Ecoutez : Secret Garden -
Song from a Secret Garden
(de
préférence, il faudrait que la musique tourne encore
jusqu'à la fin de cette partie de
chapitre)

Une nuit plus tard, le temps froid et sombre semblait triompher sur
l’ambiance générale de la ville. Cette lourdeur
atmosphérique se faisait ressentir jusque dans l’un
des meilleurs lycées, endroit où les
élèves étaient censés chahuter et rire
avec camarades et amis, seulement, la journée offerte
n’était pas de tout repos. Fredric n’avait plus
de nouvelles de Justinien depuis leur baiser devant la librairie,
la veille. Ce fameux baiser angoissant mais tellement bon. Il avait
pu de nouveau frôler le visage tendre et angélique de
son petit ami qu’il avait bien failli perdre. Et dire
qu’à cause de l’idiotie possessive de Lucie,
Justinien s’était enfui en pleurant,
l’empêchant de venir le reprendre dans ses bras et que,
pour couronner le tout, Marien, son frère nerveux et
protecteur s’était aventuré chez lui pour lui
apprendre des réalités écœurantes et lui
ordonner de mettre un terme à son aventure avec Justinien.
Non, il n’y avait pas à dire, Fredric n’avait
vraiment pas de chance, c’était certain.
Quoiqu’il en soit, à cette heure-ci, il devait faire
face à une copie de mathématiques, la matière
qu’il n’arrivait pas à exercer sans erreurs, et
la concentration en moins, il n’arrivait même pas
à lire les questions, tout ce qui comptait pour
l‘heure, c’était Justinien et l‘attente de
le revoir. Il ne comprenait pas pourquoi son amant était
absent depuis ce matin et pourquoi, dans la même
émotion, le temps était si gris, si lourd. Mais il
allait bientôt avoir une réponse à cette
question effarante. Alors qu’il tentait une dernière
fois de déchiffrer le premier exercice de son examen, la
porte de la salle de classe s’ouvrit avec fracas dans un
mouvement qui fit sursauter tous le monde ici présent.
Fredric, choqué par cette intervention, reconnu en moins
d’une seconde le visage affolé de Chase et de sa
petite sœur, Lénaïg. Celle-ci, terrorisée,
le cherchait du regard. Et lorsqu’elle le trouva, elle tapota
l’épaule de son petit ami qui se tourna
instinctivement vers le grand brun assis sur sa chaise, en panique.
Le professeur de mathématiques, intrigué mais en
aucun cas énervé, demanda avec sérieux :
_ Que se passe-t-il ? Pourquoi débarquez-vous ainsi dans ma
salle de classe ?
_ On est venu chercher Fredric, s’écria Chase avec une
angoisse non dissimulée.
_ Comment ça ?
Au moment même où la question fut poser, un
surveillant apparut derrière Chase et Lénaïg, il
regarda à tour de rôle ces deux
protégés, puis le professeur ainsi que Fredric. Et ce
fut ce moment que le jeune garçon aux cheveux châtain
foncés choisi pour annoncer avec faiblesse, tout en
attrapant la main de sa petite amie comme pour parvenir à
tenir debout, la nouvelle terrorisante :
_ Justinien a été poignardé hier soir, il est
à l’hôpital, il faut absolument que Fredric
vienne avec nous.
C’était droit dans les yeux qu’il avait choisi
de dire ces mots. Le brun à qui cela était
destiné se redressa sur sa chaise, manquant de faire tomber
la table en avant, les yeux grands écarquillés, il
balbutia une sorte de « quoi ? » qui ne fut
intercepté que par son professeur qui lui ordonna de prendre
ses affaires et de suivre Chase et Lénaïg. Le reste de
la classe, remué par cette nouvelle commença à
s‘éveiller par la parole, complètement
retourner. L’un des garçons non loin de Fredric
murmura une phrase qui glaça le sang du jeune homme, il
est peut-être mort, disait-il froidement, le cœur
lié à l’angoisse. Sous le choc, Fredric jeta un
furtif regard à celui qui était l’auteur de ces
mots, ne semblant pas tellement bien les encaisser, pour lui, il
n’y avait qu’une seule réalité : cela
n’arrivait que dans les films. Uniquement dans les
scénarios sombres et douloureux, et si par malheur, ce genre
d’événement touchait la vie, et bien,
c’était toujours celle des autres, mais pas la notre.
