup plus attrayant que m’expliquer clairement qu’il m’a complètement abandonné !!

_ Tu fais fausse route Justinien ! Il ne t’a pas abandonné ! S’écria-t-elle, se levant avec précipitation de mon lit. La dernière fois que je l’ai vu, il n’arrêtait pas de me dire qu’il t’aimait et qu’il ferait tout pour venir te voir dés que possible. Il pense à toi continuellement, et ça se voit. A l’hôpital, il…

_ A l’hôpital ?! Sursautais-je, la dévisageant. T’es en train de me dire que Fredric était à l’hôpital et que je ne l’ai pas vu ?!

_ Il n’osait pas venir en sachant que cet incident avait eu lieu à cause de lui…

Je sentais une fausse note dans ce que Léna venait de dire. Elle mentait sur quelque chose, Fredric, fautif ou non de cela n’aurait jamais eu peur de venir me voir. Bien au contraire. Il aurait été présent et m’aurait soutenu dans mon malaise.

_ Tires-toi de me chambre… lui ordonnais-je sans avoir de réelles raisons, mise à part ma colère naissante.

Lénaïg me regarda avec des yeux ronds et me répondit avec un tintement de voix suffisamment exaspérant pour être ressenti comme vexant :

_ Sois pas si stupide Justinien…

Puis elle tourna les talons et claqua la porte de ma chambre.
Suite à cette conversation, je n’eux qu’une envie, fondre en larme et supplier tout et n’importe quoi de me rapporter mon Fredric. Je n’en pouvais plus. Même si ce qu’elle disait paraissait étrange, il avait tout de même été chassé de son foyer, il était perdu au milieu de nulle part et personnes ne savaient ce qu’il devenait. C’était insoutenable. Et ne pas m’avoir dit la vérité me rendait fou de rage.



Pour ma propre chance, le lendemain matin arriva assez rapidement à la maison. Comme à l’ordinaire, c’était Marien qui était venu m’apporter mon petit déjeuné au lit. Il ne me laissait pas le loisir de bouger jusqu’à la cuisine pour me servir une tasse de café. Et cela me donnait la minime impression d’être prisonnier de ma chambre, mais dans sa manière d’agir, j’avais surtout l’impression qu’il cherchait à se faire pardonner de quelque chose, comme s’il voulait racheter toutes nos années perdues dans la crainte l’un de l’autre.
Finalement, avoir failli perdre la vie m’a apporté un frère présent, certes étouffant, mais présent malgré tout. Et je chérissais autant que je maudissais cette opportunité de ne plus être seul familièrement.
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, il n’y avait personne à la maison et Marien devait reprendre son travail dans quelques heures. Après l’accident, il avait prit deux semaines de repos pour s’occuper de moi, et comme mon état s’améliorait et que je sentais qu’aller au boulot, cela lui manquait, c’était sans surprise que je l’entendis me dire qu’il allait bientôt devoir partir de la maison et reprendre enfin son rôle au journal.
J’allais de nouveau pouvoir disposer seul de cet endroit. Quel soulagement. Mais à travers cette reprise de travail de mon frère, je sentais inéluctablement le destin me rapprocher de ma rentrer au lycée. Abominable. Bien sûr, pour le moment, j’évitais de m’en soucier plus que de raisons, il fallait que je profite de cette longue convalescence et pour se faire, je devais aider Marien à quitter le plus vite possible cette maison et me laisser seul. Chose que je parvins à faire rapidement, l’écoutant attentivement dans toutes ses recommandations stupides que je savais déjà et lui donnant avec bonheur les clés de sa voiture pour qu’il s’en aille.




*    *

*




Pour la première fois depuis deux semaines, Marien devait laisser Justinien seul dans la maison. Devoir repartir au travail lui procurer un immense plaisir, mais savoir son frère sans surveillance alors qu’il souffrait encore de sa blessure l’angoissait au plus haut point.
Mais à force de l’entendre le supplier de s’en aller le plus vite possible, il quitta les lieux, répétant une énième fois à Justinien de ne rien faire de dangereux pour lui. Il devait encore se reposer et éviter tout mouvements brusques.

Montant dans sa voiture, Marien regarda furtivement son petit frère refermer la porte et partir profiter de sa solitude. Une solitude qui ne serait pas longue tout de même. En effet, lorsqu’il enclencha le moteur et démarra pour partir au travail, Marien roula jusqu’à l’angle de la rue et se gara maladroitement contre le trottoir. Rapidement, il ouvrit sa portière et en sortit pour aller déverrouiller le coffre arrière de la voiture dans un calme grossier, puis, le cœur battant, il se retourna pour faire face à sa plus grande honte : Fredric.

