Justinien - Vingt-Deuxième Chapitre (Justinien) posté le lundi 12 mai 2008 16:57

 

 

    Je reconnais avoir fait le con, c’est vrai, mais ce regard que me lance Marien, il est tellement effrayant que je suis à deux doigts de m’enfuir en hurlant et pleurant. Je sais, je cri peut-être au loup en disant ça, et Marien n’est peut-être pas si énervé qu‘il ne le paraît, mais je suis conscient de l’avoir déçu, donc, son jugement est douloureux pour moi. D’un côté, je me sens rassuré, il a plutôt bien réagit en me voyant, la dernière fois que j’ai fait une connerie, il m’a frappé devant le principal du lycée, or là, il s’est comporté d’une manière civilisé. Cela change de l’ordinaire.
   
    En arrivant près de la voiture, il me force à monter du côté passager, il avait bien vu mon avancement vers les sièges arrières, loin de lui (au cas où il voudrait nous faire percuter un mûr). Je me retrouve donc illico à ses côtés. Bonheur. Une fois installé convenablement, je l’entends soupirer, chaque mouvement qu’il fait, je le calcule, le surveille. Je ne sais pas s’il s’en rend compte, mais je me sens comme tétanisé devant lui. Peut-être est-ce encore quelques effets de l’alcool, je n’en sais rien, mais pour une énième fois dans ma vie, je suis angoissé à l’idée d’être près de mon aîné. Son regard - très froid - se pose sur moi, j’avale ma salive le plus discrètement possible, je sais qu’il va dire quelque chose, il dit toujours quelque chose avant que la sentence ne s’écrase lourdement sur moi.

    - T’es vraiment qu’un gros boulet Justinien !
   
    Au moins, cela a le mérite d’être clair et tendre. Je suis un boulet, mais un boulet en quoi ? En boîte pour animal domestique ? En compote de viande fraîche ? Ou en repas d’Hannibal Lecter ?

    - Excuses-moi, parvins-je à dire, mal à l’aise.

    Dans certaines famille, les gens se considèrent comme des inconnus et ne vivent ensemble que parce leur sang les forces à le faire. Je ne sais pas si c’est mon cas, mais une chose est sûre, je n’arrive pas à prédire les réactions de Marien, et je trouve cela bien dommage, c’est comme si on me forçait à réaliser que je ne connais pas suffisamment bien cet homme.
    Soudainement, histoire de m’assurer que je suis incapable de savoir à l’avance ce qu’il va faire, je l’entend exploser de rire. Non pas un rire ironique, mais un véritable rire. Histoire de ne pas faire tâche, je ricane avec lui, comme un imbécile, avant de lui demander, une touche d’anxiété dans la voix :

    - Qu’est-ce qui t’arrives ?

    - T’es vraiment nul ! Me répond-il en s’essuyant les yeux. D’une part, t’as peur de moi comme si j’allais t’arracher la tête et d’autre pas, tu me demande si je t’excuses de ce que tu as fait !

    - Euh… Il semblerait, en effet, dis-je, sans trop savoir où il voulait en venir.

    - Et bien, mon pauvre Justinien, je te pardonnerais une fois que j’t’aurais fait payer de m’avoir fait passer pour un crétin incapable de surveiller son frère pendant une soirée, lâcha-t-il plus sérieusement, me terrifiant un peu plus.

    Aïe. Il est angoissant. D’un seul coup il se met à rire, me rassurant indirectement et me confortant dans le fait que mon frère est moins sadique qu’il ne paraît, et finalement, il m’achève dangereusement en me menaçant d’une façon vraiment étrange. C’est surtout son regard qui est effrayant, il se plonge en moi en me retirant la moindre touche d’espoir pour la journée à venir.

    - Bien, allons-y, que j’me venge de toi… mais avant, donne moi le casque de ton Ipod s’il te plaît.

    - Quoi ? Mais qu’est-ce que tu veux en faire ?

    - Rien, rassures-toi, je te le rendrais quand on sera à la maison, me dit-il, un sourire frustrant lui étirant les traits de son visage.