Logique, non ?
Et c’est sur cette pensée que Fredric empoigna son sac
et s’élança vers Chase et Lénaïg,
cette dernière lui attrapa la main comme pour le retenir si
jamais le sol s‘ouvrait sous ses pieds pour le faire chuter
dans le néant. Et rapidement, ils quittèrent la salle
et partir en courant jusque dans le bureau du directeur là
où attendait patiemment la mère de Chase, prête
à exploser en sanglot. Celle-ci, en voyant son fils revenir
ne pu s’empêcher de mettre une main sur sa bouche,
puis, dans un accord avec le lycée, elle partit avec les
trois adolescents pour retrouver l’hôpital où
Justinien attendait, peut-être à moitié
mort.
Une fois le chemin entamé dans la voiture, le silence
l’emporta sur tous les individus présent. A
l’avant se trouvait Sandra Blake en compagnie de son fils,
rongé par la crainte, et à l’arrière,
Fredric était monté avec sa sœur. Celle-ci,
déboussolée explosa rapidement en sanglot tout en
s’effondrant sur les cuisses de Fredric, qui, dans un
mouvement fébrile, lui caressa les cheveux, ne comprenant
pas tellement que lui aussi, il devrait pleurer avec elle.
Puis, à l’avant, de légères plaintes se
firent entendre au moment même où Lénaïg
s’était écroulée sur son frère.
Chase qui était pourtant fort venait de se mettre à
pleurer, laissant silencieux sa mère ainsi que Fredric. Ce
dernier, toujours aussi choqué ne faisait que regarder par
la fenêtre dans l’attente d’un mot, un geste, qui
lui annoncerait que tout ceci n’était qu’un
cauchemar, une illusion, une paresse mentale de croire au bonheur.
Malheureusement, les seules réponses qui parvenaient
à son ouïe étaient toujours les mêmes,
elles étaient vides et pleine de larmes.
_ Ne vous inquiétez pas, je suis sûre que ça va
s’arranger, laissa entendre Sandra tout
s’empêchant de pleurer, tenant fermement le volant de
la voiture.
_ C’est Justinien merde ! S’écria alors Chase en
prenant sa tête entre ses mains et se penchant en avant dans
la voiture, aussi bas que la ceinture pouvait le lui
permettre.
Sa respiration devint de plus en plus bruyante et
étouffante, en même temps que ses sanglots
redoublaient. Jamais personne ne l’avait vu exprimer un
désarrois si fort, surtout en présence
d‘individus, proche ou non de son cœur.
_ Je t’en prie Chase, calme-toi, lui intima d’une
façon douloureuse sa mère.
Et elle avait raison, si Chase perdait son calme et
s’effondrait encore plus sur lui-même, laissant ses
cris prendre le dessus, il ferait sans aucun doute une crise
d’angoisse, malheureusement, chez lui, ce genre de
problème était redoutable. Et Sandra ne voulait pas
aller à l’hôpital pour son fils mais pour voir
où en était Justinien. S’il tenait le
coup.
A l’arrière de la voiture, Lénaïg pleurait
toujours autant, serrant entre ses poings le bas de la chemise de
son frère qui, lui, était toujours aussi
stoïque. Pâlissant à vu d’œil, il
devint totalement blanc lorsque la voiture se gara près de
l’hôpital. Sortant tous les quatre de la voiture avec
précipitation, ils accoururent immédiatement vers les
urgences.