_ On va y aller, je te laisse ranger tes affaires dans le coffre.

Le jeune brun, froid, jeta son sac à l’endroit indiqué et se retourna vers Marien, plantant sans douceur ses yeux dans ceux du châtain.

_ Il est seul ?

_ Oui.

_ Je voudrais aller le voir.

Marien, suspicieux regarda Fredric de haut en bas. Il aurait voulu lui répondre non, mais la peine de Justinien dés que le nom de son amant était mentionné lui revint en mémoire et il se résigna à lui dire :

_ Etant donné que nous n’avons pas la journée devant nous, je te donne dix minutes… Et je te jure que si tu lui fais le moindre mal, je te tuerai au lieu de t’aider.

_ Ce ne sera pas de me faute s’il a mal, répondit amèrement Fredric avec une voix irritée.

Puis il se détourna de Marien sans le regarder et commença à avancer en direction de la rue qui le mènerait à Justinien.

_ Dix minutes, pas plus, répéta à nouveau le châtain, soupirant déjà devant désastre qu’il allait commettre pour son petit frère.





*    *

*




_ Enfin tranquille ! M’exclamais-je en m’écrasant lourdement dans le canapé, allumant cette maudite télévision qui n’avait aucun programme intéressant à offrir. Plus de frère, plus d’amis, plus de famille qui me surveille, m’empêche de bouger et de respirer ! Enfin !

Tout en blottissant un coussin contre mon torse, je cherchais sur le câble la chaîne des clips musicaux, seule chose bien à regarder à une heure pareille. Après tout, je n’étais pas en vacances, mais en convalescence, les bons programmes n’étaient donc pas diffusés à ces heures là, étant donné que la plupart des gens travaillaient ou étaient en cours. A force de zapper, je fini pas trouver une émission potable qui passait quelques clips assez pop et rock à la télé.
Alors que je m’apprêtais à m’enfoncer dans le canapé, recouvert par les coussins et couvertures que j’avais descendu pour l’occasion, la sonnette de cette satanée maison retentit. A l’entente de ce bruit, une grimace me déforma le visage. Je n’avais pas envie d’ouvrir, mais la personne insista plusieurs fois de suite, je n’avais donc pas le choix, je ne pouvais définitivement pas rester seul dans cette maison. Quelle poisse !

Le pas lourd, j’arrivais en une seconde jusqu’à la porte d’entrée. Après avoir tourné les clés dans la serrure, je m’attendais à trouver devant moi quelques vendeurs de porte à porte ou quelque chose d’ennuyeux comme cela, mais au lieu de voir l’une des ces idioties, c’est une image puissante qui se dressa devant moi, me laissant immobile et frêle.

_ F-Fredric ? C’est vraiment toi ? Murmurais-je, assommé par cette vue.

_ Oh Mon Dieu, Justinien !

Il se précipita sur moi sans aucune hésitation, m’attrapant avec puissance dans ses bras pour me serrer le plus fort possible. Je répondis d’ailleurs à cette enlacement avec vivacité. Les larmes aux yeux, j’enfonçais ma tête dans le creux de son cou. Respirant son odeur, sentant son cœur battre la chamade tout comme le miens et caressant ses cheveux d’une extrême douceur. Tout cela m’avait tellement manqué. Son corps, sa voix, sa peau, tout chez lui m’avait manqué.

_ Où étais-tu ? Je désespérais sans toi… J’ai cru ne jamais pouvoir te revoir, lui dis-je, me détachant légèrement de lui pour lieux le regarder.

Il me fixa d’un air si peiné, si faible, que la crainte me gagna rapidement. Je ne l’avais encore jamais vu aussi mal et avant que je n’ais le temps de redire quelque chose, il attrapa ma tête entre ses mains et m’embrassa avec fougue. Nos bouches se collèrent l’une à l’autre, laissant monter nos passions réciproques, et rapidement ce baiser se transforma en une réelle osmose et je me blotti contre lui en même temps qu’il m’insuffler un nouveau souffle de vie. Cependant, dans cet échange, un élément étranger était venu semer le trouble dans mon esprit, à mesure qu’il m’embrassait, déplaçant parfois ses lèvres vers mon cou, mes joues, mon front, un goût salé vint nous interrompre. Reculant mon visage du sien, je le regarda et en une seconde je cru perdre pied sur ce monde.

_ Fredric, tu pleures… lui dis-je, n’arrivant pas à croire en cet instant.