    - Okay… soupirais-je en lui tendant mon lecteur entier.

    - Merci !

    Puis il démarra la voiture sur ses mots. J’ai du mal à le reconnaître, il a un comportement plus qu’étrange depuis que nous avons quitté la maison des Blake. Je ne sais pas si c’est le fait de s’être montré bienveillant avec le petit Mickey ou bien si Sandra lui a dit quelque chose hier soir au téléphone, mais je le trouve d’humeur un peu trop fière. On dirait qu’il a un plan en acier pour me faire payer de lui avoir menti.
    En le regardant conduire, je m’aperçois d’une chose assez suspecte qu’il a dans son cou. Une trace bleu, la forme qu’elle a m’empêche de penser qu’il s’agit d’un coup, non, je dirais plutôt que ça a la forme de lèvres aspirant sa peau comme un vampire. Mon Dieu, Marien a un suçon ! Marien ! Mon Marien, celui qui semble aussi puceau qu’un blaireau laid au lycée ! Comment est-ce possible ?
    Mes yeux s’arrondissent et je le dévisage comme s’il était étrange, un véritable psychopathe ou un phénomène surnaturel. Il s’en rend compte et pose soudainement sa main sur cette monstrueuse trace similaire à un acte sexuel à mes yeux. Je suis coincé.

    - Justinien, regarde encore une seule fois mon cou et je t’enferme dans des chiotes publiques sales pour plusieurs heures, dit-il froidement en ralentissant devant une fausse air d’autoroute placée vers le périphérique de la ville, m’indiquant que nous partons en direction opposé de notre maison.

    - Euh… Au risque de passer pour un idiot, j’ai une question : qu’est-ce qu’on fait à la sortie de la ville ?

    Pour me répondre, il accélère la voiture d’une manière effrayante.

    - J’ai un entretien non loin de là pour le journal, et bizarrement, l’endroit où je dois me rendre et parfait pour te faire payer très fort ce que tu as fait.

    - Laisse-moi deviner, tu m’emmène dans une salle de strip-tease où le show est fait par des vieilles mamies avec une peau dégoulinante de graisse ?

    - Mais t’es dégueulasse toi ! S’exaspère-t-il avec un air écœuré.

    - Donc ce n’est pas ça… répondis-je, soulagé.

    - T’as vraiment des idées monstrueuses toi…bon, nous y sommes presque.

    Avant qu’il ne finisse sa phrase, je comprend immédiatement ce qu’il avait prévu pour moi. Au loin, la vision qui se présente à moi me fait écarquiller les yeux. Plus nous nous rapprochons des lieux, plus mon mal de tête devient violent. Je crois bien que le cachet de Madame Blake ne fait plus effet, sans compter la fatigue qui m’arrache les yeux. Marien est un fou, j’en étais sûre ! Il m’aurait frappé que j’aurais eu moins mal. C’est un type brutal et effrayant. Si jamais la capacité de me téléporter, je l’aurais fait dans la seconde même où nous nous sommes garé.

    - Putain… Marien, t’es fou !

    - Chut, je déguste le résultat de ma vengeance, me dit-il, un immense sourire aux lèvres.

    Et quelle vengeance ! Ce psychopathe de frère vient de garer la voiture juste à côté d’un chantier de construction très très actif. Je suis donc entouré d’un bulldozer et de quelques marteaux piqueurs qui m’arrachent plusieurs larmes tellement leur puissance est multipliée par mille dans ma tête.
    Ecrasé contre le carreau et essayant de cacher mes oreilles avec la paume de mes mains, je grimace de douleur. Marien se moque pas mal de moi. Ce frère est un monstre, un sadique, une pourriture infinie. Je le hais de tout mon cœur et je lui fait sentir en lui donnant un coup de pied qu’il bloque d’un seul geste. Il me tient désormais l’une de mes chevilles et se penche vers moi, aplatissant ma jambe repliée contre mon torse.

    - Fallait pas picoler hier soir Justinien. Maintenant, tu permets, je t’abandonnes ici, je dois aller voir le propriétaire des lieux. Je te laisse donc méditer ici sur ce que t’as fait.

