
Je reconnais
avoir fait le con, c’est vrai, mais ce regard que me lance
Marien, il est tellement effrayant que je suis à deux doigts
de m’enfuir en hurlant et pleurant. Je sais, je cri
peut-être au loup en disant ça, et Marien n’est
peut-être pas si énervé qu‘il ne le
paraît, mais je suis conscient de l’avoir
déçu, donc, son jugement est douloureux pour moi.
D’un côté, je me sens rassuré, il a
plutôt bien réagit en me voyant, la dernière
fois que j’ai fait une connerie, il m’a frappé
devant le principal du lycée, or là, il s’est
comporté d’une manière civilisé. Cela
change de l’ordinaire.
En arrivant près de la voiture, il me
force à monter du côté passager, il avait bien
vu mon avancement vers les sièges arrières, loin de
lui (au cas où il voudrait nous faire percuter un
mûr). Je me retrouve donc illico à ses
côtés. Bonheur. Une fois installé
convenablement, je l’entends soupirer, chaque mouvement
qu’il fait, je le calcule, le surveille. Je ne sais pas
s’il s’en rend compte, mais je me sens comme
tétanisé devant lui. Peut-être est-ce encore
quelques effets de l’alcool, je n’en sais rien, mais
pour une énième fois dans ma vie, je suis
angoissé à l’idée d’être
près de mon aîné. Son regard - très
froid - se pose sur moi, j’avale ma salive le plus
discrètement possible, je sais qu’il va dire quelque
chose, il dit toujours quelque chose avant que la sentence ne
s’écrase lourdement sur moi.
- T’es vraiment qu’un gros boulet
Justinien !
Au moins, cela a le mérite
d’être clair et tendre. Je suis un boulet, mais un
boulet en quoi ? En boîte pour animal domestique ? En compote
de viande fraîche ? Ou en repas d’Hannibal Lecter
?
- Excuses-moi, parvins-je à dire, mal
à l’aise.
Dans certaines famille, les gens se
considèrent comme des inconnus et ne vivent ensemble que
parce leur sang les forces à le faire. Je ne sais pas si
c’est mon cas, mais une chose est sûre, je
n’arrive pas à prédire les réactions de
Marien, et je trouve cela bien dommage, c’est comme si on me
forçait à réaliser que je ne connais pas
suffisamment bien cet homme.
Soudainement, histoire de m’assurer que je
suis incapable de savoir à l’avance ce qu’il va
faire, je l’entend exploser de rire. Non pas un rire
ironique, mais un véritable rire. Histoire de ne pas faire
tâche, je ricane avec lui, comme un imbécile, avant de
lui demander, une touche d’anxiété dans la voix
:
- Qu’est-ce qui t’arrives ?
- T’es vraiment nul ! Me répond-il
en s’essuyant les yeux. D’une part, t’as peur de
moi comme si j’allais t’arracher la tête et
d’autre pas, tu me demande si je t’excuses de ce que tu
as fait !
- Euh… Il semblerait, en effet, dis-je,
sans trop savoir où il voulait en venir.
- Et bien, mon pauvre Justinien, je te
pardonnerais une fois que j’t’aurais fait payer de
m’avoir fait passer pour un crétin incapable de
surveiller son frère pendant une soirée,
lâcha-t-il plus sérieusement, me terrifiant un peu
plus.
Aïe. Il est angoissant. D’un seul
coup il se met à rire, me rassurant indirectement et me
confortant dans le fait que mon frère est moins sadique
qu’il ne paraît, et finalement, il
m’achève dangereusement en me menaçant
d’une façon vraiment étrange. C’est
surtout son regard qui est effrayant, il se plonge en moi en me
retirant la moindre touche d’espoir pour la journée
à venir.
- Bien, allons-y, que j’me venge de
toi… mais avant, donne moi le casque de ton Ipod s’il
te plaît.
- Quoi ? Mais qu’est-ce que tu veux en
faire ?
- Rien, rassures-toi, je te le rendrais quand on
sera à la maison, me dit-il, un sourire frustrant lui
étirant les traits de son visage.
- Okay… soupirais-je en lui tendant mon
lecteur entier.
- Merci !
Puis il démarra la voiture sur ses mots.
J’ai du mal à le reconnaître, il a un
comportement plus qu’étrange depuis que nous avons
quitté la maison des Blake. Je ne sais pas si c’est le
fait de s’être montré bienveillant avec le petit
Mickey ou bien si Sandra lui a dit quelque chose hier soir au
téléphone, mais je le trouve d’humeur un peu
trop fière. On dirait qu’il a un plan en acier pour me
faire payer de lui avoir menti.
En le regardant conduire, je
m’aperçois d’une chose assez suspecte
qu’il a dans son cou. Une trace bleu, la forme qu’elle
a m’empêche de penser qu’il s’agit
d’un coup, non, je dirais plutôt que ça a la
forme de lèvres aspirant sa peau comme un vampire. Mon Dieu,
Marien a un suçon ! Marien ! Mon Marien, celui qui semble
aussi puceau qu’un blaireau laid au lycée ! Comment
est-ce possible ?
Mes yeux s’arrondissent et je le
dévisage comme s’il était étrange, un
véritable psychopathe ou un phénomène
surnaturel. Il s’en rend compte et pose soudainement sa main
sur cette monstrueuse trace similaire à un acte sexuel
à mes yeux. Je suis coincé.
- Justinien, regarde encore une seule fois mon