Il me rattrapa vivement et posa son front contre le mien, fermant fortement ses yeux, il fit sortir les larmes qui devaient lui troubler le regard depuis plusieurs secondes déjà pour finalement me dire, en tremblant :

_ J’ai tellement peur Justinien, tellement… Si tu savais…

Je m’agrippa vivement à lui pour lui déposer quelques baisers sur la bouche avant d’essayer de le réconforter avec des paroles que je trouvais aussi misérables que nos deux corps réunis en cet instant :

_ Je suis vivant, maintenant, tout va aller mieux, n’est-ce pas mon amour ? Tu verras, ça va s’arranger. Je t’aime tellement…

_ Justinien… sanglota-t-il avant de venir m’embrasser de nouveau, les lèvres humides se collant aux miennes.

_ Arrêtes de pleurer, tout va s’arranger, absolument tout. Ca me fait mal de te voir comme cela. Alors arrêtes s’il te plaît…

J’avais l’immense impression qu’il n’écoutait que d’une oreille ce que je lui disais. Il ne semblait pas être ailleurs, mais je sentais qu’il voulait dévorer l’instant présent et j’en eu la confirmation lorsqu’il répondit :

_ Embrasses-moi, s’il te plaît, embrasses-moi…

Sans hésitation, je prie à mon tour possession de ses lèvres et de son âme tout entière, j’aurais voulu me déchaîner dans une passion mise à nu, qu’il me fasse à nouveau l’amour, mais il m’interrompit, prenant l’une de mes mains pour entrelacer nos doigts et nous voir complet pendant un instant. Ses larmes étaient toujours présentes, même beaucoup plus que lorsqu‘elles avaient commencé à couler, et cela me fit rapidement gagner en inquiétude.

_ Justinien… murmura-t-il, i-il va falloir que je te dises au-revoir, et je ne sais pas encore comment je vais pouvoir faire cela…

_ Quoi ? M’exclamais-je faiblement, sentant une pression brutale contre mon cœur.

Je n’arrivais pas à saisir l’exact sens de ce qu’il venait de me dire.

_ Le temps va manquer… Mais il faut que j’arrive à te dire que… te dire que je te quitte… Je m’en vais, le plus loin possible d’ici…

_ Mais qu’est-ce que tu me racontes, Fredric, mon amour, tu…

_ Ne dis rien s’il te plaît, je t’en supplie, ne rend pas ce moment encore plus difficile…

Il me caressa tendrement le visage, comme s’il cherchait à le mémoriser pour l’éternité à venir. Chose qui me déstabilisa, me donnant envie de souder mon corps au siens et de lui interdire ces quelques paroles qu’il prononçait avec une peine évidente.

_ Je t’aime Justinien, je crois que je n’ai jamais autant aimé quelqu’un et que je ne serais jamais capable de donner autant d’amour à une autre personne. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée dans cette vie et dans toutes les autres, mais je suis obligée de partir, je ne peux pas rester, je suis désolé, affreusement désolé…

Il planta son regard une nouvelle fois dans le miens, me dévisageant jusqu’à mon âme et me laissant vide de toutes émotions. Le monde s’écroulait autour de moi, à mesure que je le voyais prendre du recule de mon être. De quelques millimètres, des centimètres se mirent à nous séparer. Puis, au bout de quelques secondes, son corps s’éloigna du mien, je ne touchais plus rien d’autres que le néant. Sa peau et sa chaleur me quittaient tout entier et je n’avais jamais eu l’impression d’être aussi lourd qu’en ce moment.

_ Fredric, Fredric… Qu’est-ce que tu fais ? Qu-Qu’est-ce que…

Si Dieu existe comme beaucoup le pense, pourquoi me fait-il vivre un tel calvaire ? Comment se fait-il que le visage de Fredric, son corps, son âme, s’amenuisent de leurs présences et que je le regarde se détourner de moi sans savoir comment agir ?

Il repassa rapidement derrière la porte de la maison, la refermant sans que je ne puisse profiter de sa silhouette une dernière fois. Il venait de quitter ma vie, et je la sentais mourir à côté de moi sans oser retourner à l’intérieur. Quelques larmes trop lourdes pour mes yeux, sortirent au premier clignement, elles roulèrent dans un supplice abominable sur mes joues, laissant une trace humide de leur passage sur moi. Et malgré tout, je ne pouvais pas croire que tout était fini. Il y a encore cinq minutes, Fredric était là et c‘était comme si je reprenais enfin conscience que j‘étais vivant. Et l’instant d’après, il ne restait plus que son odeur dans l’air, la sensation d’une présence passagère implosant dans le vide.

