Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (première partie) (Justinien) posté le mercredi 23 juillet 2008 16:09

Ecoutez : Secret Garden - Song from a Secret Garden
(de préférence, il faudrait que la musique tourne encore jusqu'à la fin de cette partie de chapitre)

 


Une nuit plus tard, le temps froid et sombre semblait triompher sur l’ambiance générale de la ville. Cette lourdeur atmosphérique se faisait ressentir jusque dans l’un des meilleurs lycées, endroit où les élèves étaient censés chahuter et rire avec camarades et amis, seulement, la journée offerte n’était pas de tout repos. Fredric n’avait plus de nouvelles de Justinien depuis leur baiser devant la librairie, la veille. Ce fameux baiser angoissant mais tellement bon. Il avait pu de nouveau frôler le visage tendre et angélique de son petit ami qu’il avait bien failli perdre. Et dire qu’à cause de l’idiotie possessive de Lucie, Justinien s’était enfui en pleurant, l’empêchant de venir le reprendre dans ses bras et que, pour couronner le tout, Marien, son frère nerveux et protecteur s’était aventuré chez lui pour lui apprendre des réalités écœurantes et lui ordonner de mettre un terme à son aventure avec Justinien. Non, il n’y avait pas à dire, Fredric n’avait vraiment pas de chance, c’était certain. Quoiqu’il en soit, à cette heure-ci, il devait faire face à une copie de mathématiques, la matière qu’il n’arrivait pas à exercer sans erreurs, et la concentration en moins, il n’arrivait même pas à lire les questions, tout ce qui comptait pour l‘heure, c’était Justinien et l‘attente de le revoir. Il ne comprenait pas pourquoi son amant était absent depuis ce matin et pourquoi, dans la même émotion, le temps était si gris, si lourd. Mais il allait bientôt avoir une réponse à cette question effarante. Alors qu’il tentait une dernière fois de déchiffrer le premier exercice de son examen, la porte de la salle de classe s’ouvrit avec fracas dans un mouvement qui fit sursauter tous le monde ici présent. Fredric, choqué par cette intervention, reconnu en moins d’une seconde le visage affolé de Chase et de sa petite sœur, Lénaïg. Celle-ci, terrorisée, le cherchait du regard. Et lorsqu’elle le trouva, elle tapota l’épaule de son petit ami qui se tourna instinctivement vers le grand brun assis sur sa chaise, en panique. Le professeur de mathématiques, intrigué mais en aucun cas énervé, demanda avec sérieux :

_ Que se passe-t-il ? Pourquoi débarquez-vous ainsi dans ma salle de classe ?

_ On est venu chercher Fredric, s’écria Chase avec une angoisse non dissimulée.

_ Comment ça ?

Au moment même où la question fut poser, un surveillant apparut derrière Chase et Lénaïg, il regarda à tour de rôle ces deux protégés, puis le professeur ainsi que Fredric. Et ce fut ce moment que le jeune garçon aux cheveux châtain foncés choisi pour annoncer avec faiblesse, tout en attrapant la main de sa petite amie comme pour parvenir à tenir debout, la nouvelle terrorisante :

_ Justinien a été poignardé hier soir, il est à l’hôpital, il faut absolument que Fredric vienne avec nous.

C’était droit dans les yeux qu’il avait choisi de dire ces mots. Le brun à qui cela était destiné se redressa sur sa chaise, manquant de faire tomber la table en avant, les yeux grands écarquillés, il balbutia une sorte de « quoi ? » qui ne fut intercepté que par son professeur qui lui ordonna de prendre ses affaires et de suivre Chase et Lénaïg. Le reste de la classe, remué par cette nouvelle commença à s‘éveiller par la parole, complètement retourner. L’un des garçons non loin de Fredric murmura une phrase qui glaça le sang du jeune homme, il est peut-être mort, disait-il froidement, le cœur lié à l’angoisse. Sous le choc, Fredric jeta un furtif regard à celui qui était l’auteur de ces mots, ne semblant pas tellement bien les encaisser, pour lui, il n’y avait qu’une seule réalité : cela n’arrivait que dans les films. Uniquement dans les scénarios sombres et douloureux, et si par malheur, ce genre d’événement touchait la vie, et bien, c’était toujours celle des autres, mais pas la notre. Logique, non ?
Et c’est sur cette pensée que Fredric empoigna son sac et s’élança vers Chase et Lénaïg, cette dernière lui attrapa la main comme pour le retenir si jamais le sol s‘ouvrait sous ses pieds pour le faire chuter dans le néant. Et rapidement, ils quittèrent la salle et partir en courant jusque dans le bureau du directeur là où attendait patiemment la mère de Chase, prête à exploser en sanglot. Celle-ci, en voyant son fils revenir ne pu s’empêcher de mettre une main sur sa bouche, puis, dans un accord avec le lycée, elle partit avec les trois adolescents pour retrouver l’hôpital où Justinien attendait, peut-être à moitié mort.