    Deux secondes après, il me relâche et sort de la voiture, un air triomphant me donnant envie de lui arracher la langue.

    - Au fait, mon petit frère, je devrais en avoir pour une bonne vingtaine de minutes, peut-être plus, te suicides pas en m’attendant, hein ?

    Sur ces mots, il claque la portière, m’arrachant un autre cri de douleur. Je le hais le plus fort possible. Avec douleur, mes tympans vibrent sous les bruits des travaux réalisés près de moi. Une fois que Marien disparaît de mon champ de vision, je ne peux m’empêcher de pousser un hurlement de frustration et taper tout ce qui est à mes côtés, donnant de violents coups de pieds au par-brise qui semble ne rien ressentir. Cela me défoule légèrement jusqu’à ce que, comme un boulet, je bloque le bouton du klaxon qui se déclenche sans que je ne puisse rien faire. Je me redresse et appuie dessus pour qu’il s’arrête, mais impossible, il s’est cassé, le bouton enfoncé dans sa fonction, je n’ai plus qu’une chose à faire : subir la vengeance monstrueuse de mon frère, me recroquevillant sur mon siège, me tenant la tête entre les mains pour cacher au maximum les bruits qui s’excitent de plus en plus autour de moi. Et finalement, au bout de longues, très longues secondes, je craque, pleurant devant cette horrible douleur qui me martyrise le cerveau. Quel salaud.


Et voilà pour le Chapitre 22 !

{#} Je quiffe mon Marien dans ce chapitre. C'est vraiment un connard !
Quand j'ai eu l'idée de cette scène il y a quelques semaines, j'étais morte de rire. Maintenant qu'elle est réalisée, je suis encore plus écroulée, bien que le pauvre Justinien soit en larmes {#}

Vous diriez quoi si on vous faisez ça ? {#}

Brefouille, le dessin qui décore l'article est réalisé par moi, en cours de gestion et repéré par la prof d'anglais dans l'heure qui a suivi (je devais détailler les vêtements dans son cours et elle m'a vu {#}). C'est la manière dont je vois Justinien dans la fiction (il est donc vachement différent du sims XD).

Bon, les prochains chapitres seront nettement moins gaies.. {#} (peut-être un peu plus gay par contre {#}).

Bisous !! Et à bientôt !

{#}

 

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Tous les commentaires liés à l'article : Justinien - Vingt-Deuxième Chapitre

  • Mélo a posté :lundi 12 mai 2008 22:18

    Kyaaaaaaaaa !! IUne suite


    Marien c'est trop un dingue !! Sérieux au début j'avais trop, peur et quand j'ai lu "le chantier, marteaux piqueurs, buldozers, ... " je me suis mise a rire (d'ailleurs je crois que ma mere est inquiète de ma santée mentale maintenant)
    Trop foort ce Marien !!
    J'en reviens pas !!
    Je m'attendais a tous sauf a ca !!

    Rolala Riche en émotion ce chpitre ! Passé de la peur au doute pour finir en rire ... GANIALISSIME !!!


    Bonne continuation
    Bisous
  • Absynthe a posté :lundi 12 mai 2008 17:40

    L'est superbe ton dessin ^^
  • Absynthe a posté :lundi 12 mai 2008 17:39

    LOOOOOOOOOOL Trop bon xD
    Jme disais bien qu'il était gentil finalement mouhaha
    Adorableuhhh ^^
    Vraiment très drôle
    Pauvre petit Justinien ^^

    Mais d'un autre côté je dois être bizarre, parce que même après les pires cuites, le bruit ne me fait rien... Et j'ai beau être malade comme un chien à vomir trippes et boyaux (en général on se relaie dans les toilettes vu que je si moi j'ai la gueule de bois, tout le monde est raide mort) j'ai jamais de sensibilité accrue au niveau de l'ouie.
    La lumière m'arrache la gu*** mais les sons non ^^
    J'aimerais bien voir ce que ça fait un jour hi hi ^^
  • lydie a posté :lundi 12 mai 2008 17:16

    MDR!!
    trop trop fort la vengeance!! J'adore!!!!

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