Sans savoir par quelle prouesse physique cela était possible, je me retrouva très vite à genoux, à l’endroit où Fredric venait de me quitter. Je crois. Tombant au sol comme une feuille morte, je parvins à entendre la chaîne musicale lancer une chanson actuelle qui me fit frémir dans son ensemble. Elle était vraiment mal choisi pour ce moment, et lorsqu’elle résonna jusque mon cœur, c’était mon âme qui s’écrasa par terre, comme du crystal, se brisant en milliers de morceaux dont je ne ressentirais plus jamais l’émotion.
Ne parvenant pas à réagir, je ne fis qu’une lamentable chute, écrasant ma blessure contre le parquet de la maison et sentant la froideur du sol sur mes joues mouillées.

Je resta ainsi de longues heures, ne croyant pas à ce qu’il venait de m’arriver. J’étais bel et bien seul, enfin seul. Abandonné, roué de coups intérieurs et immobile contre mon néant. Tout était noir. Et la mort imminente que j’avais ressenti il y a peu de temps n’était rien comparée à celle-ci. J’étais fini.




*    *

*




Deux heures plus tard. Assis au volant de sa voiture, Marien regardait par la fenêtre la forme métallique d’un avion s’envoler d’un aéroport à travers le ciel.
Il venait d’envoyer Fredric droit vers les Etats-Unis, lui redonner une nouvelle vie. Il lui avait tout acheté pour être sûr que le jeune homme ne refuserait pas. Lorsqu’il arriverait à New York, il aurait un appartement, un travail, et autant d’argent qu’il lui faudrait pour lancer correctement sa vie. Marien avait vraiment tout fait. Mais son cœur avait bien plus mal que ce qu’il aurait cru. Lorsque Fredric était revenu de chez eux et qu’il était monté dans la voiture, ses yeux étaient si rouges de larmes et sa respiration tellement saccadée qu’il s’était demandé comment il parvenait encore à respirer. De plus, Fredric s’était effondré en arrivant à l’aéroport et en devant prendre ses bagages afin de quitter définitivement - selon les ordres de Marien -  cette ville qu‘il n‘aimait que pour Justinien.
Mais le jeune homme, encore remué par tout ce qu’il venait de se passer récemment, se demandait s’il avait réellement pris la bonne décision en forçant Fredric à quitter son frère. Et c’était d’ailleurs à la pensée de cet amour brisé qu’il explosa en sanglot au volant de sa voiture. Se sentant destructeur et sale.

Finalement, il n’était pas un si bon frère que ça. Mais pour se contraindre à penser autrement, il se répéta à tue-tête que c’était pour le bien de Justinien. Pour son bien, leur bien. Pour leur survie. Et simplement cela. Qu’il ne lui faisait aucun mal.

Au bout d’un certain moment, sachant pertinemment que Justinien était chez eux, sans doute en larmes et anéanti, il redémarra en trombe la voiture, essuyant ses yeux et fonçant droit vers la maison.

Lorsqu’il y arriva, le regard inquiet, le cœur battant la chamade, il eut une soudaine peur de ce qu’il allait voir. Perdre son frère l’effrayait au plus haut point depuis que cette pensée avait failli se réaliser. Et quand il enclencha le verrou de la porte d’entrée et franchi le seuil de la maison, ce qui s’offrit à sa vue fut à la hauteur de ses craintes. Justinien était écrasé au sol, face contre terre, la respiration lente et le corps frêle.

_ Justinien ! S’écria Marien, prit de panique.

Il se précipita rapidement vers son frère. Il ne pleurait pas, ne disait rien et semblait avoir perdu la réalité de son regard. Jamais il ne l’avait vu si malade et abîmé.

_ Justy, qu’est-ce qu’il se passe ? Dis-moi… Qu’est-ce qu’il se passe ?

S’il n’avait pas été le grand Marien, il n’aurait pas tenu plus d’une seconde sans s’écrouler au côté de son frère pour pleurer. Mais son sang froid lui permis de toucher Justinien et d’essayer de le relever. Chose qui fut vite interrompu lorsque le jeune garçon repoussa avec violence son frère aîné et s’agrippa au sol comme si sa vie en dépendait.
Marien, ne voulant pas croire à ce spectacle, saisi avec force Justinien par les côtés et chercha à le soulever. Seulement, cela était bien plus difficile que prévu. Mais à force d’acharnement et devant la faiblesse de son petit frère, il parvint à le saisir correctement et à le décoller du sol afin de le porter dans ses bras. C’était bien la première fois qu’il était obligé de faire une chose pareille.
Désarmé, Justinien écrasa finalement sa tête dans le cou de son frère et explosa en sanglot et disant, dans une réalité scandaleuse, que Fredric l‘avait quitté. Marien, débordant de culpabilité, se déplaça jusqu’au canapé un peu plus loin, Justinien toujours blotti dans ses bras et il s’assit ainsi, serrant son frère le plus fort possible pour ne jamais le voir s‘échapper.