Une fois le chemin entamé dans la voiture, le silence l’emporta sur tous les individus présent. A l’avant se trouvait Sandra Blake en compagnie de son fils, rongé par la crainte, et à l’arrière, Fredric était monté avec sa sœur. Celle-ci, déboussolée explosa rapidement en sanglot tout en s’effondrant sur les cuisses de Fredric, qui, dans un mouvement fébrile, lui caressa les cheveux, ne comprenant pas tellement que lui aussi, il devrait pleurer avec elle.
Puis, à l’avant, de légères plaintes se firent entendre au moment même où Lénaïg s’était écroulée sur son frère. Chase qui était pourtant fort venait de se mettre à pleurer, laissant silencieux sa mère ainsi que Fredric. Ce dernier, toujours aussi choqué ne faisait que regarder par la fenêtre dans l’attente d’un mot, un geste, qui lui annoncerait que tout ceci n’était qu’un cauchemar, une illusion, une paresse mentale de croire au bonheur. Malheureusement, les seules réponses qui parvenaient à son ouïe étaient toujours les mêmes, elles étaient vides et pleine de larmes.

_ Ne vous inquiétez pas, je suis sûre que ça va s’arranger, laissa entendre Sandra tout s’empêchant de pleurer, tenant fermement le volant de la voiture.

_ C’est Justinien merde ! S’écria alors Chase en prenant sa tête entre ses mains et se penchant en avant dans la voiture, aussi bas que la ceinture pouvait le lui permettre.

Sa respiration devint de plus en plus bruyante et étouffante, en même temps que ses sanglots redoublaient. Jamais personne ne l’avait vu exprimer un désarrois si fort, surtout en présence d‘individus, proche ou non de son cœur.

_ Je t’en prie Chase, calme-toi, lui intima d’une façon douloureuse sa mère.

Et elle avait raison, si Chase perdait son calme et s’effondrait encore plus sur lui-même, laissant ses cris prendre le dessus, il ferait sans aucun doute une crise d’angoisse, malheureusement, chez lui, ce genre de problème était redoutable. Et Sandra ne voulait pas aller à l’hôpital pour son fils mais pour voir où en était Justinien. S’il tenait le coup.
A l’arrière de la voiture, Lénaïg pleurait toujours autant, serrant entre ses poings le bas de la chemise de son frère qui, lui, était toujours aussi stoïque. Pâlissant à vu d’œil, il devint totalement blanc lorsque la voiture se gara près de l’hôpital. Sortant tous les quatre de la voiture avec précipitation, ils accoururent immédiatement vers les urgences.

Et là, ce fut l’horreur. Tout en mettant enfin les pieds dans l’établissement, ils aperçurent de loin Marien, écroulé sur les cuisses de Johanna, qui pleurait de désespoir. Était-il mort pour que son frère soit effondré ainsi ? Ce fut là, la question qui les tirailla tous dans l’instant. Puis une seconde après que Sandra se soit avancé vers Johanna et Marien, le jeune homme se redressa, les yeux rouges de fatigues et de larmes. Epuisé d’avoir trop pleurer, il se releva avec faiblesse et la mère de Chase le saisi rapidement dans ses bras, le serrant aussi fort que possible. Même si elle ne connaissait pas beaucoup Marien, elle avait rapidement considéré les deux garçons comme deux autres fils. Et savoir que l’un d’entre eux était aux urgences et que l’autre pleurait toute les larmes de son corps ne lui fit faire qu’une chose, un seul geste d‘affection. Et Marien, avec l’impression de retrouver une mère, la pris dans ses bras lui aussi. C’était instinctif, comme s’il n’avait jamais oublié cette réaction, Sandra dégageait le même sentiment qu’il avait en pensant à sa mère décédée. C’était comme si elle était de retour et venait le soutenir dans cette horrible épreuve. Puis, au moment où il crispa ses yeux dans le creux du cou de la mère de Chase et qu’il fini par les rouvrir, embué de larmes, il aperçu au loin Chase qui, toujours en pleure, tenter de se consoler dans les bras de Lénaïg. Celle-ci, tout en serrant son petit ami, maintenait la main de quelqu’un, une main qui semblait faible et qui ne parvenait pas à saisir correctement la présence Léna. Et à l’instant où Marien regarda la personne qui tenait ainsi la jeune fille, il repoussa Sandra et s’avança avec une haine féroce vers celui qui n’aurait jamais dû se montrer ici ; Fredric. La mère de Chase, comprenant immédiatement ce qu’il se passait, accourut devant le jeune brun et anonça d’une voix claire et tonnante :

_ Tolères-le Marien ! Tolères-le au moins aujourd’hui ! S’il te plaît…

L’interpellé, fatigué de devoir rétorquer quoique se soit jeta un regard glacial à la petite assemblée et se détourna d’eux pour retourner vers Johanna qui était tout aussi remuée que les autres.

_ Mais comment va-t-il ? S’écria soudainement Chase en s’avançant lentement vers Marien, ne prenante nullement conscience de l‘ampleur de cette parole.