Et là, ce fut l’horreur. Tout en mettant enfin les
pieds dans l’établissement, ils aperçurent de
loin Marien, écroulé sur les cuisses de Johanna, qui
pleurait de désespoir. Était-il mort pour que son
frère soit effondré ainsi ? Ce fut là, la
question qui les tirailla tous dans l’instant. Puis une
seconde après que Sandra se soit avancé vers Johanna
et Marien, le jeune homme se redressa, les yeux rouges de fatigues
et de larmes. Epuisé d’avoir trop pleurer, il se
releva avec faiblesse et la mère de Chase le saisi
rapidement dans ses bras, le serrant aussi fort que possible.
Même si elle ne connaissait pas beaucoup Marien, elle avait
rapidement considéré les deux garçons comme
deux autres fils. Et savoir que l’un d’entre eux
était aux urgences et que l’autre pleurait toute les
larmes de son corps ne lui fit faire qu’une chose, un seul
geste d‘affection. Et Marien, avec l’impression de
retrouver une mère, la pris dans ses bras lui aussi.
C’était instinctif, comme s’il n’avait
jamais oublié cette réaction, Sandra dégageait
le même sentiment qu’il avait en pensant à sa
mère décédée. C’était
comme si elle était de retour et venait le soutenir dans
cette horrible épreuve. Puis, au moment où il crispa
ses yeux dans le creux du cou de la mère de Chase et
qu’il fini par les rouvrir, embué de larmes, il
aperçu au loin Chase qui, toujours en pleure, tenter de se
consoler dans les bras de Lénaïg. Celle-ci, tout en
serrant son petit ami, maintenait la main de quelqu’un, une
main qui semblait faible et qui ne parvenait pas à saisir
correctement la présence Léna. Et à
l’instant où Marien regarda la personne qui tenait
ainsi la jeune fille, il repoussa Sandra et s’avança
avec une haine féroce vers celui qui n’aurait jamais
dû se montrer ici ; Fredric. La mère de Chase,
comprenant immédiatement ce qu’il se passait, accourut
devant le jeune brun et anonça d’une voix claire et
tonnante :
_ Tolères-le Marien ! Tolères-le au moins
aujourd’hui ! S’il te plaît…
L’interpellé, fatigué de devoir
rétorquer quoique se soit jeta un regard glacial à la
petite assemblée et se détourna d’eux pour
retourner vers Johanna qui était tout aussi remuée
que les autres.
_ Mais comment va-t-il ? S’écria soudainement Chase en
s’avançant lentement vers Marien, ne prenante
nullement conscience de l‘ampleur de cette parole.
Et ce fut là, la question à ne pas poser au jeune
homme. Cette réalité qui engloutit le peu de teneur
qu’avait encore Marien lui fit perdre toutes sa force et sa
rigueur. Il manqua de s’écrouler au sol avant de dire,
sur une voix coupée par ses sanglots et animée par la
détresse :
_ Ils ne savent pas s’il va se réveiller…
Dans une exclamation démentielle, Chase se recula avec une
puissance redoutable et se pencha en avant, le cœur lourd,
criant un cri de terreur. Sandra, voyant son fils dans cet
état ne parvint pas à faire prendre un sens
réaliste aux mots de Marien et partie attraper son enfant
avant qu’il ne s’effondre. Lénaïg, dans un
même mouvement s’agrippa à la chemise de Fredric
tout en répétant des « ce n’est pas
possible, ce n'est pas possible » rapides et angoissants. Son
frère lui, comme jeté dans un autre monde resta
debout en simple spectateur. Il ne savait pas comment
réagir, ni comment parler. Tous ses sens avaient disparus
dans la minute. Il se sentait fini et achevé. Et s’il
perdait Justinien, si le garçon pour qui son cœur
s’était éprit venait à succomber,
jamais, et il en était certain, jamais plus il ne vivrait
pleinement.
Cette suite est horrible ! Je veux tout de suite voir les prochains chapitres ! L'attente va être difficile !!



















La musique va très bien avec l'ambiance.