Il se savait fautif de ce drame qui venait sans doute de détruire une grande partie du bonheur de son frère, mais il pensait sérieusement que cela était pour son bien, et uniquement son bien. Fredric, son corps svelte, ses mains fines, son regard fragile et ses cheveux noirs de jais, n’était désormais plus présent. Tout était fini. Cette aventure n’était désormais plus qu’un souvenir. Un souvenir aux couleurs du néant et de l’inconscience.

Et ce n’était plus que l’infâme laideur d’une osmose inachevée.

 


 

FIN

 

Et voilà, Justinien se termine ici. Du moins l'histoire.
Tout comme pour I Want to Save you, je ne sais pas trop quoi dire mise à part que c'était une magnifique expérience et que je ressens beaucoup de fierté d'avoir écrit cette histoire.

Bien sûr, l'épilogue devrait arriver très rapidement afin que je puisse mettre la première maj de Never-Ending Story en route.

J'espère que cette fin vous a tout de même plu et que vous n'êtes pas déçu de les voir se séparer (désolé à Sasa qui m'avait demandé de ne pas finir mal ma fiction {#} quand j'avais lu ton commentaire, ma première réaction fut "oups..").

En tout cas, je vous remercie tous très fort et je vous dis à très bientôt !
C'est un plaisir de vous avoir pour lecteurs {#}
Nombreux ou non, je m'en fiche, vous êtes formidables !

{#}

 

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Justinien - Epilogue (Justinien) posté le jeudi 14 août 2008 22:58

 

Le voici, le voilà. L'épilogue qui termine réellement la fiction de Justinien.
{#} J'ai vraiment fini un projet. My God.

 

 

Sept mois plus tard


Que dire ? Cela va faire des semaines et des semaines que je surmonte de mon mieux la vie que j‘occupe avec peine désormais. Depuis que Fredric a franchi cette porte en me quittant, je n’ai donné d’intérêt à aucun garçon, pourtant, je suis sorti plus d’une fois, mais je ne trouvais personne à son égal. Je n’ai plus goût aux escapades nocturnes comme avant, sans lui, tout ces moments paraissent tellement ternes et vides. Cela va donc faire sept mois que je suis sans amour, sans relation sexuelle, et sans joie de vivre. C’est triste, je trouve. Et le pire de tout, c’est que je ne suis pas le seul à avoir perdu tout sentiment de bonheur récemment, et du coup, je ne peux pas me permettre de me montrer dépressif pour une histoire d’amour éteinte. Et c’est un poids supplémentaire sur mon dos. Intérieurement. Je sais que se serait très mal vu de toute façon, et de moi-même, j’aurais honte de cet épuisement réalisé uniquement pour Fredric. Comment pourrais-je bâcler le malheur qui a mit en ruine la vie de trois garçons que j’aime beaucoup ? Chase et ses frères viennent de vivre, il y a environ deux mois, la perte la plus déstabilisante que l’on puisse avoir dans une vie. Sandra Blake et son mari sont décédés dans un incendie, laissant derrière eux trois enfants complètement anéantis. Alors comment pourrais-je me montrer égoïste devant cette abominable événement que j'ai moi-même vécu il y a environ une année ?

Cela va donc bientôt faire huit semaines que je vois mon meilleur ami souffrir comme j’avais pu souffrir après la mort de mes parents. Je trouve cela injuste, et nous sommes malgré tout obligé de faire avec. Je crois bien que je hais la mort autant que la vie. Les hommes, les femmes, toutes ces existences sans buts, sans convictions, ni réelles envies, c’est tellement mortel que j’en suis achevé moralement et physiquement. J’ai mal pour eux et je me sens tellement impuissant.