Et ce fut là, la question à ne pas poser au jeune homme. Cette réalité qui engloutit le peu de teneur qu’avait encore Marien lui fit perdre toutes sa force et sa rigueur. Il manqua de s’écrouler au sol avant de dire, sur une voix coupée par ses sanglots et animée par la détresse :

_ Ils ne savent pas s’il va se réveiller…

Dans une exclamation démentielle, Chase se recula avec une puissance redoutable et se pencha en avant, le cœur lourd, criant un cri de terreur. Sandra, voyant son fils dans cet état ne parvint pas à faire prendre un sens réaliste aux mots de Marien et partie attraper son enfant avant qu’il ne s’effondre. Lénaïg, dans un même mouvement s’agrippa à la chemise de Fredric tout en répétant des « ce n’est pas possible, ce n'est pas possible » rapides et angoissants. Son frère lui, comme jeté dans un autre monde resta debout en simple spectateur. Il ne savait pas comment réagir, ni comment parler. Tous ses sens avaient disparus dans la minute. Il se sentait fini et achevé. Et s’il perdait Justinien, si le garçon pour qui son cœur s’était éprit venait à succomber, jamais, et il en était certain, jamais plus il ne vivrait pleinement.

 

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Tous les commentaires liés à l'article : Justinien - Vingt-Huitième Chapitre (première partie)

  • Goblinaya a posté :mardi 12 août 2008 13:37

    Magnifique chapitre. Sûrement le meilleure de cette fic jusqu'ici, pour moi en tout cas.
    La musique va très bien avec l'ambiance.
  • Alexandra a posté :mercredi 30 juillet 2008 15:32

    NOOOON !! C pas possible !!! jvai tuer luciiiiieeeeeeeee!!!!!!!!!

    bon sinon jadore ton histoire ^^
  • Sasa a posté :jeudi 24 juillet 2008 22:15

    C'est tellement triste! J'attends avec impatience la suite en espérant quu'elle soit bonne car je ne suproterait pas de lire encore une fin où les larmes dominent. En ce moment toutes les fics que je lis finissent mal, c'est pour cela.
    Bonne continuation!
  • Even*** a posté :mercredi 23 juillet 2008 22:43

    Juste superbe !
  • Virginie a posté :mercredi 23 juillet 2008 19:11

    Magnifique maj ....
    Pouarff sa y é tu ma fait déprimer
  • elfira a posté :mercredi 23 juillet 2008 18:11

    T'es cruelle Lisa ! Tu nous dis meme pas comment va Justy !! Il va peut etre pas se réveiller Cette suite est horrible ! Je veux tout de suite voir les prochains chapitres ! L'attente va être difficile !! Pourquoi Justy !! J'espère que cette garce de Lucie va payer pour ce qu'elle a fait
  • lydie a posté :mercredi 23 juillet 2008 17:08

    Décidément ça fait deux fois que je pleure en moins de 10 minutes!!!
    Il a pas le droit de mourir , à quand la suite!!!!
  • Mirage a posté :mercredi 23 juillet 2008 17:06

    mais c'est trop stressant ton truc ! on dirait que tu l'as déjà vécu en fait
    enfin moi j'ai vécu un truc semblable et je sais que ça resemble à ça
    c'est bien fait quoi
    en attendant je pourrai pas lire la suite avant fin août si c'est pas malheureux ! je sais pas encore comment je vais survivre sans mon ordinateur d'autant plus que je vais me faire chier comme un rat mort chez mon père mais passons ^^
    Bisous
    Mirage
  • Mélo a posté :mercredi 23 juillet 2008 16:56


    Je sais pas quoi dire.

    Déjà, la musique ! Rien qu'en l'écoutant c'est limite si j'avais pas envie de pleurer

    La boule au ventre tout du long, une vue brouillée par l'émotion. C'est donc ca le suplice de la fin de Justinien ? J'ai hurlé de joie quand j'ai vue une suite a justinien et bien, après l'avoir lu, je vais etre triste pendant au moins une bonne heure.
    Je suis dans une période super cool, ou je suis super contente c'est les vacances, mes nerfs sont en parfaites santé, et là ... Ben c'est fini, je suis triste, plein de doute. Et puis plein d'empathie c'est ca le pire. Dans la vraie vie je suis super distante, je ressens rien pour les autres et là, avec Justinien et surtout les derniers chapitre je em rend compte que quand ils sont tristes je ressens un partie de tout ca. C'est affolant

    Bref, plus d'une vont pleurer je pense bien. Il suffira que je relise ca pendant une période de doute et ou le moral est au point mort pour pleuer toutes les larmes de mon corps.
    Et puis, hier je lis le chapitre 27, la le 28 partie 1 ! C'est trop d'émotion pour mon petit etre !
    Je vais vraiment pleuer...
    Enfin, hier j'ai pleurer 15minutes après l'avoir lu. En relisant une deuxième fois. Donc je vais relire celui là et partir dans une crise de larme digne de ce nom

    n'empeche j'ai failli cassé un crayon de bois tellement j'étais triste

    je vais m'arreter là, ce que j'écris ne veut rien dire, je tourne en rond.
    Trop d'émotion tue le cerveau

    Bisous

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