cou et je t’enferme dans des chiotes publiques sales pour
plusieurs heures, dit-il froidement en ralentissant devant une
fausse air d’autoroute placée vers le
périphérique de la ville, m’indiquant que nous
partons en direction opposé de notre maison.
- Euh… Au risque de passer pour un idiot,
j’ai une question : qu’est-ce qu’on fait à
la sortie de la ville ?
Pour me répondre, il
accélère la voiture d’une manière
effrayante.
- J’ai un entretien non loin de là
pour le journal, et bizarrement, l’endroit où je dois
me rendre et parfait pour te faire payer très fort ce que tu
as fait.
- Laisse-moi deviner, tu m’emmène
dans une salle de strip-tease où le show est fait par des
vieilles mamies avec une peau dégoulinante de graisse
?
- Mais t’es dégueulasse toi !
S’exaspère-t-il avec un air
écœuré.
- Donc ce n’est pas ça…
répondis-je, soulagé.
- T’as vraiment des idées
monstrueuses toi…bon, nous y sommes presque.
Avant qu’il ne finisse sa phrase, je
comprend immédiatement ce qu’il avait prévu
pour moi. Au loin, la vision qui se présente à moi me
fait écarquiller les yeux. Plus nous nous rapprochons des
lieux, plus mon mal de tête devient violent. Je crois bien
que le cachet de Madame Blake ne fait plus effet, sans compter la
fatigue qui m’arrache les yeux. Marien est un fou, j’en
étais sûre ! Il m’aurait frappé que
j’aurais eu moins mal. C’est un type brutal et
effrayant. Si jamais la capacité de me
téléporter, je l’aurais fait dans la seconde
même où nous nous sommes garé.
- Putain… Marien, t’es fou !
- Chut, je déguste le résultat de
ma vengeance, me dit-il, un immense sourire aux
lèvres.
Et quelle vengeance ! Ce psychopathe de
frère vient de garer la voiture juste à
côté d’un chantier de construction très
très actif. Je suis donc entouré d’un bulldozer
et de quelques marteaux piqueurs qui m’arrachent plusieurs
larmes tellement leur puissance est multipliée par mille
dans ma tête.
Ecrasé contre le carreau et essayant de
cacher mes oreilles avec la paume de mes mains, je grimace de
douleur. Marien se moque pas mal de moi. Ce frère est un
monstre, un sadique, une pourriture infinie. Je le hais de tout mon
cœur et je lui fait sentir en lui donnant un coup de pied
qu’il bloque d’un seul geste. Il me tient
désormais l’une de mes chevilles et se penche vers
moi, aplatissant ma jambe repliée contre mon torse.
- Fallait pas picoler hier soir Justinien.
Maintenant, tu permets, je t’abandonnes ici, je dois aller
voir le propriétaire des lieux. Je te laisse donc
méditer ici sur ce que t’as fait.
Deux secondes après, il me relâche
et sort de la voiture, un air triomphant me donnant envie de lui
arracher la langue.
- Au fait, mon petit frère, je devrais en
avoir pour une bonne vingtaine de minutes, peut-être plus, te
suicides pas en m’attendant, hein ?
Sur ces mots, il claque la portière,
m’arrachant un autre cri de douleur. Je le hais le plus fort
possible. Avec douleur, mes tympans vibrent sous les bruits des
travaux réalisés près de moi. Une fois que
Marien disparaît de mon champ de vision, je ne peux
m’empêcher de pousser un hurlement de frustration et
taper tout ce qui est à mes côtés, donnant de
violents coups de pieds au par-brise qui semble ne rien ressentir.
Cela me défoule légèrement
jusqu’à ce que, comme un boulet, je bloque le bouton
du klaxon qui se déclenche sans que je ne puisse rien faire.
Je me redresse et appuie dessus pour qu’il
s’arrête, mais impossible, il s’est cassé,
le bouton enfoncé dans sa fonction, je n’ai plus
qu’une chose à faire : subir la vengeance monstrueuse
de mon frère, me recroquevillant sur mon siège, me
tenant la tête entre les mains pour cacher au maximum les
bruits qui s’excitent de plus en plus autour de moi. Et
finalement, au bout de longues, très longues secondes, je
craque, pleurant devant cette horrible douleur qui me martyrise le
cerveau. Quel salaud.
Et voilà pour le Chapitre 22 !
Je quiffe mon Marien dans ce chapitre.
C'est vraiment un connard !
Quand j'ai eu l'idée de cette scène il y a quelques
semaines, j'étais morte de rire. Maintenant qu'elle est
réalisée, je suis encore plus écroulée,
bien que le pauvre Justinien soit en larmes 
Vous diriez
quoi si on vous faisez ça ? 
Brefouille, le
dessin qui décore l'article est réalisé par
moi, en cours de gestion et repéré par la prof
d'anglais dans l'heure qui a suivi (je devais détailler les
vêtements dans son cours et elle m'a vu
). C'est la manière dont je vois
Justinien dans la fiction (il est donc vachement différent
du sims XD).
Bon, les
prochains chapitres seront nettement moins gaies..
(peut-être un peu plus gay par contre
).
Bisous !! Et à bientôt !


/!\




]

Pas cool mais au moins il se souviendra de sa lecon















Quel Salaud ce Marien!
Quel trait de génie tu as eu là!