Le souvenir de ce jour tout particulier m‘a marqué comme un fer rouge imaginaire sur mon cœur. Je crois bien avoir prit un coup de vieux en apprenant la mort des Blake. Je me rappelle que Marien et moi étions avec Chase, Ange et Mickey à ce moment ; lorsque nous avons appris la nouvelle. Puis cela a été un nouveau pas vers la misère mentale. Difficile. Un effrondrement et une chute insoutenable vers la peine. Et depuis, tout s’est enchaîné. Et quand je parle d’enchaînement, ce n’est pas quelque chose de léger. Nous avons fait un bon dans le futur immédiat. Le temps était comme accéléré à mes yeux, peut-être pas pour Chase et ses frères, mais pour les miens, c‘était ma vie qui défilait à toute allure. Et c’est donc rapidement que Marien a obtenu la garde des trois garçons, sous les regards surpris de la plupart de nos connaissances. Peut-être même sous mon étonnement aussi. C’était une prouesse juridique - comme j’aimais à la nommer. Puis, au fur et à mesure que le temps s’écoulait sur nous et sur cette reconstitution de deux familles, Marien et moi, avons appris à sonder moralement les trois frères, comme c’était une expérience que nous connaissions, nous avons rapidement trouvé les techniques pour les aider. Moi, je me suis surtout occupé de mon meilleur ami. Chase était lamentable à regarder, je ne l’avais jamais vu dans un état pareil. C’était d’ailleurs en le voyant si anéanti, que je me suis demandé à quoi j’avais bien pu ressembler après le décès de mes parents ? Mais quoiqu’il en soit, je faisais tout pour le soutenir et transformer peu à peu son visage en une esquisse d‘espoir. Je savais qu’il n’avait besoin que de repos et d’un peu de présence. Et c’est ce que Lénaïg et moi nous nous efforcions de lui apporter quotidiennement.
Marien, quant à lui, a donné tout son temps aux deux derniers. Mickey n’a pas été difficile à comprendre, il s’est très vite accroché à mon frère et s’est confié à lui avec simplicité. Chose impressionnante lorsque l’on connaît le phénomène de Marien. Mais comme ils se connaissaient déjà bien, Mickey a rapidement eu confiance en lui.
Le cas le plus difficile à gérer était Ange, dés son arrivé, il a tout rejeté, la moindre personne et la moindre parole. Il ne voulait pas s’exprimer ou alors, cela se faisait dans une haine imperturbable qui montait et montait toujours plus haut jusqu‘à explosion. Et encore aujourd’hui Ange est un garçon difficile. Marien fait tout ce qui est en son pouvoir pour le faire démordre de cette colère intérieur, mais il est tellement coriace qu‘il ne donne aucune chance à qui que se soit. Et surtout pas à ses frères. D’ailleurs, une relation très conflictuelle s’est établie entre eux trois, elle est plutôt réservée entre Chase et Mickey, après tout, le petit brun n’a que six ans, mais pour ce qui est d’Ange, il n’a aucun respect autant pour l‘un que pour l‘autre, même pour Marien et moi. Je sais qu'il m'est impossible de l’approcher sans qu’il ne me perce d’un regard brutal et méprisant, près à m‘arracher la peau comme du laser. C‘est d‘ailleurs pour cela que je trouve qu‘il ressemble beaucoup à Marien, Ange a autant de colère que mon frère en avait eu après la mort de nos parents et la manière de l’exprimer est la même. C’est aussi grâce à cette comparaison que je ne me fais pas trop de soucis pour le petit, je sais qu’il sera apte à ne plus développer sa colère une fois qu’il aura tout laissé sortir. De plus, avec Marien comme tuteur, il n’aura pas d’autre choix que d’abdiquer. A croire que mon frère a fait de la psychologie lorsqu’il était à la faculté.

En somme, ma vie est en gros bordel, et toutes ces raisons font que je n’ai pas eu tellement de temps pour pleurer sur Fredric et me permettre d’en souffrir. Bien que - et j’en suis plus ou moins conscient - la plupart de mes larmes lui furent destinées à certains moments, mais je n‘ai jamais osé l‘avouer, j’avais bien trop honte de dire que je pleurais pour mon amour perdu alors que les parents de Chase, que j’aimais tout particulièrement, étaient décédés. Bien trop honte. Je crois même que je me le cachais à moi-même, quelque part.

_ Justy ? Appela la voix de Marien d’en bas des escaliers, un ton autoritaire se faisant sentir.

_ Oh Fuck… murmurais-je en me levant de mon lit moelleux.

Je n’avais aucune envie de me déplacer pour savoir ce qu’il se tramait en bas. Pour une fois que je pouvais me reposer paisiblement et tenter de remettre en ordre mon moral, il fallait que Marien intervienne pour me déstabiliser à nouveau. C’était d’une poisse mémorable.
En plus, je haïssais ce genre de dérangement. 

_ Justinien ! Répéta-t-il, nerveusement.

_ Deux secondes Marien ! Lui hurlais-je en me manifestant du haut des escaliers.

_ C’est pas trop tôt ! Rumina-t-il avec un air mauvais en me voyant arriver, pour ajouter ensuite : je dois passer chez le vétérinaire pour le nouveau lapin de Mickey.

_ L’espèce de peluche vivante noire ? Le coupais-je.

_ Ouai… soupira-t-il, il a la diarrhée depuis hier soir, et Mickey ne voudrait pas perdre encore une fois un lapin. Si tu vois ce que je veux dire.

Avant, j’aurais ricané en entendant cela, le petit avait souvent tendance à tuer ses bêtes en leur donnant de drôles de choses à manger - du moins, c’est ce que nous supposions - mais comme son dernier animal était mort dans l’incendie avec ses parents, je préférais ne pas rire de cette diarrhée. Mickey avait besoin de cette petite bête pour se sentir bien. Je n’avais pas le droit de me moquer de cela. Et puis de toute façon, mon frère m’aurait assassiné si j’avais réagis avec moquerie.

_ Et donc, tu attends quoi de moi Marien ? Lui demandais-je en descendant les marches.

_ Tu pourrais surveiller les garçons juste le temps de mon absence ? Ils sont dans le salons... Tous les deux. Réunis. Ensemble.

_ Et Chase, il est où ?

_ Il se repose dans ma chambre, apparemment, quelqu’un ronfle trop fort la nuit et l’empêche de dormir… me répondit-il avec un regard accusateur.

_ Agréable… soupirais-je tout en me tournant vers le salon où m’attendait les deux morpions.

_ Pour information, Ange est de très mauvaise humeur, alors évite de le titiller… me somma Marien avant de rajouter en constatant mon expression blasée : s’il te plaît Justinien, évites vraiment de l‘énerver, on a pas besoin d‘une nouvelle crise à gérer.

_ Oui, ne t’en fais pas… m’exaspérais-je en regardant mon frère mettre le lapin dans la cage avant de quitter notre doux foyer familial.



Et voilà à quoi j’en étais réduit aujourd’hui.
Je haïssais ces moments où Marien me confiait la surveillance d’Ange et Mickey, je savais que c’était d’un ennui mortel car ni l’un ni l’autre ne parlaient. Mickey était bien trop timide pour oser une quelconque approche, et Ange faisait tout pour éviter le contact.
Mais quoiqu’il en soit, je supportais malgré tout ce genre de scène et me blindait moralement afin de rentrer avec calme dans leur vie. Ils n’y étaient pour rien après tout, leurs parents étaient morts, ils avaient bien le droit d’avoir des comportements assez diversifiés. Marien produisait déjà des miracle sur eux, alors je n’avais pas tellement à me plaindre.

Après le départ de mon frère, lorsque je passa la porte pour retrouver les deux gamins, je sentis rapidement le plus jeune d’entre eux me foncer dessus en larmes, m’entourant de ses bras. Surpris, je me recula de lui pour mieux le regarder, un sourcil arqué en guise d’incompréhension.

_ J’veux pas qu’il meurt… sanglota-t-il, me serrant la taille du mieux qu’il pouvait.

Inactif, je restais planté, comme choqué, en plein milieu de la pièce. En principe, Mickey ne se collait pas à moi ainsi. Et comme j’avais toujours été le dernier de la famille - après Marien - je ne savais pas comment réagir devant cela. Après tout, qu’est-ce que je pouvais connaître des enfants ? Je n’en aurais jamais !
Mais en entendant les pleurs de ce garçon qui faisait désormais parti de ma famille, je n’avais pas d’autres choix que de lui rendre son étreinte, du mieux que je pouvais en tout cas. Puis, constatant sa peur, je lui dis pour le rassurer, que son lapin n’allait pas mourir. Sur le coup, je cru que ce n’était pas la chose à dire vu que les larmes de Mickey s’étaient amplifiées avec horreur, me détruisant les tympans. A y réfléchir, c'était diabolique un gosse.
Ensuite, tout en observant les lieux, je remarqua rapidement Ange, écrasé sur le canapé avec la télécommande dans les mains. Il montait le son afin de ne plus entendre son frère pleurer. Mais à force de constater que cela ne cachait pas les sanglots de Mickey, il se leva brutalement, éteingnant la télévision sans aucune doucuer pour finalement partir de la pièce en me lançant avec un regard des plus mauvais :

_ Qu’il crève son lapin, de toute façon, il sait pas s’en occuper. Et puis, on est plus à quelques morts près dans la famille.

_ T’es cruel Ange, lui répliquais-je froidement en m’accroupissant pour serrer Mickey dans mes bras, qui sous l’effet des paroles de son frère, s’était mit à pleurer plus fort.

Il pesta rapidement quelques mots, que je ne compris pas, avant de disparaître de la pièce, me laissant seul avec un enfant à consoler. Moi qui avait plus besoin de l’être que de le faire. C’était bien triste à voir, mais je n’avais plus le choix désormais. Je devais me retenir et aider du mieux que je pouvais. Cela me brisait le coeur.

Et il me semblait bien que c’était avec ce genre de scènes qu’on finissait par se rendre compte qu’en grandissant, on avait plus le droit de souffrir, mais simplement celui d’endurer.

La vie était donc aussi médiocre et mortelle que cela ?


{#}
Bon, comme vous l'aurez remarqué, ceci est un épilogue assez spécial car il a aussi des allures de prologues à Never-Ending Story.
Disons que, j'ai surtout parler de la situation dans laquelle va évoluer NES. Justinien, il est perdu au milieu de tout ça, Fredric disparut, il ne sait même plus qu'il est.
Et vous saurez s'il s'en sort dans NES, un huit ans après qui risque d'être lourd pour mon petit Justy-prout que j'aime.

Autant vous dire que j'ai dû mal à réaliser que Justinien est terminé. Vraiment terminé. C'est assez étrange. Je suis très fière cela dit. Même si les chapitres sont loins d'être parfait, j'ai beaucoup donnée dans cette histoire. Et j'ai beaucoup appris aussi. De plus, j'ai fait grandir et évoluer Justinien en même temps que moi, j'ai donc une grosse attache sentimentale à ce personnage.


Merci beaucoup pour vos réactions au dernier chapitre. Elles m'ont réellement fait plaisir ! C'était très agréable de lire vos réactions. {#}

Quoiqu'il en soit, je devrais commencer à publier sur Never-Ending Story avant la fin de la semaine. J'ai déjà pas mal de photos et quelques articles hors ligne. Mais je veux vraiment faire quelque chose qui me convienne et qui me plaise, et comme la première maj a son importance à mes yeux, je vais la faire du mieux possible. Mon possible, en tout cas.

A très bientôt aussi ici. La suite de Coeur Sacré est à venir très rapidement. Comme si j'allais abandonner le petit Valéry qui sera très vite présent dans NES {#}

Bises à tous & merci tout plein !

 

Sasa => Tout d'abord, je te remercie beaucoup pour ton/tes commentaire(s), je suis vraiment ravie de savoir que tu as suivi cette histoire jusqu'au bout. Ca me fait vraiment plaisir. {#}
Je suis désolée d'avoir écrit cette phrase si ça t'a fait de la peine ou choquée. Si j'ai dit cela, ce n'est pas parce que Justinien ne veut pas d'enfants ou qu'il ne peut pas. Mais comme il est homosexuelle (et garçon), je le vois mal avoir un enfant de sa propre chair. Et puis, même si ce que je vais dire n'est pas sympa (à première vue), je suis contre l'adoption homosexuelle (malheureusement). Ce n'est pas que je doute de l'amour et de la présence de deux parents du même sexe, mais je doute de la société qui ferait forcément du mal à la famille. Surtout à l'enfant. C'est bien dommage d'ailleurs, parce que je suis sûre que des parents gays ou lesbiennes seraient peut-être mieux que certains parents hétéros ! Mais quand on voit les réactions des gens ou les réactions des enfants qui constatent qu'un de leur camarade a deux papas ou deux mamans.. Je ne veux même pas imaginer le mal que cela peut faire !

J'espère que mon avis ne te décevras pas (si tu repasses par ici) ou que t'arriveras à le comprendre (je m'explique assez mal {#}). Tu peux très bien être du même avis d'ailleurs, beaucoup pensent ainsi pour les mêmes raisons.
Quoiqu'il en soit, tu avais le droit de réagir à ce que j'ai écrit pour Justinien. Après tout, les textes sont fait pour qu'il y ait du partage (sous n'importe quelle
forme). {#}.
En tout cas, si jamais tu ne relis plus du tout de yaoï, et bien, je suis vraiment heureuse de t'avoir eu comme lectrice. Tes avis m'ont beaucoup intéressé et j'espère que tout ira bien mieux pour toi. Ca a été un grand plaisir d'être lu par toi {#}
Je ne te dis pas "adieu" car ce mot m'a toujours fait peur, mais sans doute "au-revoir"  ou "à bientôt" si tu vois ce message et que tu souhaite y répondre. {#}
Merci encore pour ta présence sur Justinien ! {#}

Mélo & Lara => {#} Merci les filles, vous êtes formidables !

 

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